Lost my way ft Noam ♥︎

 

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Message  Sujet: Lost my way ft Noam ♥︎     Dim 21 Mai - 21:20


Lost my way,
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feat. noam ♥︎


1 ▪︎ BREATHE

« Je t'envoie un texto quand je sors du cours ok ?Ok. » On se sourit comme deux idiots au milieu du couloir de la fac. « Ok. » Qu'il répète en souriant davantage, je pouffe de rire. « Dégage. » Je le bouscule gentiment, baisse les yeux quand les siens essaient de me désarçonner en me dépossédant de mon armure. Elle fond sur ma peau et expose mes faiblesses, il est l'une d'elles, la principale même. Il se rapproche un peu plus, effleure le dos de ma main. « Noam. » J'ai autant d'autorité que son père soit pas du tout et ça l'amuse ( bouffon. ) «  J'ai compris, je me tire. » Il me vole un baiser sur le coin des lèvres, je le repousse en faisant mine d'être contrarié mais dès qu'il me tourne le dos un rire discret s'échappe de mes lippes. Il me lance un regard espiègle par-dessus son épaule avant de disparaître. C'est béat que je rejoins la masse d'étudiants agglutinés devant la porte du prochain cours.
Les regards d'abord, les murmures assassins ensuite.
J'essaie de jouer l'indifférent, fixant une affiche quelconque à défaut de mon portable pour paraître occupé. On va pas se mentir, cette tactique tout le monde l'a utilisé au moins une fois dans sa vie. Seulement pour moi cette fois-ci la feinte a échoué. « Salut. » J'esquisse un simulacre de sourire en guise de bonjour avant de retourner lire pour la cinquième fois ce qui est placardé au mur. « Je savais pas que tu sortais avec Noam. » Toutes les lettres se mélangent, un creux abyssal aspire mes remparts. J'essaie de recomposer les phrases, leur trouver un sens mais j'y arrive pas. S'il était resté j'aurais su quoi dire pour nous défendre mais tout seul, j'suis même plus capable de faire une phrase complète. « Hm. » Que j'arrive à marmonner malgré ma mâchoire crispée et l'reste qui fout le camp. « Tu comprendras que pour la fête vous êtes plus invités, c'est pas que je vous aime pas mais... C'est devenu compliqué maintenant, on peut quand même rester pote t'inquiète. » Je puise le courage qu'il me reste pour me tourner vers lui, les mots restent bloqués mais au moins je m'effondre pas. « Ta sœur peut toujours venir si elle en a envie.Elle a d'autres plans.  » Il ajoute un « dommage » trop sincère à mon goût avant de rejoindre ses potes qui me dévisagent d'un œil sardonique.

Je m'assois dans le fond, c'est ma place depuis le début de l'année. D'habitude y'a un mec avec qui je traînais pendant les pauses qui était assis à côté de moi mais depuis deux semaines il a laissé sa place à une fille qui passe son temps à gribouiller des trucs sur le coin de ses pages. Le type m'a du jour au lendemain supprimé de son cortex préfrontal. Je tenais pas forcément à lui mais j'aimais bien nos discussions, même si elles ne tournaient qu'autour des jeux vidéo et des séries qu'on avait en commun. J'avais même commencé à regarder Stranger Things pour qu'on puisse en parler ensemble mais il ne m'a pas laissé l'occasion de le faire. Le changement de comportement des gens vis-à-vis de moi à commencer dès la rentrée qui a précédé le soir du nouvel an. Noam est beaucoup plus démonstratif que moi et il s'en fout de ce que peuvent penser les autres ( c'est un des trucs que j'admire le plus chez lui et que malheureusement, on n'a pas en commun ) alors quand j'ai enfin eu le courage de nous assumer y'a plus eu vraiment de filtre, même à l'extérieur. Après on n'est pas du genre à s'afficher mais suffit de poser les yeux deux minutes sur nous pour cramer qu'on est plus que des potes. Y'a tout dans notre façon de nous regarder, d'interagir qui nous trahit et très vite, ça s'est su. Dire que ça m'affecte pas ça serait un mensonge, j'essaie juste de passer outre, j'essaie.

