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(he's thunderstorms); ❞ jarmel



 
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Message(#) Sujet: (he's thunderstorms); ❞ jarmel Dim 11 Mar - 23:14





les banshees du soir hurlent tout autour de lui, et samaël se nourrit de ses peurs profondes, terreurs immondes – samaël, samaël, samaël. mélopée infernale et qui renverse les sens, comme celle que ce dernier déverse comme du miel, dans les oreilles meurtries par le fiel du han. samaël, il lui conte des berceuses-poison, draine la lumière d'un prince dardé d'ecchymoses. y a de quoi étreindre sa gorge comme le serpent de la genèse, briser les vitraux virides qui protègent si bien son cœur couleur dragée, cœur irisé.

c'est insoutenable, car nahash gagne.
et ja tombe des nues.
tombe des voûtes,
tombe des cieux,
encore,
encore.

y a comme une supernova qui fait écho en lui, et qui éclate les parcelles de son être chatoyant, tissant le néant pour combler les espaces de nébuleuses glaciales. les mensonges de sven lui collent à la peau, infectent son palais de mille saveurs étrangères : la traîtrise, les remords, la colère. le spleen qui fleurit et le blues dans l'âme. ça bouscule l'enfant à peine remis sur la voie de la guérison, enfant peu conscient des douces lames qu'on lui plante dans la peau, et dans le dos, et dans les veines.

trahi. trahi. trahi. et il saigne, cherche à ramasser les lambeaux de sa confiance éparpillés en particules stellaires – en vain.

c'est dur, la réalité. c'est peut-être parce qu'il a trop les songes fondus dans la voie lactée, au fond. peut-être parce que, quand les astéroïdes le frôlent de trop près, il en ressent subitement la morsure brûlante, qui ternit ses sourires aux coutures bienheureuses. romee (nom fracassant, parfois ça brise des silences) lui a déjà fait goûté au burn out et, maintenant, ja se sent comme l'étranger. le spectateur de son monde, et non plus l'acteur qu'il s'est toujours plu à être. celui qui assiste à la déchéance de ce qu'il pensait beau et établi, et qui se laisse ronger par les affres d'un syndrome bien trop idéalisé.

élans auto-destructeurs, dans la candeur d'un homme-enfant qui sourit trop fort, trop vite à la vie.
et sven, il en a profité.
sven, il a jamais été aussi blessant qu'en ce jour. s'il n'a jamais su mettre en vrac ses émotions, s'il n'a jamais pu l'empêcher de rêver librement, aujourd'hui, il a rouvert les fissures du cataclysme sous ses pieds. et c'est dur de trouver l'équilibre.

blackout.
car c'est rien de moins que le sujet armel : démon qui jaillit dans ses pores, bienfaiteur qui vrille son estomac d'étincelles salvatrices. c'est le sujet passionnel, sa cantate obsessionnelle – et parce qu'armel, c'est... c'est armel, c'est tout et rien à la fois. et ça, c'est tellement suffisant pour le submerger, han ja. dans toutes les formes possibles, toutes les nuances inimaginables.

parce qu'armel, c'est sa lubie dorée, les appels éphémères mais les résonances éternelles.
c'est l'incendie, le désastre, son visage endolori,
l'âme qui hurle et qui déflagre, les poings rougis par les vérités douloureuses,
les nuages écarlates sur ses joues, les traînées de jaspe sur ses paupières,
la pensée au beau milieu d'une ruelle, le tonnerre, le parfum du secret,
la souffrance qui le fait vivre, ses pansements doux comme du coton, la tendresse de ses bras et la liberté partagée à deux.

c'est tout ce qu'on vient de lui arracher, à la simple force de sentences dont il s'enveloppe, valse fougueuse qui perturbe son si joli visage. la douleur et le volcan qui pulsent en lui – et ça l'incite à courir, à perdre sa voix dans des volutes acharnées, ses songes qui bouillonnent, la chute qui le guette. son auréole se brise en chemin et ses joues se maquillent d'écarlate : frustration, chagrin, fureur. un condensé qu'il a l'impression de revivre à cent à l'heure, en orbite autour du désastre des astres.

