( haut les cœurs ) + boo in ok



 
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Message  Sujet: ( haut les cœurs ) + boo in ok     Ven 6 Avr - 21:14

haut les cœurs

≠ boo in ok

la nuit a toujours glissé armel dans une torpeur certaine, perdue dans les vestiges du passé et où se dessine dans le présent l’esquisse d’arbres fruitiers, de sol sableux et de chaleur d’été, de rebondissements de roues sur une route accidentée. et quand de simples yeux fermés ne suffisent pas pour l’imaginer, un paradis artificiel convoité suffit pour le retrouver.

ça a commencé à leurs quinze ans. le cul posé sur le trottoir à fuir la réalité, les chaussures esquintées au travail du bitume et les courses effrénées pour fuir les proprios des cuvettes cassées. avec boo ça a toujours été un peu mouvementé ; ils ont eu le goût de la vitesse, de la clope et de la fraternité à leurs lèvres fatiguées de parler, mais jamais celui de la routine tant redoutée ; ils ont marché en dents de scie au rythme de leurs années de vie.

la radio murmure du nirvana, et le petit grésillement fait frémir ses souvenirs, ravive et réchauffe le soleil qui s’évanouit au creux de sa poitrine : prise ces derniers temps, le coeur chargé et le cerveau confus à force d’y penser. les nuit ont été chaotiques, presque pathétiques à se perdre dans les boîtes et à se soûler à s’en rendre amnésique. parce que pour la première fois, y’a des souvenirs qui ne sont pour lui que des remords.

et puis y’a eu la soirée avec boo et yuta, et ça lui a fait du bien. parce que malgré les insultes à la volée et les bières consommées, y’a eu leurs présences pour l’arracher de cette bulle qu’il s’est créé ; nocturne, vagabonde et destructrice ; comme à l’accoutumée mais cette fois accompagnée de vraies noires pensées, celles qui ne sont jamais assouvies que par la miséricorde et non par le plaisir du pêché.

mais boo il le connaît ; il connaît son sourire quand il est vrai. il devine quand y’a l’amertume qui ronge ses commissures, la tristesse qui mouille un peu ses yeux. parce qu’il l’a connu plus mielleux, avec la voix plus chantante, et les transitions aux sourires plus soucieux. et il en a reconnu l’aspect, pendant la soirée, sous couches de paroles rassurantes, mais d’illusions débordantes.

la nuit bouffe la route, et les rues désertes empruntées loins des quartiers bondés éclairent faiblement la voiture, réchauffent à peine ce froid installé. les doigts d’armel se lèvent du volant, viennent tourner la radio au volume le plus bas, et c’est le silence qui pèse désormais tout entier. il peut plus supporter d’être inquiet. eh, boo.

— pourquoi t’es parti sans rien dire ?

ses yeux s’attardent sur boo, ce visage tant regardé, ses traits un peu idéalisés, aux évocations de fragile amitié. cette moto qu’il a vu se garer à busan, dans des rugissements qui le faisaient déjà frissonner. parti avec. occupé à tenir à bout de coeur ses constructions branlantes, armel n’a pas eu le temps de s’en apercevoir, de s’inquiéter ; peut-être parce qu’il sent la présence de boo comme constante, comme acquise à ses côtés. et il voudrait le secouer, lui dire de pas tomber. leurs mèches virevoltent aux à-coups du vent qui s'infiltre doucement à travers la petite fente cédée par la vitre abaissée.

— j’ai l’impression que tu mens, quand tu dis que ça va.

il rajoute. le nirvana ronronne encore un peu, infime. ça lui pèse de voir les choses changer ; les instants devenir souvenirs, parce qu’il aimerait les garder vivaces, impacts. ça gronde un peu, alimente cette violence nostalgique en lui, mais sa douceur fraternelle l’embrasse, blanchit ses phalanges accrochées au volant, fait vibrer ses lèvres  accrochées à leur équilibre palpitant.

◊◊◊

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Message  Sujet: Re: ( haut les cœurs ) + boo in ok     Dim 8 Avr - 13:06

haut les cœurs

≠ oh armel

Paradis crevés d’étoiles éparses, l’azur aigri en ce soir crépusculaire semble se rire de tous les poisons qui nécrosent ses poumons – lui suit son exemple en grillant une énième Marlboro, son paquet fétiche souillé de tâches cramoisies l’empêche d’oublier l’ampleur des dégâts et pourtant. Pourtant Boo sourit, se laisse bercer par la caresse tendre du vent dans sa tignasse emmêlée ; lèvres enroulées autour de la clope, peu enclin à rompre le silence déjà confortablement comblé par Nirvana.
Il aurait dû se douter que, si lui était un lâche sans égal, tu saurais pourvoir à ses lacunes. La question coule dans ses oreilles, pareille à de l’or liquide, brûlant ses défenses si prudemment érigées – masque derrière lequel il s’est réfugié avec la hardiesse d’un prince en fuite, décidé à faire profil bas en des contrées éloignées. L’inconvénient, c’est qu’il n’avait pas eu la présence d’esprit de fuir, et que l’honnêteté tirant ses traits avait probablement participé à sa dénonciation.

Pourquoi t’es parti sans rien dire ? Et lui crève d’envie de répondre que tu n’as rien demandé, que tu ne t’es pas formalisé tant que ça ; commissures blanchies autour du bâton de cancer et lui se sent bâton de dynamite, prêt à détoner au premier faux pas. « J’en ai pas vu l’utilité. » Mensonge qui ourle ses lippes et virevolte sur sa langue en venin passif agressif, l’amertume se pelotonnant dans les confins déjà gangrenés de sa cage thoracique. C’est plus froid qu’acerbe mais son sourire, mêlant fausseté au sentiment injustifié d’avoir été abandonné, le cafarde sûrement plus que tout ce qu’il aurait su dire.