2 ▪︎ PRESSURE

« Ouais Nam tu descends avec moi ? J'ai vu une bombe sous le meuble je vais essayer de la désamorcer. » Au moins un soir par semaine on joue en ligne jusqu'à tomber de fatigue, j'ai d'ailleurs prévu d'envoyer un sms plus tard à Noam pour qu'il rejoigne la partie pour les forcer à se rapprocher ( moi fourbe ? Non. ) Je me dis que faire équipe même virtuellement, ça pourra les aider à s'apprécier. C'est peut-être une idée super con que je vais regretter plus tard mais pour le moment je préfère pas y penser. Avec Nam on s'occupe de la bombe avant d'aller à l'étage récupérer des armes. C'est là qu'un pote à lui se connecte et rejoint notre partie. « Salut les mecs ça va ?Ça va et toi ? Ah mais j'connais ta voix haha, t'es dans la même fac que nous ? Ouais, Yuta ça te dit un truc ? » Il se met à tousser. « Comme Lee Yuta ? » Nam qui sent le malaise gagner du terrain intervient. « Oui ça pose un problème ? — Non, non. » On se remet à jouer mais dix minutes plus tard le type prétexte une excuse bidon pour se déconnecter. « T'avais un soucis avec lui ? Non mais on s'en fout, je te suis au sous-sol. » Il insiste pas plus et j'suis reconnaissant parce que s’il l’avait fait, les frêles fondations qui me soutiennent se seraient écroulées.

3 ▪︎ LOST

Ma chambre fait écho au bordel dans ma tête. Tout est en désordre, mon armoire est grande ouverte, on dirait qu'elle a craché mes fringues pour les répandre un peu partout sur le sol. Mon lit est défait, des canettes de soda à peine entamées traînent ici et là et j'parle même pas de mes affaires de cours. Hier j'ai retrouvé un devoir dans ma taie d'oreiller... Je fais plus l'effort de rien, ça fait quatre jours que je porte les mêmes fringues et que j'évite Noam, que je réponds à ses textos évasivement. J'ai pas envie qu'il me voit dans cet état et que ça déteigne sur lui alors je prends sur moi en me disant que ça passera. Je bosse sur l'ordi avec mes écouteurs quand je reçois son appel, j'hésite à le prendre mais ça me démange trop, il me manque. « T'es chez toi ? » J'ai toujours été un peu bordélique mais pas à ce point, s'il vient il va s'inquiéter alors faut que je fasse diversion. « Je bosse et si tu viens on sait tous les deux que je vais être distrait. On se voit quand t'as fini alors ?Je vais réviser toute la nuit, j'ai pris du retard. » Je baisse l'écran de mon ordi, ramène mes jambes contre moi en priant pour qu'il raccroche. « Qu'est-ce qui se passe ? — Pourquoi t'es surpris que je veuille avoir mon année ? Je suis tellement un branleur que dès que j'ouvre un bouquin ça t'inquiète ? Merci de croire en moi. » Je mets un terme à notre discussion, mon portable s'échoue sur une pile de linge. Je reste assis sur ma chaise à le fixer comme si c'était devenu un objet hostile. Il vibre, se coupe, revibre, se coupe à nouveau alors que moi je me décompose dans ma piaule toute sombre avec comme seule source de lumière l'écran rectangulaire qui affiche son prénom. Au sixième appel je l'entends frapper à ma porte, il a carrément fait le déplacement... « J'ouvrirai pas.Je vais rester là toute la nuit. » Je sais qu'il le fera. Je m'oblige alors à me lever, à changer mon t-shirt ainsi qu'à me recoiffer un peu avant d'aller le rejoindre. Je lui bloque l'accès à ma chambre en le repoussant en même temps que j'en sors, prenant soin de la fermer derrière moi. « On descend ? » J'attends pas sa confirmation pour rejoindre l'extérieur. On se retrouve à marcher un peu pour s'éloigner de la maison, il attend que je parle et tout ce que je trouve à dire c'est : « Désolé. » Ça va pas en ce moment et j'ai pas envie de te dire pourquoi parce que ça va te faire du mal. Tout ce qu'on a fait pour éviter ça et finalement quand même arrivé, pourtant je savais que ça allait être difficile mais j'ai naïvement cru que les gens allaient finir par se faire à l'idée et que tout allait redevenir « normal » mais c'est pas le cas. J'ai l'impression que c'est de pire en pire, en plus de l'ignorance maintenant je dois faire front face aux commentaires à la fac, en dehors, partout. Y'en a qui me croient sourd et d'autres qui cherchent le conflit, passant près de moi pour me siffler une insulte ou me mimer des obscénités. Quand ça arrive je me contente de tracer avec la boule en ventre et je m'isole pour pas craquer, j'ai déjà séché des cours parce que je me sentais pas des les affronter.
Lâche.
« Je suis désolé d'être à cran, les cours ça me fout la pression. Mais promis ce week end on le passe ensemble. » Il n'est toujours pas rassuré, c'est avec un besoin ostensible que je supprime le mince espace qui nous sépare pour le prendre dans mes bras. On reste enlacer de longues minutes jusqu'à sentir nos membres s'engourdir. Je m'accroche à lui autant que lui à moi et je retrouve un instant la sérénité d'avant, celle où on était encore qu'un secret.