il a besoin de le trouver, de mettre la main sur lui, sur ce traître qui n'a jamais cessé de se jouer de lui.
ja ou le chef des garçons perdus, au désir tempétueux de vengeance – juste parce que c'est lui, juste parce que c'est armel.
mais ça a toujours été comme ça, avec lui.
cette fois, c'est juste... plus pressant, plus vif. plus douloureux, peut-être.
il ne sait pas.
ja ignore pourquoi le sort s'acharne contre lui.
et ja fulgure en pensant l'avoir perdu.

alors c'est la tempête et son palpitant foncé de rouge-carnage, qui le dictent, qui le font ciller sur le tremblement de terre provoqué. la grimace de mal-être sur ses traits s'intensifie, et y a la prison de ses orbes qui cherche à se réduire en larmes de rage – mais encore une fois, ja ne pleure pas, non. pas encore. lumière glanée par les artifices des néons, ruelle étiolée et il le trouve enfin, ses yeux hurlant une violence que seul armel est autorisé à voir.

et y a plus rien qui existe, plus rien qui tourne et plus de temps pour l'entraver, lorsqu'han ja se sent revivre sur les échos de ses phalanges brisées, lorsque ce doux visage auquel il a tant fait confiance se retrouve voilé par ses poings hargneux.

un premier coup surprise, aussi irréel que palpable – et ça le sauve pas, non, ça le détruit encore plus qu'il ne l'aurait voulu, petit prince déchu.
un deuxième, administré dans une plainte désespérée, timbre qui s'effondre, cordes vocales qui s'effritent, il veut pas le perdre.
le troisième, pour espérer panser ses plaies, faire saigner armel autant que lui, il saigne – saigne d'une trahison, saigne de ses peines récentes, maelström de sentiments comme des dessins d'enfants.
le quatrième, pour que ses mains hurlent à l'agonie des utopies.
le cinquième, pour lui dire je te hais.
le sixième, pour lui dire je t'aime.
et puis le septième, pour finir de piétiner ce qu'il croyait de si vrai.

sauf que ça a jamais été vrai, au final.
(et y a son cœur qui cogne, cogne, cogne,
et ses orbes embués par le puits de ses émotions,
et les remparts de ses mains qui se pourprent,
et tout de lui qui cherche autant à fuir armel, qu'à se blottir contre lui).
c'était des mensonges, des paroles en l'air. des regards orchestrés et une alchimie factice.

il aurait pas du y croire, ja.
il aurait pas du danser avec le diable.

◊◊◊

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@Han Soo Yun a écrit:
J'savais qu'on allait la sortir et j'aurais du parier sur toi, le roi des vannes pourries.

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Message(#) Sujet: Re: (he's thunderstorms); ❞ jarmel Dim 11 Mar - 23:22

merci baudelaire pr cette oeuvre
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Message(#) Sujet: Re: (he's thunderstorms); ❞ jarmel Sam 17 Mar - 16:09





ce soir il a la mine des jours remplis et des nuits vides, de ces nuits à combler ses désirs noirs qui le tiennent en grippe et lui remuent les tripes. armel a encore la satiété au coin des lèvres, la satisfaction factice d’un monde qui s’écroule au fond de sa poitrine, les poussières de ses constructions fragiles dans ses cheveux de jais et les vagues de ses souvenirs dans le mécanisme de ses os usés. mais d’un mouvement de rien
et tout disparaît.

sur le bout de la langue l’alcool mentholé, et les caresses étrangères au creux de sa paume rejetées, non, non, ce soir il veut juste danser. peau satinée par la sueur, lèvres moites par la boisson, souffle coupé par la valse, les minutes semblent éternité ; figées. comme l’dernier soir avant l’atterrissage forcé.

