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(#) Sujet: mana waylluna - gaeul&alessa   mana waylluna - gaeul&alessa EmptyMar 9 Avr - 22:04





sonidos del perú ◊ 33 ◊

Leur seconde escale à Lima s’allonge et la liste de ses complaintes aussi. Il n’y a rien qui va. Elle est fatiguée et a peur de ne pas tenir pour la soirée qui sera organisée pour son retour ce soir. Elle se sent sale. Les prix ont augmenté depuis la dernière fois qu’elle est rentrée au pays. Elle a froid, elle a chaud, et parfois les deux en même temps. Alessa tremble nerveusement, frappant avec sa basket le sol d’un rythme nerveux, et jette un regard toutes les deux minutes à la porte d’embarquement. Elle a rarement été aussi silencieuse et réservée que ces derniers jours. La journée-et-demi dans l’avion de Seoul à Dallas a été ponctuée de baisers, de partage d’inquiétudes et de stress, de turbulences dues au mauvais temps côté asiatique et, forcément, maintenant arrivées à Lima en attendant leur dernière correspondance pour Arequipa, le stress de la jeune Péruvienne a eu largement le temps de contaminer Gaeul. Car si la première appréhende de retrouver sa famille, de dormir dans son lit, de recroiser ses voisins, la deuxième ne connaît rien de tout ça. Si ce n’est sa petite-amie qui, elle-même, ne semble sûre de rien.

Pour couronner cette longue journée qui se termine, la stewardess qui ouvre les portes d’embarquement n’est là que pour annoncer aux passagers un retard d’une heure au moins, de caractère exceptionnel, à cause d’un avion militaire qui doit mobiliser tout l’aéroport avant de redécoller. Insultes et indignations se font entendre, en chœur, et Alessa sent ses tripes se réveiller. C’est la première fois depuis leur atterrissage, trois heures avant, qu’elle se sent un peu chez elle. « Putain, râle-t-elle quand même en Coréen, se tournant vers son amante, qui a posé sa tête sur son épaule et passe le temps en comptant les gens qui déambulent. Un avion militaire s’est cassé un freint en atterrissant, ils doivent fermer la seule piste de décollage le temps qu’ils le bougent. Ils nous font le coup chaque année. » Autour d’elles les accents tournoient. Du castillan, surtout, beaucoup de quechua, quelques anglais égarés en voyage d’affaire. Et une Coréenne dont elle se remet à caresser les cheveux, distraite.

« On va arriver trop tard. Tu sais quoi, je vais prendre un hôtel en arrivant à Arequipa, et on ira chez moi demain seulement. C’est bon ? »

D’une main, elle sort son portable et tape habilement le nom du seul hôtel qu’elle connaisse à proximité de l’aéroport de sa ville. Pour cause : c’est le dernier qu’elle a vu avant de partir pour Seoul avec cinq heures de retard dus à un avion militaire en panne.


L’hôtel La Cuesta les accueille à trois heures du matin, elles deux parmi les quelques derniers passagers froissés par leur nuit blanche et prolongée entre aéroports et vols retardés. La dernière escale a fait son travail de séparation : ne demeurent dans le lot plus que des arequipeños rentrés d’affaires ou de vacances, les touristes déjà partis pour les processions d’Ayacucho, quelques jours après. La cholita devant elles leur tient la porte et remarque Alessa qui écrase son mégot à l’entrée, lui sourit, puis disparaît dans le couloir de l’hôtel. Dans le cœur de la jeune locale, l’appréhension se fait plus vive, plus poignante ; douloureuse, presque. Elle se rappelle exactement des détails : la clé se glisse vers la gauche, et non la droite ; le linge de lit sera plié en un origami de cygnes amoureux raté et l’AC allumé, même sans qu’il y en ait besoin par les 12°C ambiants. C’est comme si l’hôtel n’avait pas bougé depuis trois ans, en attendant son retour.

