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(#) Sujet: twit ((kyungjung))   twit ((kyungjung)) EmptySam 16 Fév - 15:14




twit, twit, twit, twit.
you're a fool, lovin' only me.
no, i'm a fool.
i'm the bitch that made you ill.
— twit, hwasa.

bras tendus, bandages serrés.
réouvertures de vieilles cicatrices,
retour d'une mutilation pseudo salvatrice.
lèvres mordues, tu joues aux muets.
pourquoi ? que s'est-il passé ?
haussement d'épaules : pas envie d'en parler.

face à toi, deux types de regard.
ton petit-ami, inquiet.
ton médecin, qui perd pied.
puisque je vous dit qu'il n'y a rien à expliquer.
mademoiselle, on ne se mutile pas sans raisons.
ah bon.

tu ne fais preuve d'aucune coopération.
tu hais ce lieu. "hôpital" ? plutôt "prison".
tu as dit à martin que ce n'était pas la peine.
que t’amener ici serait chose vaine.
tu t'es fait du mal, oui.
mais, tu ne t'aies pas tranché les veines.
tu assures que ça va mieux, tu souris.
dispute et alcool font juste un mauvais cocktail.

et pour quelles raisons, déjà ?
on ne compte plus tes querelles avec jungha.
mélanges de fatigue et de frustrations,
aux arrière-goûts de "et si on..."
quels savoureux actes manqués empoisonnés.

un soupir t'échappe. tu veux partir.
mais, tu le sais. tu n'es pas prête d'y aller.
sait-on jamais.
quelque fois que tu voudrais te suicider.
quelle stupide idée !
si tel était ton souhait,
tu ne te serais pas raté.

tu n'as pas vu le temps passer.
par contre, tu les as bien vu arriver,
son teint basané et sa chevelure noire de jais.
tu jettes un regard en direction de martin.
il a dû l’appeler en pensant bien faire.
c'est gentil, mais, pas malin.

t'as quitté ta soirée de saint valentin pour moi ?
fallait pas, jungha.

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(#) Sujet: Re: twit ((kyungjung))   twit ((kyungjung)) EmptyDim 17 Fév - 18:01




twit, twit, twit, twit.
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no, i'm a fool.
i'm the bitch that made you ill.
— twit, hwasa.

Ce n'est pas la première fois qu'elle doit sortir Kyungah d'une emmerde ; mais, de toutes les fois où elle s'est dévouée, elle n'a jamais été aussi en rogne. Maeve pousse la porte du service en brandissant sa carte de visite officielle sous le nez d'une brancardière un peu récalcitrante. L'infirmier posé cinq mètres plus loin reçoit le même traitement et la psy juge plus sage de garder son badge apprêté devant elle, à hauteur de menton, pendant qu'elle traverse toute l'aile jusqu'à la chambre 210 en essuyant plusieurs questionnements d'employés affolés. N'entre pas dans l'aile de psychiatrie générale qui veut, et la grande brune à la peau sombre et au regard furieux a de quoi interroger. On la laisse pourtant passer, jusqu'à l'infirmière du bloc 210 qui la laisse entrer avec un soulagement visible et la briefe sur la situation : une fille complètement fermé, un petit-ami qui se noie dans sa panique, et un médecin fatigué par les heures supplémentaires, il était temps que du renfort arrive. Ledit petit-ami semble du même avis d'ailleurs, et il remercie la nouvelle arrivée d'avoir répondu à son appel à l'aide. « T'inquiète pas, ça va aller. Merci, Franklin. » C'est tout ce qu'elle lui avait offert avant d'entrer, pressant d'une main rassurante son avant bras, pour une rare démonstration de solidarité amicale entre les deux. Impossible de dire si cette caresse brève signifiait de la compassion, ou bien plutôt un mon pauvre, c'est pas ton monde tout ça. Tu la connais pas assez. Tu la connais pas comme moi.

« La prochaine fois que tu veux faire ça tu m'appelles. Je m'en chargerai moi même. »

Voilà comment elle entre dans la chambre d'hôpital, une furie sous une apparence calme qui serre les dents pour ne pas vexer davantage. Son ton est menaçant mais sa meilleure amie la connait assez pour savoir que ce n'est que du vent. Un vieux remous d'inquiétude qui fait ressurgir une colère factice, rien de plus – pourtant, s'emporter après la vague de reproches que la cadette lui a fair essuyer lui paraît plus tentant sous le coup de l'émotion. Elle a envie de la secouer, de lui faire réaliser où elles en sont, à cause d'elle, à cause d'elles mais à en croire le visage fermé de Kyungah, ce n'est pas ce dont elle a besoin à présent. Elle sait que l'issue souhaitée n'était pas un suicide ; que la valeur de l'acte était punitive au mieux. C'est peut-être ce qu'elle supporte le moins et pourtant l'appel à l'aide est clair – de la raison de sa présence ici, jusqu'à la phrase avec laquelle elle la salue, et Maeve s'oblige à balayer celle-ci du revers de la main pour ne pas ranimer la dispute.

« Tu sais dans quelle merde tu t'es foutue ? La procédure hospitalière t'oblige à rester 72 heures sous surveillance, minimum. T'es bien couverte par l'assurance j'espère ? »

Son regard furieux perd de sa superbe et se radoucit un temps. Sous ses yeux finit de se dévoiler le spectacle de sa meilleure amie, pâle et meurtrie par sa soirée, l'oeil terni par l'alcool et ses bras bandés dans des pansements serrés pour cacher ses cicatrices, ne pas lui donner l'idée de les rouvrir sûrement... « Pourquoi t'as fait ça ? » reprend-elle, moins cinglante. En huit ans, elle a eu le temps de connaître ses crises et de les appréhender. Toutefois, ayant promis à sa meilleure amie de ne pas "faire sa psy avec elle", elle s'est tenue à distance, ne l'a pas poussée à en parler en cas de refus. C'est une barrière qu'elle s'apprête à franchir, mais pas maintenant. D'une minute à l'autre, le docteur en charge du bloc débarquera en demandant à Jungha ce qu'elle comptait faire de leur suicidaire. « Écoute, ils vont pas te laisser rentrer sans aucune forme de garantie que tu seras bien en sécurité, alors tu vas rester chez moi cette nuit. Tu suis ce que je dis au médecin, tu t'interposes pas. D'accord ? » Son ton est ferme, principalement parce qu'elle connait suffisamment Kyungah pour savoir qu'elle ne prendra rien de tout ça au sérieux et qu'elle n'hésitera pas à faire foirer son plan. Elle s'y tient pourtant, colle au mieux à son idée, et quand le docteur débarque, elle le salue d'un air grave.