J’ai l’impression que tu mens, quand tu dis que ça va. Cette fois c’est un soupir qui réussit à s’extirper des recoins congestionnés de sa gorge, enroulée dans des bandages bâclés pour mieux en couvrir les hématomes violacés – ses doigts s'entortillent maladroitement autour de la bouteille de vodka coincée entre ses cuisses. Il prend le temps d’en avaler une bonne partie avant de se risquer à répondre - sans réellement savoir s’il alimente son courage ou, au contraire, sa couardise. « Je vois pas de quoi tu parles. Et je vais bien. » Crédibilité éclatée au contact du goulot, un rire acide irritant la lisière corrompue de sa bouche.

« Pourquoi ça t’intéresse, d’un coup ? » Probablement que c’est l’ivresse qui déverse petit à petit ses pensées les plus noires le long de ses crocs émoussés et lui ne parvient plus tout à fait à les ravaler, assailli par le désir brutal de dégobiller toute l’escarrification forçant son myocarde à palpiter de fiel et de dégoût de sa propre condition. Mégot éteint et jeté dans le cendrier, c’est une fois un vrai joint sorti des tréfonds énigmatiques de ses poches qu’il s’autorise un nouvel éclat de rire, brisé et dénué de toute once joyeuse. « Et pourquoi j’irais pas bien ? » Bédo allumé d’un coup sec de son vieux zippo, et la brise lui semble subitement plus agressive, mordante. Alors il suit son exemple – et son instinct.

« Laisse-moi deviner. Est-ce que c’est parce que personne a eu la délicatesse de prendre des nouvelles ? » Quintessence du problème – la solitude dans laquelle il s’engouffre, par dépit pur et dur. Coincé à mi-chemin entre l’envie féroce de s’ouvrir et s’abandonner à l’aide offerte en sous-texte et celle, obstinée, de verrouiller la moindre de ses pensées en représailles à toute votre inattention. C’est finalement la seconde qui l’emporte, agrainée par la conviction ferme qu’il ne s’agit que de pitié face à la pâleur blafarde de ses joues ; pourtant dieu sait que son cœur déborde d’un amour intense à ton égard, lui-même soutenu par les années à se retrouver – sans besoin de se courir après. Dieu sait qu’en d’autres circonstances, sans toutes les influences cramponnées à ses épaules – il se serait confié. Aurait laissé chacune de ses inquiétudes se répandre à-même le parterre de ta voiture, de l’impression âpre d’être irrémédiablement seul à celle, ténue mais piquante, de l’avoir toujours été. « Tu te poses trop de questions, Armel. Ça va. »
L’alcool inonde sa conscience, et l’atmosphère noie sa confiance.

◊◊◊



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Message  Sujet: Re: ( haut les cœurs ) + boo in ok     Lun 16 Avr - 14:57

haut les cœurs

≠ boo in ok

Tu te fous de moi ?
Ça dépasse, sprint de colère qui passe l’arrivée de ses lèvres, s’écrase et se cogne une fois sorti, se perd à peine dans le regret car tout de suite, Armel se sent juste démuni face à ce portrait d’ermite, cet isolement dans lequel se terre Boo et qu’il est impossible d’arracher, de toucher, d’effleurer, de caresser.

Y’a que la boisson et le joint qui appâtent le grand, éveillent les restants
de sens de Boo et de sa jadis présence, celle qu’Armel a aimé, chéri, voulu vainement conserver.
T’as pas vu l’utilité de nous dire que tu partais ?

Y’a ses yeux qui se posent sur la bouteille de verre entre les cuisses de Boo, dont il se nourrit longuement du liquide brûlant, ses phalanges qui se serrent un peu plus sur le volant. Et tout d’un coup, ce semblant de présence, ce fantôme de présence, Armel ne voit plus que celle diablesse de l’alcool dans le sang, et contrairement aux années d’avant, c’est plus aussi marrant.

Si t’allais bien, tu boirais pas comme un trou dès que t'en as l'occasion, il a envie de dire que lui aussi, il y connaît quelque chose, que lui aussi il se laisse câliner par les bras du monde plus doux que lui offre la boisson, mais la colère lui fait gonfler une fierté piquée à vif en cette soirée. Yuta fait la même.

C’est le constat, ça tombe comme les lampadaires qui passent dans leur champ de vision et s’évanouissent à chaque kilomètre mangé par la bagnole éreintée qui court à travers Séoul de sombres étoiles illuminé.
Y’a chez Boo tout d’un coup une amertume qui le fait suinter de paroles qu’il aimerait fausses, pourquoi ça t’intéresse, d’un coup, mais y’a une vérité qui flotte et qui lui vaut ses sourcils qui se haussent. La vérité de Boo, celle qu’il ressent. La violence de ce fait alimente celle d'Armel qui culmine dans la dualité de son âme damnée. Le sous-entendu enserre d'une pression glaciale ses deux mâchoires. Armel se heurte au sentiment d'avoir été absent, lui qui se sait si envahissant ; il se heurte à la mise à feu de ce qu'il a cru établi ; se heurte une fois de plus à la perte de ses repères -ceux dont il a jamais voulu, mais qui le rassurent pourtant. et pourquoi j’irais pas bien ? joint allumé, fait frémir davatange la colère qui colle à sa peau comme une saleté de provocation, laisse-moi deviner. est-ce que c’est parce que personne a eu la délicatesse de prendre des nouvelles ?

y'a ses doigts qui frétillent d'envie d'aller éteindre ce joint et d'éclater la bouteille de verre, éloigner ses compagnons de vie qui éloignent de la vie d'Armel son compagnon à lui. parce que d'accoutumée, c'est plus facile pour communiquer, mais ce sont que sur les banalités ; les choses graves semblent mal se copiner avec. et dans la rare lucidité de sobriété de ces derniers semaines, l'amertume d'Armel n'en est que plus réalité.

