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My therapist said — mimi & vega



 
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Message(#) Sujet: My therapist said — mimi & vega Dim 9 Sep - 10:00





Everything's gonna be alright, Everything's gonna be okay. It's gonna be a good, good, life That's what my therapist say.

Les chaises métalliques raclent le sol accompagnées de la première quinte de toux de « papi-soju » qui est enfin revenu après une longue absence qui commençait à sévèrement inquiéter Mimi. Elle guettait son arrivée avec un sillon soucieux entre les sourcils en me glissant à l'oreille « il n'est toujours pas là. » Je portais alors à bout de bras le petit nuage soucieux qui se formait à l'orée de son crâne pour le poser à nos pieds en le replaçant par de multiples étoiles à la forme interrogative, du genre nitescentes à souhait. Il fallait que ce soit assez intéressant pour détourner son attention toute l'heure mais heureusement avec elle ce n'est pas très compliqué, elle a le même degré de concentration qu'un enfant de huit ans. « t'as changé de couleur de cheveux ? C'est joli le rose. » ( Oui oui, ça suffit. )  

Aujourd'hui Mimi est surexcitée, son papy préféré est de retour et elle tient absolument à ce qu'il s'assoit à côté de nous malgré mon regard insistant qui désapprouve avec véhémence cette initiative. C'est trop tard, le vieux a déjà élu domicile sur sa chaise en faisant papillonner ses deux bouts de chair flétris et ridés qui lui servent de paupières à chaque fois que ma cousine s'adresse à lui. Mes globes oculaires se retournent dans leurs orbites lorsqu'elle propose de lui chercher de l'eau. « Vous savez jeune homme à mon époque les pantalons n'avaient pas de trous, c'était nos mères qui les rafistolaient avec un bout coup d'aiguille. On n'a pas assez d'argent pour s'acheter un kit de couture. Ah. — Ouais. C'est bien triste. On dort sur un bout de carton aussi. Ah oui ? Oui, Mimi me sert d'oreiller la nuit. Les rats ont grignoté mon jean donc... C'est une malheureuse histoire mon garçon. Je vous le fais pas dire. C'est pour ça que j'ai commencé à boire. Je comprends bien, je comprends bien ! » La princesse surgit son gobelet à la main, papy soju le saisit non sans un tremblement ou deux qui fait déborder l'eau de son contenant. Vega qui n'a rien loupé de l'échange entre lui et moi nous rejoint, prenant place à ma gauche sur la chaise que j'avais spécialement réservée pour lui en y posant mon sac à dos.

La réunion commence, il y'a la sempiternelle présentation des « membres » ( ça se dit ? C'est pas vraiment un club. Pas vrai ? ) « malades » ( c'est pas non plus un hospice, quoique pour certains on se demande s'ils ont pas confondu l'entrée avec celui de l'hôpital psychiatrique ) hm. Présentation des « addicts et désespérés anonymes ( plus trop anonymes car dans une minute tout le monde révélera son identité mais soit ) en détresse qui sont pas foutu de gérer leur vie par eux-même. » c'est un peu long comme nom mais c'est assez approprié. Donc tous les inconnus plus vraiment inconnus se lèvent pour réitérer leur présentation comme toutes les semaines précédentes. En donnant son nom il faut aussi informer les autres de son niveau sur l'échelle de la galère. « Yuta vingt ans, sobre depuis un mois. » Plus de la moitié de la salle applaudit ma réussite. Le malaise s'infiltre dans mes chaussures, grignote mes mollets et mes cuisses victimes de fourmillements qui ne s'estompent que lorsque je me rassois, caché par l'exubérante Mimi que je précipite sur le devant de la scène pour qu'elle polarise à son tour le clappement de paumes moites et les regards déprimés qui se veulent pourtant bienveillants.
Penché sur Vega, le coude posé sur la cuisse, joue écrasée sur mon poing. Je darde mon regard morne sur l'horloge dans l'espoir que le moustique qui m'a piqué ce matin m'ait filé un pouvoir de x-men capable de pouvoir contrôler le temps et l'espace ( fail. ) Mes pupilles suivent l'aiguille qui fait le tour du cadran avec une concentration telle que je ne percute pas qu'on s'adresse à moi. « Pardon ?Vous voulez partager avec nous ce qui s'est passé cette semaine ? » Mon regard glisse sur Mimi, poupée blonde qui agite ses jambes filiformes en m'admirant comme on embrasserait du regard son super héros. Mes orbes dévient ensuite sur Vega qui a l'air du gars qui se demande « qu'est-ce que je fous là ? » et j'aimerais lui crier « c'est ta faute si je dois me lever et raconter ma life à papy soju, à la buveuse d'essence et à l'accro du tatouage ( qui a désormais jeté son dévolu sur les piercings, btw le plus dégueux c'est sa langue bifidienne. ) »
Après une courte hésitation, je me dresse sur mes pieds avec pour seul carburant la conviction que je fais quelque chose de bien pour eux.
Si j'en suis capable, eux aussi.