« C'est ma patiente. Elle a des crises d'hystérie de temps en temps. C'est important qu'elle soit dans un environnement familier pour qu'elle se rétablisse. Je connais ses crises, alors avec votre accord, j'aimerais m'en charger. »

Elle pousse sa harangue jusqu'au dramatique, tout pour convaincre le docteur que la parole de Kyungah ne pourrait faire foi si jamais celle-ci venait à protester. Pour l'instant, leur querelle ne prime plus ; c'est sortir Kyungah d'ici et d'expliquer avec elle qui la préoccupe.

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(#) Sujet: Re: twit ((kyungjung))   twit ((kyungjung)) EmptyMar 26 Fév - 23:27




twit, twit, twit, twit.
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— twit, hwasa.

je sais me débrouiller, je suis assez grande. seule réponse à son entrée en matière et réprimande. tu ne voulais pas la voir. et, si cela n'allait pas lancer à coup sûr un débat dont tu serais fort lasse, tu te serais laissé aller à l'humour noir. "on ne peut plus se mutiler tranquille, dans ce pays." la dépression et toute sa panoplie étant d'un tabou inouï.

daignant à peine regarder la noiraude dans les yeux, tu feins la migraine pour qu'elle cesse de chercher à comprendre et exposer ce qui te taraude. baisse d'un ton, j'ai mal au crâne. par la même occasion, tu esquives la question. l'assurance ? tu n'y as pas véritablement pensé, et, cela te fait une belle jambe. tu t'en moques. pour ce coup là, tu te moques de bien des choses, pour ne pas dire de foutrement tout. tant pis, je resterai le temps qu'il faudra. c'est pas comme si j'avais le choix.

contemplant les bandages blancs légèrement tachetés de sang, tu hausses les épaules à la question de ton amie. pour faire parler les psy. nonchalance à son paroxysme.

alors que la brune t'expose son plan, tu grinces des dents. parce que tu crois franchement que j'ai pas mon mot à dire ? c'est non. je reste là, je préfères ça. jungha ne t'écoutant (ce n'est pas étonnant) pas, tu cherches soutien auprès de martin. ce dernier semblant d'accord avec la métisse. tes dents crissent. ok, ça, tu le retiens. ces deux là ne sont jamais d'accord, s'engueulent à longueur de temps comme deux charognards se disputant un animal mort. et là, les rares fois où tu ne leur demande pas de s'accorder, il s'accordent. vous me gonflez.

mâchoire serrée, regard meurtrier, tu les laisses décider de ton sort comme si tu n'étais qu'un objet à trimbaler.

les choses sont décidées et, te voilà à la charge de ton aînée. super. tu en sauterais de joie. c'est énervée que tu quittes la chambre d’hôpital, talonnée par ton petit-ami et, probablement, ta baby-sitter de la soirée. toutes vos histoires pour ça, franchement. j'aurai pu rester à la maison avec de l'antiseptique et des bandages. foutez moi la paix.

il est rare de te voir si aigre, mais lorsque tu l'es, ce n'est pas à moitié. martin ne sachant pas quoi faire, et étant sans doute affecté par ton humeur exécrable, t'embrasse au bord des lèvres avant d'annoncer qu'il allait rentrer et qu'il comptait sur maëve pour s'occuper de toi. c'est bien la première fois que tu penses comme cela, mais, son départ est la meilleure idée qu'il n'ait jamais eu. en soit, tu ne veux pas le blesser. tu as juste besoin d'air, qu'on arrête de t'étouffer. pas de bol, tu ne peux pas te débarrasser de jungha qui ne risque clairement pas de te lâcher.

c'est quoi le programme ? tu vas me les briser jusqu'à ce que je m'explique ? y'a rien à expliquer, c'était purement impulsif, j'ai juste envie d'aller me coucher et que tu ne te mêles pas de ma vie privée.

l'alcool te rend mauvaise. à l'image d'une adolescente face à qui les baffes se perdent.

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(#) Sujet: Re: twit ((kyungjung))   twit ((kyungjung)) EmptyVen 8 Mar - 0:28




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no, i'm a fool.
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« Ah ouais, t'es assez grande ? Quand on veut pas se louper on longe le trottoir, on traverse pas la route », lance-t-elle en désignant du menton les striures bandées sur son poignet.

Voir sa meilleure amie comme ça perturbe plus Maeve qu'elle ne se laisse admettre. Elle l'a vue mal, elle l'a vue dévastée et un torrent de larmes se confondant à la morve, elle l'a vue s'énerver, furieuse contre elle jusqu'à la haïr. Elle l'a aussi vue calme et impassible, comme vide et au bout du rouleau, et c'est ce qu'elle a détesté le plus. C'est ce qui lui fait le plus peur. Kyungah tempête, Kyungah passionnée, Kyungah ressentait. Là, la personne livide et morne qui lui ordonne de baisser d'un ton n'est pas Kyungah, et la jeune femme ne sait pas comment s'y prendre pour la ramener. L'idée de demander à Martin et de voir que le pouvoir de faire le regard de leur amante s'animer est passé dans ses mains à lui la débecte. Heureusement, ou non, le pauvre garçon a l'air encore plus perdu qu'elle ne l'est, en retrait depuis tout à l'heure pour ne pas se prendre leur tempête en pleine face à son tour. L'ego a été mis de côté : ne reste qu'un besoin de faire équipe, leur opposition naturelle et factice oubliée au profit de l'envie de trouver une solution au plus vite. Ils arrivent au moins à s'accorder tacitement sur le bien-être de la personne qu'ils aiment le plus au monde.

Laquelle ne semble pas près de coopérer, ni avec l'un, ni avec l'autre. parce que tu crois franchement que j'ai pas mon mot à dire ? c'est non. je reste là, je préfères ça. Ouch. À ce point. La métisse encaisse, se force à garder leurs conflits pour plus tard. La raison pour laquelle la plus jeune la repousse à ce point, elle la devine sans trop de difficulté, la palpe presque dans l'air rendu de la chambre d'hôpital et une brève pensée s'égare en direction du petit ami abandonné derrière elles. Lui aussi connait sûrement la raison. « Je te rappelle que t'es sous surveillance pour suicidaires. Tant que t'es dans ce lit, et moi debout, t'es la mineure et je suis la tutrice. » Bizarrement, Jungha n'éprouve aucun plaisir à s'imposer. L'autorité indisputable est une de ces choses qui viennent avec le métier – la charge mentale, et légale, des patients. À tel point que se faire obéir n'est plus un talent conféré par le charme ou l'habilité, mais simplement un fait incombé par la société. Que Kyungah y résiste ou non n'y change rien. Elle le sait et pourrait lui sortir tous les articles de chaque texte de loi nécessaire à asseoir sa dominance logique face à la jeune femme. Alors elle ne sait pas trop ce qui la pousse à le faire, mais elle ajoute :

« Maintenant, si toi ou ton père avez le fric nécessaire pour rembourser un séjour de 72h minimum à l'hôpital, je te laisse et je repars. On peut continuer de faire comme si tout ça n'avait aucun rapport avec nous, comme si Franklin était complètement con et qu'il voyait rien venir, et comme si ton père pouvait supporter une connerie de plus. »

