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Message(#) Sujet: Play with fire — You know Lun 9 Avr - 17:49

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Je laisse ma tête retomber sur l'oreiller, le visage d'abord tourné vers le plafond, résigné pendant une bonne minute à ignorer sa chaleur à lui qui se répand dans mon corps à moi à travers mon bras qui le cale et contre lequel sa joue repose tandis que je maudis Mimi dans toutes les langues que je connais ( et comme c'est pas assez, j'en invente de nouvelles ) pour m'avoir fait un plan pareil. On s'est endormis en étant trois et je me réveille avec lui, elle a de la chance de plus être dans l'appart sinon je lui aurais fait ravaler ses couettes.

Les secondes s'écoulent, mon désir de révolte s'étiole, je fais basculer mon regard vers lui et sans que j'en prenne conscience ma respiration se calque sur la même fréquence que la sienne. Je veux m'enfuir, je veux le retrouver, je veux lui dire que j'ai encore mal, que la douleur me paralyse, qu'elle m'empêche de trancher entre rester ici ou prendre la porte, elle m'ôte tout bon sens. L'aimer c'est comme d'être suspendu dans le vide, le voir, le sentir mais jamais vraiment tomber. Il m'a poussé dedans pourtant mais je tiens bon, trouvant un équilibre bizarre constitué de montées et de descentes brutales sans tout à fait toucher le fond, du moins pas encore. Sa bouche s'entrouvre, sa jambe passe par-dessus ma hanche puis il cesse de bouger, la chaleur me monte à la gorge. « Noam. » Dégage. « Pousse-toi. » Ou je le fais pour toi, t'as pas le droit de me faire subir un truc qui ressemble au nous d'avant et de continuer à m'en priver alors. « Réveille-toi Yang. » Laisse-moi respirer ou c'est toi qui vas tâter du néant dans lequel t'as pas cessé de me bousculer depuis ce fameux 14 février.


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Message(#) Sujet: Re: Play with fire — You know Lun 9 Avr - 18:00

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Depuis quelques temps, Morphée m’a oubliée. Elle passe plus à la maison et depuis deux semaines, c’est comme si elle nous avait banni de son royaume des rêves. Plus personne ne trouve le sommeil ou alors on a juste le temps de fermer les yeux quelques heures avant qu’il soit déjà l’heure de retourner à la réalité. La dernière fois que j’ai pu prétendre dormir, c’était à l’hosto. L’ironie quand on sait que j’ai horreur de cet endroit et que je deviens une bombe à retardement chaque fois que j’y met les pieds. J’ai le palpitant qui s’emballe, des nœuds dans l’estomac, les mains qui tremblent et alerte aux moindres détails. Et pourtant, j’ai dormi. Mais les médocs m’ont fait halluciner. Parce que dans le monde magique où j’ai été plongé, y’avait Yuta. Il souriait comme si rien ne s’était passé, que ça faisait pas déjà presque trois mois qu’on était plus ensemble. Il était encore mon Yuta alors je m’y suis accroché à ces bribes de paradis. A mon réveil, il était là. Mais il n’était plus à moi. Et chaque soir depuis, j’essaie de le retrouver dans mon sommeil fugitif. Au final, je me retrouve comme Mimi, à vouloir fuir dans une réalité plus jolie, plus heureuse pour ne pas être confronté à tout ce qui va pas dans le vrai monde. Sauf que mon utopie me coule entre les doigts comme une rivière de grains de sable ; pendant quelques secondes, j’ai l’illusion de pouvoir la saisir avant qu’elle ne m’échappe.

Mais cette nuit, Morphée m’accorde un répit. Et dans mes songes, Yuta est là. On est dans sa chambre – même après tout ce temps, j’arrive pas à en oublier les détails – je suis dans ses bras. Il me parle mais j’arrive pas à distinguer les sons qui sortent de sa bouche. Je sais juste que j’ai pas envie de me réveiller, que j’ai pas envie de bouger et que j’ai pas envie qu’il s’en aille. Alors je le rapproche encore plus de moi pour l’empêcher de disparaître. « Please babe … ». Je le supplie de rester et dans mes rêves, c’est facile. Y’a pas de cris, pas de mépris. C’est facile de s’aimer à nouveau. Le problème avec les rêves, c’est qu’ils sont fait pour en rester. Et une fois qu’ils se sont en allés, il ne reste plus que la réalité. Qui frappe comme une grande claque. « Réveille-toi Yang ».

Mes paupières s’ouvrent comme si c’était l’effort le plus difficile à fournir. Et quand ma vision n’est plus obstruée par la brume, je le vois, son visage tout prêt du mien. C’est sûrement pour ça que je me recule si vite, manquant de dégringoler du lit (un seul plâtre suffit, merci bien). « Merde désolé, je pensais que … ». Que rien. Je pourrai lui dire que j’ai cru que je dormais sur Mimi mais on sait tous les deux que je mens très mal. J’ai la gorge sèche, encore endolori par le sommeil et ma faculté à parler s’est envolé. Et on se retrouve comme des cons, assis tous les deux au milieu d'un décor que je ne connais que trop bien ; sa chambre. La soirée d'hier me revient et c'est là que l’information remonte. « Elle est où Mimi ? ». Elle aurait quand même pas osé … ?




◊◊◊

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Message(#) Sujet: Re: Play with fire — You know Lun 9 Avr - 18:04

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« Please babe... » Mon cœur se contracte, c'est tout, il fait que se rétracter, se presse contre lui-même jusqu'à s'étouffer tout seul. Babe, c'est Noam qui embrasse mon front ou mes lèvres pour me réveiller et en réponse je me blottis contre lui jusqu'à ce qu'il commence à se faire trop tard et que le réveil de mon téléphone me jette hors du lit. Babe c'est mon nom rien qu'à moi, celui qui transfigure mon visage lorsqu'il sort de sa bouche et qui apaise mes colères les plus fortes, c'est comme un rappel, un : « babe je suis là, je t'aime alors tout va bien. » Pourtant là c'est pas le cas, rien ne va et je suis plus vraiment à lui même si une partie de moi lui appartiendra toujours et l'inverse est réciproque. « Merde désolé, je pensais que … » Il est désolé de s'être assoupi sur un bloc de pierres et non pas sur le corps chaud qui l'enlaçait avant pour lui demander de ne surtout pas se décaler parce qu'il fallait qu'on soit constamment l'un contre l'autre, c'était une autre manière, la nôtre, de respirer. « Elle est où Mimi ?Elle s'est tirée. » Maintenant qu'il est loin, le myocarde se détend mais bat pas comme il devrait, comme quand Noam est là, c'est comme s'il le reconnaissait pas. « Elle m'agace. » Je me mets en position assise, étire mes bras vers le ciel, mon regard s'accroche au sien une fois que mes épaules s'abaissent. « Mimi a dessiné sur ton plâtre, j'ai pas demandé si je pouvais le faire aussi. » Sans me répondre, il ouvre le tiroir de ma boite de nuit, celle où il y'a toujours des feutres ou des stylos, il m'en tend un. « Merci. » Je me tourne pour lui faire face, prenant comme un bourrin son bras cassé, il grimace alors je marmonne une excuse. J'arrache le capuchon à l'aide de mes dents et dessine près des cœurs et des oursons en peluche ( oeuvres de Mimi ) notre constellation. J'ajoute en bas, comme pour faire une signature un petit « Y » composé de petites étoiles. « Je vais prendre ma douche. » Je m'échappe de ce moment, de l'intimité réconfortante qu'il a provoqué. Je sentais ses yeux sur moi, sa respiration rapide qui se rapprochait lorsque je me penchais vers lui pour mieux parachever les traits qui forment désormais « la casserole » sur son plâtre et à nouveau tout se contractait en moi mais d'une façon trop agréable qui requiert une douche froide. Avant d'y aller, je lui prépare du café et lui sors une boite de céréales avec un bol et une cuillère. Comme il n'est pas encore venu souvent ici, je préfère lui préparer son déjeuner même s'il sera capable de mal interpréter ce geste, il la percevra sûrement comme une tentative pour me rapprocher de lui alors que c'est très très très platonique comme action. Très.