4 ▪︎ DAMAGE

« J'ai réfléchi à ce qu'on pourrait faire samedi, y'a une expo d'arts pas loin de la fac. Je me suis dit que ça pourrait t'inspirer pour tes peintures et... Pourquoi tu tires cette tête ? Tu trouves ça nul ? » Son sourire déclenche le mien ( comme toujours ) et alors qu'il allait répliquer un étudiant avec deux de ses potes passent à côté de nous pour sortir une insulte homophobe, le pire, c'est qu'il l'a fait en ne lâchant pas Noam des yeux. Je m'arrête, me retourne alors que le type continue de marcher tranquillement avec son squad en se marrant au sujet d'une fille qu'il drague sur Kakaotalk. Bref, ils sont déjà passés à autre chose mais pas moi. « Et connard, qu'est-ce que tu viens de dire ? » Quand ils comprennent que c'est à eux que je m'adresse ils prennent la peine de faire demi-tour. L'auteur de l'avanie ouvre la bouche pour se répéter, mes doigts se recourbent d'eux-même jusqu'à former un poing, mon cou palpite de fureur fixant le trou béant d'où il fait sortir des mots dont je ne suis plus capable de percevoir le moindre son, habité par le seul désir de lui briser les os. Je marche, déterminé, jusqu'à lui avec dans le corps un tank prêt à faire feu. Mes jambes sont lourdes et pourtant je vais incroyablement vite, je me souviens plus de quand est-ce que j'ai remonté mes manches mais elles le sont jusqu'à mes coudes. Il sent arriver le coup, ils le sentent tous et pourtant il ne prend pas la peine de se protéger.
J'ai tellement encaissé, une fois de plus ou de moins ça m'fera rien. J'vais continuer de raser les murs, de me cacher le temps d'enterrer avec moi les crises d'angoisse qu'ils me provoquent avec leurs mots bas, leurs regards qui jugent et qui méprisent. J'vais baisser le poing avant de le faire atterrir dans sa gueule, avant de le cogner une fois qu'il sera au sol et de le traiter de tous les noms jusqu'à m'en rompre la voix. C'est ce qu'il se dit en me voyant venir vers lui, que j'vais au dernier moment me souvenir que j'suis d'une lâcheté sans faille et là il pourra se détendre en voyant que je ralentis.
J'suis inoffensif, j'ai baissé trop de fois les yeux pour faire peur.
C'est ce qu'il se dit en jetant un regard goguenard à ses potes avant de se recentrer sur moi.
Ce qu'il s'est pas dit en revanche c'est qu'il aurait dû se méfier,
j'crois que maintenant que sa peau tuméfiée est l'oeuvre de mes jointures il saura s'en souvenir.


◊◊◊

☽We were on fire, I slashed your tires. It's like we burned so bright we burned out. I made you chase me, I wasn't that friendly. My love, my drug, we're fucked up.
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Message  Sujet: Re: Lost my way ft Noam ♥︎     Lun 5 Juin - 14:15


