hostage — ((romee))



 
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Message  Sujet: hostage — ((romee))     Lun 14 Mai - 20:56





I'm scared just as much as my heart flutters, cause destiny keeps getting jealous of us, I'm just as scared as you, when you see me, when you touch me

Y a une certaine plénitude, jamais dérangée par la solitude ; de la chambre dépeuplée par les autres occupants, le laissant ainsi le seul vivant, à investir les lieux ce soir - garçon paisible étendu dans le noir. Qui plane à quatre mille dans l’espoir de trouver le sommeil, pouvoir enfin reposer le fragile appareil ; d’un corps un peu trop malmené, par la fatigue accumulée. Mais non, l’esprit s’obstine à rester en éveil, et on trouve le temps long - se trouve tout de même en somnolence partielle, quelque part entre la terre ferme et la douce inconscience, état second presque de transe. À se demander, si jamais on dormirait, sans quelques produit pour aider, à tranquillement sombrer. Il ferme les paupières, espoir éphémère, de trouver quelque repos ; à pas y croire trop. On laisse se dessiner sur l’encéphale, quelques songes bien banals ; apaisants, plaisants. Et enfin on sent que l’on glisse, dans un début de sommeil si lisse ; bercé par une calme respiration, dans la pénombre seul son.

Et même pas ne sont entendus, ceux de sa venue - peut-être se sera-t-elle fait discrète, la porte doucement ouverte ; dans tous les cas la présence pas remarquée par Tae Il, lui qui était si tranquille - pas avant de sentir un corps à côté du sien, quand se glisse sous les draps l’inopportun. Quelconque expression de surprise alors qu’il ouvre un oeil, l’esprit si peu disposé à l’accueil ; d’une silhouette gracile, aperçue entre les cils. Coup au coeur, vite figé de stupeur ; à reconnaître celle que même la pénombre aura pas su rendre anonyme, trahie par son odeur et la connaissance parfaite de cette forme fine. Romee comme une figure intemporelle, le palpitant qui a un peu trop peur d’elle ; et de tout ce qu’elle signifie, à toujours nous rappeler pourquoi on a fui. Seul poison que l’on refuse de s’injecter, d é p en d a n c e indépendante de notre volonté ; et rien qu’à la sentir contre nous, le coeur est à genoux ; le corps incapable de se mouvoir, et alors on voudrait bien se laisser choir. À pas savoir quoi faire ou quoi dire, impossible de choisir, quelle serait appropriée réaction ; garçon assailli par une vague d’émotion. Et puis finalement, avec toute l’innocence d’un enfant, voilà qu’il ose se laisser aller à quelques paroles ; organe vital battant à une cadence folle.

Euh...hm...Romee ? Qu’est-ce que...qu’est-ce que tu fais là ?

La voix traînante et sans assurance, déstabilisée par sa présence ; comme s’il avait pas suffi de tomber sur elle en arrivant au dortoir, il fallait qu’en plus elle vienne nous trouver ce soir. Et Tae Il, il commence à perdre le fil, sait plus que penser de tout ça ; plus envie de trop s’attarder sur son cas - leur cas et leur joyeux désordre-tempête, à avoir peur d’une catastrophe complète ; qu’à deux ils explosent comme l’orage. Peur du retour de la rage ; peur de lui-même et de son esprit sinueux, qui penche toujours entre la rage où un attachement dangereux. Peur de s’égarer, à trop y penser, alors il décide de ne plus réfléchir ; que pour ce soir seulement il peut arrêter de fuir.

Retrouvailles émues, avec quelque tendresse qu’on espérait plus ; le bras passé autour de son corps, rappelle la plénitude qu’on éprouvait alors (avant de tout envoyer voler, par peur de la laisser nous prendre notre l i b e r t é). Gestes aussi peu assurés, que ceux d’un gamin expérimenté, à venir la coller un peu plus contre lui ; se permettre d’aimer ça juste pour cette nuit. Et les pulpeuses remontent en un doux sourire, à se souvenir qu’il y avait doux plaisir, d’ainsi l’avoir contre le coeur - se sentir si bien et plus avoir peur. Pas vouloir fuir une seule seconde, ni vouloir être ailleurs le moins du monde.