En sortant de la douche, déjà habillé, les cheveux humides que je continue de frictionner dans ma serviette, je le vois assis à la table de la cuisine en train d'attaquer son petit déj. « C'est pas nos préférés mais Kaede aime les trucs sains et sans trop de sucre, c'est dégueulasse mais bon. J'ai des gâteaux si tu veux ? » Je sors deux paquets que je lui pose près de son bol avant de tirer une chaise pour m'assoir près de lui. Y'a ce moment gênant où on se contente de manger sans trop savoir quoi se dire, maudite Mimi. Je me racle la gorge en abordant un sujet pas sensible, du genre, pas un de ceux susceptibles de donner à l'un de nous deux envie de passer la porte pour ne plus revenir. « Ils ont dit quoi les médecins pour Robyn ? » Je mâche, mâche puis je sors des rails. « Tu penses toujours que c'est une bonne idée, de pas vouloir te faire opérer ? » Faut croire que c'est plus fort que moi.


◊◊◊

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Message(#) Sujet: Re: Play with fire — You know Lun 9 Avr - 18:10

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« Elle est où Mimi ? Elle s'est tirée ». Ça confirme ce que je pensais, elle nous a laissé là tous les deux, probablement en pensant qu’il suffirait qu’on se réveille dans les bras l’un de l’autre pour tout oublier, tout se pardonner. J’aimerai vraiment Mimi mais c’est pas aussi simple. Surtout depuis la dernière fois où on s’est retrouvés rien que tous les deux. Ma salive tente se faire un chemin jusque dans le fond de ma gorge mais le chemin est compliqué. Compliqué comme cette situation dans laquelle on se retrouve. Je sais qu’il m’en veut, me hait probablement et il a bien raison. J’ai fait le con et je l’ai blessé alors que c’est vraiment la dernière chose que je voulais. Cette après-midi où on devait se retrouver, j’avais pensé à toutes les choses que je mourrai d’envie de lui dire, de me faire pardonner. Et puis y’a eu l’accident, le coma de Robyn et ma tumeur. Et ça a tout changé, tout fait foirer.

« Mimi a dessiné sur ton plâtre, j'ai pas demandé si je pouvais le faire aussi ». Heureusement, Yuta nous trouve une échappatoire par laquelle je plonge la tête la première en allant chercher dans le tiroir de sa table de chevet des feutres. Je lui tends en avançant mon plâtre vers lui mais je suis pas assez proche pour lui alors il me tire vers lui. C’est pas la bonne main, celle dont les os sont pas brisés. Mais c’est vite oublié, la douleur et le malaise quand il est tout près. Et ça me manque terriblement. J’ai le cœur qui hurle de cet espace entre nous alors qu’avant, être « si loin » de l’autre était impensable, ça existait pas entre nous. Ma main trouvait toujours un endroit où se poser ; sur sa nuque, dans ses cheveux, à quelques centimètres de la sienne. J’avais ( ai toujours ) besoin de le sentir à mes côtés, de savoir qu’il est là. Le pire, c’est les nuits que je passe sans lui. Je trouve plus le sommeil, passe des heures à fixer mon écran inerte en me demandant si c’est une bonne idée de lui envoyer ce message. Et je me rétracte comme d’habitude, je fais le lâche et je reste avec mes insomnies et mes cauchemars.

Alors quand je devine sous ses coups de feutre ce qu’il est en train de dessiner, j’ai l’espoir que rien est encore perdu pour toujours. Qu’on peut se retrouver et qu’on puisse reconstruire un nouveau « nous ». Dire qu’il y a quelques jours, c’est moi qui voulais pas, pas tant qu’on avait ces non-dits et notre amertume gangrenant sous la peau. Maintenant, je donnerai tout pour effacer ce que j’ai dit et être avec lui. Pas comme avant. Mieux qu’avant. Il se recule pour observer son dessin et j’ai dû mal à contenir mon sourire. Alors je le fais pas et je le remercie. La casserole, c’est notre promesse muette, notre signe du destin. Et parmi les petits cœurs et les fleurs, sa trace repose comme un nouveau vœu.

« Je vais prendre ma douche ». Je lui réponds un simple ok alors qu’il s’extirpe de la chambre et disparaît derrière la porte. Je reste plusieurs minutes à fixer l’endroit qui l’a avalé jusqu’à ce que le bruit premiers gouttes d’eau retentit, étouffé par les murs auxquels je jette un coup d’œil avant d’aller dans la cuisine. Trois mois, c’est long, ça laisse le temps pour les changements et je reconnais pas grand-chose. Je m’en veux. Pas d’avoir loupé la déco de la cuisine mais des choses importantes qu’avant on se serait empressés de raconter à l’autre. Je soupire et me pose à la table où il a déjà tout préparé. Ça me fait sourire et ne tergiverse pas plus longtemps avant de manger une première cuillerée. Je suis en train de lire le dos du paquet de céréales quand il revient, les cheveux encore dégoulinants. Dans d’autres circonstances, je serai probablement pas resté le cul visé sur la chaise. Mais on est pas dans d’autres circonstances alors je bouge pas et me contente de répondre à son commentaire : « Ça va, ça reste mangeable. C’est pas pire que la bouffe de l’hosto ». Les quelques jours que j’ai passé là-bas m’auront au moins fait retrouver le gout des vraies bonnes choses.

Et de nouveau, le silence s’installe à l’exception du bruit des céréales broyées entre nos dents. Je l’entends soudain qui émet un bruit comme pour casser le malaise même si les questions qu’il me pose ne l’arrangeront en rien. Je prends le temps de finir ma bouche, les yeux rivés sur les écritures du paquet de gâteaux qu’il a sorti juste avant. Je cale mes mains entre mes genoux, je les sens trembler et je veux pas qu’il le remarque. « Ils ont dit d’attendre, qu’on pouvait rien faire d’autre à part, attendre ». Et je déteste ça, de pas pouvoir aider ma sœur, d’être aussi impuissant. Ça me rend dingue. Un rien suffit à me faire sortir de mes gongs, à m’énerver et dans ces moments-là, j’ai envie de tout fracasser. Si mon père m’avait pas retenu la dernière fois, ma guitare ne serait plus qu’un tas de copeaux de bois. « Et la tumeur, les médecins ont dit que c’était pas dangereux si l’opération se faisait pas maintenant. Après tout, elle est là depuis quoi ? un peu plus de cinq ans alors c’est pas en quelques semaines qu’elle va tripler de volume ». C’est ce que les toubibs ont dit. Enfin pas totalement. Mais je préfère ne pas m’étendre là-dessus. Y’a rien de grave. « La seule chose que je comprends pas trop, c’est comment j’ai pas pour pas comprendre avant que c’était là ». Et pourtant, ça pourrit depuis longtemps et je me demande si ça aurait changer quelque chose de le savoir avant, si ça m’aurait changé ou non, si la tumeur avait quelque chose à voir avec les décisions de ces cinq dernières années.




