demons stuck inside our blood (mimi)



 
HEP POTO, tu veux devenir un king de la roulette ? No prob, viens jouer à la Roulette juste ici !
ALOHAAA, C'EST LE TEMPS D'HAWAII, des glaces et des bikinis ! ♥️ Go plonger dans la MAJ honey,
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Message  Sujet: demons stuck inside our blood (mimi)     Jeu 15 Fév - 0:51

demons stuck inside our blood

yeah we got drugs inside our hearts

crépuscule, l’heure où le monde bascule - celui de gunhee est déjà tombé à la renverse, forme un angle improbable et son esprit tangue, tangue et tout son corps tangue aussi. ça le ronge - dans les tympans et dans la cage thoracique, d’un point de vue aussi métaphorique que physique. l'équilibre est précaire, et des envies de tout envoyer valser l’habitent et le menacent. la perte de contrôle l’insupporte, mais la chute est libre, l'atterrissage approche et il sait que s’il se ressaisit pas, il finira la tronche dans le prochain virage. pourtant y’a personne, y’a rien, que le vide, le néant, pour le retenir - chute libre, il a déjà songé à choper un flingue chez hyo pour tirer sur les passants, il a déjà songé à faire un tas de trucs indécents.

c’est ce genre de pensées qui s’installent quand le crépuscule laisse place à la nuit, et que l’étoffe du firmament l’étouffe, et qu’il respire plus dans le petit appartement. sunhee s’est déjà endormie - les joues marquées par les larmes, et les cernes, et les blessures de ces derniers jours. sunhee elle dort, et il ose pas faire un bruit ; il retiendrait jusqu’à son souffle pour pas troubler un sommeil aussi précieux. sauf que gunhee, lui, ne dort pas. il contemple le plafond, seul comme un con. il aurait pu en appeler un autre, un choisir un au hasard - lui dire qu’ils se retrouvent dans le premier bar. les frères d’autres mères, les requins, le peu de famille qu'il lui reste, mais il a pas envie, ce soir. il en étranglerait un, ce soir.

et c’est peut-être cette idée un peu morbide qui l’a poussé à pas se laisser plonger encore plus au fond de lui-même et du canapé. ça l’angoisse gunhee, les questionnements trop profonds, se retrouver en face à face avec lui-même ; ça l’angoisse les sentiments qui se balancent dans sa cage thoracique et qu’il sait pas gérer autrement que par la rage, l’envie de casser des vases, des fenêtres, péter des rotules. c’est peut-être (sûrement) cette idée un peu trop radicale qui l’a poussé à se retrouver loin de tout, à l’angle de toutes les consciences de séoul, là où il est certain de croiser personne, de penser à rien, d’oublier hier et surtout le lendemain.

de croiser personne - mais c’était sans compter sur l’intruse, l’autre, la trop jouette pour lui. faut dire qu’il l’a pas vue venir, qu’il aurait rien pu prédire, et elle non plus finalement. il aurait peut-être pas dû se foutre de sa gueule y’a quelques semaines, mais promis c’était rien de méchant - ça le tuait qu’on puisse être aussi innocent. mais c’est pas une heure pour les fillettes, c’est pas une heure pour traîner dans le repère des loups, ou des esprits tordus. c’est pas une heure pour lui rentrer dedans, effrayée par une minable bourrasque de vent.

alors il jure, les phalanges qui se contractent par réflexe - puis il te reconnait, relâche la pression et renfonce ses poings dans les poches de sa veste, un sourcil arqué, mi-moqueur, mi-perplexe. “qu’est-ce que tu fous là toi ? c’est pas une heure ni un endroit pour les gamines.” il grogne, menaçant par habitude (toujours la même rengaine) mais pas le cœur à y mettre les mêmes fureurs qu’à l’ordinaire.