« On part dans cinq heures, on doit se reposer. Tu veux prendre une douche maintenant ? »

La plus jeune aide Gaeul à tirer sa valise jusqu’à l’intérieur, et s’échoue rapidement sur le lit, avec son sac encore sur ses épaules. La télé qui trône à l’angle s’est allumée automatiquement avec la carte glissée à l’entrée, de même que l’AC et la salle de bains. Sur l’écran, Keiko Fujimori plaide son innocence face à un jury indifférent. Alessa éteint. Les larmes guettent et elle les refoule, parce qu’elle n’est pas trop sûre de leur raison d’être. Se relevant pour les chasser plus efficacement, la petite brune se déleste de son sac à dos et se dirige dans la salle de bains pour y activer le chauffage. « Viens voir », interpelle-t-elle, et sa voix tremble mais elle reprend le dessus. Un gloussement lui parvient même : près de la baignoire jacuzzi trône une bouteille de champagne accompagnée de ses deux verres, et un mot imprimé de l’hôtel qui leur souhaite un bon séjour. « On s’est faites surclasser. T’as soif ? »

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(#) Sujet: Re: mana waylluna - gaeul&alessa   mana waylluna - gaeul&alessa EmptyMer 10 Avr - 21:06





take shelter

Exceptionnellement aujourd’hui, elle n’est pas anxieuse à l’idée d’être à l’extérieur de l’appartement d’Alessa.

Ou peut-être que si, peut-être que si elle a l’esprit aussi embrumé et les articulations pratiquement ankylosés, ce n’est pas juste parce qu’elle tremble de devoir rencontrer la famille de sa petite-copine, mais aussi parce qu’elle tremble à l’idée même de ressortir de sa zone de confort. Après tout, ces dernières semaines elle n’a pratiquement pas quitté son lit ; parfois pour arroser ses plantes (ses enfants : Ugli, Allo et Pogba), parfois pour piquer les céréales préférés d’Alessa et les manger à la main, mais jamais pour être un membre productif de la société et renouveler son stock de vitamine D. Et elle aurait continué à faire la morte-vivante si ce n’était pas pour les jolis yeux (de chiots) de la Péruvienne à qui le pays manquait particulièrement trop – elle lui doit bien ça, vu qu’elle l’héberge et la supporte depuis qu’elle a été kicked out de la fac.

Mais là, là tout de suite, si elle a du mal à arrêter de bouger sa jambe et de mordre ses angles, c’est surtout dû au fait qu’elle va rencontrer les parents d’Alessa et que les dernières deux neurones rationnelles qui lui restent ne cessent de lui rappeler qu’il est trop tôt. Trop risqué, aussi, parce qu’elle traverse la période la plus difficile de sa vie et fuck, elle est trop mal au point pour charmer. En fait, elle ne sait même pas si Alessa compte la présenter en tant que son amante alors elle se fait sûrement du mal pour rien. Gaeul - Gaeul n’est pas sûre de vouloir savoir, de toute façon. Jusqu’à là elle n’a pas trop osé demander, tout comme elle n’a pas trop osé espérer – la Coréenne se contente de sourire quand on lui adresse la parole et de tirer son téléphone pour jouer au Scrabble quand les doutes la guettent. Jungha serait fière d’elle – enfin, si elle répond à ses messages et arrête de rater leurs rendez-vous, déjà.

Le petit gosse assis au sol à ses pieds lui tend la main puis la re-cache derrière lui lorsqu’elle tente l’attraper ; il rigole, haut et fort, et ça dessine un sourire facile sur ses lèvres que les cris soudains des autres passagers lui retirent de surprise aussitôt. Mais même quand Alessa se tourne vers elle pour lui expliquer la situation, Gaeul refuse de lever la tête, trop apaisée par le rythme de son beau cœur qui bat si fort contre sa tempe. « It’s cute when you get all mad and frustrated, taquine-t-elle, se penchant un peu plus pour déposer un baiser furtif contre sa mâchoire, but don’t worry about me. It’s okay, I’m okay. I’m having fun, anyway. » Ce n’est même pas un mensonge, quand les doigts de sa petite-copine tressent si doucement ses cheveux. Le petit gosse à ses pieds continue à la regarder comme si elle avait accroché la lune au ciel. Elle souffle un rire muet, dépose un autre baiser contre la joue d’Alessa avant de quitter son siège.