— tu t'en vas sans rien dire, tu t'attends à quoi ? on peut pas deviner quand tu vas pas bien. surtout quand t'affirmes le contraire.

et même si armel en comprend le fond, la forme lui fait mal. boo lui a jamais parlé comme ça, à deux doigts de cracher ses maux ; il lui a jamais paru aussi loin et proche en même temps. tu te poses trop de questions, armel. ça va.

— alors si je me pose trop de questions, réponds au moins honnêtement, pourquoi tu mens, boo ? c'est quoi, ce qui va pas ? tu peux me le dire, tu le sais, alors me rejette pas, pas encore une fois.

armel, pris par son instinct, à vif, hypersensible de cette provocation au bout des lèvres boo, adresse un regard qu'il n'a jamais décidé aussi noir, et la bouche débordante de vérité qui sort sans pouvoir se contrôler. et rempli de remords, armel ne veut plus de regrets. même s'il regrette déjà la brèche qu'il vient d'ouvrir.

— et éteins ça. t'es déjà défoncé.

le nirvana n'est plus que silence, comme un lointain souvenir, et dans la voiture il est réduit à néant autant que le tonnerre lui gronde assourdissant, derrière la précarité de leurs mensonges et de leurs faux-semblants.

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Message  Sujet: Re: ( haut les cœurs ) + boo in ok     Sam 21 Avr - 0:45

haut les cœurs

≠ oh armel

Lippes pourléchées après une gorgée un peu trop longue pour pas avoir laissé un sillon brûlant dans sa trachée et Boo se retient de rire quand toi tu t’excites, l’alcool se faisant pâte molle au fond de sa bouche – et peut-être qu’il se trompe, que c’est pas la vodka mais l’amertume, avec des relents de culpabilité dès l’instant tragique où il sent l’inquiétude couler d’entre tes doigts. C’est pas qu’il voulait pas t’énerver ; c’était même sous-tendu dans l’extension de ses plans puérils. Il voulait pas faire mal, il voulait juste faire. Générer une réaction, quelque chose – un déclic qui l’aurait forcé à poser la bouteille, à éteindre le joint et à se reprendre en main.

T’as pas vu l’utilité de nous dire que tu partais ? « Faut que j’le répète ? » Arrogance, insolence sur le bout de sa langue venimeuse – cocktail qui se fait molotov contre les parois de ses joues et l’envie de sourire se déchire, étouffé par ses mâchoires trop serrées. Si t’allais bien, tu boirais pas comme un trou dès que t’en as l’occasion. Yuta fait la même. « Bravo, Sherlock. » Pointe de sarcasme, comme une tentative avortée d’effleurer l’humour, de l’inviter entre l’agressivité et les reproches juste assez durs pour faire fleurir des hématomes violacés à même son âme fatiguée.

Silence qu’il comble d’accusations vides de sens, agrainé par les blessures qui n’ont pas encore eu l’occasion de cicatriser, rouvertes dès qu’il dépasse hongdae et lui préfère gangnam, perdu dans des draps qui ne sont pas les siens – mais ceux de son cousin. Tu t’en vas sans rien dire, tu t’attends à quoi ? On peut pas deviner quand tu vas pas bien. Surtout quand t’affirmes le contraire. Cette fois un rictus fend ses lèvres et son regard brûle, pourfend la nuit juste pour ne pas avoir à te regarder toi ; « Mh. » Grognement las, ça monte et ça descend à chaque inspiration, l’épuisement chronique et l’euphorie alcoolique se muent en agressivité physique et c’est comme si ses veines avaient triplé de volume, pulsant haineusement en quelque tentative vaine de s’échapper de la prison de son épiderme joliment abîmé. « C’est pas ça, le problème. »

Alors si je me pose trop de questions, réponds au moins honnêtement, pourquoi tu mens, boo ? C’est quoi, ce qui va pas ? Tu peux me le dire, tu le sais, alors me rejette pas, pas encore une fois. C’est trop, trop et pas assez en même temps – ça a souvent été ça, entre vous. Peut-être que vous vous êtes loupés, que y a eu un infime moment où vous étiez juste assez en symbiose pour réaliser que ça ferait que vous détruire. Il éclate. « Encore une fois ? Parce que je t’ai rejeté, avant ? Espèce de connard ingrat, je t’ai couru après pendant des années, tu me jetais dès que t’en avais l’occasion et t’étais qu’un petit con avec moi. Mais est-ce que j’tai reproché d’être aussi froid ? Non, parce que j’étais trop putain d’occupé à me demander ce que j’avais fait de mal. Et maintenant tu me balances que c’est moi qui te rejette ? Mais c’est toi, Armel. C’est toi qui a mis des murs entre nous. »
Et si ces murs pouvaient parler, ils te raconteraient à quel point il s’est pété les poings contre, à essayer de les faire s’effondrer. A quel point il a pris sur lui, à placarder un sourire sur son visage et en essayant de pas remarquer que t’étais gelé, dès qu’il avait l’audace de te toucher.

