( haut les cœurs ) + boo in ok



 
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Message  Sujet: ( haut les cœurs ) + boo in ok     Ven 6 Avr 2018 - 21:14

haut les cœurs

≠ boo in ok

la nuit a toujours glissé armel dans une torpeur certaine, perdue dans les vestiges du passé et où se dessine dans le présent l’esquisse d’arbres fruitiers, de sol sableux et de chaleur d’été, de rebondissements de roues sur une route accidentée. et quand de simples yeux fermés ne suffisent pas pour l’imaginer, un paradis artificiel convoité suffit pour le retrouver.

ça a commencé à leurs quinze ans. le cul posé sur le trottoir à fuir la réalité, les chaussures esquintées au travail du bitume et les courses effrénées pour fuir les proprios des cuvettes cassées. avec boo ça a toujours été un peu mouvementé ; ils ont eu le goût de la vitesse, de la clope et de la fraternité à leurs lèvres fatiguées de parler, mais jamais celui de la routine tant redoutée ; ils ont marché en dents de scie au rythme de leurs années de vie.

la radio murmure du nirvana, et le petit grésillement fait frémir ses souvenirs, ravive et réchauffe le soleil qui s’évanouit au creux de sa poitrine : prise ces derniers temps, le coeur chargé et le cerveau confus à force d’y penser. les nuit ont été chaotiques, presque pathétiques à se perdre dans les boîtes et à se soûler à s’en rendre amnésique. parce que pour la première fois, y’a des souvenirs qui ne sont pour lui que des remords.

et puis y’a eu la soirée avec boo et yuta, et ça lui a fait du bien. parce que malgré les insultes à la volée et les bières consommées, y’a eu leurs présences pour l’arracher de cette bulle qu’il s’est créé ; nocturne, vagabonde et destructrice ; comme à l’accoutumée mais cette fois accompagnée de vraies noires pensées, celles qui ne sont jamais assouvies que par la miséricorde et non par le plaisir du pêché.

mais boo il le connaît ; il connaît son sourire quand il est vrai. il devine quand y’a l’amertume qui ronge ses commissures, la tristesse qui mouille un peu ses yeux. parce qu’il l’a connu plus mielleux, avec la voix plus chantante, et les transitions aux sourires plus soucieux. et il en a reconnu l’aspect, pendant la soirée, sous couches de paroles rassurantes, mais d’illusions débordantes.

la nuit bouffe la route, et les rues désertes empruntées loins des quartiers bondés éclairent faiblement la voiture, réchauffent à peine ce froid installé. les doigts d’armel se lèvent du volant, viennent tourner la radio au volume le plus bas, et c’est le silence qui pèse désormais tout entier. il peut plus supporter d’être inquiet. eh, boo.

— pourquoi t’es parti sans rien dire ?

ses yeux s’attardent sur boo, ce visage tant regardé, ses traits un peu idéalisés, aux évocations de fragile amitié. cette moto qu’il a vu se garer à busan, dans des rugissements qui le faisaient déjà frissonner. parti avec. occupé à tenir à bout de coeur ses constructions branlantes, armel n’a pas eu le temps de s’en apercevoir, de s’inquiéter ; peut-être parce qu’il sent la présence de boo comme constante, comme acquise à ses côtés. et il voudrait le secouer, lui dire de pas tomber. leurs mèches virevoltent aux à-coups du vent qui s'infiltre doucement à travers la petite fente cédée par la vitre abaissée.

— j’ai l’impression que tu mens, quand tu dis que ça va.

il rajoute. le nirvana ronronne encore un peu, infime. ça lui pèse de voir les choses changer ; les instants devenir souvenirs, parce qu’il aimerait les garder vivaces, impacts. ça gronde un peu, alimente cette violence nostalgique en lui, mais sa douceur fraternelle l’embrasse, blanchit ses phalanges accrochées au volant, fait vibrer ses lèvres  accrochées à leur équilibre palpitant.

◊◊◊

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Message  Sujet: Re: ( haut les cœurs ) + boo in ok     Dim 8 Avr 2018 - 13:06

haut les cœurs

≠ oh armel

Paradis crevés d’étoiles éparses, l’azur aigri en ce soir crépusculaire semble se rire de tous les poisons qui nécrosent ses poumons – lui suit son exemple en grillant une énième Marlboro, son paquet fétiche souillé de tâches cramoisies l’empêche d’oublier l’ampleur des dégâts et pourtant. Pourtant Boo sourit, se laisse bercer par la caresse tendre du vent dans sa tignasse emmêlée ; lèvres enroulées autour de la clope, peu enclin à rompre le silence déjà confortablement comblé par Nirvana.
Il aurait dû se douter que, si lui était un lâche sans égal, tu saurais pourvoir à ses lacunes. La question coule dans ses oreilles, pareille à de l’or liquide, brûlant ses défenses si prudemment érigées – masque derrière lequel il s’est réfugié avec la hardiesse d’un prince en fuite, décidé à faire profil bas en des contrées éloignées. L’inconvénient, c’est qu’il n’avait pas eu la présence d’esprit de fuir, et que l’honnêteté tirant ses traits avait probablement participé à sa dénonciation.

