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Rhee Kyung Ah


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(#) Sujet: miss, missing, missed – ((kyungjung))   miss, missing, missed – ((kyungjung)) EmptyLun 8 Avr - 0:46




@choi jung ha
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ton retour est encore frais. tu étais partie, comme une voleuse, sans prendre la peine de prévenir qui que ce soit. dans un sens... qui s'en est préoccupé ? mise à par ton père inquiet, seule personne à qui tu donnais des réponses et nouvelles pour assurer que tout se passait bien de ton côté. bien sûr, il y a eu des tonnes de messages de la part du bel expatrié français cherchant, déboussolé, le pourquoi du comment tu l'as quitté. messages vus à xx:xx. et, là aussi très peu étonnant, il y a eu jungha. à peine son nom s'affichait à l'écran que tu ne cherchais pas plus compliqué que :messages vus à xx:xx. tu lui en voulais. tu étais blessée. fatiguée et abîmée par ton quotidien de mensonges, de faux semblants et d'amour empoisonné. alors tu en as eu marre. tu as éprouvé ce besoin soudain de respirer. sortir la tête de l'eau. fuir l'espace d'un temps tout cet entourage malsain.

quatorze février, tu t'es taillé les veines, tentative d'échapper à la réalité complètement désespérée. tu es passé de centre hospitalier à sous la tutelle de la métissée. vous avez explosé, vous vous êtes déchirées puis misérablement recollées. quinze février, tu as quitté son lit sans un regard en arrière aux aurores. "au revoir" envoyé par sms juste avant d'embarquer dans un avion, sur un coup de tête. du quinze février au premier avril, c'est ainsi que tu as pris le temps de souffler. logée chez un ami et confrère artiste, aux états-unis. te coupant de tout le monde que tu connais en corée, à l'exception de ce père que tu ne veux pas angoisser.

c'était audacieux. complètement stupide.
mais, putain... ce que ça t'a fait du bien.

tu as repris le cours de ta vie comme tu l'avais laissé, comme si de rien n'était. comme si tu ne t'en étais jamais allé. tu t'es vidé la tête. tu as extériorisé. tu te sens plus légère, même si certains détails restent gravés dans ta chair.

sortie des transports en commun, ton encombrant porte documents d'art sous le bras, tu peines à répondre à ton patron à l'autre bout du fil. oui, oui. je suis en route, justement. j'arrive d'ici... 5 minutes ? je dépose à l'atelier ce que tu as demandé. au fait, tu as repris contact avec le jeune artiste qui comptait exposer le mois proch- tu bouscules quelqu'un, par manque d'attention. excusez-moi je ne regardai pas devant m-. si les visages te sont indéchiffrables, cette silhouette ne peut te laisser aucun doute. bloquant un instant sur son visage brouillé, le "allô?" au téléphone te ramène à la réalité. hm... je te rappelle, ok ? j'ai peut-être un contre-temps, là, maintenant, tout de suite. avant que l'homme n'ait le temps de rétorquer, tu raccroches. tu te mordilles légèrement la lèvre. c'est cocasse, non ?"

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(#) Sujet: Re: miss, missing, missed – ((kyungjung))   miss, missing, missed – ((kyungjung)) EmptyLun 8 Avr - 22:25




@rhee kyung ah
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Elle se réveille dans un bond, alertée par le vibreur de son portable perdu dans les draps. Pas besoin de le consulter pour savoir quelle heure il est – beaucoup trop tard –, elle sait que ce n’est pas son réveil. Un long moment, ses paupières lourdes restent obstinément fermées et ses yeux peinent à s’acclimater au grand soleil qui tape déjà contre ses baies vitrées. Quand enfin Jungha émerge vraiment, le portable a déjà fini de vibrer et le battement de son cœur appréhensif s’est déjà calmé pour retourner hiberner avec le reste de ses émotions dans ses relents de whisky. Un appel en absence, un numéro non-enregistré. Ainsi meurt dans l’œuf son rituel matinal de vérifier son portable pour un appel en absence, un SMS filtré ou un quelconque signe de vie de Kyungah.