Et éteins ça. T’es déjà défoncé. Chaque mot griffe l’intérieur de sa cage thoracique et lui prend une inspiration d’autant plus violente, jusqu’à ce qu’il sente ses poumons se contracter dans le vide et que le goût piquant envahisse assez sa bouche pour qu’il en oublie celui de l’alcool – l’intégralité de sa fumée est dirigée vers toi, en une bouffée immature. « Ta gueule, j’en ai besoin. » Gorge serrée, il sent la montée significative de quelques larmes, au coin de ses yeux – les empêche de couler en descendant une nouvelle partie de sa bouteille, ravalant chaque parcelle d’émotion en même temps que la vodka. « Je… » Lèvre inférieure mordillée, la pression s’enroule autour de ses épaules, boa constrictor prêt à broyer le moindre de ses os pour l’empêcher de vomir les fantômes accrochés à sa cage thoracique.

« Ca fait des semaines, des mois que j’me sens seul. » Qu’il a commencé à mettre les joints de côté pour multiplier les pilules et étaler un peu trop de poudre sur la table – il a coulé, et maintenant qu’il s’en rend compte, il se chie dessus. « Et j’ai merdé, Armel. Mais c’était qu’une fois, deux ou trois lignes, donc j’pensais que j’men sortirais derrière. » Lippes pincées, l’envie qui gratte sous sa peau et rampe entre ses côtes pour mieux s’y lover – il boit, encore. « J’ai besoin de boire, j’ai besoin d’être défoncé. J’vais finir comme ma mère, sinon. »

C’est pas un appel à l’aide, juste l’étalage pur et dur d’une trouille qui le dévore de l’intérieur – l’idée d’être retrouvé dans un caniveau, la bouche pleine de bile et de mousse après avoir piqué trop à côté de sa veine pourtant si juteuse. « Et j’ai pas pris mes médocs depuis trop longtemps. Ça joue, j’imagine. » Rire amer, ongles enfoncés profondément dans la paume qui ne se presse pas contre la bouteille.

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Message  Sujet: Re: ( haut les cœurs ) + boo in ok     Jeu 26 Avr - 20:35

haut les cœurs

≠ boo in ok

Le chant de sa colère atteint les notes les plus aiguës, ses souvenirs les couleurs les plus sombres, les vapeurs de vérité de ce sarcasme bouillonnant s’échappent de ses yeux, les font presque briller avant que la fierté primitive les assèchent d’un désert de protection, prestement. Tout ce cynisme aboyé, cette vulgarité alors qu’il ne fait que s’inquiéter font déborder tout ce qu’il a accumulé, entre les non-dits toujours tassés,  et les sentiments bien gardés pour soi pour se protéger ; mais qui au final ne font que blesser. Fumée contre le visage, qui ne fait que davantage les sécher.

La voiture s’arrête brutalement dans une rue vide, à moitié violette, cliquetis électrique avant que le visage d’Armel, qui n’a plus rien de son soleil -son sourire, ses yeux, révèle tout de sa lune, de sa plus mauvaise nuit -expression meurtrie.

— D'accord, In Ok. Tu veux que j’arrête te dire des trucs banals, des trucs que tu sais ? Je vais te dire ce que tu sais pas, c’que t’es incapable de voir. T’es aveuglé par tes merdes, par ces murs que toi tu construis. Mes murs à moi ils servaient qu’à me protéger, parce que j'avais peur. Toi ça fait que de te détruire et le pire c'est que tu le sais, alors arrête ta mauvaise foi. Me dis plus jamais ta gueule, me parle plus jamais comme ça, me dis jamais que c’est moi qui ai été froid, alors que c’est moi qui t’aimais trop pendant tout ce temps. T’es comme un frère, t’as été plus qu’un frère, alors me dis jamais que j’en ai rien à foutre de toi. C’est faux. Ta bouteille de merde, tes joints, t’avises pas de me provoquer avec ces merdes qui t’éloignent de moi. Avant c’était drôle mais plus maintenant. C’était drôle quand ça te faisait pas autant devenir quelqu’un d’autre.

Provocation, provocation, provocation cette eau au goût de détergent qui n’appelle plus qu’à la boire comme seul objet réconfortant, et Armel vacille, ses doigts agrippent le goulot de la bouteille, ce ne sont que quelques secondes, quelques infimes secondes mais la bouteille vole dans un éclat de rage et se cogne déjà contre la fenêtre, et la main déjà ensanglanté de bouts de verres misérables fendant la peau, l’alcool se répandant  sur la vitre, comme si une pluie coulait contre sa surface. Si dans la douceur Armel n’y trouve pas de quoi assouvir cette pulsion qui le lancine, alors la violence l’empare tout entier, l’engloutit dans sa spirale la plus virale, et ça en fait tellement mal que la douleur s’éteint dans un plaisir malin. Son poing se serre, le sang abondant, puis vient s’échouer contre le volant, le corps tremblant.

— T’avises pas de dire que c’est moi qui t’ai rejeté alors que je t’ai autant voulu. C’est toi, t’étais trop aveuglé, t’as pas voulu écouter.


Son coeur se serre, et Armel a le sentiment de jamais avoir mûri ; qu’il est toujours blessé par ces choix qu'il doit faire, coincé dans sa liberté de voyageur, qu'il est toujours condamné à souffrir de sa dépendance aux sensations, à l'adrénaline et à l'endorphine, que son instinct le plus animal n'épousera jamais tous ses sentiments humains qui lui font si mal.