Cette fois, elle sait qu'elle a touché, que la pique était sûrement celle de trop. Il lui aurait suffi de sortir n'importe quelle connerie au docteur, n'importe quelle histoire car il l'aurait crue elle et pas la patiente suicidaire qui n'offre que des réponses vides depuis son arrivée. Elle aurait eu ce qu'elle voulait, Kyungah s'en serait sentie humiliée. Au lieu de quoi, elle s'était sentie obligée de la blesser, directement, penchée à son oreille pour lui murmurer une bassesse qui aurait pu être celle de trop. Au fond, elle espérait que faire exploser les choses pourraient faire bouger leur amitié. Toute leur relation s'était beaucoup trop enkystée et Maeve craignait plus que tout le moment où elles attendraient le point de non-retour. Et finalement, tolérer une Kyungah qui la détestait ne lui faisait pas le bien qu'elle avait escompté.

toutes vos histoires pour ça, franchement. j'aurai pu rester à la maison avec de l'antiseptique et des bandages. foutez moi la paix.

Le petit groupe franchit la porte de l'hôpital et Franklin prend rapidement congé, lançant en biais un regard entendu à Maeve. Il lui a demandé de lui envoyer un message le soir-même et de la prévenir de si elle pouvait rentrer le lendemain et la jeune psy n'a pas eu d'autre choix que d'accepter. Elle a catégoriquement refusé, en revanche, de lui révéler quelque information que Kyungah pourrait lui livrer concernant l'épisode – ça serait à elle de lui en parler, le moment voulu, si elle souhaitait le faire. Devant son air démuni, par culpabilité, elle lui a tout de même promis de "fortement suggérer" à Kyungah de communiquer avec lui sur ce problème...quoi que cela puisse signifier.

« Mon programme c'est boire, tu m'as interrompue. Tu peux te joindre à moi ou tu peux dormir. Je referai le lit pour toi. »

La psy s'est emmurée dans sa propre tête et refuse d'en sortir. Tout le trajet durant, elle garde un air absent, vexé peut-être, anxieux sûrement. Elle sait qu'il est inutile de poser davantage de questions à Kyungah maintenant – ça ne ferait que la braquer davantage et elle ne se sent pas la patience de tester à nouveau les limites de ses propres nerfs...
Lorsqu'elles arrivent, l'appartement est encore chaud et témoigne d'une présence récente, des assiettes sorties jusqu'aux verres à peine entamés sur le comptoir du petit coin bar. Maeve lâche son sac dans un soupir, jette sa veste sur le dossier du canapé et s'y affaisse pour reprendre exactement là où elle s'était arrêtée. Le whisky descend un peu vite, elle consulte rapidement son portable. Cinq messages, dont trois de Franklin, qu'elle efface d'emblée. Les deux autres proviennent d'un Atom inquiet qu'elle a dû mettre à la porte deux heures plus tôt alors qu'il arrivait à peine. Elle lui avait proposé de venir manger, passer la Saint Valentin à faire autre chose que se rappeler qu'on était encore seuls et qu'on le serait toujours l'année d'après. Un repas purement amical – Jungha avait senti un besoin impérieux de ne pas être seule, et il n'y avait qu'avec Atom qu'elle ne finissait pas la soirée en se sentant encore plus vide qu'en la commençant. Face à l'homme frêle à la présence stable et rassurante, Kyungah était chiante, une désobligeance majeure qui ne témoignait d'aucune coopération. Pourtant, elle avait pour elle ce que ni lui, ni personne n'avait : Maeve se sentait à vif, blessée, en colère ; bref, vivante, et assez importante pour faire ressentir la même chose à quelqu'un d'autre.

« Tu peux prendre le verre, personne l'a touché. »

La psy sirote le sien à bonne allure. Elle se lève, d'un coup, prend son verre avec elle et se dirige vers le coin bar pour se resservir. Ses pieds la portent au radar jusqu'à la chambre, d'où elle tire des draps propres, puis elle défait rapidement son lit, pose les draps frais et encore pliés dessus.

« Je te demande pas si tu veux dormir avec moi », lance-t-elle finalement par-dessus son épaule.

Encore un truc donc elles ne parlent plus ; depuis Martin, la simple idée de dormir dans le même lit est devenue tabou, au même titre qu'une potentielle tromperie. Elles ne parlent plus de leurs ébats, de ce qu'elles ont été, de peur que ça ne ranime de vieilles plaies, que la tentation les saisisse à nouveau. Souvent, Jungha se demande si ce n'est pas là le problème. Puis elle oublie et se berce dans l'illusion que c'est mieux comme ça, qu'elle a raté sa chance et qu'elle doit accepter toutes les punitions qu'on lui envoie, même celle de devoir accepter le dédain de sa meilleure amie qui vient de se mutiler.

« T'as toujours ton pyjama ici, tu sais où sont les serviettes. Tu sais où je suis si tu veux venir boire. »

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(#) Sujet: Re: twit ((kyungjung))   twit ((kyungjung)) EmptyDim 7 Avr - 5:01




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tu te fermes, comme une huître. t'enfermes dans ses mauvaises ondes qui bourdonnent dans tes oreilles et bouillonnent dans ton cœur. tu n'as plus la force, plus l'envie. ton malin et cinglant plaisir à te la ramener et la contredire s'efface, laissant place a une colère des plus lasse. le pire stade d'agacement que tu puisses atteindre. plus mauvais signe que les crises, les éclats de voix et les gifles qui se perdent. le silence, le calme plat. le "tu m'as tellement saoulé que je n'ai même plus envie de rétorquer". le "tu ne mérites que je t'ignores jusqu’à ce que cela te pèse sur le cœur". le "c'est bien fait pour ta gueule" muet, dans toute sa splendeur. allez, c'est ça. soit la "tutrice", je ne suis que l'adolescente idiote. c'est bien. oui, oui. parle à la place de mon père, c'est vrai que tu le connais si bien. parle toujours, ça me fait une belle jambe. non, en fait ferme là. ferme là. juste tais-toi. je suis à deux doigts, à un rien, de te gifler. tu n'auras qu'à collé ça sur le compte de mon "hystérie". après tout. c'est comme ça que tu me vois, n'est-ce pas ? et bien sûr, jamais, ô grand jamais, tu ne t'aies dis que c'était potentiellement à cause de toi. non. parce que tu es parfaite. le problème vient de moi. le problème c'est moi. évidemment. quelle question. suis-je bête. la prochaine fois je ne me louperai pas. qui sait ? peut-être que ça te soulagera.