Le message vocal, bien qu’inattendu, n’est pas moins agréable : Mme Corbyn annule son rendez-vous de 9h pour un contretemps dont elle s’excuse platement. Il est 8h50. Dans un soupir, la tête de Maeve retrouve son oreiller, elle se renfonce un peu dans le matelas pour retrouver les draps encore chaud et son confort trop vite abandonné. Avant que ne viennent le mal de tête, les responsabilités auxquelles s’atteler, la solitude qui la bouffe lentement, en commençant par ce creux à l’estomac qui lui fait toujours mal. A moins que ce soit sa bile acide qui refuse de se calmer, faute de vraie bouffe ingérée depuis quelques jours. Un soupir qui semble sorti des ténèbres la vide davantage de toute once de motivation. Son corps, cette coquille molle, ne veut plus s’astreindre à rien. C’est sa vie professionnelle qui la rappelle à l’ordre lorsque la cliente la rappelle pour s’excuser à nouveau. La jeune psy expédie les excuses et met fin à l’appel, étouffe un grognement quand vient le moment de se lever.

Faut que je me tire de là, c’est sa première pensée lorsque sa mine déconfite tombe nez à nez avec la resplendissante Seoul sous un soleil printanier bien étoffé de pollution et de vieux relents d’architecture capitaliste. Son compagnon de chambre trône sur le siège qui fait face au lit, la scrutant de ses grandes billes curieuses, plus silencieux qu’il ne l’a jamais été – lui aussi, fait silence radio seulement quand on a besoin de lui. « T’es mort, Franklin ? » lui envoie-t-elle en lui tournant le dos, attrapant ses affaires sur la commode. Sa tenue pour la journée est déjà préparée de la veille, comme à chaque fois. Des sous-vêtements et des chaussettes à la teinte fuchsia précise du Mardi, mécanisme passé inaperçu qu’elle répète comme rituel intégré et inconscient. Derrière elle, la cage fait du bruit.

« Ah, lui concède-t-elle enfin en se retournant. T’as chaud peut-être. »

Depuis sa maison, le lapereau a les oreilles qui tombe, visiblement dubitatif. Ses petites dents se desserrent autour du barreau de sa cage et quand sa maîtresse lui ouvre la porte, il arrête de secouer la cage comme un malade. Une demande d’attention, l’avait rassurée la conseillère au rayon animalerie en lui tendant le rongeur roux à mains nues. C’est une espèce un peu capricieuse, mais avec beaucoup d’amour à donner. Très intelligent, aussi. Ainsi Franklin avait-il été adopté sur le champ, et son nom trouvé dans la foulée. Franklin, pas Kyungah, parce que Jungha estimait que si un jour celle-ci revenait et voyait son nom attribué à un lapin roux, ses chances d’être pardonnée baisseraient de 20%. Ca portait malheur.

Téméraire, le lapereau s’était élancé depuis sa cage pour retomber en bas du siège, agitant ses oreilles pour se remettre de sa réception tumultueuse. La grande brune aux cheveux qui ne se mangeaient pas allait partir pour la salle de bains, manifestement plus agitée que d’habitude, et il se sent le devoir d’aller la soutenir. Ses pattes s’agitent aussi vite que son corps encore fragile le peut, mais la porte se referme sous son nez. Lorsqu’elle se rouvre, il tombe nez à nez avec un pied fuchsia. « Fais gaffe, tu vas finir écrasé trop tôt. » Ca le frustre. Qu’importe ses efforts, la grande saucisse le double partout. Son seul fun, c’est de lui échapper quand elle essaie de le remettre dans sa cage, mais ce matin elle semble s’être un peu améliorée et il retrouve vite sa niche pendant que sa maîtresse disparaît derrière la grande porte qui signale la fin de l’univers. Il suppose qu’elle finira par revenir, et retourne chier dans sa gamelle de granulés.