Le gosse rigole encore lorsqu’elle s’agenouille devant lui et ça défait le nœud qu’elle avait au ventre ; quand elle se retourne par moments pour afficher son plus gros sourire à son amante, elle espère être d’un même effet.




Elle n’a pas le temps de remettre son téléphone dans sa poche qu’Alessa l’aborde, clairement distraite par son entourage – Gaeul déteste l’ombre de mélancolie qui persiste à assombrir ses iris. « A shower’d be nice, yea. » Dit-elle d’abord, se tenant toujours à l’entrée, yeux rivés sur sa copine. Elle a l’air sacrément mal lunée, et c’est étrange parce qu’elles sont là. Là. Chez elle. « Iseul texted. She's taking care of Ugli, Allo and Pogba, and her lil' brother’s kind of in love with Ugli – then again who isn’t, right ? » Gaeul ne veut vraiment pas la voir triste – son cœur n’en est pas capable. Elle se défait de ses chaussures et la suit dans la salle de bain dans ses chaussettes, un ça va ? qu’elle tente désespérément de réprimer.

Elle l’entend, avant qu’elle ne la voie glousser devant un weird ass jacuzzi.

« It’s nice though. » Concède-t-elle malgré le décor shady de l’hôtel qui lui rappelle distinctement Fight Club. « Okay, here’s my theory : they’re urging us to celebrate homomatriarchy and this is nothing but a scheme to make us do so. » Gaeul s’assoie sur le bord du jacuzzi près d’Alessa, sa main qui glisse naturellement dans la sienne. « So in fact, this is not us stress-drinking before meeting your family, but simply us celebrating feminism ! » S’écrit-elle dans un ton qu’elle espère drôle, ou au moins amusant. Elle tire la main de la plus jeune pour la ramener s’asseoir sur sa hanche, ses lèvres instantanément contre sa nuque. Il y a une pause, puis – « On a passé la journée ensemble, mais tu me manques quand même. » Admet-elle, penaude. Elle encercle sa taille de ses bras et la serre contre elle. « You okay ? »
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(#) Sujet: Re: mana waylluna - gaeul&alessa   mana waylluna - gaeul&alessa EmptyVen 12 Avr - 15:49





sonidos del perú ◊ 33 ◊

C'est son dernier jour. Le dernier dans un hôtel calqué sur les normes de l'ouest, avec une bouilloire et de l'eau propre directement au robinet. Une continuité illusoire mais bien formée de sa vie à Seoul, dans son appartement trop petit pour deux où elles se forçaient à rentrer faute de mieux. Le vrai atterrissage, le retour à la réalité et à son quotidien pendant vingt-deux ans, ce serait demain. Ce serait sa chambre sans chauffage où le froid rentrerait la nuit faute d'isolation, sa vieille déco et ses posters de son époque rebelle qu'elle n'avait jamais pris le temps de décrocher. Ce serait l'eau chaude à tous les repas parce que ça prendrait trop longtemps d'attendre qu'elle refroidisse après l'avoir faite bouillir (mimétisme gardé, puis abandonné à cause du peu pratique du geste, et de Gaeul qui ne remplissait jamais la casserole et se servait directement au robinet – ce qui l'avait faite frissonner de dégoût pendant longtemps). Les langues auxquelles elle était si habituée et qu'elle rêvait d'entendre pour se sentir chez elle vont sûrement lui heurter les oreilles une fois chez elle et l'accent dansant de Wara, l'auxiliaire de ses grands-parents, lui serait presque méconnaissable.

Rien de tout ça ne lui donne hâte. Le retour aux habitudes, si quoi que ce soit, l'effraie, et ça lui fait tout voir en noir : et si sa famille s'était créé son nouveau quotidien sans elle, quelle y serait sa place ? Est-elle prête à confronter Dania ? Va-t-elle passer dans le camp de ces gringas bruyantes qui viennent boire aux yeux du quartier, elle qui daigne ramener une étrangère mais ne vient pas rendre visite à ses parents lors des fêtes annuelles ?