« Je. » J'ai oublié que j'avais pas de courage en fait, que j'sors pas d'un Marvel, que mon assurance c'est une armure en papier qui s'émiette à la première goutte de pluie. « Je. » Je je je je. Je sais pas « je quoi », « je rien. » La foule d'anonymes plus anonymes est une mousson qui ratatine l'origami de Mimi, celui qu'elle avait fait pour moi, qui faisait de l'adulescent un chevalier téméraire. C'était marrant de prendre la parole pour narrer ma vie en l'extrapolant mais je prenais ça au second degrés et Mimi elle a pris goût à ce jeu, pas sûr que ça l'aide de remplacer un monde magique sublimé par les drogues par un univers basé sur des mensonges qui s'ancre dans le réel. Ça revient au même, elle vit pas dans la réalité. Et Vega lui se planque dans son mutisme depuis le début, c'est peut-être parce qu'on prend pas ça au sérieux ? Qu'il a peur qu'on juge que lui veuille vraiment essayer. « Hm. » Est-ce que si j'expose à froid devant eux, pas eux les gens qui comptent pas, eux Mimi et Vega. Si je leur dis tout haut ce que je pense de la tentative de suicide de Kaede, est-ce que ça pourra les aider ? Non. Parce que tout ce que j'ai à dire sur ce sujet c'est que l'efflorescence de ce drame n'aurait jamais germé dans l'esprit accidenté de Kaede si je n'avais pas été là. J'ai appuyé sur les fissures qui l'abîmaient, confirmant les trucs faux qu'elle pensait d'elle. « je suis pas importante. » ; « ils sont amis avec moi parce que tu es là. » ; « je suis inexistante, inutile. » J'ai répondu à ces maux en les écartelant pour qu'ils aient plus de place.
J'ai essayé pourtant de tout réparer, vraiment,
mais c'était trop tard.
Je me rassois, marmonnant que j'ai rien à dire aujourd'hui. Pas d'histoire hallucinante sur ma fausse vie de jeune sdf à la dérive, juste du vrai, du vide. Je comprends un peu mieux pourquoi Mimi aime autant l'imaginaire, c'est un refuge pas cher accessible sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Je me tasse sur mon échec, épaules voutées, menton baissé à l'instar de mes paupières qui dissimulent mes orbes préoccupés par le point que je fixe pour ne pas rencontrer leur regard et y lire des questions auxquelles je n'ai pas la force de répondre.
L'animatrice slash psychologue slash police des sentiments qui ne me laissera pas filer en paix à la fin de la séance rôde autour de nous trois. J'élabore un plan d'évasion tandis qu'elle me met dans un coin de sa tête pour plus tard, s'occupant dans l'immédiat de mon cousin taciturne.
Bonne chance à elle.

(c) SIAL ; icons skatevibe



◊◊◊

†you see the best of me and you're making me believe that i'm somebody special. i've been losing myself but lately, you got me thinking maybe i got potential to be somebody special  you know.

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Message(#) Sujet: Re: My therapist said — mimi & vega Sam 15 Sep - 1:18




(( my therapist said ))
La disparition des êtres est un coquillage vide. Tu le colles à ton oreille et dans ce vide quelque chose bruit. (incendies)

“— tu veux pas du jus d’orange plutôt ? genre, l’eau c’est naze un peu.” un sourcil haussé et tout le reste de mon squelette lâchement maintenu debout, j’apostrophe princesse mimi sans oublier de contracter le moindre muscle me permettant d’engendrer un sourire parfaitement vulgaire d’hypocrisie ; et, ce n’est pas exactement contre elle parce que j’ai enterré la hache de guerre depuis longtemps. c’est juste cet endroit - tout le monde fait mine de se sentir bien en lançant des vannes pourries et des conversations futiles, alors j’ai choisi de me fondre dans la masse et de pas déroger au code de bonne conduite instauré à la façon d’une bible. on parle sérieusement de ce qui ne va pas une fois en cercle, c’est tout. et mimi a ce visage détendu & les pupilles pétillantes, donc au final, ça me ferait presque sourire pour de vrai.

en vérité je ne me sens pas à l’aise, ici - à moitié à ma place, à moitié dans l’espace. mon palpitant tambourine si fort contre ma cage que je m’étonne que mimi n’ait rien remarqué juste au ton de ma réponse. parce qu’elle a ce don pour détecter ce genre de choses. je la soupçonne de posséder des antennes bien camouflées sous sa masse de cheveux multicolores, parce qu’elle a tendance à beaucoup trop bien décortiquer ma face de déprimé et j’ai horreur de ça - qu’on me connaisse si bien.

d’après elle, son verre c’est pour papi soju, et j’hausse les épaules à sa réponse style neh avant de choisir de repartir vers ma place réservée, juste à côté de yuta et dudit vieillard, en traînant mes godasses contre le parquet abîmé, un verre de je ne sais plus quoi coincé entre trois doigts parce que j’avais vraisemblablement la tête ailleurs au moment de le remplir.

après plusieurs séances d’observations, je peux confirmer que le stand de bouffes est plus accueillant que celui croisé aux réunions du club présent à busan, que j’ai squatté deux ou trois fois à l’occasion ; le stress a tendance à me creuser l’estomac et leurs muffins sont comestibles ici, au moins. et quelques secondes auparavant sur ma chaise, l’éternelle couineuse du squad, je sentais déjà le regard de yuta, alors pourquoi pas. sadly j’ai pas trouvé d’alcool mais wait, c’est presque logique vu le nombre d’anciens alcoolos regroupés dans cette pièce et le but de toute cette mascarade.