et puis dans les boîtes ça pue un peu moins la corée, la réalité. les faisceaux des projecteurs imitent les relents du soleil, le choeur des corps la chaleur tropicale et les tambourinements des enceintes les chants du monde. c’est le royaume d’illusions dont armel est souverain ;
et la cour de ce royaume s’effondre à chacun de ses pas, et peut-être qu’il l’a pas été,
qu’il a juste été le  s o m b r e  b o u f f o n  du roi.
le sourire n’a jamais été aussi vrai, aussi empreint de plaisir. celui de se réconforter une dernière fois dans les bras de ce monde d'imitation, de faux équilibre et de la plus chimérique des libertés.
ses yeux virevoltent après les heures, et enfin l’appel d’air vient se faire sentir quand la tête lui tourne de tourments d’ivresse ; et armel vient enfin remplir ses poumons d’air frais.

et il voit presque les visages tirés, épanouis, les traits soulagés et les pommettes abîmées ; les mains baladeuses et les larmes salées, les mensonges crachés et les vérités cachées, les baisers volés et
un dernier grand sourire
avant que s’écrase sur lui l’avalanche de phalanges souillées.
la violence qui le percute vient faire vibrer sa colonne, irradie et réveille en lui ses sens primaires, ses couleurs les plus obscures, son rouge le plus intense. et le battement entre deux droites,
c'est ja,
c'est lui.

il voudrait presque crier temps mort, lui serrer la main avant de se la prendre en pleine gueule, lui demander juste comment ça va. mais les coups s'enchaînent et ses mâchoires s'entrechoquent, détruisent les parcelles de son sourire, annihilent toute fibre de son corps qui crie tendresse en voyant ses traits pour le troquer avec une haine vengeresse.
parce qu'avec ja, c'est pas comme ça, c'est pas que ça. c'est pas que dans la rage qu'ils se retrouvent.
parce qu'armel il voit en ja son mal qui l'habite et ses fautes dégueulasses, ses regrets, tout ce qu'il est et ce qu'il a jamais été. il voit en ja sa douceur débordante et sa violence étouffante, toute son ambivalence, toute son excessivité ; son contraire imparfait.
mais ce soir, y'a pas tout ça.
y'a que de la haine.

le goût du sang domine désormais celui de la menthe : la violence prend la main sur la tendresse.
et son coeur s'emballe.
il veut le détester, le massacrer.
les coups marquent ses joues, éclatent sur son nez.
au dernier coup de ja, armel recrache toute ses pulsions, son endorphine mal-placée et sa  
 c u l p a b i l i t é.

il le déteste, parce qu'il incarne tout ce qu'il a gâché.

ses tympans le lancinent, son visage frétille d'une douleur à peine absorbée par l'alcool ; et armel vacille. il veut tout lui rendre, le secouer pour qu'il disparaisse (mais non, pas vraiment) alors quand il retrouve son appui, il transforme toute la douceur qu'il aimerait lui donner en la violence la plus extrême et ses phalanges s'abattent sans pitié sur ce visage trop doucet, avec une brutalité naissante au creux de son ventre.

peut-être que c'est juste plus facile de le détester lui que de se détester soi-même.

ses deux mains viennent s'accrocher au col de ja, froissant froidement le tissu entre ses doigts brûlants. l'alcool lui rend la parole sèche, la frustration le regard méprisant.

— va te faire foutre, ja.  et le déni lui donne que ça à dire. la vulgarité et l'alcool dansent en rond dans sa poitrine, son crâne hurlant sa souffrance et des mots d'amour ratés. et ses yeux implorent de
rester.

il a pas le droit de le forcer à redescendre de son nuage euphorique. et puis il se souvient, toutes les fois, toutes les choses sales, les paroles acides au sujet de ja auprès de romee et sven. opportunisme obsessionnel, possessivité destructrice, non-dits routiniers. est-ce qu'il les a pensé, rien qu'une seule fois? son venin, sa toxicité latente. ses mains s'agitent, viennent secouer ja sèchement puis le lâcher comme si son contact en était douloureux. et il voudrait, il aimerait tellement le prendre contre lui, s'excuser à demi-mots, mais la haine bouillonne encore en lui, et il ne sait même plus exactement
contre qui elle est.  

ultime relance d'une colère noire, et s'infiltre dans ses veines bleues déjà la passion rouge de la perfusion de vie que sont ses yeux,
à lui, à ja, à eux.