A-t-elle trop changé, est-elle devenue plus rejetable qu'elle ne l'était déjà avant ?

« Iseul texted. She's taking care of Ugli, Allo and Pogba, and her lil' brother’s kind of in love with Ugli – then again who isn’t, right ? »

Derrière elle, Gaeul s’évertue à lui changer les idées et la plus jeune est consciente de ses efforts, tout comme de la détresse dans son ton et son attitude. Elle est larguée en terre inconnue, ici, dans un pays qu’elle pensait jusqu’à peu être situé en Afrique, où on ne parle aucune des langues qu’elle maîtrise, avec des coutumes trop loin des siennes pour qu’il soit simple de s’y adapter. Alessa est censée gérer, ce soir. Or elle fait preuve d’un rare mutisme, et son inexpressivité doit sûrement blesser l’étudiante en droit autant qu’elle la panique. « Huh. Thought I killed them last week », lance-t-elle alors, pour donner le change, une mine faussement déçue plaquée sur le visage. Besoin de se lever : elle ne peut pas s’autoriser à rester dans cet état pitoyable. On dépend d’elle, aussi rare et insensé que cela puisse être. Alors elle visite : fait le tour des lieux, jusqu’à la salle de bains, son jacuzzi kitsch à souhait devenu peu important face à la bouteille de champagne qui leur a été laissée par erreur. L’agence de voyage se sentait sûrement mal pour leurs horaires trop décalés, et les passants ne doivent pas se bousculer aux hôtels d’Arequipa. C’est la saison basse dans la ville blanche : Ayacucho et Cusco sont trop proches pour que les habitants et touristes ne daignent rester chez eux, où les célébrations de Pâques sont moindres.

« So in fact, this is not us stress-drinking before meeting your family, but simply us celebrating feminism ! »

Les mots de Gaeul parviennent à lui tirer un pouffement de rire et elle se laisse entraîner près d’elle sans résistance. Elle se réfugie dans son étreinte et commence à croire que tout aurait été plus simple, si elles étaient restées à Seoul. Que garder ce confort, à peu près sein, qu’elle avait enfin réussi à conjurer dans sa vie aurait été bénéfique – quitte à ne jamais savoir, jamais rentrer, toujours repousser. Elle qui s’était sentie pousser des couilles avec Gaeul ne les avait pas gardées bien longtemps. « You okay ? » La jeune femme soupire, lève les yeux au ciel juste pour l’embêter, puis réalise qu’elle ne le verra pas et qu’elle n’a pas moyen de contourner la question. « Yeah, just worn out. Let’s try out the jacuzzi – enjoy bathing in hot water while we still can. » Avec difficulté, la Péruvienne s’extirpe des bras de sa belle et se positionne face à elle, caresse sa joue d’une main. Ça fait une semaine qu’elle raconte toutes les conneries possibles sur son pays natal et sous-développé à sa petite-amie, et elle ignore comment cette dernière fait pour ne pas voir anguille sous roche. Alessa ouvre prestement les robinets du bain, laisse couler l’eau et enlève son pull et son t-shirt avec l’énergie qu’il faut pour se tirer de sa léthargie. Très vite l’eau chaude et les bulles les enveloppent, et la métisse retourne s’envelopper dans l’étreinte de Gaeul. Elle est sûrement injuste, de lui demander tant de réassurances – ce soir, tout semble inversé.