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Message  Sujet: Re: hostage — ((romee))     Mar 15 Mai - 0:32





I wanna be alone ; alone with you - does that make sense? I wanna steal your soul and hide you in my treasure chest

L'air lourd de charges fleuries depuis que leurs regards se sont croisés par mégarde, le temps suffisant pour que les yeux rivés au plafond s'endorment dans des pensées qui étaient leurs ; l'insipide déclarée qui de l'âme froissée s'effraye à la vue de ce coeur si fraichement cicatrisé. Mais elle ne saurait y crier prudence quand ces communs iris agitent et font frétiller la seule commissure de ses lèvres chantantes. Le sourire d'une douce mélodie figé oublie la charogne qui y dansait autrefois d'houleuses scènes de rage et elle s'abrite sous le seul souvenir heureux, éphémère qu'il ait eu, pour embrasser l'unique pointe d'obscurité du tableau ; la fuite. C'est alors que le jumeau de son âme se crispe quand la tête remue l'image de son soudain départ, la gêne encore imprimée sur ses paupières battantes, elle l'imagine lui échapper à nouveau. Alors elle s'informe, se déforme dans sa seule frénésie de le retrouver dans la chaleur qui fut la leur d'antan. Et il y a cet intarissable besoin de ce qui lui ait connu quand elle se perd à nouveau, la nuit levante, sur des balades de ses songes mal-fichues, le tempo de tout ce qu'elle rate à s'en vouloir, tout ce qu'elle détruit à se permettre.

Alors, l'affolant besoin de réconfort glisse sur sa nuque nue, glace ses mains maigres et oppresse son sternum de contusions électriques ; elle sait dans quelle trou noir s'enfoncer, la perte régulière, l'ancre fixée à son sourire soleil pour éviter qu'elle oublie ce pour quoi elle était ici ; l'aventure de la passion mordante, morsure aux relents de vivants, ce sentir plaisamment exister tandis que l'aveugle et aveuglante d é p e n d a n c e endort sa raison d'envoutants parfums familiers. Et elle entre. Guidée par la vue de l'astre brillant, elle se permet éclipse rosée dans ses draps immaculés qu'elle vient épouser de son corps gelé. Le mélange entre mélancolie et fatigue lâche le voile étoilé sur sa bienséance soudainement égarée pour que sa voix monotone aux notes désireuses scandent ce qu'elle aime à appeler sa piqure de rappel bien à elle,  

Elle te va bien cette nouvelle couleur de cheveux Ily

Le plaisir de jouer sur un surnom ancien qu'elle chuchote de douceurs mal-placées quand le pourpre des souvenirs emmagasinées la tente dans ce qui ne lui est cruellement plus permis. Alors elle s'inflige – reste sur son minois ce sourire méthodique, tandis qu'elle le voit émerger de balbutiements gênés. Elle ravale sa névrose nocturne quand elle croit une poignée de seconde avoir perdu tout ce qui les enchantait – réalité crue passagère d'une comète gommée quand son bras vient finalement l'entourer. Gestes communs d'une collision s'extasient et elle récupère la lueur sincère de son email qu'elle ne saurait plus camoufler. Noyée dans un plan-séquences de ce qu'ils avaient autrefois, ses doigts gravés d'anachronisme naturelle glissent sur la naissante mâchoire qu'elle sent affinée d'une maigreur présumée maladive, et la lutte s'active contre ce qu'elle se serait élevée à faire si seulement sa question n'avait pas frappé son crâne endormi pour la piquer de ses sensations de douces accalmies.

Je sais pas ce que je fais là pour être totalement honnête...

