violent ends (leon)



 
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Message  Sujet: violent ends (leon)     Dim 11 Mar - 14:50

suffoquement. le bain est encore brûlant quand elle extirpe sa carcasse de l’eau, l’air lourd d’une buée qui vient se nouer autour d’elle, l’envelopper comme une seconde enveloppe - presque charnelle. charnelle, nina quand elle se meut dans cet espace pesant, paradoxe dans son aisance ; puis elle vient, d’un revers de la main, tamponner le miroir pour en essuyer la condensation jusqu’à ce que son reflet s’y dessine à nouveau. suffoquements, quand elle respire à peine dans la pièce surchauffée - alors d’un bras, elle entrouvre une fenêtre, laisse l’air frais du soir s’engouffrer, réveiller ses sens. elle se sèche à peine, relève ses cheveux dans un chignon défait, et se glisse dans une chemise qu’il ne lui appartient pas - trop large et porte l’odeur masculine, la sienne. les paradoxes se dressent, les hésitations s’installent ; et les lignes floues de ce qui se trouve encore derrière la porte, grandit. il y a des erreurs qui se sont profilées, mais nina n’a ni remords, ni regrets - elle n’a que les yeux ouverts sur les failles qui se dévoilent, et des murmures frustrés qui font siffler ses tympans.

clore la porte sur la salle de bain encore embuée, les pieds nus qui se meuvent en silence contre le sol et l’eau qui coule dans un grand verre qu’elle boit à grandes gorgées. il n’y a pas de présage apparent - pas de raison, pas de hauts ni de bas. il n’y a que la tentation d’une, encore une, soirée entre eux, sans que nina pourtant ne saisisse à quoi cette histoire tient encore. il y a les crises de léon, les excès de nina. il y a les différences qui attirent, puis qui se déforment et se meuvent en différends. il y a les tensions à peine glissées sous le tissu de leurs peaux, et il ne suffirait désormais plus que d’un rien pour que leurs frasques soient à vifs. en longeant le canapé, elle glisse une main dans la tignasse du garçon, avant de se hisser au dessus du dossier pour se laisser tomber à ses côtés. “j’ai été longue ?” elle ronronne, le nez qui se niche dans sa nuque par habitude - mais contre sa peau, il y a l’odeur de la clope, tenace comme une seconde peau, et elle s’écarte, écoeurée, avant de se tordre un peu pour se hisser plus confortablement à califourchon sur ses genoux. mais y-a-t-il seulement encore du confort à trouver dans leur relation ? “musique ?” elle attend à peine une réponse, portable déjà entre les doigts à faire défiler ses playlists jusqu’à ce retentissent les premières notes - classiques, puissantes, emplissant le vide de l’espace qu’ils ne sont plus capables d’occuper par eux-mêmes. portable glissé plus loin sur le sofa, son regard vient retrouver le sien, s’y plonger sans savoir ce qu’ils y cherchent encore. des non-dits, des expressions vivantes, des passions animées ; en vain, sûrement. “tu veux boire un truc ?

alors ça devient banal - futile, bancal. alors on remplit l’espace de poussières grises des riens qui sont devenus de trop, on s’abîme à chercher à aimer encore un peu, sans parvenir à trouver les raisons qui poussent à agir de la sorte quand tout n’est plus voué qu’à être réduit au chaos. c’est allé si vite - peut-être trop. cette envie d’y croire, cette propension à trouver du charme dans leurs oppositions, ces passions dévorantes, puis comprendre que le gouffre est infranchissable, et que l’amour aura trébuché avant d’avoir su éclore. tant pis - tant pis ; dressons ici l’ultime lever de rideau, tableau ridicule des derniers artifices, des faux-semblants trop calmes qui ne présagent que les tensions à l’horizon, et la perspective d'une tempête en unique trame de fond.