Une quarantaine de mètres plus bas, la jeune femme vient d’annuler tous ses rendez-vous de la journée et se dirige vers l’arrêt de bus le plus proche pour rejoindre le centre-ville. Le café ingurgité à la va-vite, réchauffé de la veille, commence à peine à faire effet sur son système endormi et elle ne voit pas le bus approcher de l’arrêt, peine à accélérer sur ses talons pour arriver à l’arrêt à temps. Lorsqu’enfin elle y arrive, le souffle court, c’est pour percuter une épaule, un porte-documents et surtout, une grosse fusée qui arrache ce qu’il lui restait de bon sens.

hm... je te rappelle, ok ? j'ai peut-être un contre-temps, là, maintenant, tout de suite.

Le contretemps dévisage la revenante avec l’impression forte qu’il lui manque une grosse partie de l’histoire, qu’on a oublié de tout lui dire. Qu’on lui fait un poisson d’avril, parce qu’après tout c’est le mois pour ça. Elle en aurait presque envie d’identifier son visage avec ses mains, comme la cadette le fait avec le sien, juste pour s’assurer que c’est bien elle, reconnaître et imprimer ses traits. c'est cocasse, non ?" Revenante s’adresse à elle. Contretemps ne sait pas comment elle doit se sentir. S’il y a une façon appropriée de s’adresser à elle après ce mois et demi d’absence où elle avait cru ne jamais la voir revenir. (Façon de parler : elle avait vérifié à la galerie d’art. Elle n’était pas partie pour toujours.) Alors, « c’est mon bus », c’est tout ce qu’elle arrive connement à dire. Farouche, elle la détaille sans s’approcher. A la recherche d’un quelconque changement visible qui lui indiquerait comment se comporter. Si tout était vraiment fini. Rien de concluant ne lui parvient, alors elle essaie autrement :

« Tu reviens ? »

Et elle est enfin là, la petite pulsion d’angoisse qui étreint son cœur de chaud et qu’elle essayait de trouver chaque fois qu’elle cherchait un message ou un signe de vie, envoyait ses pavés d’excuses et laissait des messages vocaux à rallonge. Chez Maeve, l’émotion prime rarement, et c’est presque un robot qui poursuit : « T'es vraiment une enculée. Tu comptais me répondre un jour ? » L’émotion ne prime jamais, même. Pourtant, quand elle la prend dans ses bras, s’autorise à sentir l’odeur de ses cheveux pour que le rêve glisse dans le concret, il n’y a aucune hésitation dans ses gestes.

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(#) Sujet: Re: miss, missing, missed – ((kyungjung))   miss, missing, missed – ((kyungjung)) EmptyVen 7 Juin - 0:19




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il fallait s'y attendre, en rentrant au bercail. séoul est grand, mais, pas tant. et puis, c'est bien connu : on croise toujours les gens que l'on espère éviter. il faut croire que le karma aime jouer des tours. il doit bien se marrer, actuellement. avec vous deux, l'une en face de l'autre, terrées dans le mutisme, à vous dévisager bêtement.

tu savais que tu finirais par tomber sur elle. d'autant plus que tu la connais. elle aurait finit par voir ta présence à la galerie. elle aurait fini par s'y rendre jusqu'à forcer le destin. mais, elle n'en a pas eu besoin. le hasard vous a devancé. et maintenant, ton cœur s'accélère et tu as du mal à respirer. tu ne sais pas quoi lui dire. et elle n'a pas l'air plus avancée à ce sujet. aucune de vous n'ose bouger. n'ose entamer un geste. pas après ce qu'il s'est passé. pas après ce mois entier à jouer l'autruche.

c’est mon bus. finit par briser la glace.