tu traînes les pieds. ne fais preuve d'aucune volonté. en sortant de l’hôpital, cette idée de lui fausser compagnie te vient à l'esprit. très tentante, comme idée. mais, vaine, tu le sais. ensuite, vient le trajet en voiture. et cette idée, cette envie folle d'ouvrir la portière et sortir en marche. avec de la chance, tu te feras mal en tombant. faut croire qu'il n'y a plus que ça qui atténue ta colère. la douleur. retour à cette stupide et sombre période d'adolescence où voir le sang couler sur tes bras et la lame du scalpel était ta seule façon de te sentir exister. le principe de la saignée. procédé moyen-âgeux visant, soit-disant, à purifier, à guérir et se vider de ses pêchés. si seulement c'était vrai. tu serais peut-être bien, à l'heure actuelle, si cela fonctionnait. tu serais peut-être une toute autre kyungah. celle s'étant libérée de tous ses poids. celle pouvant se permettre de vivre pleinement comme elle l'entend. au début de ta relation avec ton bel expatrié français, tu y as cru. tu as cru que tu y gouttais enfin. le bonheur. mais, maintenant. quand tu y penses. quand tu prends le temps d'y réfléchir. est-ce que ce n'est pas qu'une façade ? dans l'espoir de t'en convaincre et d'y croire ? "je suis heureuse". tu pensais que le dire suffirait à te le faire vivre. tu t'es trompée.

la porte du logis s'ouvre, tu balances tes affaires dans l'entrée. la vue du repas abandonné t'arrache un faible sourire mauvais. tu avais l'air organisée, pour la saint valentin. je suis presque désolée d'avoir tout gâché. presque. avec qui tu allais dîner ? passer ta soirée ? coucher ? j'en ai aucune idée. mais il y a une chose que je sais : ça me déplaît.

tu peux prendre le verre, personne l'a touché. tes yeux vitreux se posent sur le verre indiqué. tu as assez bu d'alcool comme ça, ça ira. toujours murée dans ton mutisme, tu empoignes le verre et te diriges vers l'évier. tu l'y vides sans regret. posant un peu trop bruyamment le récipient sur la table pour ne pas l'avoir fait exprès. je te demande pas si tu veux dormir avec moi. comme elle le dit si bien, elle ne te le demande pas. et aux non questions, des non réponses. t'as toujours ton pyjama ici, tu sais où sont les serviettes. tu sais où je suis si tu veux venir boire. pas un mot. tu te contentes d'empoigner ton pyjama et une serviette. tu as l'obligeance d'en prendre une de couleur, pour ne pas encrer le blanc immaculé d'une éventuelle tâche de sang. tes pas te guident jusqu'à la salle de bain. tu pourrais te déplacer les yeux fermés. tu connais mieux cet appartement que tu aimerais laisser penser. preuve traître qu'à une époque, vous étiez si liées.

tu laisses l'eau froide couler. tu grelottes, mais, ça permet de te calmer. et puis, l'eau chaude favorise le flux sanguin. tu pisserais le sang, et ce n'est pas foncièrement ton but. tu ne sais pas trop combien de temps tu as passé, en boule dans la baignoire. tu sais juste que ça t'as, plus ou moins, canalisé.

assise dans un coin du canapé, recroquevillée, une serviette enveloppant vulgairement ta tignasse, tes yeux s'attardent sur tes bras striés. tu es remonté plus haut que d'habitude. tu en aurais presque abîme ce beau tatouage trônant au milieu de ton avant bras. la nuit étoilée de van gogh. tableau porteur d'espoir, vu de ton point de vue. sounds ironic, right now. lâchant un soupir, tu daignes enfin poser ton regard sur elle. je vais avoir droit à mon article de presse. "rhee kyung ah, l'artiste torturée". empathique, attractif, vendeur. je devrais presque te remercier du coup de pub que je vais avoir très prochainement. un rire te racle la gorge. d'abord franc, puis, assombri progressivement. t'es fatiguée. t'es à bout de nerf. t'es en train de craquer. dans ce qui semble être un début de sanglot, tu laisses entrevoir un début d'aveu sur tout ton état actuel. un début de faille dans ta forteresse. une micro-brèche ouvrant la discussion, peut-être. tu fais chier jungha. tu fais tellement chier...

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5H du matin, si y'a des fautes tu me pardonneras ehcjhrje


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(#) Sujet: Re: twit ((kyungjung))   twit ((kyungjung)) EmptyDim 7 Avr - 19:36




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Par dépit, ou par vengeance puérile peut-être, Jungha se renferme à son tour. Le canapé l’accueille et amoindrit un peu sa chute, elle qui se laisse échouer de tout son poids sur le meuble sans ménagement, sans une once de douceur. Ses yeux rencontrent immédiatement son verre délaissé sur la table, encore plein, abandonné avec son jumeau lorsqu’elle a dû s’excuser à Atom de l’avoir dérangé et de le mettre à la porte si subitement… Les messages de ce dernier révèlent son inquiétude : Jungha angoissée, tête dans les mains, le regard perdu, il ne l’a jamais vue comme ça. Elle n’aime pas se laisser entrevoir si secouée et vulnérable. Encore moins par Kyungah – alors ses traits se durcissent, ses yeux se perdent dans le vide et, verre à la main, elle continue sa boisson. Derrière elle, dans la pièce voisine, les bruits de la douche se mettent en marche et elle laisse ses épaules s’affaisser, s’autorise quelques secondes à décharger sa tension en frottant ses joues et ses yeux. Le verre de bourbon se finit vite, un peu trop ; le deuxième ne mettra pas longtemps à disparaître non plus.

La soirée l’a éreintée. Elle repense aux bras emmaillotés de Kyungah, à ses cernes qui la vieillissaient de vingt ans, à son regard vide et à ses mots dénués d’émotions, remplacées plutôt par le sarcasme. Elle repense à son soulagement en la voyant éveillée, épaulée par Martin, jamais seule. Que ce serait-il passé s’il n’avait pas été là ? Dans la salle de bains, l’eau coule toujours et Maeve doit se forcer pour ne pas la rejoindre. Ne pas venir dans l’eau, la prendre dans ses bras, poser sa main sur ses coupures pour les masquer. Oublier tout ça, la protéger sans être trop sûre de quoi… Et en même temps que le soulagement et l’affection se font sentir, paradoxalement la colère grimpe. Elle lui en veut terriblement de l’avoir angoissée comme ça. Et, elle n’est pas dupe, d’avoir voulu ruiner sa soirée. Indirectement, de vouloir la ruiner, elle. De la détester pour avoir fait les choix difficiles quand personne d’autre ne voulait les faire. Et Jungha en a marre d’être rejetée pour avoir essayé de faire ce qu’il fallait.