« Ca me fait bizarre d’être ici. J’ai pas l’impression d’être rentrée. »

C’est tout ce qu’elle ose dire, dans un premier temps, parce qu’elle a peur d’ouvrir les vannes. Ses lèvres se pincent entre elles, et elle hésite. Elle fixe droit devant elle, comme si l’absence d’un retour de regard signifiait qu’elle était tranquille. « Je sais pas à quoi m’attendre, ni si c’était une bonne idée. » Bien sûr que c’en était une. Bien sûr que sa famille sera contente de la retrouver, après si longtemps, d’accueillir leur fille prodigue qui était partie pour la plus noble des causes dans leur pays d’origine. Pourquoi est-ce que ça aurait changé quoi que ce soit ? C’est les points d’ombres, qui l’angoissent : le manque de contacts pendant ses diverses crises, l’évitement perpétuer de Dania, qui était pourtant comme une fille pour eux, puis les galères, les projets jamais mentionnés, la déception perpétuelle qu’elle a dû leur faire ressentir. Alessa a honte de rentrer, et elle a peur que ce soit leur cas aussi. Elle rabat les bras de Gaeul autour de son corps mouillé, lui demande d’une pression de la main de la serrer plus fort contre elle. « J’ai peur que ça ait beaucoup changé sans moi. » Que ses amis aient des références populaires qui ne sont plus les siennes, qu’elle n’arrive plus à se connecter avec ses semblables, alors qu’elle avait dûment forcé pour se faire une place parmi les Péruviens pur souche.

« Et toi, tu te sens comment ? »

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(#) Sujet: Re: mana waylluna - gaeul&alessa   mana waylluna - gaeul&alessa EmptyMer 17 Avr - 17:02





take shelter

On dit qu’une personne change lorsqu’elle aime ; elle devient influençable, naïve. Sa vision de la vie se rapproche de celle de l’objet de son affection, et tout en douceur, ses goûts, ses habitudes et ses manières suivent. Gaeul a toujours trouvé ça amusant, parce que finalement, c’est dans des situations pareilles que l’on s’aperçoit que l’Homme n’est pas bien différent d’un animal. Ce changement induit n’est rien d’autre qu’une tentative inconsciente de séduire, une manière de mettre l’autre personne plus à l’aise en imitant ses façons ; elle ne voit pas trop en quoi c’est différent d’un oiseau charpentier qui se comporte plus fémininement pour rassurer sa femelle de ses bonnes intentions.

Quand elle s’est surprise la première fois à chantonner une des chansons favorites d’Alessa, elle n’en a rien pensé de bien sérieux – c’était tout bête, tout con comme truc. Mais plus des trucs tout bêtes, tous cons pareils se faisaient repérer, mieux elle comprenait qu’elle était (est) tout à fait éprise de la Péruvienne. Et là encore, à quelques milliers de kilomètres de chez-elle, elle qui déteste voyager plus que tout au monde, elle se demande si son nouveau penchant pour le tourisme impromptu n’est rien d’autre qu’un de ces trucs tout bêtes, tous cons qui illustrent toute l’affection qu’elle porte pour sa petite-copine. Ou peut-être que ce n’est même pas ça : plutôt, elle veut juste qu’Alessa soit heureuse – même si c’est à des milliers de kilomètres de chez-elle.

Sauf qu’apparemment ça ne marche pas vraiment, et elle a peut-être empiré les choses en la traînant à l’autre bout du monde.

La tristesse que Gaeul peut pratiquement lire sur ses traits allume son sternum de feu. Même lorsqu’elle la prend enfin contre ses bras, et qu’elle l’entend rire, elle n’arrive pas à entièrement ravaler le sentiment d’impuissance qui la guette. « Yeah, just worn out. Let’s try out the jacuzzi – enjoy bathing in hot water while we still can. » Une moue boudeuse contre la nuque d’Alessa. « Worn out ? And here I was hoping for shower sex… this is so sad. » Elle préfère passer à des sexual innuendos pour alléger la conversation, une impression de vide qui s’installe dans sa poitrine tantôt son amante debout et qui persiste malgré la main qu’elle dépose contre sa joue. Gaeul ne s’empêche pas d’y laisser un petit baiser. « Iseul once took up this weirdass one month cold showers challenge for ALS awareness and made me do it with her – have some faith in my survival skills, my love. My brand might be spoiled rich kid but I’m tougher than I seem. » Elle poncture son discours d’un gros sourire de gosse, se levant à son tour pour se déshabiller.