en réalité j’avais presque oublié la carcasse frémissante de maître soju avant d’accrocher son regard vitreux penché sur yuta - le cousin a cet air vicieux de monsieur je raconte des conneries et j’enterre physiquement cette constatation en ne dévoilant aucune réaction traîtresse, parce que l’ancêtre a l’air de tout gober et je voudrais pas gâcher le plaisir. il a disparu pendant une (longue ?) période, en fait, et je l’avais juste zappé. c’est pas rare les disparitions surprises, les gens vont et viennent, arrivent quand ça se passe mal dans ce qu’ils entreprennent et repartent quand ils pensent que ça va un peu mieux ; qu’ils peuvent gérer.

le secret c’est que faut jamais partir pour pas replonger, n’est-ce pas ?

[...] “— oui, mimi me sert d'oreiller la nuit. les rats ont grignoté mon jean donc... — c'est une malheureuse histoire mon garçon. — je vous le fais pas dire. c'est pour ça que j'ai commencé à boire. — je comprends bien, je comprends bien !” je cache à peine mon sourire moqueur en prenant place aux côtés de lee, le verre posé contre un pied porteur de mon siège, et je mate un instant l’écran blanc saveur agression rétinienne de mon téléphone pour faire mine que mon amusement ne concerne aucunement l’autre vieux. yuta ? y’a rien qui l’arrête ; je lui cogne l’épaule, sous-entendant un “stop it, andouille” parce que finalement c’est possible que papi soju réveille autre chose que de l’indifférence dans mon dedans en panne, et c’est bête mais je commence à éprouver un peu de pitié à son égard. personne ne veut véritablement être la cible des mythos de yuta - et le pire c’est qu’il a cette facilité à adopter ce masque neutre pour donner de la véracité à ses propos alors que y’a rien de réel là-dedans. et il aurait pour sûr continuer son petit numéro si mimi n’avait pas choisi de revenir à cet instant. y’a pas de cohérence concernant l’attachement de la princesse envers la chair en décomposition, et le tableau qu’ils offrent me fait penser à un chaton qui se blottirait contre un chien en fin de vie pour dormir un soir d’orage violent.

ouais, ça n’a pas beaucoup de sens.

mon talon tambourine le sol et je m’arrête dès que je m’en rends compte. je suis stressé ? non. peut-être. mais c’est pas comme si c’était un truc à faire dans la vie, aussi. on peut éviter cette expérience personnelle - on le raye de la wish list la participation aux A.A remastered. se dévoiler comme ça devant des inconnus en pensant que ça aide, d’une manière ou d’une autre c’est un peu comme- improviser un oral que tu sais pertinemment que t’es sensé avoir préparé depuis des semaines parce que tu sais aussi que, comme tous tes petits camarades de fortune, tu vas y passer. ça m’empêche pas de paniquer intérieurement quand la réunion commence, alors que chacun leur tour les “membres” donnent de la voix pour énoncer le combo prénom/âge/depuis quand t’es sur la voix de la réinsertion dans la vie normale sans pète au casque, pour la énième fois. l’espace d’un instant j’ai envie de me lever et de me tirer parce que tout ça est beaucoup trop solennel, trop strict, et même si on est là parce qu’on a justement besoin de retrouver cette sensation de contrôle c’est juste trop- trop.

alors comme à chaque fois je décroche, mon esprit divague et part se nicher vers un coin sans importance. ce sont les applaudissements pour yuta qui m’extirpent de ma quasi absence d’attention pour le reste des personnages. vient ensuite le tour de mimi, et même ses mots semblent saupoudrés de paillettes, alors ça me donne un peu de courage pour le faire à mon tour. “— vega, 21 ans-” puis ça bug - parce que y’a pas vraiment d’addiction à proprement parlé, à par peut-être celle qui m’oblige à rester éveillé durant la nuit, insomnies tenaces qui partiront probablement en même temps que son visage posté sur l’oreiller vide qui me fait face dès que je décide de faire un pacte avec le repos. c’est n’importe quoi- la perte d’un être proche c’est pas exactement une excuse valable pour mériter une place ici, à mon sens. “— plein de joie et de bonne volonté depuis 5 mois.” c’est pas aussi violent que de la dépression pure, c’est juste la bonne dose de désespoir pour clouer au lit la quasi totalité du temps, la même qui encourage à abandonner les cours et tout ce qu’il reste de bon dans la vie après ce genre de tragédie, ou qui pousse à sortir faire d’autres conneries toutes plus stupides et inconsidérées les unes que les autres comme si la dernière en date n’avait définitivement pas été source d’avertissements silencieux.