Alors, qu’importe combien elle a envie de tourner la tête pour sonder le regard de sa meilleure amie, deviner ce qu’il s’y trouve, ses yeux restent obstinément rivés sur son verre, sur l’écran de télévision qui diffuse les infos de nuit. L’alcool tourne un peu et ça l’apaise. Elle ne se sent pas d’ingérer tout ça en étant sobre. je vais avoir droit à mon article de presse. "rhee kyung ah, l'artiste torturée". empathique, attractif, vendeur. je devrais presque te remercier du coup de pub que je vais avoir très prochainement. Ses maxillaires se compriment et elle se force à ravaler ses mots – l’alcool, traître à cette heure, l’en empêche. « Tu vas vraiment me blâmer pour ça ? » Ses yeux se sont écarquillés d’eux-mêmes. Elle sait que le mieux à faire serait de baisser les armes, laisser couler, écouter. Sans aucun jugement, sans attente préalable, juste un cœur ouvert et le désir, toujours un peu égoïste, d’améliorer quelque chose rien qu’en écoutant. Comme face à un patient, et peut-être pour le mieux. Mais Kyung Ah n’a rien d’une patiente. A cet instant, elle n’est même pas une victime – c’est elle le bourreau, elle qui piétine son cœur. Elle qui lui rappelle douloureusement que quoi qu’elle fasse, ça ne suffira jamais.

« Tu crois que j’aime te voir comme ça ? C'est pour ça que tu le fais ? »

Elle s’est levée et a embarqué son verre, refusant de voir les larmes qui risquent de couler des yeux de Kyungah. Elle refuse la faiblesse, cette fois ; veut briser le cycle qui les fait retomber dans les bras l’une de l’autre à chaque fois qu’elles se manquent un peu, que leurs relations subissent des difficultés communes à la vie de couple, que l’autre ne les satisfait pas. Franklin est là depuis trois ans ; elle n’a plus le dessus sur leur relation. Et surtout, elle ne veut plus se faire souffrir comme ça. « Ou c’est pour me faire mal ? Me faire chier, pour une quelconque raison, parce que t’as décidé que je méritais de te voir comme ça ? Que tu me fasses bien comprendre que c’est ma faute ? » Elle pose son verre et ses deux mains passent dans ses cheveux, frottent son crâne pour se calmer. Un coup bas, que Kyungah peut très bien lui retourner : « T’es au courant de ce que tu nous fais ? » Nous. Ca a toujours été nous. Deux entités indissociables et trop dépendantes pour qu’il en soit autrement. Même trois ans après. « Parce que c’est à propos de nous, tout ça, non ? Tout ce sketch avec Franklin, tes reproches par message, l’hôpital. Tout ton speech selon lequel je le déteste et que je serais capable de coucher avec toi juste pour vous foutre en l’air. »

La psy reprend son souffle et finit son verre d’un trait, le repose le plus calmement possible sur le bar de la cuisine. Elle hésite un instant à en prendre un autre, décide du contraire et reste plantée là, dos tourné à Kyungah, son regard fixé sur Seoul par-delà ses baies vitrées chic et totalement superflues. « Alors quoi, Kyung ? Dis ce que t’as à dire, sans t’abriter derrière tes sous-entendus à la con. »

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(#) Sujet: Re: twit ((kyungjung))   twit ((kyungjung)) EmptyDim 7 Avr - 20:46




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tu regardes la bombe à retardement en face de toi exploser. elle est là, en train de craquer. de mariner à petit feu avant de perdre patience et balancer la casserole d'eau bouillante sur le sol. tu en es par avance fatiguée. par avance énervée. car tu sais que cela va te gonfler, au plus au point. car tu sais que tu ne vas avoir qu'une envie, qu'un argument : la gifler et t'en aller. comme tu l'as toujours fait. parce que ce putain d’abcès n'est pas crevé. et c'est pourquoi, contradictoirement, tu as envie de la voir exploser. tu as envie de laisser votre rage se déchaîner, se déverser. parce que tu en as assez. parce que ça fait bien trop longtemps que vous jouez. tu n'as plus aucune putain d'envie de jouer.

faut croire que oui, t'aimes ça. ton ton est froid, si froid. cela ne te ressemble pas. langue de vipère, venin plein les crachats. pour une quelconque raison ? tu ris jaune. tu savais que ta patience n'allait pas durer, mais là, c'est de toute rapidité. tu te fous de moi j'espère ? connectes tes neurones deux putains de secondes. t'as pas une vague, une affine idée de pourquoi je suis comme ça ? pourquoi tu mérites de douiller ? tu t'es jamais dit que c'est peut-être parce que tu m'en as bien fait baver, pendant des années, que j'ai eu l'idée de te faire un retour à l'envoyeur, aussi puérile et garce soit-il ? si les larmes avaient envie de couler, elles sont désormais séchées par la colère noire qui t'anime. elle veut que tu craches le morceau ? que tu ne fasses pas dans la dentelle ? elle va être ravie de voir que c'est ce que tu t’apprêtes à faire. je te retournes la question, jungha. est-ce que t'as conscience, toi aussi, de ce que tu nous as fait ? j'ai mes parts de responsabilité, ok. mais putain. tu vas les ouvrir tes yeux où je dois te les crever pour que tu tiltes ? heureusement que tu n'as pris aucun verre. ce dernier serait actuellement explosé entre tes doigts, si tu t'en étais servi un. tant la force de tes phalanges se resserrant est dense. t'as toujours pas compris que tu t'es plantée sur toute la ligne ? non mais regarde toi. t'es là, fière comme un coq à te dire que tu as fait ce qu'il y a de mieux dans ma vie. t'as pas remarqué que c'était l'inverse ? t'as pas remarqué que mon bonheur, depuis que tu le crois présent il est inexistant ? en fait je crois que t'es un peu débile sur les bords. pour toi quelqu'un est heureux en étant en détresse et est en détresse en étant heureux. c'est pas comme ça que ça marche. arrête d'être cruche trente secondes. je sais que t'en ai capable, alors pourquoi t'en fais pas l'effort ? ton regard est si mauvais. si méprisant. tu vas me dire que tu prétends me connaître sur le bout des doigts alors que tu n'as jamais vu mes appels de phare ? j'ai passé ma vie à te tendre des perches jungha. tu les as jamais saisi. tu endosses le rôle de la pauvre femme prise dans les mailles du filet d'un amour impossible parce que son âme soeur est déjà prise. mais, t'as pas capté qu'avant martin j'attendais que ça ? j'attendais que ça que t'arrêtes de faire l'autruche et que tu viennes vers moi. je t'ai dis, clairement, mot pour mot "je t'aime". qu'est-ce que tu m'as répondu ? qu'on ferait mieux de rester amies. est-ce que tu sais le coup que je me suis pris ? d'être persuadée d'aimer quelqu'un qui m'aime en retour et que cela se révèle visiblement faux ? le coup que je me suis pris, à attendre bêtement un an, deux ans, que tu viennes enfin vers moi au lieu de coucher à droite, à gauche, avec des gens que tu "aimais". tu en as toujours eu rien à foutre de moi, t'as vraiment cru que j'allais t'attendre indéfiniment ? non. j'en ai eu marre d'avoir mal. j'en ai eu marre d'être seule. j'avais besoin de me sentir aimée, puis que t'étais pas fichue de me donner ça j'ai était le chercher ailleurs. et quand j'ai trouvé, tu t'es bizarrement mise à t'intéresser à moi. t'as pas l'impression de t'être un peu fortement foutu de ma gueule ? martin au début, j'y ai vraiment cru. puis tu étais là, à tourner. et ça m'empêchait de t'oublier, parce que tu étais toujours là. alors, ce que j'ai cru sincère s'est transformé en jeu et tu n'imagines pas à quel point je t'en veux pour ça. pour avoir fait de moi ce genre de garces qui prennent quelqu'un dans une relation mouchoir, juste pour se sentir égoïstement bien. juste pour avoir l'illusion de se sentir bien. juste pour oublier la personne pour qui on a réellement le coeur qui bat. mais, t'as jamais eu assez de matière grise pour comprendre que j'essayais de te rendre jalouse pour que tu te bouges le cul au lieu d'être fataliste.