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Message(#) Sujet: Re: Play with fire — You know Lun 9 Avr - 18:10

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« Ils ont dit d’attendre, qu’on pouvait rien faire d’autre à part, attendre. Hmm. » Y'a pas mieux que moi pour réconforter, j'sais. Je manque de cracher mon café quand il me sort : « ... Après tout, elle est là depuis quoi ? un peu plus de cinq ans alors c’est pas en quelques semaines qu’elle va tripler de volume. » Mes doigts se crispent sur la tasse, je la pose sur la table pour ne pas la balancer contre un mur ou lui jeter le contenu encore fumant au visage.  « La seule chose que je comprends pas trop, c’est comment j’ai pas pour pas comprendre avant que c’était là. Peut-être que c'est parce que t'es pas devin ? » Première flèche, il devait s'y attendre. Mon carquois est plein à craquer, j'espère qu'il a un bouclier en béton armé. « C'est pas parce qu'elle est là depuis un demi-siècle que tu dois t'en accommoder, elle te ronge le crâne heure après heure Noam, fais pas comme si c'était pas grave. Tu me fous en rogne, tout ce qui sort de ta bouche me donne envie de t'étriper pour te faire réagir ! T'es un putain d'égoïste, vraiment, ça m'use que tu penses qu'à ta putain de gueule ! » Je me lève, faut que l'énergie circule, n'aille pas que dans mes poings prêts à taper dans la ruche. Je tourne en rond, marmonne, me rassois, refais un tour de l'appartement les poumons plein de rage. « Tu veux quoi à la fin ?! Tu veux claquer ? Me sors pas que t'as peur que l'opération se passe mal, je flippe encore plus que toi. Mais plus tu attends, plus ça risque d'être difficile non ? Je veux juste qu'on te retire ce parasite, je supporte pas l'idée qu'il soit encore là pendant qu'on parle, je... Tu sais quoi, fais ce que tu veux. T'as toujours fais tout ce que tu voulais, comme partir ou me laisser en plan après avoir couché avec moi. » Je fulmine, crache la vérité toute brute, les ressentiments ravalés depuis cette fameuse nuit où j'ai cru naïvement à un « nous » d'avant. C'était parfait, parce qu'on s'est souvent réconciliés comme ça, pourquoi cette fois-ci ça a pas marché ? C'était une punition pour l'avoir plaqué après qu'il m'est poussé à bout un soir où j'étais hors de contrôle ? Je le suis tout le temps quand j'suis une épave, quand toutes les planches de mon navire sont imbibées d'alcool. Il a été stupide, j'ai été pire mais ce qu'il a fait, c'était juste abjecte, jamais je lui aurais fait ça. « J'oublie pas, même si j'en parle pas. Je voulais te ménager avec ce qui est train de te bouffer mais comme tu t'en fiches, je vais faire pareil. Je me suis déjà senti comme une merde, mais là, tu m'as donné envie de mourir. Tu te rends compte ? J'ai pas pu prendre la voiture pour rentrer, parce que y'avait de toi partout alors j'suis allé chez moi à pied et quand j'abordais un passage piéton je restais longtemps au feu sans bouger, m'imaginant sous les roues d'une caisse et je me suis souvenu avoir pensé que je souffrirais beaucoup moins une fois mort alors je traversais lentement la route mais j'ai eu le droit qu'à des coups de klaxons, des injures et beaucoup d'indifférence. Tu m'as fait me sentir comme si j'étais rien alors que t'étais celui qui me donnait l'impression d'être quelqu'un, d'appartenir à quelque chose de grand puis quand t'es parti, t'as tout pris et t'as foutu le feu à ce qui restait. J'suis un tas de rien et j'arrive même pas à pleurer en te disant ça car je l'ai tellement fait que y'a plus rien qui vient, je veux plus jamais verser une putain de larme pour toi alors que tu te fasses ouvrir le crâne ou pas, je m'en fous. » J'expire, inspire comme un noyé qui aurait vidé le liquide qui était en train de l'étouffer. Maintenant j'suis au bord de l'eau, la gorge douloureuse d'avoir trop crié et le corps secoué de spasmes d'avoir trop contenu puis rejeter tout ce qui l'entravait. C'est presque pire maintenant que tout est dehors, parce que je m'imaginais quand le disant ça irait mieux, qu'il culpabiliserait puis serait blessé autant que moi, mais me rendre compte que c'est pas le cas, que ça me soulage pas, ça me désespère. Peut-être que je devrais lui faire pire ? Ou tourner la page. Mais on peut pas oublier quelqu'un comme lui, c'est pas un bout de papier qu'on peut immoler. Alors y'a rien à faire ? Je dois vivre avec cette douleur qui compresse mes os jusqu'à me comprimer moi et n'être qu'un magma de souffrance ? Je les ai au bord des lèvres, ces mots, c'est comme du venin et j'ai pas d'antidote alors ça déborde, même si lorsque ça dégouline de mon menton ma langue est piquée par le mouvement que lui coute d'articuler ces paroles. « Je te déteste de m'avoir dit que tu m'aimais, je te déteste pour tout ce que tu m'as fait subir. Pour les brimades à l'école que j'ai enduré par amour pour toi, pour le rejet de mon père que j'ai affronté pour toi, pour l'absence que j'ai vécu quand t'es parti et le sentiment de creux pas capable d'être comblé après la nuit dans la voiture, je te déteste pour tout ça. »


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Message(#) Sujet: Re: Play with fire — You know Ven 20 Avr - 19:13

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Je voulais juste qu’il comprenne. Pouvoir lui expliquer ce qui m’avait poussé à retarder l’opération. Alors quand il m’a posé ses questions, j’ai cru que c’était le bon moment pour être honnête avec lui sur le sujet et qu’il choisirait de me soutenir plutôt que de m’accabler. Et puis la première déflagration retentit ; le bruit de sa tasse qui claque contre la table. Je relève les yeux vers lui, il fulmine et pour un peu, j’aurai pu voir de la fumée s’évaporer de son crâne. Même s’il venait de sonner l’alerte pour la tempête, j’aurai pas pu prévoir tout ce qui allait être détruit à son passage. Ses mots déferlent comme une pluie torrentielle, le genre qui surprend et qui laisse pas le temps pour se mettre à l’abri, qui vous trempe jusqu’aux os comme si vous veniez de prendre une douche tout habillé. C’est ce qui m’arrive ; je suis pris entre les gouttes dont la chute s’intensifie chaque fois qu’elles ricochent sur le tissu, s’étalent et dégoulinent. Elles s’y accrochent, imbibent le moindre bout de vêtement et quand elles en ont fini, elles s’attaquent à ma peau, se fraient un chemin sur mon visage, dévalent mes joues, mon menton et grignotent toutes les parcelles possibles. Elles n’épargnent aucun millimètre de ma chair, dégoulinent le long de ma nuque, laissant dans leur sillon des morsures qui marquent mon épiderme. Et à ça s’ajoute le froid glacial, le poids écrasant de mes vêtements trempés qui rend difficile la traque d’un oxygène en fuite.

Et je reste là, mes yeux perdus dans les siens. Mais il ne me voit plus. Le déluge l’en empêche, entrave sa vision alors que le flot se déverse encore. Et encore. Et moi j’observe les flaques se former à mes pieds, l’eau prendre possession de ce qu’elle avait jusqu’à lors épargné. Et bientôt, elle nous avalera. Grignotera tout ce qu’elle pourra avant de nous emporter au loin, à la dérive. Mes lèvres s’ouvrent puis se rejoignent aussitôt, avortant chaque tentative de parole dans un souffle fébrile, inexistant. Qu’est-ce que je pourrai bien lui dire qui pourrait retirer tout ça de sa tête ? Il a raison, je suis qu’un minable. Je l’ai fait souffrir alors que je m’étais toujours juré que ça n’arriverait jamais. Mais il m’accule dos au mur, comme un condamné qu’on s’apprête à fusiller. Et comme la pluie qui s’abat toujours sur nous, ces mots se logent se logent sous ma poitrine pour viser l’objet de son malheur. Pas d’hésitation, elles savent où aller, où appuyer pour laisser des marques indélébiles sur les murs fissurés dont j’ai colmaté les escarres avec ce qu’il me restait. Les perles aqueuses en suivent le chemin et rongent ce qui servait encore à tout tenir à sa place. Mais au final, plus rien ne l’est depuis longtemps. Depuis qu’il est parti. Depuis que je suis devenu la personne qu’il déteste le plus au monde, celui qui lui pourri la vie et qui lui donne envie d’en finir. Où sont passés les « je t’aime » et les « je serai toujours là pour toi » ? Les baisers du réveil et du sommeil ? Les étreintes amoureuses et les embrassades apaisantes ? Où est-ce qu’on s’est perdus, que ce « nous » intoxique ses veines d’un point mortel ? Je suis devenu un monstre.