Lost my way,
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1 ▪︎ BLISS

« j’ai compris, je me tire ». mais j’en ai pas envie. si je m’écoutais, je l’aurais embarqué pour passer la journée ailleurs, loin de la fac. mais on vient à peine de commencer l’année, on va pas déjà faire l’école buissonnière. alors j’me rends, je capitule. enfin pas tout à fait. je l’embête une dernière fois, posant mes lèvres à côté des siennes, ce qui me vaut d’être poussé au loin. mais j’rigole parce que, j’le vois, le petit sourire qui ne demande qu’à se dessiner sur le coin de sa bouche. mais j’dis rien et prend le chemin des cours. j’sais que j’ai l’air d’un imbécile heureux mais j’m’en fous. ça échappe pas à mes potes qui s’en donnent à cœur joie pour m’emmerder avec ça. j’ai l’impression de passer à la loupe à chaque fois que j’ai le malheur de les croiser dans le couloir. c’est limite s’ils me foutent pas à poil pour trouver je ne sais quelle trace d’une nuit de folie. généralement, j’les frappe, un bon coup de pied au cul. et d’autres, j’les laisse faire parce qu’ils sont juste cons. et qu’je sais bien qu’au fond, ils feraient pareil si j’étais avec une fille. c’est simplement des potes qui se vengent parce qu’ils sont célibataires. alors ouais, j’attends le jour où l’un deux se trouvera une gonzesse pour que j’fasse pareil !

« - alors yang, on a passé une bonne nuit ?sérieux ? t’en as pas marre de me poser toujours les mêmes questions ? et puis … attends, c’est quoi ça là, sur ton cou ?! ». on dirait que le jour de ma vengeance était arrivé ! et j’vais pas le lâcher avec ça, il est foutu. ça reste bon enfant entre nous mais j’sais que d’autres parlent dans notre dos. et à vrai dire, j’m’en fous royalement. c’est pas un groupe de p’tits cons qui m’empêchera d’être heureux avec yuta.


2 ▪︎ AWARENESS


« t’es pas avec ton p’tit copain aujourd’hui yang ? ». j’ai le casque sur les oreilles, la musique lancée, le volume pratiquement au max et pourtant, j’arrive encore à attendre ses conneries. c’est toujours le même, avec son petit groupe d’hommes des cavernes, qui sort encore et toujours le même discours. et comme d’hab, j’fais comme si je l’avais pas entendu et continue de gribouiller sur mon carnet. mais il insiste comme le putain de lourdo qu’il est. au bout d’un moment, soit il se tire, soit il m’emmerde encore plus. aujourd’hui, c’est un jour où il a décidé que j’avais pas eu ma dose. j’le vois ouvrir sa grande gueule alors parce que ma mère m’a bien élevé, j’retire mes écouteurs et tourne la tête vers lui. « tu me bloques la vue alors si tu pouvais te décaler …t’as pas répondu, il est où ton p’tit copain ? ». j’soupire, déjà fatigué d’avoir à lui répondre. « là où t’as pas l’habitude d’être ». et comme j’vois qu’il me regarde comme le dernier des cons et qu’il me fait un peu pitié, j’rajoute : « en cours ». et puis comme les hommes primitifs, il a pas le cerveau très développé tout comme son vocabulaire qui est du même niveau que celui d’un enfant de deux ans, il m’sort un tas d’insultes qui m’passent au-dessus de la caboche. j’dis pas que ça me fait rien. enfin, disons que ça m’fait juste chier qu’il comprenne pas que j’en ai rien à battre de sa gueule. les sous-entendus salaces, les insultes et autres trucs débiles qui vont dans le lot, j’ai l’habitude. quand les gens apprennent que mon père était célèbre, y’a deux réactions possibles. la première, c’est qu’ils sont souvent impressionnés, presque admiratifs et demandent toujours des anecdotes sur la vie de mon père. la seconde, c’est de s’imaginer que j’suis né avec de l’argent plein les poches et que j’ai toujours tout eu en claquant des doigts et que papa était toujours là avec ses relations pour me faire entrer n’importe où. j’disais jamais rien parce que moi la vérité, j’la connais. si ça les amuse de croire autre chose, alors tant mieux pour eux. j’ai pas besoin d’me justifier auprès de crétins. et avec lui, c’est pareil. « je t’ai demandé de bouger, tu me gênes ». et j’remets mon casque en prétendant que rien ne venait de se passer.