te craquant la nuque, fatiguée de t'égosiller contre elle, tu plonges tes yeux dédaigneux dans les siens. ça te va, comme explications sans filtre ou tu veux que je ponctue ça par "t'es la pire des connes" en te mettant une baffe magistrale ? non parce que si tu y tiens, je suis totalement d'humeur à le faire. fixant désormais l'un des verres vides, tu grondes. sers moi un verre. tu m'as foutu les nerfs.

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(#) Sujet: Re: twit ((kyungjung))   twit ((kyungjung)) EmptyDim 7 Avr - 22:14




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faut croire que oui, t'aimes ça. Elle aurait voulu la secouer. Lui dire que non, elle n’aurait jamais voulu ça, qu’elle n’espérait qu’une chose pour Kyungah et c’était son bonheur, mais une petite partie d’elle-même sait qu’elle ne serait pas tout à fait franche – oui, elle aimait voir Kyungah à ses pieds. Elle avait aimé les sentir si fusionnelles et savoir, sans avoir besoin d’en parler, qu’elles partageaient quelque chose que personne ne pouvait leur ôter. C’était les aveux qui avaient fait peur. La réalisation qu’elle était fondamentalement trop pourrie pour une relation saine, qu’elle avait trop de choses à régler de son côté avant de pouvoir songer à former un duo avec quelqu’un d’autre. Elle l’avait aimée, fort, trop, mais elle l’avait repoussée aussi doucement que possible. Poussée vers d’autres gens sans jamais complètement se résoudre à la laisser partir.

Le déclic, ç’avait été Martin. Longtemps après, peut-être trop finalement, lorsque la plaie commençait enfin à se refermer entre elles et alors que Jungha commençait à guérir. Elle s’émancipait de ses parents et de son passé, prenait les rênes de sa vie. Arrêtait d’avoir envie de crever et commençait à prendre un vrai traitement pour un choc post-traumatique trop longtemps ignoré. Jungha s’était enfin sentie une personne unique et entière, indépendante du mythe si fort qu’elle avait créé autour de sa mère, autour de leur monde, capable de s’affirmer, et c’était là que Martin était venu. Il avait tout ce qui lui faisait défaut et elle l’avait détesté, humilié pour ça. S’était fait un malin plaisir de le provoquer en flirtant avec Kyungah juste sous son nez, en évoquant leurs ébats. Alors quelque part, les mots de la plus jeune résonnent et elle n’arrive pas à les dissocier de ses pensées.

« Je pouvais pas te rendre heureuse. Putain, mais tu te rappelles pas du bordel dans lequel j’étais ? Tu baisais avec une ado, immature, mal foutue et déglinguée, tu t’attendais à quoi ? A ce qu’on se mette ensemble et à ce que ça fonctionne ? »

Mais ça n’arrête pas Kyungah, ça ne la calme pas non plus. Maeve s’empêche de la couper, à brûle-pourpoint, ses idées fusent et les reproches potentiels suivent. Puis la jeune artiste évoque Martin, et ça finit de la faire taire. Un instant l’espoir, celui d’entendre ce qu’elle a toujours voulu entendre. Qu’elle ne l’aime pas, qu’elle ne veut pas être avec lui. Qu’elle la veut elle, à la place, quoi que cela puisse vouloir dire et au milieu de leur champ de bataille, elle entrevoit le point qui règlerait tout. Mais là où elle attendait le soulagement, elle ne sent qu’une déception immense, profonde : elles n’ont rien appris. « Putain, t’en as vraiment rien à foutre de Martin… » C’est une autre barrière qui lâche. Elle en arrive au point charnière où les mots dépassent les pensées – ou peut-être que non, peut-être que c’est exactement ce qu’elle pense, mais tout est brouillé et elle n’est sûre de rien. L’adrénaline procurée par l’angoisse, la fatigue tirée de celle-ci, la confusion la plus complète dans les sentiments contradictoires qu’elle éprouve envers Kyungah – tout se mêle et se dépasse, rien ne reste à flot assez longtemps pour qu’elle puisse y donner sens, et elle est lasse de toujours chercher à être raisonnable et de chercher le mieux pour elles.

« Ce qui se passe entre Franklin et toi, ça me concerne pas. Je t’ai laissé l’espace pour faire ce que tu voulais, j’ai essayé de passer à autre chose, t’as trouvé quelqu’un, tu fais ta vie avec, très bien. »

Lasse, aussi, de faire semblant que ses sentiments envers Martin ne dépassent pas le mépris et l’amusement pour un homme qu’elle n’estimera jamais comme assez bien. Marre de faire comme si elle ne le craignait pas, comme si elle redoutait chaque regard amoureux de sa part en direction de Kyungah. « Alors si ça se passe mal entre vous, prends tes putains de responsabilités, Kyung, et ne me blâme pas dès que tu te mets à douter de ta propre sincérité. » Son ton s’est durci mais sa voix contraste avec la puissance de Kyungah. Elle s’accoude à la table, daigne à peine la regarder, mais elle lui fait face. « Bouffe-les, tes reproches. Parce que t’en as rien à foutre, de Martin. Tout comme t’en avais rien à foutre, de si j’étais bien pour toi ou pas. Si t’es pas hypocrite, reconnais au moins qu’il y a que toi qui importe. » Les reproches se multiplient et avec eux, sa rage aussi. Mais c’est une rage froide, contenue, qu’elle ressort sous une impassibilité qu’elle espère encore plus blessante. Elle est moins dans la raison que dans l’envie cruelle de faire souffrir son amour.