« Je te déteste de m'avoir dit que tu m'aimais, je te déteste pour tout ce que tu m'as fait subir. Pour les brimades à l'école que j'ai enduré par amour pour toi, pour le rejet de mon père que j'ai affronté pour toi, pour l'absence que j'ai vécu quand t'es parti et le sentiment de creux pas capable d'être comblé après la nuit dans la voiture, je te déteste pour tout ça ». La pluie s’est arrêtée de tomber et je constate les dégâts qu’elle lui a infligé ; sa respiration souffrante, son corps qui tremble de colère ou soudain soulagé d’avoir évacué ce qui le ronge depuis des semaines, des mois ou même des années. Et son regard, c’est comme une droite en plein le bide, ça retourne mes entrailles, les comprime alors que tout s’affole sous ma cage thoracique. Et dans ma tête, j’ai l’impression d’entendre la tumeur se moquer, me dire « tout ça, tu l’as mérité, c’est bien fait ». Et c’est probablement ça qui me fait détaler jusqu’aux toilettes pour m’y enfermer et vider tout ce qui se trouve dans mon estomac. Ça s’arrête pas, pas même quand il reste que de la bile à régurgiter et que j’ai l’impression de suffoquer, d’avoir la trachée qui se dissout. Mais c’est plus la soudaine nausée qui me soulève le cœur, ce sont les sanglots qui ont suivi dans la course. C’est le choc, le traumatisme comme avait dit les médecins.

« Je te déteste ». Et je contrôle plus rien, tout s’échappe alors que jusqu’ici, j’avais tout gardé. La peur qui me bouffe chaque matin quand je me lève, l’inquiétude que Robyn ne se réveille jamais, les sanglots de Maman qu’elle étouffe contre son oreiller quand elle pense que personne ne l’entend, les regards paniqués de Leo et d’Ingrid, qui me supplient de me faire retirer ce truc de ma tête. Pas toi aussi qu’ils m’implorent. Le bonheur déchu de ne plus avoir Yuta à mes côtés, qu’il soit plus là pour m’épauler et me dire que tout ira bien. Il était pas là pour me le dire alors je l’ai fait tout seul, je me le suis répété tel un disque rayé que tout allait s’arranger. Mais c’est trop tard. Et les pleurs ne s’arrêtent plus, la machine est cassée. Et la peur elle en profite, elle revient s’assoir à côté de moi, m’envelopper dans ses bras alors que je crèverai pour les siens, ceux qui avaient le pouvoir de me faire tout oublier. Mais je suis plus rien pour lui maintenant. Qu’un connard qui l'a détruit. Alors je mérite tout ça, de chialer comme un môme dans les chiottes, d’avoir le cœur réduit en pièces et de le laisser à ses pieds.

Les minutes passent, suffisamment pour que j’arrive à me calmer, la gorge douloureuse et le sang tambourinant contre mon crâne, la poitrine comprimée. J’ai mal. Tellement mal.

J’attrape un bout de papiers pour m’essuyer la bouche et faire disparaître les traces de mon carnage d’une pression sur le bouton. Mes jambes me redressent, elles décident d’elles même parce que moi je sais plus ce que je dois faire. Alors je les laisse me guider, enclenchant le pilote automatique. Le clic du verrou brise ce silence retrouvé et quand je sors, mes yeux restent rivés sur le sol. J’ai pas le courage de l’affronter. D’entendre à nouveau qu’il préférerait que je crève plutôt que d’avoir à passer une minute de plus avec moi. Alors je vais faire ce qu’il veut et disparaître de sa vue, de son appart et de sa vie. Dans la chambre, je ramasse mes affaires, enfile mes vêtements chiffonnés et m’apprête à ramasser mon sac quand au milieu de ma course, je m'arrête. J'abandonne mon pull sur le rebord de son lit et les doigts tremblants, je vais rejoindre Yuta dans la cuisine. La table nous sépare, nous impose une limite qui aujourd’hui, lui semble vitale pour exister. Je m’interdis de la franchir, de rester à la place qu’il m’a désormais attribué ; loin de lui.

« Pourquoi tu m’as embrassé ce jour alors ? Quand je t’ai avoué ce que je ressentais pour toi ? ». Ma voix s’arrache contre des épines, ne parvient qu’à s’échapper dans un murmure douloureux. « Juste avant de te le dire, j’étais mort de trouille. J’avais aucune idée de s’il t’allait me dire que c’était réciproque ou si ça allait être la fin de notre amitié. Mais tu sais ce que je me suis dit ? Que ça valait la peine d’essayer. Parce que si y’avait même une infime chance que tu ressentes la même chance, alors ça valait la peine. J’pouvais plus continuer de faire semblant et je préférais ne pas t’avoir que de t’avoir simplement à moitié ». Je sens un sourire naître sur mes lèvres mais il retombe tout aussi vite. « J’étais mort de trouille ce jour-là. Et les jours d’après. Ceux où j’étais que le simple ami, que je devais calculer chaque geste pour que personne ne comprenne ce qui se passait vraiment entre nous. J’avais la boule au ventre chaque jour parce qu’à tout moment, ça pouvait s’effondrer. Mais je t’ai rien dit. Je te l’ai pas dit non plus mais tu m’as fait du mal ». J’inspire autant que mes poumons en feu me le permettent avant de reprendre. « J’avais l’impression d’être un pestiféré, que d’être à côté de moi quand on était avec nos potes, ça te brûlait et que t’avais honte. Honte de moi, honte de nous, de ce que tu ressentais. Mais je t’aimais tellement que c’était pas grave. Que je pouvais endurer tes regards, tes rejets si c’était pour que tu me reviennes quand on était que tous les deux. Ça en valait la peine. Et puis y’a eu ce jour où Mimi nous a trouvé. Tu t’es demandé ce que j’ai ressenti quand tu m’as littéralement jeté par terre et que t’es parti après elle ? Que tu m’as planté là après m’avoir dit que tu me détestais ? ». Je relève la tête vers lui, mes prunelles cherchant les siennes. « Tu m’as crevé le cœur Yuta ». Je ravale la bile qui remonte, qui veut de nouveau s’inviter à la fête mais je me retiens de courir à nouveau pour tout recracher. « Et oui je suis parti mais tu m’as pas retenu. Un mot de toi et je serai resté ». Je pensais avoir digéré tout ça, lui avoir pardonné mais depuis notre rupture, la plaie saigne et s’infecte. « Je serai resté si tu m’avais montré que j’en valais la peine. Et tu l’as pas fait. Alors que j'ai toujours pensé que quoi qu'il nous arriverait, que ça valait la peine de se battre. ».