une part de toi s’exclame, "c'est tout ce que t'as à me dire ?", alors que tu es probablement celle la plus en tort sur ce point. l'autre part, celle qui laisse des sons s'extirper de tes lèvres, est aussi hébétée que la basanée. oh. hm... je ne vais pas te retenir d'avantage alors, tu vas le rat-  tu reviens ? tu es coupée dans ton élan. sa question te clou le bec et te fait déglutir. si tu reviens ? vers elle ? tu ne sais pas. tu penses être fixée depuis un mois, et pourtant... suffit qu'elle soit devant toi pour que tout soit si complexe. je sais pas, je crois, peut-être ?... t'es vraiment une enculée. tu comptais me répondre un jour ? ton regard se baisse machinalement et, avant que tu ne puisses rétorquer quoique ce soit, ses bras t'enveloppe. sous la surprise, tu manques de lâcher ton porte-documents. mais, tu tâches de ne pas ruiner des semaines de travail en laissant tes feuilles parsemer les pavés. n'ayant qu'une seule main libre, tu hésites un instant avant de te décider. la laissant parcourir ce dos recouvert de boucles brunes en cascade. quand bien même tu as toujours du mal à l'admettre, son corps t'apportait et t'apporte toujours du réconfort. tu te sens bien contre elle. atrocement bien. les larmes te montent aux yeux alors que tu t'estimes loin de mériter tout ça, après toutes tes conneries cumulés, toutes ses conneries cumulées, toutes vos conneries cumulées. je suis désolée peine à sortir de ta gorge alors que tu as cette détestable envie de pleurer. tu serres la mâchoire et garder la tête haute, retenant cette faiblesse derrière ta fierté.

alors quue vos corps se déconnectent, tu hésites à la regarder. au lieu de ça, tu laisses timidement glisser tes doigts sur son avant bras. les laissant faire leur chemin jusqu'à sa main pour aller l'agripper. suis-moi. tu prends le courage de te confronter à ce regard tiraillé de différents sentiments. son visage, brouillé d'ordinaire, ne l'est qu'encore plus avec cet effet buée sur tes yeux vitreux. tu veux des explications, non ?... parler dans la rue c'est pas le meilleur endroit pour résoudre les choses. et mes projets d'arts pèsent lourd... tes lèvres se pincent et tes phalanges se resserrent contre les siennes. tu as subitement peur qu'elle te rejette alors que ce serait si légitime de sa part. elle que tu as rejetée un mois durant, en ne prenant pas la peine de répondre ne serait-ce qu'à un message. tu...tu veux bien me suivre, au moins ?...

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il est minuit passé, ce rp est pourri because j'ai été trop longtemps absente, i'm sorry babe jtm et j'aime cette relation aussi contradictoire et compliquée qu'un homosexuel refoulé qui s'tape toute son équipe de basket *out* j'espère que ça t'convient quand même :( des bizouz


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(#) Sujet: Re: miss, missing, missed – ((kyungjung))   miss, missing, missed – ((kyungjung)) EmptyMar 11 Juin - 22:10




@rhee kyung ah
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Elle a passé des heures à imaginer leurs retrouvailles, à savourer la potentielle humiliation qu’elle pourrait alors imposer à Kyungah. Une revanche ajournée, son seul espoir de refermer un jour cette plaie béante qu’elle lui avait laissé en partant. Ce qui lui obstruait la gorge n’était plus une boule ; l’impact des mots de la jeune femme ne lui avait laissée qu’une tête déconnectée de ses organes vitaux où les lambeaux de leurs conversations brûlaient encore. Elle avait goûté à la douceur fictive d’une Kyungah désœuvrée, détruite sans elle, la suppliant de la reprendre, de lui dire que Martin avait été une connerie immense et qu’il n’y avait qu’elles ; elles l’avaient toujours su, pas vrai ? Juste pour le plaisir de lui dire non. Elle avait ressenti un plaisir unique pendant des mois à s’imaginer la démanteler avec la même minutie que chaque coup meurtrier de pinceau sur les toiles de la jeune artiste. Je ne veux pas de toi. Dans l’attente, elle avait rongé son frein. Elle avait tout prévu pour quand viendrait son heure. Et le moment venu rien n’était sorti.

je sais pas, je crois, peut-être ?...