ça fout en l’air ; mais pas au point de vouloir s’arrêter là.

le reste de la troupe se contente d’applaudir mollement et je me rassois sans un regard supplémentaire pour elle. mes bras se croisent sans conviction contre mon torse et je fais la statue le temps que ceux qui souhaitent s’exprimer le fassent en toute sérénité. habituellement, je la boucle pour le reste de la séance et ça se passe bien. j’ai pas besoin d’évoquer le passé, ou même le quotidien tout récent - plutôt de constater que le jour où ce sera le bon moment, y’aura des gens pour écouter. pour comprendre. que y’a des démons qu’on a beau combattre corps et âme ils nous lâchent jamais totalement et alors on est pas seuls. mes pupilles dérivent lentement vers l’interlocuteur de yuta, décidément en proie à toutes les interrogations pour cette séance palpitante. et finalement je ne le lâche pas une seule seconde quand j'aperçois du coin de l’œil sa silhouette déterminée quittant le confort silencieux de sa chaise, comme s’il s’apprêtait à dévoiler quelque chose qui le taraude pour de vrai.

j’y crois ; je lui offre tout mon soutien.

mais ça fail - indéniablement. il est juste- pas prêt à être honnête sur quoi que ce soit et je ne crois pas avoir exactement le droit de juger la moindre partielle d’incrédulité concernant ces réunions épuisantes, en vrai. “— laissons à yuta tout le temps qu’il lui faut pour s’ouvrir à nous. [...]” et ça part en monologue sur la compréhension de son prochain, parfois l’aspect de ces discussions me fait penser à une secte, je garde cette pensée tapie au fond de ma gorge et je pose une main sur l’épaule de yuta, m’apprêtant à lui souffler un truc (fun ? j’suis pas sûr) pour le sortir de cette gêne de pas avoir été capable de se lancer. “— [...] et toi vega, où en es-tu ? veux-tu nous faire part de tes progrès ? ou d’autre chose peut-être ?” ça cogne de façon tellement soudaine contre mes tympans que j’ai du mal à comprendre où elle veut en venir en s’adressant à moi. autre chose, hein ? autre chose de quoi ? j’ai pas envie de débiter des mots sans liens aujourd’hui, et ça me fout mal quand tout le monde me fixe comme ça. ils en attendent trop de moi, pour sûr - je sais que c’est pas en gardant mes lèvres immobiles que le problème va se régler, mais c’est juste plus fort que moi. “— hmm.” je marmonne - je dois faire gaffe, ils doivent pas s’habituer au son de ma voix sinon ils vont finir par me demander l’impossible et ce ne serait pas très bénéfique. “— y’a rien eu d’exceptionnel cette semaine. j’crois.” et d’un coup, ça me vient. ça tambourine contre mon cœur comme une évidence parce que c’est évidemment un progrès compte tenu de ma raison ici. à la base, je souhaitais garder un minimum de vie privée pour moi, en me confiant à cette bande d’inconnus tout aussi voir plus paumés que ma propre personne. mais d’une manière ou d’une autre je sens que j’ai cette envie de l’évoquer - de me dire que j’ai peut-être pas endurer & encaisser tout ça pour rien et ça frappe si fort contre mes tempes que je me demande pourquoi j’ai omis le sujet jusqu’à présent. “— j’ai une copine.” je souris un peu. quasi imperceptible, mais je souris et putain ça fait bien plus de bien que ce que j’aurai pu penser. “— ça fait presque un mois, il me semble, huh- j’vous dis pas son prénom pour des raisons évidentes, mais genre, je l’aime- bien ? ouais j’l’aime bien. beaucoup. j’crois.” prendre la parole pour narrer un bout de ma vie de cette manière me déstabilise - l’impression d’être extérieur à tout ça me traverse l’esprit et maintenant je me préoccupe surtout de ce que yuta & mimi peuvent penser de tout ça. “— c’est tout.” ça clôt de façon assez équivoque le débat, et je mate yuta d’un air de dire “t’as quoi” en me rasseyant sans un mot de plus.

c’est super niais vega, ouais, super méga giga niais.

(c) SIAL for SKATE VIBE ; gifs from tumblr




◊◊◊


cut my lip
Though I am bruised, Face of contusions, Know I'll keep moving. Rust around the rim, Drink it anyway, I cut my lip. Isn't what I want, Blood is on my tongue, I cut my lip. I keep on going back.
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Message(#) Sujet: Re: My therapist said — mimi & vega Mer 26 Sep - 18:20





Everything's gonna be alright, Everything's gonna be okay. It's gonna be a good, good, life That's what my therapist say.

Ma mission de ravitaillement est compliquée par le nombre impressionnant d'anciens addicts slash âmes en détresses qui s'attellent à piller consciencieusement les rations mises à notre disposition. Yuyu et Vegachou ont la quasi-certitude que certains ne viennent que dans ce but — vider le mini-buffet des débuts de séance, mais tous les trois on ne s'y est laissés prendre qu'une fois avant de comprendre que la prudence est de mise : le bocal des bonbons a au moins mille ans, les sucreries sont toutes agglutinées entre elles comme si elles ne savaient plus distinguer leurs propres édulcorants artificiels et autres colorants de ceux des autres. À moins qu'elles ne tentent de s'asphyxier mutuellement pour survivre dans le récipient clos qui leur sert de tombeau : la loi de la jungle a tout l'air de s'appliquer au cœur de cette bonbonnière mêlant marshmallow centenaires, croco ou oursons guimauves aux membres raidis par le temps, et friandises tristement agglutinées entre les plis de leur papier. Avec Vega, on passe soigneusement autour pour rafler les muffins avant que d'autres membres du groupe ne s'emparent des rares gâteries qui nous intéressent : les muffins chocolatés. C'est qu'eux, ils viennent de la pâtisserie d'à côté (le fils des propriétaire côtoie notre cercle très privé de désespérés en quête de rédemption) et sont enfin à peu près frais : invendus de la journée, rendus un peu moins appétissants par les heures passées sur le comptoir, mais tout de même assez bons.