◊◊◊

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Message(#) Sujet: Re: (he's thunderstorms); ❞ jarmel Lun 28 Mai - 0:37





et c'est l'opacité solitaire,
le pur instant de la nuit noire.

gamin au cœur trop effréné se laisse consumer, enlisé dans les miasmes bouillonnants de la rage immaculée, de la haine griffonnée sur fond d'amour bleuté, de la tendresse infiniment survoltée. les merveilles de son être déflagrent en mille copeaux d'astres esseulés, étoiles torturées par leur propre solitude – et y a tout qui se brise, quand il croit perdre celui pour qui sa poitrine tombe en lambeaux. l'amertume lui obstrue la gorge d'un gouffre plus béant encore que les enfers, plus destructeur qu'un miroir sans fond. la douleur est inouïe, parce que son essence est inouïe.
mais c'est pas qu'une simple contradiction, non.
c'est le paradoxe qu'est han ja tout entier – cœur d'enfant dans un corps d'adulte, pieds sur terre pour tête dans les nuages.

alors y a les souvenirs enivrants qui voltigent, les vagues à l'âme qui lui donnent le vertige,
lentement, lentement...
(trop vite.)
(beaucoup trop vite.)
(à la vitesse de la lumière.)
(plus fort et plus loin que la célérité de l'univers.)

et il tombe, ja.
il tombe à s'en éclater les os, à s'en briser la colonne, à s'en fissurer les tempes.
il tombe sans espoir de se relever, uniquement animé par la terreur de l'injustice – alors même que, de ses plaies, s'écoule en sonate silencieuse la poudre luminescente des étoiles. parce qu'il saigne, lui aussi. parce qu'il saigne le cosmos, fils de la lune aux prunelles frappées par le soleil, maître d'un monde où les ténèbres épousent la lumière.

et dans son monde, armel est son obscurité.
dans son monde, il ne fait qu'un avec le garçon de foudre, ange éthéré étreignant le vice mortifié, comme la balance des âmes le voudrait.
un équilibre qu'il a toujours cru tangible, ja.
un équilibre qui s'effondre sous ses yeux, aujourd'hui.

c'est étrange...
il n'arrive plus à s'arrêter de le frapper.
c'est comme un besoin, un éclair de folie dans l'air électrifié.
il le veut, il le veut, il le veut.
(qu'est-ce qu'il veut ?)
(question sans réponse.)
mais ce qu'il sait, c'est qu'à ses yeux, armel n'a jamais été autant détestable qu'en ce jour. qu'il ne lui a jamais paru aussi dégueulasse qu'à cet instant. et même son odeur l'est, dégueulasse. les vapeurs d'alcool entêtantes alimentent l'énergie qui noie son enveloppe, et ja se perd dans une litanie de coups désespérés, blessé au plus haut point d'y avoir seulement cru.
blessé que sa confiance ait été altérée.
blessé que cet enfoiré ait souillé leur promiscuité trop précieuse – qu'il se soit bourré la gueule juste après, avec la conscience parfaite d'avoir tâché le marbre de son dos.

tant pis.
ça lui apprendra, parce que c'est son erreur à lui.

la frénésie l'emporte au-delà des nuées, lui fait toucher les sphères de quelques doigts ensanglantés.
il s'en veut, il s'en veut, il s'en veut.
(parce qu'il l'aime, parce qu'il l'aime, parce qu'il l'aime.)
et il a jamais voulu que les choses prennent une telle tournure, au fond – il a jamais voulu venir lui casser la gueule d'une seconde à l'autre, sans se justifier, juste pour abîmer ce visage d'ordinaire si beau.
(mais qui lui paraît si laid, aujourd'hui.)
c'est que ça fait mal, et qu'il a besoin de lui crier. de savoir qu'armel en a quelque chose à faire, de ses états d'âme. qu'il se rende compte à quel point ja ne désire rien d'autre que de l'avoir dans ses bras, avec lui, loin des voûtes écarlates et des marécages solitaires.