Le jacuzzi est plutôt cool – assez grand pour qu’elles soient à l’aise mais trop petit pour qu’il y ait distance entre elles. Même si ainsi redressée contre elle, elle voit plus la couronne de sa tête plus qu’autre chose, Gaeul sait que son expression est plus soft, plus relaxée. « Ca me fait bizarre d’être ici. J’ai pas l’impression d’être rentrée. » Elle pose son front contre son épaule et la rapproche un peu plus d’elle, sent ses muscles se détendre doucement mais sûrement. « Pourquoi ? ç’a changé, ici, depuis le temps ? » Par ça, elle entend plus décor-wise qu’autre chose, mais elle n’ose plus rien interjeter d'autre par peur de paraître insensible ou pire, qu’Alessa cesse de partager ses pensées avec elle. « Je sais pas à quoi m’attendre, ni si c’était une bonne idée. » Gaeul dépose sa coupe de champagne sur le bord du jacuzzi et ramènes ses mains contre les épaules de la biologiste, espérant à la fois l’apaiser et l’encourager à poursuivre. « J’ai peur que ça ait beaucoup changé sans moi. » Et pendant un moment, la Coréenne se fige, mais elle se reprend tout aussi subtilement. Elle ne sait pas trop quoi dire – ne sait pas si c’est un de ces moments où Alessa ne veut rien entendre en retour, juste qu’elle l’écoute, ou si elle attend qu’elle trouve exactement quoi dire pour chasser les doutes.

Gaeul se mord la lèvre, anxieuse mais elle sait que c’est en grande partie dû au fait qu’il lui est devenu plus dur de deviner ce que les gens s’attendent de sa part, depuis un moment. C’est tellement facile de décevoir, et elle ne veut surtout pas décevoir Alessa. « It’s going to be okay, » dit-elle un premier temps, voix qui tremble. Elle reprend ses mouvements contre les muscles de son amante. « Tu sais, même si ça a changé ici sans toi ? ça fait rien. Toi aussi, tu as changé sans eux – tu le remarques p’tête pas mais c’est l’cas. » Ses mots sont moins éloquents qu’elle ne l’aurait souhaité. « Ce que je veux dire c’est que c’est ta famille, et tu es la leur. C’est sacré, ça. C’est pour toujours. T’auras toujours ta place. Et autant toi tu as du retard à rattraper ici, eux aussi – you’ll catch up, all of you, and you’ll bond over that, and they’ll love you as much as they did when you first left and as much as I learnt how to love you, too. » Gaeul le dit à Alessa, mais aussi à elle-même – et l’expression de pure déception de sa mère passe en flash dans son esprit et elle ferme vite les yeux, trouvant refuge contre le cou de la plus jeune. « Hmm. Ça va, » soupire-t-elle, essoufflée. « Ça me fait juste bizarre d’être ici et pas… home. » Home, ou son appartement auquel elle s’est invité de son propre chef – elle a une envie pressante de s’excuser (encore) mais elle ne cède pas. « Mais ça ira. »

Ça ira, Gaeul sait.

Dans quelques heures, Alessa sera dans les bras de ses parents et elle pleurera un bon coup, puis elle sourira, et ça ira. Elle reverra ses amis, et son ex, et ça ira. Pour elles deux, ça ira – ce n’est qu’une question de temps. C’est ce qui fait alléger son cœur, et elle tente un petit sourire qu’elle caresse contre le cou de son amante jusqu’à son oreille. « But if everything goes right, then this will be home too, I guess ? Gotta get used to it. » Ses mains continuent à danser contre ses omoplates, et elle essaye de pas trop porter d’espoirs dans son cœur quand elle dit, « As long as we’re together, home’s pretty much everywhere we go. »