Moi j'en raffole pas vraiment, mais je suppose que finir sa vie de pâtisserie sans jamais être dégustée est une triste fin ; alors je les grignote par toutes petites bouchées pour leur accorder un au revoir digne de ce nom.

On se partage la portion de Yuta (Vega lui prend un jus, moi des gâteaux) tandis que notre cousin nous garde nos sièges : y'a des places (des voisins) que tout le monde veut éviter à tout prix et, puisque qui part à la chasse perd sa place, quiconque fait l'erreur de se lever sans précautions peut être certain de retrouver ses affaires au sol et sa chaise occupée par un squatteur à l'air provocateur.

— tu veux pas du jus d’orange plutôt ? genre, l’eau c’est naze un peu. noooon c'est l'eau sacrée pour le foie en bobo de papi soju, il déteste en boire tellement il croit que tout ce qu'est pas de l'alcool c'est du poison… mais quand c'est moi qui lui donne il dit que le goût est moins mauvais et presque. appelle-moi magic mimi ! Il affiche son air dubitatif de quand Yuta et lui me disent que papi soju est surtout un vieux pervers louche, mais c'est même pas vrai. Ils sont très beaucoup trop suspicieux, tous les deux. je voulais du soda moi mais on peut plus l'ouvrir. Le monsieur de l'addiction à l'encre et aux piercings s'est fait tatouer les globes oculaires la semaine dernière alors avec Sora on se demandait s'il voyait encore correctement ou s'il voyait touuut noir. Alors pour le vérifier elle a secoué la bouteille juste avant qu'il ne vienne se servir, mais il a vu alors il en a pas pris, et maintenant on est tous coincés parce que le premier qui craque et qui l'ouvre se prend toutes les bulles dans la face… Je soupire de désespoir intense, mais tant pis. À vrai dire j'ai bu tellement de jus avant de venir que Vega me déclare privée de soda pour la fin de la journée. C'est pas très gentil, je suis pas venue ici pour souffrir. C'est vrai que les bulles et l'excès de sucre m'excitent un tout petit peu beaucoup, mais c'est pas comme si je risquais de passer à travers le plafond, quand même.
J'en ai juste pris pour être le bonheur parce que me sentir emo!Mimi depuis le cambriolage de la détresse devenait un peu beaucoup fatigant pour les nerfs.

Et comme j'ai droit à rien d'autre… [ insert sad emoji right here ]
En plus, c'était la première fois qu'on avait du soda à une réunion depuis qu'on a commencé à venir ; avant, on en était tous privés à cause d'une addict aux bulles qui tentait de se reprendre en main (mais elle a finalement achevé son parcours et entame désormais une nouvelle vie).

La réunion débute, je bats des pieds contre les pattes de ma chaise comme à chaque fois et face à moi le mâchonneur de papier toilette se ronge tristement les cuticules en compensation pour sa privation.

De nous trois Yuyu est premier à passer, quand les autres tapent mollement des mains moi je m'essaye à un rythme de tambours exotique pour l'encourager. Il se précipite jusqu'à son siège et me pousse à l'intérieur du cercle en passant. Et beiiin moi je suis toujours Mimi ! 21 ans, Clean depuis 1 mois. Clap clap clap. C'est pas toujours la facilité de tenir la bonne résolution de décrocher, mais maintenant, hm… je remplace les moments où je me réfugiais dans la poussière de fée par des échanges de qualité avec les gens que j'aime. Je le fais pas seulement pour eux, j'ai appris à le faire pour moi en premier lieu, mais c'est quand même grâce à eux que j'y parviens. Parce qu'ils me donnent la force de tenir bon ! La dernière exclamation s'achève sur un V de victoire dessiné à deux doigts au bout de mon bras tendu.
Et c'est vrai. La complicité avec Yuta, le soutien sans faille de Noam, le retour de Sunsun, celui de Vega et notre réconciliation. Les épopées nocturnes avec Yujin, les rêves éveillés avec Ja, les escapades avec Isam en quête de lieux insolites. Ce sont les sources de mon courage car sans eux je troquerais l'enfer de la drogue contre un cauchemar semi-permanent, celui des fréquentes phases de dépression.

Je repars m'asseoir sans rien évoquer de concret, avec l'impression d'avoir soufflé sur des nuages pour les placer en paravents devant les véritables sujets à aborder. D'avoir détourné l'attention sur le beau pour nier l'existence des zones d'ombre, des bouts de ciel gris qui ternissent mon horizon. Après moi, Vega est appelé au centre. — plein de joie et de bonne volonté depuis 5 mois, il décrète, et au lieu d'applaudir je tends les bras en secouant les mains et les lève en criant wouhouuu ! comme une ovation.