« Parce que tu sais quoi ? T’aurais pu partir, Kyungah. Si ça te faisait tellement mal t’avais le droit de te barrer. Au lieu de ça, t’es restée, et t’as essayé de me rendre jalouse avec un pauvre mec qui attend désespérément que tu l’aimes en retour, qui attend patiemment de pouvoir demander conseil à ses potes pour l’alliance qu’il va t’offrir. Aie les couilles d’admettre ça. »

Le paradoxe atteint son apogée – Jungha ne se sentait pas susceptible de défendre Martin, mais c’est moins lui qu’elle-même dont elle veut sauver la peau. Elle la regarde en chien de faïence, depuis sa table, et elles s’observent comme deux animaux blessés qui hésitent entre se sauter à la gorge et réparer les dégâts. Jungha n’a plus qu’à faire le constat effarant du champ de ruine qu’elles ont créé autour d’elles, des torts qu’elles ont causé chacune pour, ou à cause, de l’autre. Elle l’a dans la peau, et elle sait que c’est réciproque. Et qu’autour d’elle, tout le monde en a pâti. Toutes leurs relations ont été sabotées. Chaque tentative qu’elles faisaient pour s’émanciper l’une de l’autre n’était qu’un pas vers l’autre masqué.

« Je sais que j'ai déconné, mais au moins j'ai essayé de me rattraper en te laissant vivre ta vie. Et j'espérais sincèrement que tu sois heureuse avec lui, j'admettais ma défaite et je le laissais s'installer dans ta vie. C’est pas moi qui confond détresse et bonheur, Kyungah. »

Ou peut-être que c’est nous deux. Elle obtempère, finalement, et sert deux autres verres de bourbon. Elle commence le sien avant de tendre à Kyungah l’autre, puis elle s’installe à son tour sur le canapé. Elle n’avait pas réalisé que l’effort a contraint son cœur à s’accélérer et que sa chemise, mise avant l’arrivée d’Atom, est toute froissée à cause de la chaleur de son corps. Entre elles deux un mur de glace se dresse, et elle déteste instantanément la sensation. Jusqu’à présent s’érigeait une barrière, par-dessus laquelle elles pouvaient quand même s’atteindre entre deux disputes. Elle l’avait toujours détesté, elle qui s’était retrouvée à courir après les sourires de sa belle, à chercher toutes ses attentions, des positives au plus blessantes. Souvent elle avait trouvé ça invivable. Maintenant elle n’était même plus sûre de pouvoir le revivre. « Tu vas faire quoi, pour Martin ? » C’est là son ultime question, parce qu’aucun retour en arrière ne semble possible. Il n’y a plus qu’elles, dans un salon trop riche et trop impersonnel, à regarder droit devant elles pour s’éviter, à attendre la même chose sans aller la chercher. Le calme revenu, Maeve a un nouveau goût des mots de Kyungah. C’est elle qu’elle veut. Cette certitude n’a jamais été aussi douce et douloureuse, parce que maintenant que tout est sorti, que tout a été dit, il n’y aura pas de retour en arrière. Qu’elle parte ou reste.

« Dépêche-toi de boire, je vais me coucher après. »

Elle tend son verre pour trinquer à la destruction totale de tout ce qui les constituait.

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(#) Sujet: Re: twit ((kyungjung))   twit ((kyungjung)) EmptyVen 12 Juil - 22:40



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si t'en avais eu la bonne volonté, ouais. ça aurait pu fonctionner à l'époque. parce que je me pliais en quatre pour te prouver que tes problèmes n'étaient pas un obstacle à mes yeux. tu te braquais toute seule. une froideur lourde éteint ta voix tantôt explosive et crépitante tel un volcan en éruption. la tête commence à te tourner sous les doucereux effets de l'alcool et le fait de t'être emportée n'a rien arrangé. tu as mal au crâne. tu es fatiguée. elle commence sérieusement à te gonfler. t'as plus aucune envie de dialoguer. t'as juste envie de tout faire valser. t'en as envie, mais, t'en as même plus la force. t'as juste envie que tout s'arrête. mettre ta vie en pause. tout effacer. c'est dans ce genre de cas que tes réflexions les plus profondes se limitent en un : j'aurais mieux fait de ne jamais exister.

tu l'écoutes à peine parler. la rage te bouchant les oreilles tant ton fort intérieur est en train de bouillonner. tu n'aimes pas ce qu'elle dit. tu n'aimes pas la part de vérité qu'il y a dedans. tu n'aimes pas la situation en général. t'as juste envie que tout s'arrête. parce que t'aurais tout simplement mieux fait de ne jamais exister. tu sais quoi ? ferme-là. je ne veux plus t'entendre parler. est tout ce qui s'échappe dans un ultime déni.

alors qu'elle te tend le verre réclamé plus tôt, tu l’agrippes violemment. presque de quoi en faire valser la moitié du récipient dans le mouvement. mais t'en as pas grande chose à faire. tu ne savoures même pas cet alcool qui, même si tu n'y connais strictement rien, a dû coûter cher. tu le bois en deux grandes gorgées avant de le reposer. "dépêche toi de boire", hein ? voilà qui est fait. ton regard noirci aussi bien par ton manque de sobriété que par ton état d'énervement encore frais se pose ensuite sur la métissée. daignant enfin répondre à son dernier questionnement. ce que je compte faire avec martin ? bah, comme tu l'as si bien dit : ça te concerne absolument pas. jouer sur ses mots pour lui renvoyer à ton avantage. tu en as toujours eu le chic. particulièrement lorsque tu es sortie de tes gongs.

c'est alors que tu te lèves, allant en direction de la chambre, de sa chambre. mécanisme trahissant un cercle vicieux que vous aviez avant.

tu n'as plus qu'une envie, que tout s'arrête. et quoi de mieux, pour cela, que d'aller se coucher ? tu te laisses tomber sur ses draps. mais, ce n'est pas pour autant que le sommeil te tend les bras. au contraire. tu as beau être fatiguée, tu ressasses encore et encore tout ce qu'il s'est dit et passé et cela te maintient éveillée. et, inévitablement, comme toute personne imbibée d'alcool se mettant à trop penser : les larmes se mettent à couler. à flots. des larmes de détresse, de douleur, de sincérité. parce que t'es paumée. épuisée. que t'aimerais actuellement ne pas exister.

tes bras te font mal. ta tête te fait mal. ton cœur te fait mal.
t'as mal.
t'es mal.

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(#) Sujet: Re: twit ((kyungjung))   twit ((kyungjung)) EmptyMar 13 Aoû - 13:20




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Le problème, ç'avait toujours été elle.
Ses réticences stupides à s'attacher. Sa honte qu'on découvre trop de la personne que Kyungah connaissait déjà par cœur. Sa stupide fierté qui freinait chaque tendresse et avalait chaque excuse. Et surtout, et toujours à son insu, ç'avait été sa certitude extrême, inébranlable, que ce serait elles deux jusqu'au bout. Leurs petits-amis, hommes comme femmes, n'avaient jamais tenu plus de quelques mois, et ceux qui avaient passé cette barre fatidique s'étaient retrouvés trompés et ignorants. Immanquablement, elles étaient toujours retombées l'une dans l'autre, comme si une telle issue était inéluctable ; comme si chacune était le refuge de l'autre quand elles s'aventuraient un peu trop loin, se heurtaient un peu trop sur le chemin, et qu'elles avaient besoin de rentrer chez elles. Chez elle. Voilà ce que représentait Kyungah pour elle. Un foyer auquel retourner en tout temps, des bras aimants dans lesquels se réfugier quand la vie se faisait trop dure à porter et les crises trop lourdes à gérer. Kyungah était sa personne. Son âme sœur. Et dès que quelqu'un essayait de s'introduire dans leur duo malsain, elle s'appliquait avec tout son cœur à le détruire.