ses poumons brûlent et ses muscles le tirent, prince déconcerté par ses propres pulsions rougeoyantes. à fleur de peau, il lui semble que leurs deux cœurs ne sont que de vastes flambeaux, alors même qu'armel réplique violemment, le faisant descendre de son nuage d'euphorie.
ça y est.

il se haïssent ensemble, et ça lui rappelle qu'il est en vie.

si les poings du han s'embrasent de flammes mortes, son visage, lui, se constelle d'étoiles maudites, portrait si doux tressaillant sous un coup unique. la douleur le prend par surprise, presque rédemptrice – et ses traits enfantins, lisses d'une pureté stellaire, se confondent en arabesques écarlates.
armel qui l'embrasse de ses phalanges, lui faisant goûter au philtre infâme du sang, auquel ses lèvres ne s'accoutumeront jamais.
il l'a bien mérité, pas vrai ?

il veut croire que y a un fond de douceur, là-dedans.
qu'armel l'aime, quelque part.
(aime-le comme il t'aime.)
(déteste-le comme il te hait.)

ja s'emballe en bouffant cette rafale de douleur, le début d'hématome ornant sa pommette malmenée. il ne sait plus où donner de la tête, parce que ses pensées se sont envolées en étoile filante – et tandis qu'armel l'attrape férocement par le col, lui arrachant une infime plainte gorgée de souffrance, le grand rebelle fait pétiller ses yeux de mépris, désireux d'en découdre à tout prix.
quel traître, pense-t-il.
c'est si dur, d'accepter ça.
tellement dur qu'il ne peut contrôler l'intonation de sa voix, ses yeux embués par la révolte et les flots s'écarquillant de plus belle. « putain, mais c'est déjà fait ! tu me l'as bien mise, hein armel ? tu t'amuses avec les gens, parce que ta vie est pourrie et que tu sais pas quoi foutre de tes dix doigts. ça t'amuse, de faire ça ? ça te fait plaisir de mentir comme le pire des salauds ?! PUTAIN DE CONNARD VA ! » trop tard, il s'emporte à s'en époumoner, le timbre de voix qui explose de rage. l'apothéose pour espérer expier des fragments de rêves brisés. mais c'est fini, parce que y a déjà le rire jaune qui pointe. et l'enfant d'ordinaire si joyeux se laisse abattre par le courroux du crève-cœur, résigné. « tu me dégoûtes, vraiment. » pourquoi ? « t'es... t'es le pire. » depuis quand ? « je te déteste. je te déteste, je te déteste vraiment. » depuis toujours? « JE TE DÉTESTE, T'ENTENDS ARMEL ?! »

l'élu des cieux s'extirpe de l'emprise destructrice, les lèvres pincées sous la terrible émotion qui écrase son palpitant. ses orbes vacillent, comme un long sanglot chargé d'adieux – et il a l'air misérable, ja, à se ruer vers celui qu'il prétend haïr, simplement pour l'empêcher de voir ses yeux s'empourprer. simplement pour tenter de lui cacher le chagrin qui habite les régions de son visage, pour crier ce qui pèse sur lui depuis des années. pour s'acharner sur armel, encore et encore, dans l'attente que tout s'arrête, dans l'attente qu'il le prenne dans ses bras, et qu'il lui dise que tout ira bien, qu'ils iront bien.
alors le han soupire ses frustrations, la paupière voilée par le vulgaire d'un bleu mystique. il s'effondre sans attendre sur celui qu'il chérit plus qu'il ne veut bien l'admettre, ses poings cherchant pourtant à le repousser, sans jamais qu'il ne veuille s'en séparer.

il le frappe, encore.
mais ce sont des coups sur la poitrine, des coups d'enfant.
des coups qui implorent « arrête-moi ».
des coups qui meurent, comme les volutes de son souffle dans les airs.