On tente de les pousser à revenir s'exprimer et Yuta essaye mais n'y parvient pas. Je mets une main sur son genou tandis que les feux des projecteurs se tournent vers Vega, qui n'a pourtant jamais accepté de s'exprimer durant les tours de cercle. Cette fois pourtant, il se lève à l'étonnement général — à l'exception de celle qui encadre les réunions. Elle ressemble à une hippie peace and love dont la foi en l'humanité ne faillit jamais vraiment, c'est mon modèle. Une Trelawney du monde moldu, vêtu de vêtements amples et affublée d'une grosse paire de lunette qui lui agrandit les yeux et donne l'impression qu'elle sonde l'âme.

J'ai toujours été certaine qu'elle avait des pouvoirs particuliers et le sourire qui se dessine sur les lèvres de Vega tandis qu'il nous confie une parcelle de bonheur en est la confirmation. Lorsqu'il vient se rasseoir, tout mal à l'aise, je lui claque un bisou sur la joue et lui souffle que je suis fière de lui. Le tour de cercle continue, papi soju se traine à la vue de toutes les paires d'yeux prêtes à décortiquer ses mots pour avouer qu'au terme de son passage aux urgences il a replongé. Il en déduit qu'il ne suffit pas de prendre garde à ses actions, mais qu'il est aussi important de surveiller ses pensées et de se méfier de ses rêves quand on s'efforce de se défaire d'habitudes nocives. Il est un peu morne lorsqu'il avoue que son compteur de sobriété est retombé à 1 semaine, mais notre Trelawney le félicite d'être sorti plus éclairé et lucide de cette expérience démoralisante. Elle nous encourage tous à en tirer leçon et à ne pas nous culpabiliser outre mesure, etc etc, avant de passer au suivant. L'accro aux implants mammaires se redresse avant d'être appelée, dos excessivement cambré pour mettre encore plus en évidence ses bouées. Elle explique qu'elle est soumise à une douloureuse épreuve puisqu'à l'approche de son anniversaire, sa mère propose généreusement de lui financer une nouvelle chirurgie. Apparemment elle ne peut s'empêcher d'en rêver éveillée, ou d'y songer quand elle se retrouve devant son miroir. Le dilemme laisse toute l'assemblée mitigée, certains pensent qu'elle se gâche et d'autres qu'elle devrait céder. Ça tourne en bordel et au cœur de la dispute je me glisse jusqu'à elle (pas trop près pour ne pas me retrouver avec le nez entre ses obus) pour demander timidement si je peux y toucher, curieuse de leur texture. Elle accepte avec un air mi prétentieux mi très content et me glisse ensuite le numéro de son chirurgien même si honnêtement je n'irai jamais. Je la félicite quand même pour son super équilibre de top modèle parce qu'à sa place je tomberais en avant à chaque fois que j'essaierais de me déplacer. Sur un clin d'œil ravi de sa part je retourne jusqu'à mes chevaliers de la soirée et les attrape par la main pour leur proposer qu'on s'éclipse en douce, Trelawney suffisamment occupée à tenter de faire tout le monde se rasseoir pour ne pas prêter attention à notre disparition.

J'ai un peu chaud, elle était GRAVE bien roulée, je commente en sautillant à l'extérieur, aussitôt enveloppée par la fraîcheur mordante des prémices de l'automne. Yuta se met un doigt dans la gorge en prétendant vomir et j'éclate de rire. Avec mes mains je fais remonter ma poitrine. Pt'être que je devrais envisager le numéro qu'elle m'a filé ? Ouuuu la proposition de dégustation d'essence de qualité que m'a faite la torche humaine. On ressort vraiment de ces réunions avec des tuyaux inattendus, c'est fou-fou. Je me hisse sur un muret, bras écartés pour avancer en équilibre dessus. Mais Khan aura sûrement plus de plaisir que moi à boire l'essence, et en plus il en fera meilleur usage. Moi je sais pas rouler, ça me servirait pas à grand-chose. En plus ça doit être pas très goûteux, mieux vaut boire du jus d'aloe. Oh oh oh ! On s'en achète ? Dites ouiiii ! Ils acceptent qu'on aille s'acheter quelque chose, mais décrètent que l'aloe sera pour moi et qu'ils se prendront d'autres boissons. D'ailleurs Yuta est déter à se prendre une boisson bleue énergisante, juste parce qu'elle est, bah, bleue. Mais c'est la nuit Yuyu, pourquoi t'as besoin d'énergie ? je demande, et alors Vega et moi on échange des regards et on se met d'un commun accord à lui faire des haussements de sourcils grivois en demandant si c'est pour aller voir Nono.

Dites les copains d'amour ? j'interromps en m'arrêtant, tends les bras pour que l'un d'eux m'attrape par la taille et m'aide à retrouver la terre ferme. Vous croyez qu'on arrivera vraiment un jour à parler beaucoup beaucoup pendant les réunions ? Moi je sais pas trop… J'hésite un instant avant de continuer : Je dis pas qu'on devrait arrêter d'y aller, c'est juste… que peut-être on a pris un faux départ en prenant tout un peu à la rigolade ? Et maintenant j'arrive pas à être complètement honnête là-bas. Et aussi les gens sont tellement la détresse que je sais pas, j'arrive pas. À leur confier des trucs. J'échange un regard avec Yuta, qui esquisse un sourire triste en pensant au cambriolage que je n'ai, jusque-là, pas réussi à évoquer. Ça vous dirait qu'on… se fasse nos propres réunions, en dehors de celles de soutien ? En petit comité de trois. Peut-être que ça finirait par nous aider à parler là-bas ?