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(#) Sujet: Re: mana waylluna - gaeul&alessa   mana waylluna - gaeul&alessa EmptySam 24 Aoû - 22:07





sonidos del perú ◊ 33 ◊

Le ciel étoilé, clairsemé de nuages crée un contraste presque trash avec celui, chargé de pollution, de sa ville d’accueil. Ses yeux sont lourds de fatigue mais elle n’a jamais été aussi réveillée. Ses sens sont en ébullition, se gorgent de toutes ces sensations nouvelles ou oubliées. Ses oreilles semblent réapprendre les quelques mots de Quechua qui s’égarent à ses oreilles, ses maxillaires se contractent comme pour se redonner l’impulsion nécessaire à l’emploi de ses deux langues maternelles. Alessa est en proie à une excitation bien particulière ; celle que, mêlée à une anxiété profonde, elle a du mal à repousser, au beau milieu de cette chambre d’hôtel au-dessus de ses moyens, avec son amante tout aussi perdue qu’elle, mais qui essaie de faire bonne figure. La chambre d’hôtel les coupe du monde, donne à la jeune Péruvienne la sensation de n’être pas tout à fait rentrée, d’avoir encore une nuit de répit avant l’avalanche d’émotions – mais elle le sent, sous ses pieds, dans son corps ; elle est de retour.

« Worn out ? And here I was hoping for shower sex… this is so sad. »

La plus petite du duo lui décoche un sourire désabusé. Toujours cette manie de contourner les sujets fâcheux avec l’humour, d’ajouter une touche de dérision à toute conversation pour en éviter les conséquences. Pourtant elle le voit bien, au fond de ses yeux : Gaeul est anxieuse. Gaeul la sonde pour savoir quel comportement adopter avec elle, pour se rassurer sur ses émotions. Ce soir, la Péruvienne n’est pas sûre de savoir le faire. « Oooo, spoiled tough kid, huh. Can’t wait to see how that works out for you », la taquine-t-elle en retour, rentrant une première jambe dans le jacuzzi. Elle accueille l’eau chaude sur sa peau comme un renouveau après deux journées trop longues passées dans les avions étroits. La fatigue lui délie la langue avec une facilité rare : en tout autre occasion, elle se serait tue, aurait eu peur d’inquiéter son aînée. Pas ce soir.

« Pourquoi ? ç’a changé, ici, depuis le temps ? »

La question, naïve, touchante, lui rappelle leurs différences fondamentales. Gaeul n’est jamais partie si loin de chez elle pour si longtemps – un monde ne s’est jamais écoulé sans sa présence, sinon immédiate, au moins proche. Il semblait à la petite brune que le monde avait du mal à tourner sans Gaeul. C’était comme ça : elle avait cette présence incontournable qui forçait à l’attente. Alessa, elle, n’avait pas manqué à son univers. Le Pérou est un être sentient qui résiste à toute carence, mais elle ne faisait même pas partie de cette catégorie. « Ici, je suis jamais venue. Dehors ? Je sais pas. ça change vite, ici, tu sais. Quand j’étais petite, le terrorisme était dominant dans le pays. Après, c’était un vieux Japonais qui collectionnait plus de prostituées que de neurones. En quelques années, tout change, alors maintenant, je ne sais pas trop. Les gens changent aussi. Les Péruviens s’adaptent vite. On est comme ça. » Elle retient sa langue, finalement : elle a du mal à trouver les bons mots à poser sur ses craintes. Un puzzle emballé dans la mauvaise boîte. Gaeul semble le comprendre :

« Justement. J’ai peut-être trop changé. »

Et si son côté cartésien se moque de ses craintes, se doute indirectement que malgré tout, malgré le temps, sa mère attendra toujours son retour et son père lui ouvrira toujours ses bras au plus grand. C’est pourtant une bien maigre consolation face à la déception qu’elle craint de leur offrir en retour. Leur fille prodige, peau burinée et optimisme sans faille, allait leur revenir un peu affaissée, un peu fatiguée pour son jeune âge, avec pour tout diplôme promis en sésame son badge sobre depuis deux semaines.