et ja peine à rouvrir les yeux, les tripes tordues par l'angoissante vérité.
« je sais tout ce que t'as fait, armel... »
un murmure, dans le silence maculé de sang.
il refuse de le regarder en face, refuse de lui refaire confiance.
« tu m'as toujours haï, quelque part. alors pourquoi ? pourquoi tu fais ça, hein ? t'as besoin de te prouver quelque chose, c'est ça ? » pourquoi avoir prétendu le contraire ? pourquoi rester, quand y a rien que de la haine et du mépris ?

le ciel sur ses joues.
(et toute son âme qui tremble.)
(et ses sentiments qui chavirent.)
(et sa voix qui se brise inéluctablement, sous l'assaut de sa propre conscience.)

il s'en veut déjà de craquer à ce point, et d'être vulnérable au fracas de l'amour. la passion brute qui le tue, et la jeunesse qui le fait renaître. han ja se laisse déborder sur la poitrine de son assaillant, les complaintes se hissant dans la fraîcheur nocturne, le faciès dégoulinant échoué sur une épaule qu'il aurait voulu repousser. « dis-moi au moins... » c'est peut-être leur dernière conversation. « dis-moi en face ce que tu penses, armel. tu vas partir, et tu vas me laisser, pas vrai ? alors cette fois, arrête de fuir comme un lâche. donne-moi une raison. donne-moi n'importe quoi, mais parle-moi. »
et ne me laisse pas.

◊◊◊

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@Han Soo Yun a écrit:
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Message(#) Sujet: Re: (he's thunderstorms); ❞ jarmel Ven 24 Aoû - 22:28





et c’est alors,
qu’une terrible vérité
l’engloutit tout entier. elle lui brûle ses tempes assourdies, fracassent même ses derniers mensonges endormis. elle lui assèche les tréfonds de sa gorge nécrosée par la mythomanie,
et il comprend
ce qu’il a toujours compris au fond de lui. c’est au revers du flot acide des paroles de ja, qu’enfin, tout s’éclaircit. il berce cette vérité presque tendrement, la cajole et arrache même pour elle les sutures qui scellent son âme rongée par le temps. armel s’offre à elle, car il comprend qu’il faut la laisser entrer, maintenant.

à lui seul,
ja
incarne tant. rayon de soleil qui fend la surface de l’océan quand armel se trouve dans ses plus profondes abysses, pour lueur craquelée de la lune quand ses instincts les plus cruels l’engloutissent.
et ce qu’il comprend (même comme ça, quand les néons du lieu percutent la pente fine du nez de ja et glissent sur sa peau sublimée par tous les coups bas)
ce qu’il comprend, surtout, c’est…

qu’il admire ja. car c’est un garçon qui parle aux étoiles et borde les astres, tandis qu’armel côtoie les abîmes et les désastres. c’est ja au plus près du ciel et armel au plus profond de la terre, ja et armel les semblables trop contraires. il voudrait alors lui demander si un jour lui aussi, il serait promis à autre chose que le goût de l’enfer. il aimerait (tant) que ja le rassure, lui fasse quitter terre-mère. et peut-être alors un trou de ver où s’y cacher s’offrirait à eux, pour y échapper à la fin tragique et prétendre à un avenir éther au bout de ce voyage
i n t e r s t e l l a i r e.

toutes ses rêveries ne se feront jamais sans ja. car si l’un compose avec la mélodie des jours noirs, alors l’autre tourbillonne dessus en valse ; et quand l’un étreint le bonheur, l’autre aussi l’enlace. ils se complètent, d’une certaine manière qui se fasse. alors
quand ja lui répète qu’il est un connard, qu’il le déteste, qu’il le dégoute même,
une partie de sa valve se meurt un peu dans son abdomen.
je sais, je le sais.
ses orbes viennent même à être écrasées par le poids de cette vérité, mais rien ne sort, pas même une larme salée. y’a juste une fine pluie qui ruisselle sur lui.
et ses doigts qui encerclent les poignets de ja calmement quand il vient à tambouriner faiblement sa poitrine incisée à blanc. pas pour l’arrêter, ni se faire pardonner. juste pour signifier
qu’il est présent.