3 ▪︎ CONFUSION

je l’appelle une fois, puis deux. puis j’ai arrêté de compter. a chaque fois, j’tombe sur son répondeur. il sait que c’est pas ça qui m’arrêtera alors sans attendre plus longtemps, j’ramasse ma veste avant de descendre de ma chambre. « j’vais chez yuta ». j’laisse pas le temps à mon père de répondre que j’suis déjà dehors à courir jusqu’à chez lui. on a jamais passé autant de temps sans se voir, sans se parler. même quand j’étais de l’autre côté du pacifique, y’avait pas un jour sans qu’on se contacte. alors j’sais que y’a un truc qui va pas. et depuis un moment. au début, j’me disais bêtement que c’était les cours qui le mettaient dans cet état. et puis j’voyais bien dans son regard qu’un truc avait changé, qu’il était plus vraiment le même. j’pouvais pas m’empêcher de m’imaginer le pire : il veut plus de moi et il sait pas comment me le dire. alors tout le long du chemin, j’angoisse. en cinq minutes, j’ai le temps d’me faire les pires films possibles et comme j’ai toujours eu une imagination débordante, ça défile en mode accéléré dans ma tête et j’aimerai que tout s’arrête et pour ça, faut que j’le vois.

j’arrive devant sa porte et j’toque. « j'ouvrirai pas.je vais rester là toute la nuit ». il sait que j’suis sérieux, que je camperai là jusqu’à c’qu’il daigne me voir. il finit par ouvrir la porte mais il m’fait reculer pour pas que j’puisse rentrer dans sa chambre. j’ai le cœur qui pèse trois tonnes quand j’le vois : il est blême, fatigué, y’a que le vide dans son regard. pourquoi tu me dis pas c’que t’as yuta ? pourquoi tu me dis rien ? on sort dehors, on marche un peu jusqu’à c’qu’il parle. il me dit que c’est à cause des cours, que ça le stresse mais j’sais qu’il me dit pas tout. il a le regard qui fuit, le sourire crispé. pourquoi tu me dis rien ? si y’a un truc qui te fait mal, on affrontera ça ensemble comme toujours. et puis il me prend contre lui, me serre fort et j’oublie un moment cette bulle d’inquiétude qui ne demande qu’à éclater. ça ira hein ? dis moi que ça ira.


4 ▪︎ EXPLOSION

il a repris des couleurs, il a l’air moins fatigué mais si j’vois bien que y’a encore un truc. j’sais pas lequel, on a pas vraiment reparlé mais si on l’avait fait, il m’aurait encore sorti l’excuse de ses cours. j’le laisse croire que j’gobe tout parce que ça doit probablement le rassurer et j’ai peur que si j’force trop, il va se briser milliers de petits morceaux. là il m’parle même de c’qu’on pourrait faire ce weekend alors qu’il y a deux jours, il voulait même pas m’ouvrir sa porte. alors j’souris parce que j’suis heureux d’le voir comme ça, même si y’a une partie de moi qui culpabilise d’ressentir ça alors que lui, il est pas heureux. mais j’prétends qu’il l’est mais ça l’aide pas. j’suis égoïste.

« - je … — tiens le pd est de sortie ! ». l’homophobe aussi on dirait. toujours le même avec ses insultes qui ne font rire que lui et ses potes aux capacités cognitives diminuées. j’passe mon chemin en finissant ma réponse mais yuta, il devient soudainement muet, livide, immobile. « eh … perds pas ton temps avec ces conneries ok ? ». mais y’a plus rien qui passe, il est éteint. y’a que cette dangereuse lueur qui s’anime dans ses yeux. « yuta … ». et la tempête, elle explose. et tout se déroule au ralenti. il fait demi-tour, interpelle le groupe de primates, ils se tournent vers lui, rigolent de leur rire mauvais jusqu’à ce que son poing atterrisse dans sa gueule. lui aussi, comme moi, il s’y attendait pas. ou peut-être un peu. on l’a vu trop tard. et quand il rencontre le bitume, yuta au dessus de lui, le temps reprend sa course. ses deux autres potes restent inertes mais moi, j’suis déjà à côté de lui pour l’arrêter. mais il est tellement entraîné par la rage que c’est presque impossible. il écoute plus rien, il entend pas ma voix qui le supplie d’arrêter. « yuta putain, arrête !! ». j’arrive à le dégager mais le mal est fait. j’dis pas qu’il le mérite pas mais la violence, ça résout rien. avec les cons, y’a rien qui marche.

et visiblement, les poings dans la gueule non plus. si au moins ça avait pu le faire taire. « - espèce de … — espèce de quoi ? tapette ? tafiole ? pd ? t’as déjà vidé ton stock d’insultes alors ferme ta gueule, sale hétéro ». j’le vois qui s’apprête à répondre mais vu qu’il est lent du bulbe, j’réponds avant lui. « quoi ? sale hétéro, c’est pas une insulte ? guess what ? être homo non plus ». qu’il s’en prenne à moi, j’en avais vraiment rien à foutre parce que j’pouvais passer outre. mais yuta lui, ça l’affecte. et plus que c’que je l’imaginais. et ça m’crève que ce connard soit l’un des responsables de son état. j’suis pas con, les gens parlent, nous regardent, analysent le moindre geste qu’on a envers l’autre que ça m’donne l’impression d’être une bête de foire mais j’ai l’habitude. et j’ai étais égoïste de croire que ça irait aussi pour yuta.