La largesse de cette connexion lyrique la blesse quand cette chaleur lui empoisonne l'esprit et elle pense le vent lui glisser entre les phalanges à nouveau, l'incapacité de le retenir, la venue d'un mirage qu'elle acceptait pour trop bon parce qu'elle en est persuadée ; elle l'avait fait fuir. Puis il y a son rire qu'elle fait résonner innocent dans une réalité toute autre que la raison commande, parce qu'elle est pétrifié de le rencontrer une deuxième fois ; l'aimant de son coeur cependant impossible à décommander.
D'une valse aux spasmes bercés d'inquiétudes, sa main se fraye chemin jusqu'à sa nuque naissante quand elle finit par se pencher ; de la pressure de ses lèvres sur sa commissure soleil, elle raconte ses envies et ses craintes, chante l'appareillage de son crâne aux pensées malmenées et prie ce qu'elle ne saurait plus espérer.

J'aurais pas dû venir ?

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Message  Sujet: Re: hostage — ((romee))     Mar 15 Mai - 13:57





I'm scared just as much as my heart flutters, cause destiny keeps getting jealous of us, I'm just as scared as you, when you see me, when you touch me

Et d’une voix ô ! si charmante, elle envoie valser le doute et fait une âme chantante ; prête à poser sur quelques harmonies, les émois d’un coeur qui réclame désormais ce contact à grands cris - inconscient qu’il était jusqu’alors, du manque d’elle contre son corps. Ce serait même prêt à l’effrayer, si l’esprit n’était pas si embrumé ; à moitié encore dans le songe qu’il était prêt à rejoindre, sommeil illusoire que l’on a bien du mal à atteindre. Mais on ne lui en tiendra pas compte, la blâmer de sa présence serait presque honte ; quand on est si apaisé par la chaleur qu’elle dégage, éclat solaire prêt à chasser l’orage. Parce que Romee comme un rayon astral, réchauffe et illumine l’organe infernal ; quelques mots caressants, et une appellation souvenir d’antan, sembleraient suffir, à faire persister le sourire.


Balayée la gêne pour au moins quelques temps, et comme un automatisme ou même comme avant, reviennent quelques habitudes et gestes qu’on osait plus attendre ; comme réveillés par le simple contact d’une peau si tendre. Marques d’affection presque imprimées, sous la peau abîmée, les doigts mécaniques, viennent glisser sur la créature angélique ; se perdre dans la douceur de la chevelure et, sur le crâne quelques cercles dessiner. Impossible de se montrer de glace, face à un être qui a pris tant de place, dans le palpitant malmené, qu’elle avait su apaiser. Trop de tendresse à son égard, ravivée par un simple regard - alors Tae Il laisse parler ses envie de douceur, se laisse aller à elle au moins pour quelques heures.

Tiens, tiens, ça faisait longtemps que personne ne m’avait appelé comme ça…Meeni. Et...merci. J’avais envie de changer un peu, je suis content que tu aimes.

Les paroles déjà marques, de toute l’importance par laquelle elle se démarque, pour lui et rien que pour lui (semblerait-il qu’on ait encore les traces de quelque jalousie ; à pas vouloir la voir à un autre, alors que par nos faits elle n’est plus nôtre). Soupir d’aise à sentir les doigts glisser sur la peau maladive, la mâchoire osseuse preuve de sa dérive ; pourtant semble plus si malmenée sous ses affections, comme si elle pouvait réparer les fissures et commotions. Et lui de mains agiles (pourtant semblant si fragiles) vient effleurer sa peau, quelques gestes futiles mais valant mieux que mille mots ; pour exprimer les égards, raconter quelques histoires.

Et quelques éclats de malice viennent illuminer le regard, resteront invisibles comme le sourire dans le noir ; ravivent la joie toute enfantine, d’un simple gamin qui taquine.

Tu prends toute la place dans mon lit...c’est ça, que tu fais ici.