« C’est de ça, que j’ai peur. Qu’on ait tous changés et qu’on se soit perdus en chemin. C’est des cultures très différentes, tu sais. Et il y a des choses qu’ils comprendront pas. »

La drogue, pour commencer. Son cheval noir, sa hantise – qu’elle le veuille ou non, les substances avaient toujours une place dans sa vie. Si plus dans son sang, au moins dans chacune de ses pensées éveillées – cette évidence était dure à défaire et elle avait peur qu’elle ressorte, tôt ou tard. Ensuite, la simple présence de Gaeul dans sa vie. Elle ignorait comment on y réagirait. En rétrospective, elle ignorait même si on avait un jour suspecté quoi que ce soit de sa proximité avec Dania.
Enfin, Dania elle-même. Sa place dans tout ça. Son retour électrochoc dans sa vie, si différente depuis son départ. Où allait-elle se placer dans la mosaïque de sa vie présente ?  et Gaeul ?
Mais comme toujours, Gaeul la rattrape. Avant qu’elle ne s’inquiète, avant qu’elle glisse trop loin dans ses peurs. Ses bras se referment sur elle, doux et rassurants, et sa voix apaisent ses nerfs trop irrités. La jeune femme s’incline un peu plus contre elle, s’abandonne à leur proximité rassurante. Malgré tout, malgré les inquiétudes, son pilier est tout près d’elle. Ca lui suffit.

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La vieille carlingue avec une pancarte intitulée « bus », qui relie l’aéroport à la ville coloniale, affiche complet. Quelques voyageurs en costar se noient au milieu de la population andine qui relie Arequipa pour les besognes quotidiennes. Parmi eux, Alessa essaie de reprendre contact avec sa terre natale. Elle s’attendait à sentir une certaine familiarité avec les sièges éventrés de la ville, loin de ceux, matelassés, de Seoul, mais même cette simple émotion lui est refusée. Dehors défilent les paysages comme un écran de cinéma sous son regard hébété. Alessa n’a pas dormi. Gaeul non plus – la jeune femme avait essayé de donner le change, d’être sereine pour deux, sans succès. Le chauffeur de bus, un aymara trapu au nez typique des Andes, diffuse Los Errantes à fond par ses fenêtres en tapant un coûteux 80km/h, avec ce flegme inimitable des chauffeurs locaux.

On les débarque sur la place des Armas sans autre cérémonie, face à un kiosque de souvenirs et magnets en tous genres – pratique. La grande cathédrale blanche leur fait face avec son clocher éclairé par le soleil matinal. Autour du débarquement, les touristes se pressent déjà, prenant d’assaut les cafés et les attractions touristiques. Les étrangers, les familles, les chiens et les cholos en poncho coloré se partagent les carrés d’herbe du centre de la place, installés d’avance pour le spectacle de l’après-midi. « Come with me. I know a nice place where we can get breakfast before going home. Sounds good ? » Elle prend Gaeul par le bras, trop préoccupée par son propre déboussolement pour vraiment être douce. Dans son corps les habitudes commencent à se reprendre – comme si elle était partie la veille, elle se dirige d’un pas assuré vers une ruelle partant de la plaza, s’engonce dans un petit restaurant à la façade modeste. A la radio, Cholo Berrocal les accueille et quelques touristes se partagent le lieu avec des ouvriers en pause. Alessa leur commande deux cafés et deux assiettes d’œufs brouillés et tamales. Elle s’installe à sa table habituelle – près de la fenêtre, la nappe un peu déchirée, mais toujours propre. « We have some time before the carnival starts. We’ll probably join my family for lunch, unpack our stuff before we show you around. » A son emploi de l’anglais, elle se demande pour quoi les locaux la prennent – une touriste, sans doute, avec son nez pourtant caractéristiques des aymaras, son teint un peu trop hâlé pour une touriste chinoise perdue. « So ? » sourit-elle, sûrement plus anxieuse que Gaeul elle-même. Elle lui jette un œil rapide avant de prévenir son père de leur arrivée dans la ville par message. « Remember any of the Spanish I taught you ? » demande-t-elle au hasard, en référence à l’époque où toute excuse était bonne pour se voir. « Got any questions before you meet my folks ? »

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