(…)

je l’ai emmené à l’infirmerie pour mettre de la glace sur sa main et aucun de nous n’a dit un mot depuis. j’ai une colère sourde qui monte : contre lui, contre eux, contre moi, contre le monde. mais j’ai jamais su fermer ma gueule plus de cinq minutes alors faut que j’l’ouvre. « depuis combien de temps … tu gardes tout ça pour toi ? ». j’le regarde pas, mes yeux sont fixés sur les rougeurs de ses jointures. si j’le regarde, j’sens que j’vais craquer, m’effondrer mais j’ai pas le droit. « pourquoi tu m’as rien dit yuta ? tu m’fais pas confiance ? tu croyais que j’pourrai pas gérer ? que j’suis trop sensible ou trop gamin ? t’es pas tout seul putain, t’es pas tout seul ». dis-moi pourquoi j’suis toujours le dernier au courant. dis-moi pourquoi tu m’en as jamais parlé. « je suis désolé, c’est de ma faute ».



◊◊◊

"you got the best of me"
YUNO ☽ don’t worry love all of this is not a coincidence we are totally different baby the two of us found fate from the day the universe was birthed over the infinite centuries in our past lives and probably in our next too we are together eternally ☽
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Message  Sujet: Re: Lost my way ft Noam ♥︎     Jeu 27 Juil - 1:31


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Le type a dégainé ses poings principalement pour se protéger. Il m'a demandé d'arrêter trois fois, la dernière sonnait comme une supplication honteuse. Il a aussi balbutié une excuse qui avait l'air sincère mais l'avoir arraché par la force en a enlevé tout son intérêt. T'façon j'voulais pas de son pardon, j'voulais le mettre à la hauteur à laquelle il nous avait mis Noam et moi. Si y'avait eu plus bas que le sol, j'lui aurais foutu la tête dedans. Avant que je n'aggrave les choses Noam parvient à nous séparer, je me délivre de lui d'un coup d'épaule furieux et hagard, regagnant l'équilibre après avoir esquissé quelques pas maladroits qui ont conduit mon corps à percuter un casier. Noam me stabilise fermement par les bras, nous défendant à son tour avec acidité.

Il est du genre à penser qu'avant j'étais le plus "stable" des deux, à l'entendre on s'équilibre pour l'autre. J'suis pile, lui face et quand les difficultés l'atteignent nos rôles s'inversent qu'importe les épreuves on reste toujours les deux parties d'une même pièce. Mimi elle, c'est la mince partie entre les faces. Sans elle ça colle pas et aujourd'hui, elle est pas là...