Les larmes remontent et j’ai pas envie de craquer. Mes dents s’agrippent à mes lèvres. « J’ai pas de raisons, pas d’excuses acceptables pour ce que je t’ai fait cette nuit-là. Et je pourrai t’en inventer, dire que je voulais te faire souffrir, que tu comprennes ce que tu m’avais fait y’a deux ans. Mais ce serait qu’un énorme mensonge. Mais … j’ai eu peur que ça aille trop vite, qu’on se remette ensemble, qu’on fasse semblant de se pardonner, semblant de s’aimer comme avant pour qu’au final, ça nous détruise pour toujours. Ça pardonne pas ce que j’ai fait, ça pardonne pas ce que je t’ai dit mais c’est ce que j’ai ressenti. J’ai eu peur de te perdre pour toujours. Mais je me rends compte que c’est déjà trop tard, non ? ». J’essaie de sourire mais ça ne fait que briser les dernières barrières que je tentais de faire encore tenir debout. « Alors traite moi de lâche ou de ce que tu veux mais ça changera rien au fait que oui putain, j’ai la trouille, je suis mort de peur. Si toi t'as peur pour moi, tu peux comprendre que moi aussi, j'ai peur putain ?! ». Les derniers mots s’échappent comme un aveu mais j’en peux plus de faire comme si j’étais fort. Parce que je le suis pas. « J’suis terrorisé à l’idée qu’on m’ouvre le crâne en deux, que l’opération se passe mal, que je me réveille pas ou que j’sois plus qu’un légume, que ça détraque un truc. J’ai peur chaque fois que mon téléphone sonne, qu’on m’annonce que Robyn reviendra jamais ». Et je retiens plus rien, les sanglots me prennent. « Je suis vraiment désolé Yuta. De t’avoir fait souffrir, de t’avoir laissé ». J’espère que tu comprendras que j’ai jamais voulu te faire du mal. « Je t’aime tellement, pardon ». Pardonne moi.




◊◊◊

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Message(#) Sujet: Re: Play with fire — You know Mar 12 Juin - 14:08

Play with fire



J'hallucine en le voyant se lever pour se réfugier dans la salle de bains, c'est pire quand je l'entends recracher son estomac puis tirer la chasse pour couvrir ses sanglots et que je le sens dans mon dos marcher d'un pas assuré en direction de ma chambre sans m'accorder un regard pour prendre ses affaires et disparaître à nouveau. Pendant tout son petit manège, je ne pense pas, c'est le vide. Les doigts et l'avant-bras trempés à cause des éclaboussures du café que j'ai presque éclaté sur le table dans un excès de rage. Je me dirige jusqu'au lavabo pour me rincer, me retournant au son de sa voix. J'ai tellement un brouillard de haine à la place de pensées lucides, que la seule réplique que j'ai envie de lui servir c'est : « bah alors, on n'est pas déjà parti ? » ou « qu'est-ce que tu fous encore là ? je t'ai pas assez rendu malade ? » Littéralement, on se déteste tellement qu'on fait vomir l'autre de rancoeur ou comment ça se passe ? « Pourquoi tu m’as embrassé ce jour alors ? Quand je t’ai avoué ce que je ressentais pour toi ? » Je sers violemment le torchon que j'ai entre les mains, celui avec lequel j'essuyais ma peau avant d'articuler douloureusement, la mâchoire comme en panne. Elle veut que je la ferme, parsème ses obstacles pour que j'arrête de dire des trucs que je regretterai une fois qu'il aura disparu de ma vie mais j'suis obligé d'extérioriser. J'ai l'impression que si je le fais pas je vais exploser de l'intérieur et me remettre à pleurer comme il y'a quelques semaines et je me refuse à le faire devant lui. J'ai arrêté, j'étais guéri des larmes, de lui, c'est terminé tout ça. Je souffrirai plus une seconde de plus par sa faute. « Je crois que j'ai mal entendu là ? Tu me demandes pourquoi je t'ai embrassé après que tu m'aies dit que tu m'aimais ? C'est une vraie question ? Attends, attends, je la digère deux secondes et ensuite je te réponds. Parce que si je prends pas le temps de l'avaler, moi aussi j'vais craquer ok ? » Je tremble, même ma respiration tient pas en place, on dirait qu'il y'a un courant d'air dans ma gorge qui ébranle tout ce qui en ressort. Il me faut une bonne minute pour reprendre un minimum de calme. « À tes yeux je suis tellement une pourriture que tu me crois capable d'avoir fait de ce moment précieux, un truc totalement faux ? C'est l'une des plus belles choses qui me soit arrivé, l'un des derniers trucs potables que j'ai gardé en mémoire de nous, c'était du bonheur et tu viens d'en faire un cauchemar. J'ai pas toujours agis comme il le fallait avec toi mais venir m'accuser, moi, de t'avoir menti tout ce temps sur mes sentiments juste pour le plaisir de te faire souffrir et nous rendre malade comme aujourd'hui, c'est presque aussi pire que de m'avoir utilisé puis jeter dans la voiture en précisant après que ça signifiait rien. » Je m'appuie contre le plan de travail derrière moi à deux mains, pour pas tomber plus bas. « … J’avais l’impression d’être un pestiféré, que d’être à côté de moi quand on était avec nos potes, ça te brûlait et que t’avais honte. Honte de moi, honte de nous, de ce que tu ressentais. Mais je t’aimais tellement que c’était pas grave. Que je pouvais endurer tes regards, tes rejets si c’était pour que tu me reviennes quand on était que tous les deux. Ça en valait la peine. Et puis y’a eu ce jour où Mimi nous a trouvé. Tu t’es demandé ce que j’ai ressenti quand tu m’as littéralement jeté par terre et que t’es parti après elle ? Que tu m’as planté là après m’avoir dit que tu me détestais ? » Je crois que le soutient du meuble suffira pas. Je tire une chaise, coudes vissés sur la table, mes paumes pour œillères contre mes paupières, dos courbé, prêt à craquer sous le poids des invectives qui le fustigent. « Tu m’as crevé le cœur Yuta. » De longues trainées aqueuses et chaudes dégoulinent le long de mes poignets, à croire que j'aurais toujours des larmes en stock. Y'a pas de limitation aux affres qu'on traverse, pourquoi y'en aurait pour mes pleurs ?  « Je serai resté si tu m’avais montré que j’en valais la peine. Et tu l’as pas fait. » Il continue de parler mais de ses torts à lui cette fois, il dit « c'est trop tard ? » en parlant de nous deux et sa question a un goût de bile, elle sonne réthorique dans sa bouche. Son « c'est trop tard ? » c'est un « c'est terminé entre nous. » avec un bon point qu'on conteste pas. Il remet à plat son histoire avec sa tumeur, sa sœur et il conclut par « Je t'aime tellement. » qui avec tout ce qui a été dit passe un peu à la trappe, ça fait guise de pansement. Genre « m'en veux pas, on doit se laisser mais je t'aime tu sais. » si tu m'aimais, j'aurais pas un séisme dans le corps ni dans la tête. T'es un foutu tremblement de Terre, ça ferait moins mal d'avaler un bol de verre brisés que de devoir t'écouter me dire que tu m'aimes malgré tout ce que je t'ai fait et qu'on peut continuer à être comme avant, avant ta déclaration et tout le reste. Un « nous » platonique, je sais pas si je pourrais vivre avec.
Je sors de table en soufflant un « désolé » pour t'avoir écoeuré au point que tu vides ta haine dans les toilettes, pour t'avoir « briser le coeur » et pour t'avoir donné l'impression que ce qu'on a vécu comptait pas pour moi et que je méritais pas plus que d'être un pote qu'on baise et qu'on jette après. D.É.S.O.L.É. Ok ? Désolé.