Et parmi eux, celui de l'impuissance, face à ce que lui confie Boo ; la profonde tristesse qui grince contre ses dents. Une goute de sang longe le plat de sa main, dévale le long de sa paume jusqu'à venir s'échouer sur sa cuisse. Il sent la colère continuer de battre dans ses veines, mais son hypersensibilité aux aveux de Boo la terrasse sûrement ; suffisamment pour que son ton s'adoucisse, ses traits se détendent et sortent le drapeau blanc.

— Boo, je... désolé si tu t'es senti seul. mais moi j'suis là. et puis, t'es pas comme ta mère, tu le seras jamais. s'il le faut pour t'aider, on arrête tout ça, toutes ces merdes quand on se voit, si ça peut t'aider à arrêter. Et j'te ferai des cocktails avec tes médicaments, pour que tu les prennes, s'il le faut. Mais j'veux que tu comprennes, boo, j'suis là pour toi et je le serai toujours. arrête de penser le contraire. 

hémoglobine au bout des doigts, profonde fraternité aux commissures ; tableau aux couleurs d'amour, armel regarde boo, et peut-être que même dans sa plus basse période, il comprendra toujours pourquoi il s'en est épris, un jour.

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Message  Sujet: Re: ( haut les cœurs ) + boo in ok     Mer 23 Mai - 12:49

haut les cœurs

≠ oh armel

Et dans l’émail de ses sourires se sont glissés ses plus beaux démons.
Tragédie qui enfle ses veines à mesure que tes mots percent ses tympans, s’engouffrent dans son âme et y tracent un sillon incendiaire – inok brûle et se débat, incapable d’étouffer le brasier malgré la quantité indécente d’alcool coulant dans son gosier. Tu parles et lui s’embrase, bûcher humain aux allures de fantôme égaré ; ivresse annihilée par la confession colérique, ses crocs s’arquant dans une grimace peinée. T’es comme un frère, t’as été plus qu’un frère, alors me dis jamais que j’en ai rien à foutre de toi. Myocarde à l’agonie, ses serres s’agrippent à la bouteille comme un naufragé à sa bouée – l’ironie l’étreint dans un rire maussade, et inok ne voit à tes aveux qu’une tentative bâclée de le faire sortir de l’eau.

Mais que peut-il faire quand, à son grand dam tu lui arraches sa rédemption, l’éclatant fiévreusement contre la fenêtre – à quel point est-il impuissant, à la vue répugnante de l’hémoglobine dégoulinant le long de ton poignet aux veines saillantes, palpitantes ? Il l’ignore et la vulnérabilité se fait lame profondément enfoncée dans les tréfonds de son être, un soupir saturé de colère se frayant un chemin entre ses lippes blanchies. « T’avises pas de dire que c’est moi qui t’ai rejeté alors que je t’ai autant voulu. C’est toi, t’étais trop aveuglé, t’as pas voulu écouter ? » La réalisation le heurte de plein fouet, extirpant chaque atome d’oxygène coincé dans ses poumons nécrosés ; y a un arrière-goût de regret sur sa langue pâteuse, mélangé à la fureur viscérale en un cocktail plus qu’explosif.

« Arrête la voiture. » C’est un murmure-supplication qu’il lâche du bout des lèvres, les tremblements de ses épaules allumant quelque flamme inquiète au fond de son esprit embrumé. Mais tu poursuis ta tirade et lui songe un instant à ouvrir la portière, à se jeter à corps perdu dans les fossés – ceinture déjà décapsulée dans un clic fiévreux, sans que sa main n’ait l’audace de s’accrocher à la poignée. « Mais j’veux que tu comprennes, Boo, j’suis là pour toi et je le serai toujours. Arrête de penser le contraire. »

C’est là qu’un vrai rire, dénué de joie ou d’humour, résonne contre les parois métalliques de la voiture – il réitère sa requête et attend qu’enfin l’engin ralentisse, s’arrête sur le bas-côté. Immédiatement l’enfant-adulte s’en extirpe, profitant de l’air gelé et nocturne pour regonfler ses poumons ; la panique griffant ses entrailles s’efface à chaque goulée d’oxygène, les relents de nature couvrant sa trachée d’un baume qu’il ne savait même pas nécessaire. « T’es un vrai malade, Armel. » Supputant que tu l’avais suivi dans sa chute sur le goudron, les bouts d’herbe chatouillant ses chevilles nues, il lève vers toi un regard embuée des larmes qu’il a toujours refusées de laisser couler, si tant est qu’il n’était pas seul. Et ce soir n’y fera pas exception, pense-t-il en ravalant le sanglot orphelin menaçant d’éclater dans sa gorge. « Merde, c’est moi qui suis bourré et c’est toi qui pètes un câble. »