Clochette d’un léger rire qui vient égayer sa voix, quelques rayons de bonheur et une petite joie ; à résonner dans le creux de ses oreilles, les yeux perdus sur l’ombre d’une enfant-soleil. Qui risquerait de s’éteindre sous un nuage coupable, probablement soufflé par le garçon instable ; voudrait affliger de regret l’ingénue, à propos du bien fondé de sa venue - qu’il n’en soit rien. Au diable éveil inopportun ! Plutôt être conscient mais avec elle, que seul dans quelque ersatz de sommeil.

Hmmm...bon, c’est que j’étais enfin en train de m’endormir alors que je galère depuis une plombe, mais…

L’hésitation remplit une voix traînante et d é s a r t i c u l é e, qui se comprend parfois avec difficulté ; avant que l’on décide d’abandonner les filtres de toute façon abrogés, par la fatigue et les substances absorbées.

...mais. Peut-être bien, que j’dormirais mieux, maintenant que t’es là.

Douce honnêteté roule sur la langue, perturbe peut-être le coeur qui tangue - à lui avouer l’effet qu’elle a sur nous, qu’elle réussirait à calmer même de l’insomnie les remous. Romee presque aussi apaisante que les produits euphorisants, apporte plus de douceur à l’âme d’un enfant. Et les pulpeuses viennent poursuivre un peu plus leur course vers les cieux, à sentir sur leur commissure, lèvres douces pour effacer l’usure, réparer un peu ; alors lui-même relève la tête, et sur le front fait cueillette, de quelques embrassades dérobées ; un peu plus de tendresse, un peu plus d’allégresse, à ainsi lui voler, ces quelques instants chéris, de bien-être et d’oubli (oubli de lui-même et de ses ulcères, des peines constantes et des rêves éphémères). Un peu plus on la presse contre le corps détruit, ignorant l’inconfort que doit être le tronc amaigri ; les bras trop frêles et gelés contre sa peau albâtre, parce qu’on a une envie de proximité que l’on refuse de combattre.

“Oui - oui, t’as bien fait de venir.”

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Message  Sujet: Re: hostage — ((romee))     Lun 21 Mai - 19:11





I wanna be alone ; alone with you - does that make sense? I wanna steal your soul and hide you in my treasure chest

De feuilles d’or sont faites ses empreintes, ses doigts s’exerçant aux chancelements de sa peau figée et à la seule secousse de son attention, pâlie l’entière miséricorde des souvenirs douloureux. Qu’a-t’il de plus à apprendre à son coeur dont il avait fait sa demeure, habitant sa partie achillienne avec plus de mégarde qu’il en aurait fallu. Et la brise d’un espace clos se lève, caresse froidement sa poitrine immobile pour rappel de l’ancien vide qu’il avait laissé ou celui qui ne manquerait pas de revenir. Mais c’est au diable qu’elle offre ces réflexions, bien plus occupée à retrouver celui dont elle voudrait l’entière attention. C’est de cette chaleur qu’elle se rassasie quand la singularité des gestes l’invite sur espace que ses lèvres avaient pour habitude de marquer ; le creux claviculaire – jardin sur lequel elle n’ose poser pas même ses maigres doigts, préjudice d’un amour qu’elle savait faux. Elle est malade de cette parade et s’évade d’effleurements peu nourrissants quand finalement, ça se rompt ;

Laisse-moi en prendre encore plus.

Sortis d’un lumineux sourire, les papillons rouges d’un refoulement peu assumé virevoltent, lorsque ses bras finissent par l’entourer d’une étreinte plantée de sa tête enfouie dans son cou. Et elle croit revenir à la maison, la vagabonde retrouve familier domaine dans un passé qu’elle ne saurait vouloir enfouir. Les effluves de son parfum l'emprisonnement et délicate est la pression qu’elle exerce sur le corps qu’elle ne croyait plus connaître. L’honnêteté perdue pour l’irréalité qu’elle a baptisé comme telle après fuite détruite ; afin d’expliquer, guérir plus rapidement – il n’en voulait plus quand elle aurait chanté toute sa vie « I still want you ».