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Message(#) Sujet: Re: My therapist said — mimi & vega Sam 29 Sep - 20:32





Everything's gonna be alright, Everything's gonna be okay. It's gonna be a good, good, life That's what my therapist say.

La main de Mimi cajole mes insécurités, raffermit sa prise sur mon genou jusqu’à ce que le séisme angoissé se tarisse.
Vega relève le défi de la réunion haut la main en partageant un petit bout de bonheur avec nous. Ça me rassure de ne pas avoir gâché sa séance mais en même temps j’envie son courage, celui que j’aurais voulu avoir pour avancer avec eux, la princesse aux cheveux roses pastel et le héros taciturne au coeur occupé par Sunhi. « C’est tout. » Il se rassoit, je lui décoche un coup d’épaule fraternel, suivi d’un « fragile » marmonné en douce lorsque la thérapeute a le dos tourné, comme un élève de primaire qui saisit l’opportunité de faire un mauvais coup quand la maîtresse n'est pas dans les parages.

Vient plus tard le témoignage de papy soju, celui qui me touche le plus. Je l’imagine tomber d’un tabouret, fauché par son verre de trop, l’ambulance qui le récupère et personne à son chevet après avoir bravé un énième coma éthylique. Il a raconté lors d'une séance précédente qu’il est veuf et que sa famille l’a en quelque sorte mis de côté. Il était devenu trop dangereux avec ses petits-enfants car il a l’alcool mauvais et inconscient. La sobriété était une clé pour espérer les revoir à nouveau et pourtant il a rechuté après des mois de lutte.
Pourquoi ?
Est-ce que moi aussi plus tard, je vais finir par faire fuir tout le monde ? Est-ce que dans six mois je repenserai au goût et à l’effet de l’alcool ? Celui qui brûle la trachée, étourdi comme il faut les idées noires. Est-ce que c’est un combat sans fin ? J’ai jamais été très fort, contrairement à ce que Mimi pense. Je suis un putain de faible qui flanche ou qui abandonne dès que c’est trop dur.
Est-ce que si je perds contre ce venin, elle, Noam et les autres. Ça les fera fuir comme ça a fait fuir les proches de papy soju ?
Mimi me fait sortir de ma brume saturnienne en se levant pour aller toucher les obus de la nana refaite. Je m’enfonce dans ma chaise, me cachant d'une main comme je le ferai du soleil pour disparaître de honte. Vega me donne un coup de genou pour m’appeler à me redresser. Tout en le faisant je lui glisse à l’oreille dans une confidence embarrassée. « C’était cool quand t’as pris la parole, genre. Ça m’a fait plaisir que tu parles, j’aurais voulu faire pareil mais j’ai pas pu. » Il comptait me répondre, allait sûrement s’ensuivre le genre de discussion profonde de gars qui se confient des trucs. Mais euh je sais pas pourquoi les confidences entre mecs ça m’a toujours mis mal à l’aise, j’ai plus de facilité avec Mimi et Sunhi. Peut-être parce qu’avec les filles c’est moins compliqué de retirer son armure pleine de bosses et de fissures. C’est pas des forgerons mais elles ont une sensibilité particulière qui font que c’est pas grave de l’être un peu aussi, sensible.
Mimi me sauve en apparaissent, le teint rubescent d’avoir tâté de trop près la poitrine opulente de la jeune femme refaite. « J’avoue j’suis curieux, ça a quelle texture ? Donne ça. » Je lui arrache presque des mains la carte avec le numéro du chirurgien que je plie de sorte à en faire un origami en forme d’étoile, le seul que je sais faire à peu près convenablement. Je lui rends, en sachant qu’elle n’osera jamais défaire la petite comète en papier.

Quand elle nous propose du jus d’aloe je fais la grimace, ce truc est vraiment dégueux. Y’a des petits bouts visqueux qui te filent la gerbe, ça te donne l'impression d'avaler ( ou de mastiquer pour les plus téméraires ) le crachat de quelqu'un. C’est littéralement de la torture liquide, pire que les jus de légumes, quoique ça se vaut ( la viscosité en moins du coup peut-être un peu moins pire mais pire quand même. ) « Mais c'est la nuit Yuyu, pourquoi t'as besoin d'énergie ? — Arrêtez de vous marrer, le goût bleu y'a que ça de vrai ! Je vous ferai gouter. La lampée fera dix centimes. » Vega me jauge du regard, style de dire « t'es sérieux vieux ? » Je peste, faussement braqué. « J’sais que je suis économe. Oui c’est le mot y’en a pas d’autre, mais je suis pas un chien non plus. Je vous ferai une ristourne de cinq centimes. » Après s’être bousculés en se taquinant, Mimi joue les funambules sur un muret. « Dites les copains d'amour ? » Vega la rattrape pour lui faire rejoindre la terre ferme sans encombre. « Vous croyez qu'on arrivera vraiment un jour à parler beaucoup beaucoup pendant les réunions ? Moi je sais pas trop. » Les mains enfoncées dans les poches de mon jean, j’écoute Mimi s’exprimer sur la thérapie de groupe et je me sens coupable de l’entendre confirmer mes craintes. J’ai pris ça au second degrés, elle aussi, par conséquent Vega en a aussi pâti. C’est sûrement un peu ma faute s’il a autant tardé à s’ouvrir. En ayant l'habitude de le vanner dès qu'il me confie un truc un peu personnel, je dois être l'une des dernières personnes au monde à qui il a envie d'exposer ses fêlures et pourtant j'aimerais que ça change. « Je vais chercher les boissons, aloe pour Mimi et fuze tea pour toi. » J’attends pas leur confirmation, marche à reculons en les saluant de deux doigts sur la tempe ensuite brandis vers eux.