Je tire les rideaux pour être dans le noir complet, me réfugie sous la couette et suffoque un peu entre deux gros sanglots. Une porte se ferme, je sais que c'est celle de ma chambre et je sais aussi que Noam est dans la pièce. Il me faut un moment avant de tirer un bout de la couette pour l'inviter lui aussi à se cacher en-dessus. Quand il se retrouve juste à côté de moi, dans cette obscurité étouffante où j'arrive à peine à discerner sa silhouette, la peine s'accroit et je ne peux que la laisser sortir. Ça dévale le long de mes joues, affecte mon être pris de saccades qui ne trouve qu'apaisement dans ses bras dans lesquels le non-rejet me rassérène autant qu'il me déconcerte. Je m'agrippe à lui, de peur qu'il change d'avis et très vite ma respiration cassée est bercée par sa présence lénitive, sans compter son odeur familière. Celle de sa sueur, du tabac et du parfum imprégné dans les fibres de son t-shirt, celui qu'il n'a pas changé depuis hier. Je me raccroche à cette étreinte désespérément, comme Mimi serrerait contre sa poitrine un sachet de pilules où il n'y'aurait qu'une seule rescapée. Le reste de moi-même se met en berne jusqu'à m'assoupir contre lui. Une demi-heure s'achève entre celui où mes yeux se sont clos et celui où ils s'ouvrent, joue comprimée contre son torse et bras en travers de son corps. Sa main à lui se balade dans mes cheveux, son geste s'interrompt quand ma voix ensommeillée lui susurre. « Fais ce que tu veux pour l'opération, je te soutiendrais quoi que tu décides. » Je frotte ma joue contre son buste, comme j'avais l'habitude de le faire avant, quand je me sentais bien contre lui et que c'était pas bizarre entre nous, comme si on n'était pas deux parenthèses avec un tas de points d'interrogations dedans. « J'ai pas envie de reparler de tout à l'heure, je peux pas te dire « on oublie » parce que je pourrais pas et toi à l'évidence t'as pas oublié non plus même si je me suis beaucoup excusé et que je sais, crois-moi, je sais à quel point j'ai été égoïste et cruel de t'avoir fait vivre tout ça mais je peux pas remontrer le temps alors tout ce que je peux te dire c'est : pardon. J'ignore où est-ce qu'on en est toi et moi, je sais pas non plus ce que tu veux pour nous. Pour le moment je propose qu'on soit juste amis et qu'on voit plus tard si on peut dépasser tout ce qu'on a fait vivre à l'autre. Là je peux pas, la douleur est trop vive et je sais même pas si toi tu voudrais encore de moi. Le mieux, c'est de nous réparer chacun de notre côté avant d'essayer à nouveau. Mais évidemment, que si t'en as envie. Tu peux aussi me dire que tu veux plus, je comprendrais. » Je comprendrais c'est sûr mais je peux pas te promettre que je saurais vivre une vie sans toi ou pire, vivre avec seulement une moitié de toi.


◊◊◊

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Message(#) Sujet: Re: Play with fire — You know Jeu 14 Juin - 18:21

Play with fire



C’était sûrement une tentative désespérée de lui faire comprendre que j’avais pas perdu espoir, que personne n’avait pris sa place et que personne n’en serait capable. C’est lui et pas un autre. Et si c’est pas lui, alors cette place elle resterait vide, je la scellerai jusqu’à ce qu’il veuille y revenir, qu’il accepte de reprendre la clé qui lui revient. Y’a personne d’autre que lui, ce sera toujours lui. Et pourtant, chaque mot que j’essaie d’utiliser pour lui dire résonne bizarrement, tout sort inversé mais je suis lancé et j’arrive plus à arrêter le mécanisme. Je sais même plus ce que je lui raconte, c’est pas moi qui parle, j’peux pas être aussi con. Je peux pas être celui qui le met dans des états pareils, qui lui insuffle autant de colère, autant de haine, autant de tristesse. C’est pas le Noam qu’il aime, qui lui a toujours promis d’être là quoi qu’il arrive et de ne jamais être la cause de ses souffrances et de ses larmes. Lui et moi, on peut pas être la même personne. Mais c’est bien beau de rejeter la faute sur un double imaginaire.

Et je cherche pourquoi on en est arrivés là et la nuit de ce réveillon se rejoue devant mes yeux rougis. Je revois sa démarche titubante, je sens son corps frissonnant contre le mien alors que mes bras viennent l’encercler. Et y’a eu cette interrogation, le fruit de soupçons, de peurs infondées qui ont dégoupillés la grenade qui a tout fait exploser. J’ai osé lui demander s’il me trompait. Et pour la première fois, j’ai douté de son amour. J’ai hésité sur ses déclarations, ses gestes d’amour, sur les nuits qu’on passait ensemble avec toujours cette idée en tête qu’il y avait quelqu’un d’autre ; quelqu’un de mieux, quelqu’un qui n’était pas moi. Je pouvais pas imaginer un seul instant que le secret de Mimi était à l’origine de tous ces murmures, ces regards perdus. Je pouvais pas imaginer qu’il pourrait me le cacher, à moi. Qu’il n'était pas venu m’en parler parce qu’on s’était toujours tout dit, mêmes pour les autres. Alors pourquoi ça, il avait pas pu me le confier.

Voilà pourquoi on en est là. Parce que je lui ai pas laissé le bénéfice du doute, qu’au lieu de lui demander « qu’est-ce qui se passe avec Mimi ? », j’avais rejeté toute la faute sur lui. Et avant que j’aie le temps de rattraper mes conneries, on s’y était enlisés trop loin pour s’en sortir juste avec des pardons et des je t'aime. Il trouve refuge entre ses mains, barrant sa vision de mon chemin. Dis, tu me détestes à ce point ? La question se perd sur le bout de mes lèvres, se mure dans un sanglot étranglé. Il se lève, sans m’adresser le moindre regard et se réfugie dans sa chambre. Le bruit des rideaux tinte au loin, me suffit pour le rejoindre dans la pénombre qu’il a créé. Sa silhouette se dessine sous la couette et je reste interdit, le dos collé à la porte refermée. Dis, tu me détestes vraiment ? Dis moi que j’ai pas usé jusqu’à la dernière goutte d’amour que t’avais pour moi. Dis moi qu’il te reste de la place pour moi, même la plus infime, j’accepterai de m’y mettre, aussi petit que t’aies envie que je me fasse. Dis moi que j’ai pas tout détruit et qu’on pourra se reconstruire. Dis moi que tu me laisses une chance de te montrer qu’on peut être heureux tous les deux et que t’auras plus jamais à douter de moi, ni de tout ce que je serai capable de faire pour toi.

Mes yeux s’accommodent à l’obscurité, j’en oublie mes angoisses de gamin, repense à toutes les nuits qu’il a passé à me rassurer, à rendre tout plus supportable, plus vivable. Sans lui, ma vie est un calvaire. Mais j’ai pas le droit de me plaindre pour ça, je suis le seul fautif pour mes nuits de solitude et d’insomnie. Son oreiller, celui sur lequel il dormait toujours quand il partageait mon lit, a commencé à perdre de son odeur, de ce pouvoir magique qu’il avait contre mes démons nocturnes. Tout va de travers. Alors j’attends. Je sais pas vraiment quoi, un signe, un mot ; mais j’attends. Et y’a cet espoir soudainement retrouvé dans le mouvement de la couette, qui me regonfle le cœur. Je me précipite sous les draps avec lui et quand son visage s’engouffre contre mon cou, que ses larmes ricochent sur mes clavicules, mes bras le retrouvent, le serrent contre moi comme je n’avais pu le faire depuis trop longtemps. Et à nouveau, y’a mon palpitant qui chante, s’emballe peut-être trop vite quand son corps retrouve le mien. Ma main se perd dans ses cheveux, cherche à l’apaiser même si je ne suis probablement autorisé à le faire. Tant pis. Juste pour cette fois, laisse-moi être là pour toi. Et sa respiration s’apaise, s’adoucit et je comprends qu’il s’est endormi. Et ça me fait sourire, un peu, en me rappelant la façon dont on s’est réveillés ce matin. Ça devrait être comme ça, à chaque réveil, chaque fois que la nuit tombe. Ça devrait pas être autrement. On est pas fait pour être loin de l’autre, l’un sans l’autre. Quand il s’en va, y’a une toujours une moitié de moi qui s’échappe avec lui, qui refuse de ne pas être près de lui. De ne pas être à lui. Si je suis pas à toi, je suis quoi ?