Pourquoi t’es parti sans rien dire ? Et lui crève d’envie de répondre que tu n’as rien demandé, que tu ne t’es pas formalisé tant que ça ; commissures blanchies autour du bâton de cancer et lui se sent bâton de dynamite, prêt à détoner au premier faux pas. « J’en ai pas vu l’utilité. » Mensonge qui ourle ses lippes et virevolte sur sa langue en venin passif agressif, l’amertume se pelotonnant dans les confins déjà gangrenés de sa cage thoracique. C’est plus froid qu’acerbe mais son sourire, mêlant fausseté au sentiment injustifié d’avoir été abandonné, le cafarde sûrement plus que tout ce qu’il aurait su dire.

J’ai l’impression que tu mens, quand tu dis que ça va. Cette fois c’est un soupir qui réussit à s’extirper des recoins congestionnés de sa gorge, enroulée dans des bandages bâclés pour mieux en couvrir les hématomes violacés – ses doigts s'entortillent maladroitement autour de la bouteille de vodka coincée entre ses cuisses. Il prend le temps d’en avaler une bonne partie avant de se risquer à répondre - sans réellement savoir s’il alimente son courage ou, au contraire, sa couardise. « Je vois pas de quoi tu parles. Et je vais bien. » Crédibilité éclatée au contact du goulot, un rire acide irritant la lisière corrompue de sa bouche.

« Pourquoi ça t’intéresse, d’un coup ? » Probablement que c’est l’ivresse qui déverse petit à petit ses pensées les plus noires le long de ses crocs émoussés et lui ne parvient plus tout à fait à les ravaler, assailli par le désir brutal de dégobiller toute l’escarrification forçant son myocarde à palpiter de fiel et de dégoût de sa propre condition. Mégot éteint et jeté dans le cendrier, c’est une fois un vrai joint sorti des tréfonds énigmatiques de ses poches qu’il s’autorise un nouvel éclat de rire, brisé et dénué de toute once joyeuse. « Et pourquoi j’irais pas bien ? » Bédo allumé d’un coup sec de son vieux zippo, et la brise lui semble subitement plus agressive, mordante. Alors il suit son exemple – et son instinct.

« Laisse-moi deviner. Est-ce que c’est parce que personne a eu la délicatesse de prendre des nouvelles ? » Quintessence du problème – la solitude dans laquelle il s’engouffre, par dépit pur et dur. Coincé à mi-chemin entre l’envie féroce de s’ouvrir et s’abandonner à l’aide offerte en sous-texte et celle, obstinée, de verrouiller la moindre de ses pensées en représailles à toute votre inattention. C’est finalement la seconde qui l’emporte, agrainée par la conviction ferme qu’il ne s’agit que de pitié face à la pâleur blafarde de ses joues ; pourtant dieu sait que son cœur déborde d’un amour intense à ton égard, lui-même soutenu par les années à se retrouver – sans besoin de se courir après. Dieu sait qu’en d’autres circonstances, sans toutes les influences cramponnées à ses épaules – il se serait confié. Aurait laissé chacune de ses inquiétudes se répandre à-même le parterre de ta voiture, de l’impression âpre d’être irrémédiablement seul à celle, ténue mais piquante, de l’avoir toujours été. « Tu te poses trop de questions, Armel. Ça va. »
L’alcool inonde sa conscience, et l’atmosphère noie sa confiance.

◊◊◊


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Message  Sujet: Re: ( haut les cœurs ) + boo in ok     Lun 16 Avr 2018 - 14:57

haut les cœurs

≠ boo in ok

Tu te fous de moi ?
Ça dépasse, sprint de colère qui passe l’arrivée de ses lèvres, s’écrase et se cogne une fois sorti, se perd à peine dans le regret car tout de suite, Armel se sent juste démuni face à ce portrait d’ermite, cet isolement dans lequel se terre Boo et qu’il est impossible d’arracher, de toucher, d’effleurer, de caresser.

Y’a que la boisson et le joint qui appâtent le grand, éveillent les restants
de sens de Boo et de sa jadis présence, celle qu’Armel a aimé, chéri, voulu vainement conserver.
T’as pas vu l’utilité de nous dire que tu partais ?