Elle remercie le bus de partir au moment où l’air devient trop dense pour qu’elle déglutisse sans faire de bruit. La réponse lui laisse une fois encore la gorge trop sèche. Rien dans l’attitude de Kyungah ne signe sa défaite. Son anxiété est palpable, mais pas sa reddition. Les pieds maintenant absorbés par le ciment, Jungha ne contrôle plus ses mots sous sa rage poignante, ils sortent sans son avis, avec un désordre prodigieux dont elle s’étonne de comprendre le sens.
Elle aime contrôler sa vie. Elle aime choisir quand elle souffre, et pourquoi. Calculer le moment exact où elle pourra être décontenancée, se laisser aller un peu à lécher ses plaies vives, et se redresser l’instant d’après avec la grâce pâle de l’inatteignable. Répandre d’un ton calme son venin anxiogène et se contenter d’avoir gagné une manche et perdu une amie. Elle avait toujours fait comme ça avec Kyungah. Elle était toujours revenue.

Contre son propre gré, leurs corps se fondent l’un dans l’autre et le parfum de la cadette lui emplit les poumons. Son buste se rattache à sa tête. Son cœur retrouve un battement fébrile et erratique. Son corps la dirige ne l’arrache à l’étreinte que lorsqu’elle retrouve ses esprits. Elle devrait la pousser sur la route, pour l’exercice, pour l’adrénaline, pour que les palpitations se calment. Le nez lui pique et elle se force à rester stoïque. suis-moi. Sa main se glisse contre la sienne, douce et chaude, familière comme si elle ne l’avait pas quittée pendant ce mois interminable à angoisser sur sa mort potentielle et la fantasmer tour à tour. tu veux des explications, non ?... parler dans la rue c'est pas le meilleur endroit pour résoudre les choses. et mes projets d'arts pèsent lourd... La lueur d’espoir dans le regard de sa cadette l’enorgueillit suffisamment pour qu’un instant elle flirte avec l’idée de la planter ici et de s’enfuir pour lui rendre la pareille. Pire que toutes les fois où elle a pu le faire. Les doigts de Kyungah l’implorent autant que son ton, et elle se laisse emplir par la voix qui lui souffle que c’est le moment.

« Dans un lieu public, concède-t-elle malgré tout, avec une voix presque dédaigneuse, rebutée à l’idée d’avoir à la retrouver tête à tête. (Elle n’attend que ça.) Vingt-cinq minutes, précise-t-elle pour reprendre le dessus. J’ai un rendez-vous après. »

Elle ouvre la marche dans la direction opposée de la galerie, décidée à au moins la faire souffrir un peu. Elle l’a décidé : lieu public. Et Kyungah encombrée peine à la suivre tandis qu’elle, mains libres, peste mentalement de sa lenteur, se réfugie dans leur distance faible mais suffisante pour essayer de remettre un brin d’ordre dans ses émotions fouillis. Elle l’entraîne, lentement mais sûrement, dans un bar trop huppé pour être net ; de ceux qui servent des cocktails dès l’ouverture et, conséquemment, où l’on trouve la plus grande concentration de quadragénaires en crise qui paient le loyer du bâtiment simplement en martinis au double prix et moitié qualité que la décence le requiert. Pendant son mois de disparition, Jungha espère que son amante est tombée dans un désespoir financier irrémédiable qui lui permettra à peine de régler les trois tournées qu’elle compte lui infliger. Ce qui lui rappelle :

« Où étais-tu ? »

Elle ralentit désormais, laisse l’artiste la rejoindre. Elle glisse un regard compatissant vers ses toiles mais n’en attrape aucune pour la soulager. Leurs bras se frôlent, et c’est l’unique geste, inconscient, qui indique qu’elle est presque prête à en parler. Le contact anodin l’apaise.
Elle en vient logiquement à la conclusion qu’elle n’a plus autant envie de la pousser sur le bitume qu’avant.

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