Je m’égare sur le plafond de sa chambre, totalement vierge. Est-ce qu’il a récupéré les étoiles de sa chambre ? J’aimerai pouvoir lui écrire tout ce que je pense sur cette toile blanche mais j’aurai probablement pas assez d’étoiles phosphorescentes pour tout lui dire. Je veux qu’on retrouve ces trucs qu’on faisait rien que tous les deux, comme quand il m’expliquait la signification de chaque constellation et que j’étais plus intéressé par lui que ce pour quoi son doigt s’agitait à me montrer. Comme quand ma main se refermait dans le vide mais qu’en réalité, j’imaginais la sienne s’entrelacer avec la mienne. Comme quand il calait sa respiration à la mienne et qu’il pensait que je le savais pas alors j’en jouais, changeant le rythme et quand il le réalisait, j’avais le droit à un coup d’oreiller dans la tête. Ce sont des petites choses qui n’appartenaient qu’à nous, comme les CDs gravés pour se communiquer des choses qu’on osait pas trop se dire ou les petits dessins sur le coin de ses cahiers.

Je le sens bouger, il me ramène à la réalité un peu moins édulcorée, un peu moins nous. « Fais ce que tu veux pour l'opération, je te soutiendrais quoi que tu décides ». Je reste silencieux, seule ma respiration me trahie par la nouvelle impulsion qu’elle revête – plus rapide, plus déstructurée. « Merci ... » que j’arrive finalement à lui répondre. Puis il me dit qu’il veut pas reparler de tout à l’heure même s’il peut pas oublier tout ce qui s’est dit, le mal qui le ronge et qui nous empêche de mettre un pied devant l’autre sans avoir l’impression de marcher sur une corde tremblante. Il s’excuse à nouveau et moi c’est la culpabilité qui me ronge parce que je l’ai obligé à le faire alors qu’il a raison, il a déjà fait par le passé. Il m’avoue alors qu’il sait pas où on se trouve lui et moi, qu’il ignore où je souhaite aller et si le chemin qu’on empruntera sera le même ou même si j’en ai envie mais que redevenir amis serait un bon moyen de faire une trêve, de penser à signer l’armistice. Et je suis égoïste parce que je veux pas être son ami, je veux pas juste être ce pote qu’on invite à boire un coup parce que tous les autres sont occupés. Mais pour lui, j’ai dit oui. « J’en ai envie. Enfin non, pas vraiment. Je veux pas juste être ton ami, je veux qu’on redevienne un couple, un tout. Mais pas comme avant. Mieux qu’avant, plus fort qu’avant. Mais je comprends que maintenant, c’est trop tôt alors d’accord. Mais je peux pas te promettre de réussir à juste être ton ami ». Je pourrai pas, je le sais et lui aussi. C’est trop ce qu’il y a entre nous pour qu’on soit relayés au simple titre de potes. On l’a jamais été, nous deux ça a été comme une évidence dès le début, dès la première fois qu’on s’est vus. Il a toujours été mon meilleur ami alors je peux pas juste être son ami. « Et aussi … pardon. Pour tout. Je sais qu’il en faudra beaucoup plus pour que tout aille bien entre nous, que tu me fasses confiance à nouveau mais j’attendrais le temps qu’il faudra. Je te le promets ». Crois-moi, je la tiendrais celle-ci. Je te le jure. « Et j’ai aussi très envie de te serrer plus fort contre moi. Et de t’embrasser. Mais c’est pas vraiment le bon moment alors pour ça, je patienterai ». Il relève la tête vers moi comme pour me sonder et voir si je lui dis pas ça pour plaisanter. « Non vraiment. Après mon passage dans la salle de bain, je préfère éviter même si j’en meurs vraiment d’envie ». Et cette fois, c’est pas pour dire que ça signifiait rien pour moi. Parce que quand c’est toi, tout importe, tout compte. Et notre dernière fois aussi même si mes paroles t’ont fait comprendre le contraire. T’as toujours compté pour moi, plus que je ne te l’ai fait croire mais pour toi, je donnerai tout.




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Message(#) Sujet: Re: Play with fire — You know Sam 23 Juin - 23:36

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« J’en ai envie. Enfin non, pas vraiment. Je veux pas juste être ton ami, je veux qu’on redevienne un couple, un tout. Mais pas comme avant. Mieux qu’avant, plus fort qu’avant. Mais je comprends que maintenant, c’est trop tôt alors d’accord. Mais je peux pas te promettre de réussir à juste être ton ami. » Je m'affaisse un peu plus contre lui, comme s'il était un sable mouvant, le seul dont je ne voudrais jamais me dépêtrer. J'ai le palpitant en ébullition, il gargouille de bonheur dans ma poitrine et je flippe à l'idée qu'il l'entende. Si je peux, lui aussi non ? J'ai la phobie d'être lu, peur qu'il découvre entre mes lignes à quel point il a du pouvoir et à quel point moi, j'en ai si peu. J'esquisse un  premier geste pour me tirer du sable qui m'a englouti mais sa main est toujours dans mes cheveux et maintenant il joue avec quelques unes de mes mèches, les passant entre ses doigts graciles d'artiste qui ont déjà peint sur la toile de ma peau, œuvre qui s'est vite dissoute dans l'eau de la douche. Ça a coloré l'eau de toutes les couleurs, je me souviens en avoir souri jusqu'en en avoir la mâchoire douloureuse. Pour conclure il m'a eu, tellement weak.
« Et aussi … pardon. Pour tout. » J'aimerais l'arrêter, lui dire que quelque part je mérite ce qu'il m'a fait. Il avait craint comme moi maintenant d'aller trop vite et céder à l'envie de nous retrouver trop rapidement ça n'a pas beaucoup fonctionné par le passé la preuve en image. Si on était une de ses peintures on s'intitulerait probablement : l'échec. Donc je comprends mais ça ne m'empêche pas de penser comme lui avant, que si on se dit oui tout de suite sans réparer ce qui cloche chez nous on va encore se déliter et je ferai plus de nous un crashtest passionné voué à s'éclater contre un mur alors on prendra notre temps même s'il a le don de me rendre irritable sur ce point. Pour lui je suis un gosse imbuvable qui aboie « il est à moi » dès qu'on se penche d'un peu trop près. En même temps j'ai jamais été très partageur et il sait, comme je sais, que peu importe les ruptures on a toujours appartenu à l'autre. J'ai pas cessé une seule seconde de ne plus être sien. « Je sais qu’il en faudra beaucoup plus pour que tout aille bien entre nous, que tu me fasses confiance à nouveau mais j’attendrais le temps qu’il faudra. Je te le promets. » Je me réfugie dans cette promesse comme dans des bras protecteurs que je ne voudrais plus lâcher. Il a promis, il a dit qu'on n'était pas une ruine. La façade est un peu abimée mais c'est réparable. Nous, c'est réparable. « Et j’ai aussi très envie de te serrer plus fort contre moi. Et de t’embrasser. Mais c’est pas vraiment le bon moment alors pour ça, je patienterai. » Je pouffe de rire ( mélange d'euphorie extraterrestre et d'embarras ) m'élevant ensuite sur mes coudes mais juste de quoi le surplomber pour jauger le niveau de sincérité dans sa pointe d'humour. Il comprend que j'essaie de déchiffrer alors il précipite ces dernières paroles. « Non vraiment. Après mon passage dans la salle de bain, je préfère éviter même si j’en meurs vraiment d’envie. » J'effleure sa pommette de la pointe de mon nez avant de me soustraire à lui, pieds hors du lit. Je l'attire contre moi par son bras valide pour le guider jusqu'à la salle de bains. J'ouvre un placard, en sors un bain de bouche et lui fourre le tout dans la main. « Comme ça t'auras plus d'excuse. » Il s'exécute avec une hâte telle qu'il manque de s'en étouffer. Je croise les bras, m'adosse au mur en me retenant violemment de ne pas rouler les yeux dans mes orbites pour contrebalancer mes deux commissures traitres qui s'étirent à n'en plus finir. « C'est bon ? » Il opine vivement, ça aggrave mon cas, le taux de niaiserie est tellement haut que si je me voyais j'aurais probablement envie de me gifler. J'approche le premier, il fait l'autre pas, on se perd dans notre contemplation maladroite et amoureuse, celle qui ressemble à notre première fois. Sourire qui en chasse un autre ( je crois qu'on est maudit, ça ne s'arrête plus ) nos lippes s'effleurent marquées par cette joie définitivement indélébile. Au fur et à mesure les demi-lunes charnues se détendent, moins euphoriques elles s'animent désormais avec sérieux parce que le besoin viscéral d'intensité domine le reste. Nos souffles subissent une vague de fléau, ils font une course qu'on commence à avoir du mal à suivre. Mes doigts trouvent sa nuque pendant que ceux de ma main gauche s'arriment sur sa hanche, broie le tissu qui la couvre. Entre deux baisers je lui demande, la voix secouée par ma respiration déstructurée. « Et si on... On mettait tout sur pause ? Parce que j'ai très envie de toi. » Mon regard fiévreux, ma façon de le toucher et tous les autres signaux qui m'expose il les connait, à quoi bon feindre l'indifférence. « On pourrait aller jusqu'à une certaine limite et ensuite s'arrêter ? Mais à la fin tu pars pas, moi non plus. Ensuite on passe la journée ensemble, d'accord ? » Supplication aux consonances de S.O.S. Mes phalanges se resserrent, message subliminal : « pars pas. pars plus. »