Y’a ses yeux qui se posent sur la bouteille de verre entre les cuisses de Boo, dont il se nourrit longuement du liquide brûlant, ses phalanges qui se serrent un peu plus sur le volant. Et tout d’un coup, ce semblant de présence, ce fantôme de présence, Armel ne voit plus que celle diablesse de l’alcool dans le sang, et contrairement aux années d’avant, c’est plus aussi marrant.

Si t’allais bien, tu boirais pas comme un trou dès que t'en as l'occasion, il a envie de dire que lui aussi, il y connaît quelque chose, que lui aussi il se laisse câliner par les bras du monde plus doux que lui offre la boisson, mais la colère lui fait gonfler une fierté piquée à vif en cette soirée. Yuta fait la même.

C’est le constat, ça tombe comme les lampadaires qui passent dans leur champ de vision et s’évanouissent à chaque kilomètre mangé par la bagnole éreintée qui court à travers Séoul de sombres étoiles illuminé.
Y’a chez Boo tout d’un coup une amertume qui le fait suinter de paroles qu’il aimerait fausses, pourquoi ça t’intéresse, d’un coup, mais y’a une vérité qui flotte et qui lui vaut ses sourcils qui se haussent. La vérité de Boo, celle qu’il ressent. La violence de ce fait alimente celle d'Armel qui culmine dans la dualité de son âme damnée. Le sous-entendu enserre d'une pression glaciale ses deux mâchoires. Armel se heurte au sentiment d'avoir été absent, lui qui se sait si envahissant ; il se heurte à la mise à feu de ce qu'il a cru établi ; se heurte une fois de plus à la perte de ses repères -ceux dont il a jamais voulu, mais qui le rassurent pourtant. et pourquoi j’irais pas bien ? joint allumé, fait frémir davatange la colère qui colle à sa peau comme une saleté de provocation, laisse-moi deviner. est-ce que c’est parce que personne a eu la délicatesse de prendre des nouvelles ?

y'a ses doigts qui frétillent d'envie d'aller éteindre ce joint et d'éclater la bouteille de verre, éloigner ses compagnons de vie qui éloignent de la vie d'Armel son compagnon à lui. parce que d'accoutumée, c'est plus facile pour communiquer, mais ce sont que sur les banalités ; les choses graves semblent mal se copiner avec. et dans la rare lucidité de sobriété de ces derniers semaines, l'amertume d'Armel n'en est que plus réalité.

— tu t'en vas sans rien dire, tu t'attends à quoi ? on peut pas deviner quand tu vas pas bien. surtout quand t'affirmes le contraire.

et même si armel en comprend le fond, la forme lui fait mal. boo lui a jamais parlé comme ça, à deux doigts de cracher ses maux ; il lui a jamais paru aussi loin et proche en même temps. tu te poses trop de questions, armel. ça va.

— alors si je me pose trop de questions, réponds au moins honnêtement, pourquoi tu mens, boo ? c'est quoi, ce qui va pas ? tu peux me le dire, tu le sais, alors me rejette pas, pas encore une fois.

armel, pris par son instinct, à vif, hypersensible de cette provocation au bout des lèvres boo, adresse un regard qu'il n'a jamais décidé aussi noir, et la bouche débordante de vérité qui sort sans pouvoir se contrôler. et rempli de remords, armel ne veut plus de regrets. même s'il regrette déjà la brèche qu'il vient d'ouvrir.

— et éteins ça. t'es déjà défoncé.

le nirvana n'est plus que silence, comme un lointain souvenir, et dans la voiture il est réduit à néant autant que le tonnerre lui gronde assourdissant, derrière la précarité de leurs mensonges et de leurs faux-semblants.

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Message  Sujet: Re: ( haut les cœurs ) + boo in ok     Hier à 0:45

haut les cœurs

≠ oh armel

Lippes pourléchées après une gorgée un peu trop longue pour pas avoir laissé un sillon brûlant dans sa trachée et Boo se retient de rire quand toi tu t’excites, l’alcool se faisant pâte molle au fond de sa bouche – et peut-être qu’il se trompe, que c’est pas la vodka mais l’amertume, avec des relents de culpabilité dès l’instant tragique où il sent l’inquiétude couler d’entre tes doigts. C’est pas qu’il voulait pas t’énerver ; c’était même sous-tendu dans l’extension de ses plans puérils. Il voulait pas faire mal, il voulait juste faire. Générer une réaction, quelque chose – un déclic qui l’aurait forcé à poser la bouteille, à éteindre le joint et à se reprendre en main.