Tout est chuchoté, ainsi qu’autant de secrets roucoulés contre l’hélix – il s’effondre sur le sol glacial et s’éprend de la sensation rugueuse du béton. « Bouge pas, faut s’occuper de ta main. Laisse-moi juste cinq minutes. » Anxiété au tournant, la moindre agitation excessive capable de l’emporter dans un typhon malheureux ; peu enclin à sombrer après ça, il enfouit sa peine à grandes inspirations et laisse votre conversation en suspens. Egoïste au possible, il s’accorde une pause au mérite tout relatif avant d’enfin se relever, sourcils froncés dans la désapprobation la plus absolue. « Tu me dois vingt balles, d’ailleurs. Maintenant pose ton vieux cul sur ton siège, j’vais m’occuper de ça. » Coffre ouvert et poche rouge et blanche arrachée à son sol poussiéreux – il s’agenouille devant toi et compense l’absence de mots par la douceur de ses mains calleuses. Quelques éclats de verre sont retirés de ta main, excuses marmonnées dès qu’il sent les muscles se tendre ; plaies nettoyées et il enroule tes doigts dans des couches excessives de bandage, ruinant tout un rouleau pour s’assurer qu’aucune blessure n’est épargnée. « C’était extra, mec. » Sourire penaud, la tentative d’alléger l’atmosphère alimentée par une surconsommation de vodka préalable. C’est là qu’il se sent invincible, qu’il réduit la distance qui vous sépare et laisse sa tête s’écraser mollement contre tes cuisses, dans une requête silencieuse de caresses – de réconfort. « Arrête de gueuler maintenant, ok ? Et désolé, j’ai paniqué. »

Demi-mensonge – chaque mouvement avait été calculé, bien qu’engendré par les pulsions délirantes de tourments assoupis, collés à ses os et prêts à les briser à la seule force de leur éveil. Demi-mensonge parce qu’il a peur, peur de cette rage avec laquelle tu l’étrangles, de l’intensité insoupçonnée de tout ce qui vous lie et vous sépare à la fois. Tu l’as aimé, et lui n’a jamais cessé ; drôle de réalisation, qui secoue sa cage thoracique et le pousse à forcer sur ses jambes, à se redresser juste assez pour t’affronter du regard. Peut-être que c’est l’angoisse qui l’anime, la possibilité ténue mais bien présent de te perdre qui le pousse à glisser sa main jusqu’à ton visage, un de ses plus beaux rictus flottant sur ses lippes gercées. Il les pourlèche un instant, fixe les tiennes en hésitant – descente en enfers à laquelle il s’abandonne, se ravissant de la grisante sensation l’accablant la seconde d’après.

Ca a toujours été son moment préféré ; celui où les souffles se mêlent, où l’attente électrise le peu d’air glissé entre vous – alors il construit votre histoire, son chapitre unique. Il a besoin d’ajouter un rythme à la danse immobile et inok s’élève plus encore, emprisonne ta mâchoire entre ses doigts caleux. Il attend de le vouloir, à tel point que la pression en devient insoutenable ; parce qu’il sait, quelque part, qu’il s’agira du dernier, à défaut du premier. Et quand sa bouche fond enfin sur la tienne, il ignore s’il est proie ou prédateur – si ses crocs taquinent ta lippe, c’est aussi bien pour jouer que pour s’annoncer dominant, lutter pour le contrôle qu’il s’est toujours attribué.
Probablement que l’alcool a fait de lui sa marionnette, mêlé au désespoir d’une solitude qui l’a toujours terrifié ; et si c’est bien l’ébriété qui le domine en ces précieuses secondes, il sait qu’aucune forme de regret ne saura étreindre sa gorge, en particulier lorsque ses serres se referment tendrement sur la tienne.

◊◊◊



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Message  Sujet: Re: ( haut les cœurs ) + boo in ok     Jeu 31 Mai - 19:21

haut les cœurs

≠ boo in ok

Ballon gonflé par les souffles âpres de la colère respective, explosé entre leurs mains linéaires ; petits bouts d’eux. La voiture qui s’arrête, le rire qui s’élève, la feinte d’In Ok, les coeurs essoufflés de se battre. t’es un vrai malade, armel. merde, c’est moi qui suis bourré et c’est toi qui pètes un câble. Y’a le calme enfin qui se réinfiltre dans les artères bouchées par la colère, la réalisation de l’exacerbation et de l’excès colérique, la culpabilité toujours. Peut-être. bouge pas, faut s’occuper de ta main. laisse-moi juste cinq minutes. Hochement de tête. L’endorphine qui endort la douleur des tissus, hémorragie calfeutrée par une pression molasse, le regard vague et qui miroite aux larmes ravalées de celles de  son meilleur ami ; Armel qui l’imite et ravale le cri du soucis. tu me dois vingt balles, d’ailleurs. maintenant pose ton vieux cul sur ton siège, j’vais m’occuper de ça. Et il laisse Boo faire, Armel ; il laisse ses mains soigner les siennes, la poitrine toujours remuée d’un souffle décousu, les remords tout entier remuant dans sa cage et remontant jusqu’à l’altération de la respiration. Et le sourire faiblard, aux commissures. c’était extra, mec. Il ne dit toujours rien, les canines et les griffes qui l’empêchent de parler, d’exprimer encore ce qui lui pèse sur sa carcasse lourde de vingt années. Lorsqu’un faible mot tente vainement de s’échapper d’entre ses lèvres, la tête de Boo vient éteindre toute idée de relance de discussion ; emmitouflée dans des bandages elle restera en suspension entre l’appel à l’aide, le tumulte et le murmure, la vérité et le mensonge, le réconfort et la frustration, l'amitié et la passion. comme toujours ils ont été l'un pour l'autre ; témoins d'une présence constante mais instable, le paradoxe qui s'offre dans l'illustre histoire qu'ils ont tracé le long de routes notoires. et Armel vient de lui-même finir de clore la dispute, sa main intacte s’échouant dans les mèches du grand, caressant son crâne avec lenteur, le toucher sûr de lui, un peu songeur. armel clôt les yeux un soixantième d’heure, le temps de refouler ses ruines de rancoeur. — Désolé, j’arrête de gueuler.