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Message(#) Sujet: Re: Play with fire — You know Lun 25 Juin - 11:02

Play with fire



Les promesses, elles sont pas éternelles. Un rien peut les rompre, les faire voler en éclat. C’est pas une formule magique qui peut nous sauver chaque fois que le bateau tangue un peu trop, que ça part en vrille. Ça a jamais marché pour nous. Celles de rester, de tout se dire ont probablement étaient nos pires mensonges. Comme se dire « t’en fais pas, y’a rien » ou « ça ira ». On a bâti notre relation sur ces bases vacillantes alors peut-être qu’on était destinés à se casser la gueule, à ce que tout s’écroule aussi facilement qu’un château de cartes en pleine tornade. Mais on sait tous les deux que c’est pas la fin, pas la nôtre. On commence tout juste un nouveau volume de notre histoire.

Y’aura des ratures, des passages moins bien écrits que d’autres, qu’on ne voudra plus jamais relire mais ça n’aura rien d’un échec. On apprendra de nos fautes, des petits dérapages pour entamer le chapitre suivant. Je veux simplement que sur chacune des pages, il y soit, que son nom soit encré sur le papier juste à côté du mien. Ces mois sans lui, c’était comme vivre entre parenthèses, perdus entre les lignes d’une vie qui ne semblait plus nous appartenir. Et aujourd’hui, on avait l’opportunité de reprendre la plume entre nos mains et d’écrire une suite où on existait tous les deux et plus chacun de notre côté, à prétendre que rien n’avait jamais réellement compté, qu’on était juste une erreur de parcours et qu’il suffirait d’une journée pour s’oublier. Le truc, c’est que j’ai jamais réussi, pas vraiment cherché à ce que ça fonctionne en vrai. Je vivais pour cette soirée, pour tout ce que j’aurai dû lui dire, tout ce que j’aurai dû faire comme le retenir. J’aurai dû essayer plus, m’accrocher.

Alors quand il se relève, faisant éclater notre bulle paisible, j’ai peur qu’il enclenche la marche arrière. Qu’il me hurle au visage que j’suis qu’un malade et que j’ai clairement rien compris. Et puis y’a ce geste, infime et si rapide que j’aurai pu penser que je l’avais rêvé mais qui a bien existé, quelques secondes. Je laisse me guider hors du lit jusqu’à la salle de bain où il me file un liquide bleuâtre aux senteurs mentholées. Il me faut un laps de temps ridiculement long pour comprendre ce qu’il m’invite à faire, mon regard voyageant entre le sien et le petit récipient en plastique. Mais quand les connexions se font enfin, ma bouche s’étire dans un « o » muet qui finit par accueillir le liquide qui désinfecte chaque recoin de ma bouche. Je manque même de m’étouffer, je mets peut-être trop d’ardeur à faire disparaître les écumes de mon passage peu glamour aux toilettes mais quand ma mâchoire s’en fait douloureuse, je recrache tout dans le lavabo.

J’ai le palpitant qui fait des cabrioles, qui rebondit furieusement contre mes côtes et qui se sert de mon estomac comme trampoline. Son sourire ricoche sur mes lippes frémissantes, trop envieuse de la courbe aguicheuse qui se dessine sur les siennes et putain … y’a vraiment que lui pour foutre autant le bordel dans ma tête et dans mes émotions. On s’approche, s’apprivoise à nouveau avant de se livrer à cœur ouvert à l’un à l’autre. Ça démarre dans une valse lente et langoureuse et puis y’a cette douce pression qui s’ajoute, qui remet toutes les pièces du puzzle à leur place. Sa main sur ma hanche, ses doigts m’agrippent et les miens jettent l’ancre dans ses mèches désordonnées. Nos souffles nous éloignent, le temps de se réapprovisionner mais ses mots viennent se glisser entre le maigre espace de nos lèvres. « Et si on... On mettait tout sur pause ? Parce que j'ai très envie de toi ». Et ça déclenche chez moi une vague de chaleur, un raz de marée plutôt qui déferle et dans lequel je me laisse volontiers couler. « On pourrait aller jusqu'à une certaine limite et ensuite s'arrêter ? Mais à la fin tu pars pas, moi non plus. Ensuite on passe la journée ensemble, d'accord ? ». Mes phalanges dérapent, s’entichent de la peau que le col glissant de son haut me laisse apercevoir. Elles s’y cachent pour apprécier la pulsation qui s’y joue. « D’accord. Si tu veux que je reste alors je reste ». Je l’attire contre moi, tirant sur son tshirt parce que maintenant que j’ai goûté à cette proximité, j’en veux plus. J’ai besoin de plus. Juste l’avoir près de moi, je pourrai m’en contenter mais y’a cette lueur dans ses yeux, probablement reflet des miens qui me dit que je peux faire un pas. Mais un seul.

Il nous mène jusqu’à son lit où son dos fusionne à nouveau avec le matelas, où mon pull retrouve une fois de plus le sol et que ma silhouette, dans la faible lueur des rayons lumineux qui traversent la pénombre, se confond avec la sienne. Et je perds encore et toujours dans ses orbes qui s’illuminent, qui ravivent le sourire de mes lippes. « Tu me rends tellement niais, ça devrait être interdit ». Je laisse échapper un rire puis deux qui s’échouent contre ses collines rosées, m’emparant d’elles moins tendrement qu’avant. Tout mon corps se charge d’électricité, tressautant d’excitation chaque fois que ses mains se posent sur moi, se réapproprient une à une les parties qui leur appartiennent. « Je suis à toi, tu le sais ça ? A toi et à toi seul ».

Il est comme un aimant, trop puissant pour que j’arrive à rester loin de lui et que sa force me ramène toujours entre ses bras. Mes mains gravitent autour de sa cage thoracique déchaînée qui s’élève et s’abaisse, sans oser s’y poser, peur de tout briser, de tout gâcher encore une fois et que tout ne le ramène à cette nuit-là. Alors je me fais interdit, contemplant les détails de son visage, retraçant la cicatrice sur sa pommette du bout d’une caresse fantôme. « T’es sûr ? Je veux dire … c’est ok pour toi si je te touche ? Ou si je t’embrasse … là ? ». J’effleure l’épiderme de son abdomen qui se dévoile sous le pan de son tshirt relevé et qui semble me narguer, mettant mes nerfs à rude épreuve.




◊◊◊

do you know ? ♒︎ and if you have a minute, why don't we go talk about it somewhere only we know ? this could be the end of everything so why don't we go somewhere only we know ?
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