Il y a cette écoute de ses paroles dans lesquelles elle se plaît à se noyer, sanglant rappel qu’il ne faudrait plus rien espérer, construire sur des vérités intelligibles, non-dites. Pourtant il articule un violent mais incertain qui tranche et file une véracité qu’elle ne voudrait plus croire, parade d’une protection branlante. Et elle s’en détache, l’appel d’air entre deux corps arrachés irrite ses mensonges qu’elle s’était contée, gravant cicatrice précaire à son encéphale fragile. Pourtant l’éclipse se profilant ne saurait recouvrir sourire sincère pour des iris qui se complaisent d’admiration devant ce regard fatigué qu’elle souhaiterait rencontrer tout du long de sa vie sans jamais en devenir malade. Dépendance mal-fichue.

Ah oui? ça s’amuse quand elle devrait s’en contenter ou en fuir, mais elle continue, continue à sourire, à aimer espoir fortuit, je vais rester alors.

Et il lui sourit, il lui ment sûrement, mais elle serait prête à s’en satisfaire pourvu qu’il reste – r e s t e… Effrayée du battement que soudain prend son coeur, illuminé de cette fleur qui lui offre, elle saisit la seule chance cruelle de lui rappeler ce qu’il avait laissé pour embarquer tout ce dont elle lui aurait prié présence. Un rien baigné de tristesse incomprise quand ses doigts se glissent sur le chemin qui mène son épaule à sa pommette taillée un peu plus par la d é p e n d a n c e. Et elle s’apprête à jouer sur les questionnements à l’arrière consonance de rancune lorsque pourtant, elle ne lui voudrait qu’à la seule absence de raison, réponse suffisante. Alors elle plaque ses lèvres sur le haut de sa clavicule et de ses brûlantes morsures singulières qu’elle dépose, elle disperse entre chaque baiser ;

Ça fait.., ses lèvres s’engouffrent dans le creux de que ton os marqué, huit mois.., elles poursuivent sur la ligne de ta carotide dont elles sentent le pouls s’indigner, Ily.., elles mordent la pointe de ta mâchoire tranchante, t’étais passé où..?, elles laissent s’écouler le doux chuchotement sur ton oreille avertie, pour finir par y semer tendres baisers humides.

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Message  Sujet: Re: hostage — ((romee))     Mer 23 Mai - 23:21





I'm scared just as much as my heart flutters, cause destiny keeps getting jealous of us, I'm just as scared as you, when you see me, when you touch me

Et en quelques instants elle invoque le sourire croissant lunaire, dessiné sur le visage et alors solaire ; quand de ses mains expertes elle vient le graver sur son marbre, sa porcelaine de blancheur presque macabre - quand de ses mains expertes elle vient graver le réel, loin des bouffées d’euphories artificielles, et de fausses joies provoquées par quelques substances, par quelques affres d’indécence. Encore et encore virtuose statuaire s’obstine à sculpter la silhouette du bout des doigts, de quelques baisers qui viennent réchauffer le corps de marbre froid - gelé toujours malgré la chaleur ressentie, homme-statue qui ne peut plus dégager de vie ; figé à jamais dans l’expression, d’une seule et unique situation, un seul et unique état d’un garçon que l’on imagine pas faire grand chose, si ce n’est boire et chanter et sourire et s’injecter quelques doses. Et Romee comme Pygmalion aux doigts de fée, vient redonner vie à Galatée ; statue inconsciente qui souhaiterait pourtant la fuir, mais vers le créateur peut pas s’empêcher de revenir, pas en la sachant si près - impossible de lui résister. Alors on laisse ses courbes épouser la dureté de la pierre, sans même broncher se laisse faire ; la laisse nous insuffler un peu plus de vie, celle qui nous fuit tandis qu’on la réclame à grand cris (que l’on fait fuir de nous même sans le vouloir ; à penser qu’on l’appelle ainsi et vraiment y croire). Alors on laisse vibrer le rire dans la pénombre, la laisse envahir un peu plus notre ombre, se vautre sans y penser dans un confort ô ! si familier, comme rentrer chez soi après de longues années ; à se laisser glisser dans sa facilité sans même réfléchir, penser qu’on finira encore par se nuire. Préférer se noyer dans sa présence, pour oublier ce risque de décadence ; et de baisers il embrase le crâne, tandis que les mains profanent, la peau sur laquelle se déposent pléthore gestes tendres - preuves d’un attachement que l’on refuse d’entendre.