Et, c’est vraiment rien qu’un instant,
Un instant et
In Ok est déjà appuyé sur ses jambes, la tête tangente, et le temps qui s’arrête, s’aligne avec celui d’autres moments. Les regards qui se croisent, et la supplication dans l'iris que l'attente s'effondre, de se fondre dans la tension. Ça a un goût terriblement nouveau, cette fois. Un goût un peu chaud, un peu frais, un goût qui le fait frissonner. Ses lèvres se laissent faire d'abord, la délicatesse de le prolonger, le besoin de l'éterniser, puis elles s'indignent, se confondent, répondent chèrement. Et puis la main vorace, vivace, brûlante d’envie ; main qui vient se presser contre l’entrejambe de Boo, l’interdit, dans un halètement affaibli par les lèvres qui se taisent contres les siennes ; goût de tragédie. Un instant qui déjà se pâme au fond de sa  gorge, un instant comme il en a rêvé, avant, comme il y pensait tout le temps. Et culminent en lui ses miettes d’inepties, d’envies, ses miettes d’amoureux transi, tournis d’une non-réciprocité qui pousse à la folie, amas d’ennui. Et les courbes d’Armel à jamais réfugiées dans les langues du pêché, l’appétit du vice mouillant ses lippes, asséchant l’incendie qui à jamais le brûlera jusqu’à qu’il n’y est plus rien de lui.
L’âme nomade qui enfin se retrouve dans une succession de baisers passions, avides, la valve serrée de relances, la valse verrée de véhémence, et les doigts du voyageur se pressent doucement, contre les cuisses de l’autre, le cou serré par ses mains tendres. Il n’y pense pas trop, fléchit à la primarité, précarité de leur lien chancelant entre leurs lèvres s’épousant. Quand le sanglot menace trop, les commissures s’échappent enfin, la tête bascule et les yeux s’ancrent dans le bitume ; le sourire mutin court, palette de rouge au corps, pâle aux joues, vif sous les bandages. Le rire-soupir, miséreux, comme si Armel se moquait de sa propre existence, vacillante, chancelante, flânant sur le fil des offrandes que lui font les gens, de leur chair, de leur temps, et auquel Armel se raccroche peut-être trop pour qu’il puisse s’en satisfaire pleinement.

— Merde, c’est minable. qu’il souffle, et il sourit trop grand pour cacher le désespoir qui l’empare, accapare son corps bouillonnant pour l’asperger du froid de la honte ; et il baisse la tête, Armel.

— J’t’engueule et après je te touche les boules. C’est quoi, mon problème ?

Les orbes vite brillants, paupières qui se ferment et épousent d’un soupir une moue tremblante comme si les pleurs vibraient déjà sous les deux films de peau, puis quand ils les rouvrent, c’est pour trouver le regard de Boo. Son corps s’affaisse, endorphine qui s'enfuit et fait vibrer ses mains, la douleur de la coupure s’engageant enfin jusqu’au système nerveux quand la danse noire en son coeur s’arrête, petit tic de paupière qui frétille de souffrance, méritée par ce trop plein de violence.

— Merci, pour le bandage. Désolé de m’être énervé.

La main blessée qui court sur les traces des mains de Boo sur son cou blanc, prestement, comme si elle fût prise d'un étranglement ; pourtant la douceur de Boo marquera sûrement ses plus belles nuits, ses plus beaux soleils levants. comme pour vivifier ce armel d'avant ; le synthétiser pour lui permettre de vraiment exister, grâce à ce baiser. et armel n'arrive pas à cerner s'il s'est vraiment évaporé, si ses traces ne continuent pas de le hanter. comme pour ses débris de voyageur, ses reliques d'amoureux s'amassent pour constituer le capharnaüm qu'il représente ; et jamais ne s'est-il trouvé aussi piteux qu'en cet état là : amoureux.

mais est-ce vraiment ça, est-ce vraiment ce qu'il veut ? c'est le désir qui chante, trop fort, l'amitié qui danse, trop forte. alors il lève les yeux vers boo, comme pour lui demander une réponse. un autre baiser, une claque, un rire en plein nez.

◊◊◊

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Message  Sujet: Re: ( haut les cœurs ) + boo in ok     Mar 3 Juil - 22:43

haut les cœurs

≠ oh armel

La scène a des allures mortifères, comme s’il déposait sur tes lèvres un ultime baiser avant de laisser l’apocalypse de lui se repaître. Boo a souvent écopé de reproches acérés, le blâmant d’embrasser comme s’il aimait – à ne recevoir que des explosions de luxure sur le coin des lippes, à lécher avidement toute l’affection qu’on pourrait ressentir pour lui. Enfant amoureux trop longtemps, il s’est épris de la vie et de tous ceux qui en faisaient partie ; aujourd’hui cette tendresse flétrit, rose assoiffée qui n’a su s’extasier d’assez de sentiments. Gamin mal-aimé replié dans la solitude qu’il a lui-même érigé en murs de fer autour de son myocarde esseulé, c’est sous le couvert d’une myriade de sourires qu’il a effacé les tourments les plus tenaces.