☽☽☽

Mon père est un artiste, il sait retranscrire les sentiments avec de l'encre. Il est plus doué avec le noir que les couleurs, ses croquis sont toujours sur fond blanc et tracés au crayon de papier. Quand j'étais petit je voulais absolument me faire tatouer et tous ceux qui me connaissent savent à quel point j'peux être borné quand j'veux. J'ai harcelé mon père jusqu'à l'irriter ( et pour en arriver là, il en faut énormément. ) Après l'avoir sollicité une bonne centaine de fois il a sorti un feutre de ma trousse pour me dessiner un dragon sur le bras ( j'étais obsédé par un héros de dessin animé qui en avait un tatoué sur le torse. Quand il était en colère le monstre se mouvait sous sa peau. Je trouvais ça trop cool, voilà... ) et m'a promis que quand j'aurais l'âge il me tatouerait tout ce que je voudrai, c'est devenu un truc entre lui et moi. Quand je rentrais de l'école et que son œuvre s'était effacée, je lui demandais de m'en faire une nouvelle. Maman trouvait ça mignon, elle m'a dit qu'il avait fait ça aussi avec elle avant qu'il ne devienne tatoueur. Elle est devenue sa toile préférée, aujourd'hui elle est couverte de ses dessins. J'aimerais couvrir Noam de mes mots, ceux que je cache dans des cahiers dans un coin de la marge ou sous un tas de ratures, déchirures aussi. Quand il est parti j'ai commencé à écrire pour lui, pour ranimer son existence ailleurs que dans mon esprit. Je nous inventais de nouveaux souvenirs ou je réécrivais mes journées en l'incluant comme s'il les avait vécus avec moi.
C'est pour lui que j'ai commencé à écrire pour de vrai. Avant c'était pour avoir un point commun avec ma tante et aussi j'avoue, pour l'inciter à reprendre sa passion qu'elle a complètement laissé tomber avec son job, avec Mimi. Peut-être qu'on arrête d'écrire quand on est quelqu'un d'accompli ? Parce qu'on n'a plus rien d'autre à extérioriser. Pour tata la finalité de l'histoire ressemble sensiblement à : elle vécue ( plus ou moins ) heureuse et eut une magnifique petite fille avec le prince ( malfrat ) de ses rêves.
Moi j'suis loin d'être arrivé à ce stade. J'ai rien accompli, j'suis mon propre frein et même s'il est là et qu'on est « heureux » ensemble, c'est plus fort que moi je fais tout foirer. J'suis bon qu'à ça et lui il nous reconstruit sans jamais se plaindre.

« Depuis combien de temps … Tu gardes tout ça pour toi ? »
Déception numéro xxx. J'tiens plus le compte, désolé.
Je pince mes lèvres entre elles, relisant mentalement toutes les lignes où je lui confiais ce qui allait pas. C'est comme si je lui avais dit, un peu. J'en ai marre d'être le fardeau de notre couple, d'être celui qu'il doit relever. Je flanche et lui reste debout, pour moi. « Je ___ _____ » Je lève la tête pour le regarder et puiser en lui la force qui me permettra de completer les espaces. Tu sais, les sempiternelles espaces qui nous séparent un peu plus à chaque fois que mes pages se noircissent, que la sincérité se tarit.
Ses yeux sont rivés sur mes jointures colorées par la colère et la souffrance que j'ai pourtant essayé de soulager sur papier mais le seul vrai remède est en face de moi seulement... J'ai pas envie qu'il me serve d'antidote constamment, si je lui prends tout il lui en restera plus assez pour contrer mon venin. « Je voulais pas te faire de mal. » Que je murmure à moi-même d'une voix mal maitrisée. « pourquoi tu m’as rien dit yuta ? tu m’fais pas confiance ? tu croyais que j’pourrai pas gérer ? que j’suis trop sensible ou trop gamin ? t’es pas tout seul putain, t’es pas tout seul. »
Non, non non non ! Rien de tout ça.
Mon regard s'affole, ne comprend plus. Je lui interdis de penser la moindre de ces choses. Il persiste pourtant en s'excusant, en prenant mes torts pour les siens, comme toujours.
De ma main intacte, je capture son visage pour le diriger vers le mien. J'inspire douloureusement en voyant l'expression de son regard. Tout est éteint, la nitescence caractéristique de ses orbes s'est désagrégée. « Noam. » Je veux le ranimer, le secouer pour le ramener à moi. Il faut que je cesse de nous enliser, que j'apprenne à mieux communiquer avec lui. J'pensais pourtant bien faire mais suffit que j'regarde en arrière pour voir que tout ce qui nous a fait défaut, c'est tout ce que j'ai tu. « Je sais que je serai jamais seul parce que je t'ai toi et que toi, tu m'as moi. » Mes doigts quittent sa mâchoire pour se caler derrière sa nuque. « Si je te dis rien c'est pour te protéger, tu crois pas que je t'en ai assez fait voir ? Je t'ai fait faire des trucs que t'aurais jamais fait pour personne d'autre que moi comme mentir à ta famille, la quitter par ma faute après t'avoir dégagé comme si t'avais jamais compté alors que... » Mes phalanges l'abandonnent, froissent le papier rugueux qui protège le fauteuil d'auscultation. « J'ai l'impression de t'avoir manipulé mais je l'ai jamais voulu, tu me crois pas vrai ? » Je cherche la réponse par moi-même en essayant de décrypter la moindre expression susceptible de la révéler. Je préférais qu'il me l'avoue en silence plutôt qu'à voix haute. « Te croire ? Mais comment je pourrais ? J'suis qu'un putain de jouet pour toi. T'es contrarié, je disparais. Tu siffles, je rapplique. Ça peut plus continuer comme ça Yuta, c'est fini. » Pourquoi faut-il systématiquement que j'imagine les pires scénarios ?
Je me ressaisis, précipitant le début de ma phrase dans le but de gagner du temps pour le faire ( si possible ) changer d'avis. « Quand t'es revenu j'ai décidé que je referai plus les mêmes erreurs. Je veux te faire passer avant tout, avant mes propres problèmes mais j'ai échoué, encore. » Je descends du fauteuil pour le prendre dans mes bras et ajuster ma respiration sur la sienne, plaquant mon torse contre le sien pour vérifier que tout bat correctement dans sa poitrine. À force je vais tellement l'abîmer que je l'entendrais plus fonctionner pareil. J'ai peur que son palpitant se réinitialise, qu'il perde de sa cadence quand nos êtres se frôlent ou qu'ils fusionnent. Avant qu'on se mette ensemble lorsqu'on se touchait son organisme fonctionnait normalement, aujourd'hui j'ai tout détraqué. Son souffle, sa manière de bouger, de me regarder, de penser, d'aimer. Et si tout ça s'arrêtait ? Il va se réveiller et réaliser que je suis une perte de temps, un fardeau bien trop lourd à porter et il aurait raison. « Je sais pourquoi tu crois que c'est ta faute. Si tu ne m'avais jamais dit que tu m'aimais on en serait pas là mais si tu ne l'avais pas fait... Je n'aurais jamais pu t'avouer mes sentiments à mon tour. Je t'aurais regardé te mettre avec quelqu'un, l'épouser, construire ta vie avec et ça aurait été pire que tout au monde. Pire que ce qu'on traverse aujourd'hui. Au moins ce qui nous arrive je le vis avec toi et rien d'autre ne compte plus que ça, toi. » Tout c'que je m'escrime à contenir se libère enfin, je veux plus me cacher derrière des fausses excuses. « On peut juste... Rentrer à la maison ? »