La sonnette significative du combini annonce mon entrée, je me dirige jusqu’aux boissons réfrigérées, prends tout ce qu’il me faut jusqu’à rester assez longtemps devant les canettes de bière pour me faire sermonner par un employé qui m’ordonne de façon la plus antipathique qui soit de fermer le frigo si je n’ai rien à prendre de plus.
Arrivé à la caisse, la cannette interdite est sur le comptoir. Elle parait presque innocente entre la boisson bleue, le thé glacé et l’aloe. Je sors l’argent, mets plus de temps qu’il n’en faut pour payer. Le gars s’impatiente, me le fait savoir en poussant de gros soupirs. Je lui redemande le prix pour retenir quelques pitoyables grains de sable dans mon sablier alors qu’il est affiché sur le côté, ce qu’il ne manque pas de me rappeler comme si j’étais idiot, ce que je suis peut-être un peu.
« Finalement je vais pas prendre la bière. — J’ai encaissé, j’peux pas faire de remboursement. — Je vous l’offre. — J’ai pas le droit de boire au boulot. — Je peux la remettre dans le frigo alors ? — Nan, j’ai compté l’article je viens de vous le dire. — Ok… » Je jette un coup d’oeil au dehors, Mimi agite sa main avec son sourire à toucher le cosmos, Vega lui est soupçonneux, il doit sans doute se demander ce qui me prend autant de temps. « Vous avez une poubelle ? » Le caissier me dévisage mais prend tout de même ma bière neuve pour la jeter aux ordures. Je ne lui accorde pas le moindre signe de reconnaissance et sort rapidement, le myocarde en cavale. J’ai la stupide impression d’avoir commis un crime, des sueurs froides coulent le long de mon échine. J’ai la respiration étriquée comme si deux mains faisaient pression sur ma gorge.
Et pourtant j’ai rien fait,
j’ai rien fait parce qu’ils sont là. C’est sûrement pour ça que je me sens aussi coupable, quelque part j’ai cédé alors qu’eux tiennent le coup. Pourquoi j’arrive pas à puiser dans leurs forces, quand eux m’assurent qu’ils parviennent à pas craquer ou pas trop déprimer en partie parce que je suis là pour eux. Pourquoi ça me suffit pas à moi aussi ?

J’affiche un sourire mi-douloureux, mi-crispé. Comme si je taisais une blessure grave en la dissimulant sous des couches de vêtements qui s'imbibent de carmin et qui donc, finissent par me trahir malgré tout. « Vous vous moquiez mais matez comme j’suis grave généreux. » Je leur offre les boissons, bois le tiers de la mienne avant d’essayer de me glisser dans leur conversation sans trop avoir l’air étrange. « Nos propres réunions ? » Je médite à la question tandis qu’on s’installe au bord de la rivière Han, le soleil décline mais le temps est encore doux. Ce qui ne m’arrange pas du tout, on aurait pu écourter notre petit conciliabule si le froid nous avait pris par surprise, décidément c’est vraiment pas ma journée. « Pourquoi pas. » Je retire le cercle en plastique accroché au capuchon, le torturant entre mes phalanges agitées, jusqu’à le plier et le déplier de sorte à faire le signe de l’infini. « Vous faites quoi ce soir ? Perso je pense que j’vais pas trop tarder. Y’a le chat de Kaede qui a pas encore mangé, je dois lui acheter ses croquettes en rentrant dooonc ouais. J’vais pas tarder. » Excuse bidon pour m’esbigner comme un lâche de compétition. Éviter les confrontations, explications et un autre synonyme qui finit en -ons, tout aussi désagréable. Je pense que j’ai rien à faire dans le mini club qu'ils veulent former. Si encore j’étais dans le même optique qu’eux : aller de l’avant. Mais j’suis même plus sûr de le vouloir, j’ai un frein dans la tête qui me commande de retourner en arrière. Il projète sa propagande dans la salle la plus sombre qu’il puisse trouver, sûrement située entre celle des réminiscences douloureuses et des regrets où se jouent sempiternellement mes plus mauvais rôles. Mais en ce moment toutes les salles sont closes, ne diffusent qu’un film où je me vois déprimer, boire un remède et oublier la première étape du début, enchaînant la seconde encore et encore jusqu’à ne plus sentir l’arrière goût des remords.
Les propagandes fonctionnent sur les gens faibles,
oui, elles fonctionnent.

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◊◊◊

†you see the best of me and you're making me believe that i'm somebody special. i've been losing myself but lately, you got me thinking maybe i got potential to be somebody special  you know.

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