— pardon. peut-être qu’il recommencera. car armel ne se connaît pas, tant une entité plus grande encore le contrôle tout entier,
spectre d'une mortuaire liberté.
je suis là. pardonne-moi, et je reste là. je partirai pas.

miséricorde qui s'épanouit au bord de ses lèvres et il sent sa myocarde pleurer en trombes ; pourtant ce n’est qu’un néant de plus qui tombe. armel sent petit à petit le fer qui coule dans les interstices de ses canines souillées, et dans les vaisseaux de son nez éclaté. mais la douleur n’est plus. la douleur n’est rien, quand elle est comparée.

— je… les mots se perdent dans les liasses dorées des cheveux de ja. une mauvaise langue qui ne sait que souffler les beaux mots et tisser les faux.
mais il ne sait pas la dire, la vérité, quand elle est aussi douloureuse qu’un coup de couteau.
ses doigts talonnent ceux de ja, et ses yeux se posent sur ses phalanges blessées ; champ de bataille sur les petites montagnes de peaux saignées. ses si jolies mains d’accoutumée. méandres au creux de son âme et il sent son coeur s’effondrer. à cette vision du désastre qu’il a causé.
et il s’en veut, et il s’en veut. — ja, tes mains… faut les soigner. viens.

et il lui prend
le poignet.
comme si rien ne s’était passé.
il l’emmène aux portes du bar et
ils plongent dans l’océan de la nuit,
s’engouffrent vers la porte de sortie,
la musique les happe mais il n’y a que
le silence de l’accalmie.

(c’est une douce mélodie, l’accalmie.)


et s’ils brassent les abîmes, c’est à coups d’ailes infimes qu’ils traverseront ensemble le paradis. lorsqu’une nouvelle obscurité les envahit, c’est celle d’une modique infirmerie.
et ils sont assis,
et ils se sentent
en vie.

et il l'aime. au point de l'assommer de sa passion à coup de poings. ja la lumière quand armel est l'ombre. et elle lui fait du bien, dans cette pièce, la douce pénombre. c'est d'abord fragile, sa main qui brasse le vide pour attraper du coton et du fil. et c'est comme il approcherait une bête blessée que ses mains viennent laisser ja le deviner, avant que quelconque geste vienne l'effleurer. armel compose avec les morceaux brisés. — tout ce que j’ai dit, je l’ai jamais pensé. tu le sais ? dis-moi que tu le sais. j'ai jamais voulu te blesser.

et alors il regarde ses (petits) poings serrés, qu'il aimerait couvrir de baisers pour les réparer. mais c'est déjà fait. une phrase qui se brise au fond de sa trachée, anéantie par le regret.

il s'en veut à en crever.

et c'est le cerveau en effusion consumé par la culpabilité, qu'armel voudrait que ja interprète ce que lui-même n'arrive pas à expliquer. car ce n'est pas aux mots qu'ils se parlent mais aux poings, au toucher. c'est à la fréquence de leurs cœurs qui ne cessent de pulser. une connexion qu'il est impossible d'expliquer, dépasse l'entendement qu'ils n'ont jamais établi, et armel se consume de l'avoir pris pour acquis.

il a terriblement peur d'avoir tout détruit.

— j'arrive pas à te donner d'explications. je veux juste que.. tu me fasses confiance. s’il-te-plaît. une dernière fois. je veux pas te perdre ja, pas toi.

sa main étreint la sienne, et armel l'embrasserait presque de ses yeux embués s'il arrivait à les discerner. mais son toucher est brûlant, éprouvant. il lui rappelle à quel point ses os à lui sont froids, et pourquoi il aimait tant se blottir contre la chaleur de ceux de ja. tant il a besoin de lui, quand son ciel est si noir qu'il n'y plus d'espoir. et ses doigts viennent embrasser de coton imbibé ses phalanges rouillées, et enfin ses yeux vidés se plongent dans les deux gouffres étoilés que sont ceux de son astre opposé.

ceux de ja.

je partirai plus. je partirai pas.



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(he's thunderstorms); ❞ jarmel


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