☽☽☽

Ma chambre est plus petite que celle de Kaede mais ça me dérange pas. Les murs étaient clairs à la base mais cet été j'ai tout repeint d'un bleu sombre presque gris, ça m'a pris sur un coup de tête comme un peu près tout ce que je fais. « Tu te souviens ? » Je désigne un poster. « Notre premier concert ensemble. » On avait quatorze ans, c'était pas un groupe connu mais on les adorait. Ils se sont séparés peu de temps après, le chanteur s'est suicidé en voiture en percutant un pont. « Depuis j'écoute que leur live sur youtube, ça m'aide à revoir les images de cette soirée avec plus de netteté. » Je monte sur mon lit pour atteindre une étagère, elle contient une vingtaine de livres. J'en ai perpétuellement un qui traîne sur ma table de chevet ou sous mon oreiller. Parfois quand il n'arrive pas à dormir Noam me l'emprunte, c'est pour ça que celui qui n'est pas avec les autres a deux marques-pages. Quand j'ai remarqué qu'il le lisait, je lui en ai fabriqué un avec une citation qui me faisait penser à lui. Désormais il y'a toujours un « livre qui traîne. » Pour chaque nouvel ouvrage qu'on commence ensemble on fabrique un marque-page pour l'autre, moi avec des mots et lui des dessins. « Tiens. » Sur cette même étagère il y'avait aussi un cahier d'apparence quelconque : couverture rouge, feuilles blanches. Seul son contenu le rend « intéressant. » « Là-dedans y'a tout ce que j'aurais dû te dire de vive voix mais je l'ai pas fait parce que j'ai pas eu le courage ou je pensais que ça aller envenimer les choses pour toi, pour nous. Si t'as vraiment envie de savoir tu peux lire. J'en ai un tas des comme ça, celui-là condense les deux derniers mois. » Embarrassé de lui offrir littéralement une partie de moi, la plus vulnérable, je fais anxieusement glisser mes pulpes sur l'inscription de ma gourmette : Noam. « Je te demande juste de pas le lire devant moi, ça va me mettre mal à l'aise. »


◊◊◊

☽We were on fire, I slashed your tires. It's like we burned so bright we burned out. I made you chase me, I wasn't that friendly. My love, my drug, we're fucked up.
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