T’as pas vu l’utilité de nous dire que tu partais ? « Faut que j’le répète ? » Arrogance, insolence sur le bout de sa langue venimeuse – cocktail qui se fait molotov contre les parois de ses joues et l’envie de sourire se déchire, étouffé par ses mâchoires trop serrées. Si t’allais bien, tu boirais pas comme un trou dès que t’en as l’occasion. Yuta fait la même. « Bravo, Sherlock. » Pointe de sarcasme, comme une tentative avortée d’effleurer l’humour, de l’inviter entre l’agressivité et les reproches juste assez durs pour faire fleurir des hématomes violacés à même son âme fatiguée.

Silence qu’il comble d’accusations vides de sens, agrainé par les blessures qui n’ont pas encore eu l’occasion de cicatriser, rouvertes dès qu’il dépasse hongdae et lui préfère gangnam, perdu dans des draps qui ne sont pas les siens – mais ceux de son cousin. Tu t’en vas sans rien dire, tu t’attends à quoi ? On peut pas deviner quand tu vas pas bien. Surtout quand t’affirmes le contraire. Cette fois un rictus fend ses lèvres et son regard brûle, pourfend la nuit juste pour ne pas avoir à te regarder toi ; « Mh. » Grognement las, ça monte et ça descend à chaque inspiration, l’épuisement chronique et l’euphorie alcoolique se muent en agressivité physique et c’est comme si ses veines avaient triplé de volume, pulsant haineusement en quelque tentative vaine de s’échapper de la prison de son épiderme joliment abîmé. « C’est pas ça, le problème. »

Alors si je me pose trop de questions, réponds au moins honnêtement, pourquoi tu mens, boo ? C’est quoi, ce qui va pas ? Tu peux me le dire, tu le sais, alors me rejette pas, pas encore une fois. C’est trop, trop et pas assez en même temps – ça a souvent été ça, entre vous. Peut-être que vous vous êtes loupés, que y a eu un infime moment où vous étiez juste assez en symbiose pour réaliser que ça ferait que vous détruire. Il éclate. « Encore une fois ? Parce que je t’ai rejeté, avant ? Espèce de connard ingrat, je t’ai couru après pendant des années, tu me jetais dès que t’en avais l’occasion et t’étais qu’un petit con avec moi. Mais est-ce que j’tai reproché d’être aussi froid ? Non, parce que j’étais trop putain d’occupé à me demander ce que j’avais fait de mal. Et maintenant tu me balances que c’est moi qui te rejette ? Mais c’est toi, Armel. C’est toi qui a mis des murs entre nous. »
Et si ces murs pouvaient parler, ils te raconteraient à quel point il s’est pété les poings contre, à essayer de les faire s’effondrer. A quel point il a pris sur lui, à placarder un sourire sur son visage et en essayant de pas remarquer que t’étais gelé, dès qu’il avait l’audace de te toucher.

Et éteins ça. T’es déjà défoncé. Chaque mot griffe l’intérieur de sa cage thoracique et lui prend une inspiration d’autant plus violente, jusqu’à ce qu’il sente ses poumons se contracter dans le vide et que le goût piquant envahisse assez sa bouche pour qu’il en oublie celui de l’alcool – l’intégralité de sa fumée est dirigée vers toi, en une bouffée immature. « Ta gueule, j’en ai besoin. » Gorge serrée, il sent la montée significative de quelques larmes, au coin de ses yeux – les empêche de couler en descendant une nouvelle partie de sa bouteille, ravalant chaque parcelle d’émotion en même temps que la vodka. « Je… » Lèvre inférieure mordillée, la pression s’enroule autour de ses épaules, boa constrictor prêt à broyer le moindre de ses os pour l’empêcher de vomir les fantômes accrochés à sa cage thoracique.

« Ca fait des semaines, des mois que j’me sens seul. » Qu’il a commencé à mettre les joints de côté pour multiplier les pilules et étaler un peu trop de poudre sur la table – il a coulé, et maintenant qu’il s’en rend compte, il se chie dessus. « Et j’ai merdé, Armel. Mais c’était qu’une fois, deux ou trois lignes, donc j’pensais que j’men sortirais derrière. » Lippes pincées, l’envie qui gratte sous sa peau et rampe entre ses côtes pour mieux s’y lover – il boit, encore. « J’ai besoin de boire, j’ai besoin d’être défoncé. J’vais finir comme ma mère, sinon. »

C’est pas un appel à l’aide, juste l’étalage pur et dur d’une trouille qui le dévore de l’intérieur – l’idée d’être retrouvé dans un caniveau, la bouche pleine de bile et de mousse après avoir piqué trop à côté de sa veine pourtant si juteuse. « Et j’ai pas pris mes médocs depuis trop longtemps. Ça joue, j’imagine. » Rire amer, ongles enfoncés profondément dans la paume qui ne se presse pas contre la bouteille.

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