Prends-en donc autant que tu veux, ça m’dérange même pas...j’aime bien quand tu m’envahis, Meeni. T’es même une très charmante envahisseuse.

Les mots improvisés charmeurs, font dans les tympans leur demeure ; alors même qu’on les avait jamais invoqués, pas prévu de les prononcer, roulent sur la langue avec tant de naturel, qu’on ne saurait parler autrement à la belle - pas maintenant quand semble si lointain, l’éclat de sa colère et de son orage inopportun ; quand on ne désire que profiter de l’accalmie pourtant éphémère, puisqu’au loin on décelle les nuages annonciateurs de t o n n e r r e. Tae Il qui voudrait se noyer dans ce corps, semble maintenant y déceler véritable trésor - terre promise que l’on touchait du doigt, avant de s’enfuir et de la laisser là ; par peur de sentir que l’on ne pourrait plus s’en passer, la voir compromettre notre si belle l i b e r t é. Quelle liberté ? Liberté de papier mâché ; inventée de toute pièce par la marionnette qui veut pas voir ses fils, pas voir qu’il y en a plus de millle, penser alors que rien ne nous contrôle, quand en réalité on ne fait que tenir un rôle.

Et pourtant avec Romee, le rôle on l’oublie ; comme on s’oublie dans ses bras, à devenir tendre et aimer ça. Vouloir qu’elle reste encore un peu, vouloir jamais la quitter des yeux, vouloir que cet instant reste figé dans la pierre - avant que ce bien-être ne s’évapore dans l’air. Foutues accroches qui veulent pas s’envoler, foutue dépendance qu’on veut pas accepter - qui voudrait pourtant, à nouveau doucement, venir se terrer, dans le palpitant malmené.

Oui...reste. J’suis bien...là, maintenant. À l’instant précis - j’dis pas que j’le serais sur la durée mais pour l’instant. Pour l’instant ta présence est bien trop apaisante.

Trop vouloir préciser que l’instant est éphémère, pour se forcer lui-même à garder les pieds sur terre - se rappeler qu’il est nuisible et qu’elle-même lui nuit, se rappeler qu’il y a des raisons pour lesquelles il a fuit, se rappeler qu’il finira par prendre ses jambes à son cou, avant de finir une nouvelle fois devant elle à genoux.

Doux contraste pourtant insupportable paradoxe installé, entre l’amertume des mots et la douceur des baisers - ceux qu’elle vole de la peau tout le long, à faire venir quelques frissons, lui en faire fermer les yeux, d’un plaisir bienheureux. Tae Il qui raffermit sa prise sur elle, attaque de ses caresses la demoiselle - mains se promenant le long de son épine dorsales, à essayer d’ignorer les questions qui font mal ; respirer et c’est long et compliqué, tenter de penser à une réponse sensée. Pas vouloir expliquer et devoir lui dire, que c’est car il tenait trop à elle qu’il a préféré fuir. Peur des mots et de leur sens, lâcheté qui frôle l’insolence ; et pourtant on ose - inspire avant de lâcher quelque prose.

J’étais là - juste là. J’étais là, tu m’voyais juste pas - peut-être que j’voulais pas que tu m’vois en fait, ouais. Ouais j’avais prévu de passer inaperçu, du moins pour toi mais...t’as réussi à revenir. Quand même.

Pointe de reproche dans les mots chuchotés, quelques murmures qu’il aurait aussi bien pu crier.

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