◊◊◊

YOU'RE SO ART DECO OUT ON THE FLOOR
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Message  Sujet: Re: violent ends (leon)     Lun 23 Avr - 21:04

Dans son jean, se trouvait son paquet de clopes, celles qui lui défonçaient la santé et qui lui noirciraient les poumons. Mais celles auxquelles il refusait éperdument de se détacher. Il en sortît une, qu’il alluma avec son briquet. Il la brûlait, tandis que des nuances de fumée sortaient les unes après les autres d’entre ses lèvres. Au loin, il y avait les échos de l’eau qui tombait, là-bas, dans la salle de bain. Elle, elle prenait son temps. Elle, elle ne chantait pas aujourd’hui. Et lui, il savait qu’il y avait quelque chose. Parce que Nina, elle chantait souvent. Parfois un peu faux, mais il lui semblait qu’elle ne voulait pas qu’on l’entende, lorsqu’elle le faisait. Leon lui, c’était la chose qu’il remarquait toujours. Et il aimait bien sa voix. Il en était tombé amoureux. Et d’elle aussi. Intégralement.

Mais à présent, rien – ne semblait - n’était comme avant. C’était différent, dans tous les sens du terme. Leur relation qui était autrefois remplie de couleurs vives, de rires bienheureux, elle était devenue terne et grise, sans aucun goût. Ça ressemblait au mauvais temps, à un jour de pluie maussade, à l’odeur de l’humidité. Et s’il pouvait affirmer qu’il appréciait encore la jeune femme, la flamme qui l’animait, celle qu’il avait vu naître lorsque leurs regards s’étaient croisés pour la première fois, aujourd’hui, elle s’éteignait petit à petit. Il le savait Leon, que ses sentiments se consumaient lentement, pour devenir de futures cendres. Il l’avait prédit, mais jusque-là, il refusait de se l’avouer. En fin de compte, ça l’agaçait, de ne plus ressentir les mêmes choses qu’avant envers cette demoiselle. Autrefois, leurs contraires avaient créé leur union romantique. Aujourd’hui, ils étaient devenus ingérables.

Lentement, il déposait sa tête dans le fond du canapé, bras nonchalamment étalés sur les accoudoirs. Il était là, à contempler le plafond blanc, reflet de ses pensées vides et prédiction d’un avenir proche. Les halos de fumée éphémère sortaient toujours de sa bouche. Et le temps que sa compagne ne sorte, sa cigarette était déjà devenue mégot. Regard effronté et pourtant, à la vue de la chemise qu’elle avait enfilée, celle qui appartenait à Leon, un sourire périssable se forma sur son visage fatigué. un peu… dis-moi, t’as l’air de toujours autant l’apprécier, ma chemise préférée. Lança-t-il, en l’accueillant sur ses genoux. Geste familier, dans un sens, consolant. Il semblait lui dire que tout se passerait bien. et de son téléphone, elle allumait la musique. Un son brut, du réconfort certain, le seul ami capable d’apaiser les crises de frénésie du garçon. Alors, les violons et les pianos seront les seuls témoins de leur soirée. je crois qu’il nous reste du rosé.

Leon, il sentait un coup d’œil insistant, des pupilles qui voulaient se plonger dans les siennes. Ça aurait pu être une esquisse magnifique, digne des coups de crayons de Van Gogh. Deux regards échangés, des notes de classique en fond, une fille et un garçon amoureux. Mais on y trouvait aussi des paroles fugaces, des espérances fanées, des illusions chimériques. Ils avaient perdu de leurs pigments, ils n’étaient plus étincelants. Ne restait entre eux qu’une harmonie en déclin, une mélodie aux airs assombris. Et le tendre baiser qu’il déposa sur les commissures de la nymphe aux boucles dorées ne changea rien.

Ça aura probablement été le dernier jour de bonheur avec elle. Ou le dernier jour de malheur. C'était pareil, de toute façon.
Et l’adagio prenait fin.



◊◊◊

※ ※ ※ 'cause we're the masters of our own fate, we're the captains of our own souls, there's no way for us to come away 'cause boy we're gold
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