A trop souvent rejeter la faute sur ses troubles, on en oublierait presque qu’Inok, en son for intérieur, reste un enfant trop vite jeté dans la fosse aux lions – vulgaire pâture qui n’aurait su s’expier des péchés d’une mère si cachotière qu’il se retrouve aujourd’hui le nez dans la farine, poudreuse absolue qui l’émancipe des heurs qu’il ne saurait confier aux plus proches de ses amis. Et le voilà ce soir, soûl et insouciant, c’est au travers de caresses qu’il efface ton inquiétude, qu’il s’abreuve de tout ce que tu saurais lui offrir ; c’est sans pudeur qu’il use de ton amour pour gagner la bataille, quelque part animé par le désir plus viscéral encore d’éteindre la conversation, de laisse son souffle achever la chandelle de vos cœurs à l’agonie.

Roi avide et saturé de cupidité, il prend tout ce que tu cèdes et t’offre le peu qu’il lui reste – à la manière d’un CD rayé, ses gestes hachés et sa respiration pantelante. C’est qu’il fonctionne à l’instinct quand il grimpe sur tes genoux, qu’il autorise sa gorge à vibrer au contact de tes doigts audacieux ; que les siens s’agrippent fiévreusement à la chair de ta nuque, ongles juste assez enfoncés pour ne pas fendre le derme chaud.
La magie se brise, les astres s’éloignent et la dernière étincelle de son regard s’éteint lorsqu’il te lâche, peinant à apaiser l’engouement de ses poumons aux protestations secondaires. Sourire suffisant étirant les mêmes lèvres que tu dévorais avec tant d’entrain, l’arrogance gorgeant ses pores et renflouant son ego. Peut-être qu’il aime savoir que tu l’as aimé plus qu’il ne t’a aimé toi, au final.

« Merde, c’est minable. J’t’engueule et après je te touche les boules. C’est quoi, mon problème ? »

Prédateur improvisé, l’aîné se penche suavement vers toi, enroulant une serre vicieuse autour de ton menton pour t’asservir à son regard – et il sentirait presque l’onyx de ses yeux briller, constellé de nébuleuses sulfureuses n’attendant qu’à s’abandonner à ses désirs.

« C’est moi, ton problème. »

Ronronnement fallacieux, saturé d’une malice que ses rictus trahissent sans peine – il s’agraine de ta passion comme un vampire au creux de ton cou, le nez fourré dans la jointure de tes clavicules. Lui qui s’était senti piégé toutes ces semaines renaît des cendres qu’il n’avait pas conscience d’être devenu, aspirant la vie à-même le musc de ton parfum ; tes phalanges sur les siennes l’incombent presque à serrer, serrer jusqu’à ce qu’il sente les tressautements de ton myocarde se multiplier, jusqu’à ce que l’adrénaline gonfle tes artères et nourrisse ses fantaisies les plus obscures.

Hélas, l’égarement a cédé sa place au raisonnable et, d’un tendre et ultime baiser, Boo scelle le dérapage de la soirée – trop attaché pour risquer votre amitié, qu’il n’a de cesse d’estimer à grande échelle. Le même sentiment qui l’aurait, sans doute, empêché de trop plonger avec certains de ses autres amis, s’il avait eu la présence d’esprit d’inspirer profondément avant de se jeter entre leurs griffes ; le verre pilé dans son estomac le rappelle à l’ordre et c’est sans plus de cérémonie qu’il régurgite toute la gangrène amassée en son sein, après avoir eu la délicatesse de s’éloigner. Les herbes sauvages du fossé s’enflent de son poison et lui exorcise les confins de sa cage thoracique, à la manière d’un malade congestionné qu’on aurait gavé de laxatifs – l’odeur rance, couplée à l’arrière-goût infect collé à son palais, l’oblige à réitérer. Une, deux, trois fois ; des larmes d’inconfort brûlent les coins de ses yeux et les pommettes de son visage et, quelque part, il ne sait si les sanglots qui agitent ses raides épaules sont contrecoup de ses vomissements ou de votre conversation.

Appuyé en homme crevé contre le béton glacé d’un poteau accueilli à bras ouverts, il essuie les commissures de ses lèvres du revers de sa main, l’acide de ses intérieurs embrasant encore les tréfonds de sa bouche.
« J’crois qu’on en a assez fait ce soir. »

Souffle abject et lui-même se hait, s’éreintant en une bataille intérieure – part de lui cherche à tout prix à mettre à profit la vulnérabilité nouvelle-née qui semble illuminer la lisière de son visage, tandis que le reste abhorre une telle idée et n’aspire qu’à s’enfoncer dans un sommeil sans rêve, après une dernière taffe largement méritée. Un troisième fragment, cela dit, n’est terrorisé que par l’état dans lequel il se trouvera le lendemain ; par les marches qu’il a dévalé en étalant son âme à tes pieds, sur le sol rugueux de ta bagnole.

« Tu veux bien me ramener chez moi ? »

La question est drapée d’hésitation, comme s’il mesurait l’étendue insensée d’une telle requête. Il s’imaginait déjà t’accompagner jusqu’à ta chambre, écartant les mèches rebelles collées par la sueur à ton front – se voyait te souhaiter de ne faire que de doux songes, tandis que lui s’échapperait à l’accusation de tes regards pourfendeurs. Se fantasmait repartant sur le dos si familier de sa bécane, prêt à conquérir le monde à la seule force de ses bras.

Il ne te propose pas d’en parler plus tard. Ne mentionne ni l’écart, ni les douloureux phonèmes crachés plus tôt, non. Boo se contente de tituber jusqu’à la ferraille rassurante de ta caisse, n’attendant que de s’effondrer sur le siège et ne songeant plus qu’à la salvation d’un sommeil qu’il n’a su se procurer, ces derniers temps.
Il ne dit rien.

◊◊◊



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