Ces dernières années, elle a perdu de son assurance et de sa fougue. Côtoyer Martin et leur bonheur mutuel l'avait laissée à genoux et tremblante. Cette fois-là, elle n'avait pas eu la force de s'opposer – Kyungah lui avait clairement fait comprendre que c'était peine perdue. Pas par ses mots durs qui essayaient de la convaincre elle-même, non, pas cette fois : cette fois son regard pétillait, ses joues s'étaient teintes de ce rosé qui ne la quittait plus et sa distraction permanente aux égards du reste du monde avaient clairement fait comprendre à Maeve qu'elle était hors-jeu.
À une autre époque, elle aurait tenté une énième fois de la reconquérir, l'aurait serrée dans ses bras un peu plus fort, comme à chaque fois qu'elle se sentait menacée, aurait embrassé distraitement son cou, puis tous les morceaux de peau sensibles, jusqu'à ce que Kyungah lui réponde. Mais elle était devenue hésitante, trop prudente, déchue de son statut de première. Elle avait trop tardé. Même ça, elle l'avait compris trop tard. Si bien qu'aujourd'hui elle ne sait pas ce qu'il reste d'elles, ces deux gamines de dix-sept ans à peine, un peu cassées, un peu à l'écart, qui se sont trouvées au moment parfait. Ce moment semble passé. Elle ignore s'il reviendra.

« Je t'ai mis de l'eau dans la salle de bain », lui lance-t-elle, par acquit de conscience.

La porte s'est déjà refermée. Elle a trop tardé. Elle n'a jamais été à l'heure.

Le verre entre ses mains tournoie pour mettre en lueur les couleurs chatoyantes de l'alcool fort. Le whisky peine à descendre, maintenant – les mots de la jeune peintre résonnent encore et avec eux, ses torts à elle, auxquels elle ne peut plus faire grand-chose. Songeuse, elle laisse ses yeux s’attarder sur l’écran télé qui tourne dans le vide. Les images défilent sous son regard égaré déjà trop loin. Elle est immobile comme rarement. N’importe quel autre jour, elle aurait fini son verre d’un trait rageux, fait le lit sur le canapé et dormi d’un sommeil vengeur dans l’espoir que Kyungah l’attende en vain. Maeve, elle ne parlait pas. Elle communiquait plus par l’absence de mots, de gestes et un non-dit était toujours mieux qu’une parole blessée. Mais comment pouvait-elle se taire alors qu’attendait dans sa chambre la femme qui s’était meurtrie pour elle ? Comment pouvait-elle traiter la soirée comme un événement anodin et oublier leurs cris ? Il n’y avait plus de retour en arrière, et chaque action avait une importance qu’elle ne pouvait plus ignorer.

Enfin, ses pieds répondent pour elle. Elle se hisse sur ses jambes fatiguées, se débarrasse enfin de ses chaussures et se laisse guider vers sa chambre. Elle sait que Kyungah y est – la silhouette recroquevillée en boucle de son côté du lit ne la surprend en rien. « Désolée », chuchote-t-elle depuis l’encadrement de la porte. Elle n’est pas sûre que Kyungah l’entende – elle s’entend à peine. Alors, elle s’autorise à avancer timidement jusqu’au bord du lit, puis à se rouler en boule près de Kyungah. Une main passe autour de sa taille, hésitante d’abord puis plus franche. Elle laisse son nez se perdre dans ses cheveux, se réconforter de son odeur douce caractéristique. Sa silhouette épouse la sienne avec une hâte qui sape presque toute sa douceur. Ca faisait trop longtemps. Quatre ans qu’elle attendait bêtement ; qu’elles s’attendaient l’une l’autre avec la certitude que c’était mieux comme ça. Quatre ans et pourtant deux secondes suffisent à se rendre compte qu’elle s’était retirée pour rien. Que l’une sans l’autre, ce n’était plus possible.

Ses lèvres se posent sur la joue baignée de larmes, y déposent quelques baisers qu’elle espère réconfortants mais qu’elle sent maladroits, plus que tout. La bouche descend le long de la mâchoire, retenue, délicate, se presse un peu plus lorsqu’elle arrive au creux du cou. La peau laiteuse et douce dans laquelle elle avait planté ses deux, étouffé ses gémissements est aujourd’hui plus pâle et immaculée qu’elle ne l’a jamais été avec elle et elle se demande si c’est à ça qu’elles se réduisent, la violence pour mieux s’aimer, pour mieux se retrouver. Sa main remonte de la taille de Kyungah à sa poitrine, et enserre légèrement sa gorge. Comme avant, parce que plus aucun repère actuel n’est là pour la guider. « Je t’aime », murmure-t-elle près de son oreille entre deux baisers. Il n’existe rien d’autre que ce qu’elles ont été, et c’est exactement ce qu’elle craint. Elle ne connait plus Kyungah comme elle la connaissait il y a quatre ans. Peut-être qu’aujourd’hui elle déteste la main autour de son cou, celle qu’elle avait tant aimé autrefois. Peut-être qu’aujourd’hui je t’aime n’est plus ce qu’elle a besoin d’entendre.

Peut-être que c’est tout ce qu’elle veut entendre.

Elle empoigne la plus jeune par l’épaule et la fait se retourner vers elle. Une main tremblante chasse les larmes de la peintre et rabat quelques mèches de cheveux, puis, comme si la douceur était superflue, qu’elle craignait n’être trahie par ses peurs, Maeve prend possession de ses lèvres avec fougue, agressivité, envie et regrets. Elle ne sait plus trop lequel domine ; elle n’a pas envie de penser. Alors, tandis qu’une main s’enlace à celle de son amante, caresse de son pouce le dos de sa main, l’autre s’agrippe à ses cheveux pour essayer d’obtenir une réaction à ses quémandes.

Elle se souvenait encore parfaitement de leur première fois, leurs gestes doux, encore novices, de son cœur battant à tout rompre et de ses mains tremblantes sous l'émotion. La certitude d'aimer l'autre plus qu'elle-même, elle l'avait eue depuis ce jour-là. Ne l'avait pas quittée depuis, contre son gré, contre toutes ses tentatives – ç'avait toujours été elle. Ce serait toujours elle.
Elle refusait qu'il en soit autrement.

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