◊◊◊

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Message  Sujet: Re: demons stuck inside our blood (mimi)     Jeu 15 Fév - 6:33

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yeah we got drugs inside our hearts

Sois sage, il a dit en partant. Pointe d'incertitude dans son regard éteint par la vie, ombre de doute qui traverse brièvement le patchwork de bleus et d'éraflures que créent ses traits massacrés par les récents combats. Il avait pas l'air bien Minie, il avait pas l'air bien de la laisser là et elle lui a juste souri, à son papa. Elle a répondu oui comme une évidence ; comme si elle ne se réfugiait pas chez lui pour fuir l’œil trop perspicace de maman. Comme si elle ne se réfugiait pas chez lui pour mieux shooter sa frêle silhouette à l'acide. Il est parti retrouver le ring, le boxeur, et elle s'est allongée sur le dos, poupée camée, pour se délecter des salves d'hallu intenses que lui offrait le perturbateur ingéré. Baignée par un rayon de lune, paisible— aussi béate qu'assommée, elle a basculé dans son autre dimension. Incapable de déterminer si la réalité est celle qu'elle embrasse lorsqu'elle émerge dans son univers de rêves où tout est parfait, ou celle qu'elle subit au terme de la pénible redescente.

Mimi s'éveille plus d'une vingtaine d'heures plus tard sans la moindre idée de qui elle est. Il est rentré, Minie, entre temps ; a dormi, est reparti — y'a des traces de lui partout dans le désert de vie qu'est l'appart, un plat à emporter qu'elle n'ouvre pas par précaution. Le connaissant, c'est quelque chose d'horrible — poulpe vivant peut-être, ou sèche, puisqu'il a l'art d'oublier avec application, depuis 15 ans, que sa fille est née végétarienne dans l'âme. Tout une journée s'est écoulée, donc, et une nouvelle nuit recouvre Séoul de son lourd manteau, lorsque enfin Mimi touche le sol. Extirpée du canapé-lit destructeur de colonne, elle rampe jusqu'à la douche en quête d'un semblant d'humanité. Ne trouve pas les réponses à ses interrogations muettes sous le jet brûlant. Nourries par la pénombre ambiante, ses angoisses la rattrapent progressivement, voix fantomatiques fredonnant des refrains tortueux à son esprit fiévreux. Elle frissonne et tourne en rond et se blottit dans ses propres bras, mais la lucidité à laquelle elle tente de se raccrocher n'a pas la constance d'un fil d'Ariane ; elle est éphémère, volatile. Fond en un battement de cœur, comme le sucre-nuage des barbes à papa s'érode au contact des doigts. Et sa déliquescence laisse Mimi haletante, éreintée. Les murs se rapprochent et l'appart est soudain cage, elle claustro ; sur un coup de tête elle attrape les clés, s'échappe en oubliant de fermer.

Dehors rien n'est plus beau ni plus avenant. Son spectre de couleur se voile des plus ternes des teintes, et toutes les silhouettes se répercutent difformes et menaçante sur sa rétine. Un vieux réflexe tente de pousser son corps en vrac en direction de Yuta, de Noam, telle une boussole en perpétuelle quête du nord. Mimi résiste. Elle est déréglée par l'aimant dans sa poche, l'amante destructrice aux murmures trompeurs qu'est sa came. Alors sans y penser elle part à l'ouest, pas guidés par mémoire musculaire, jusqu'aux vestiges d'une bâtisse abandonnée favorable à l'urbex. Mimi, elle, n'y va pas pour le thrill ; non : elle y a rencontré un esprit, durant les explorations du club paranormal dont elle était membre à l'uni. Et elle est certaine qu'ils sont amis. La panique qui lui palpite dans le myocarde exige qu'elle se réfugie auprès de quelqu'un de rassurant et ses pensées détraquées se fixent sur ses lubie.

Mais sur place, elle ne se sent pas plus tranquille. Front tapissé d'une sueur froide, frissons courant le long de l'échine et sous l'épiderme. C'est pas pareil qu'en plein jour — c'est sombre et froid et tous les sons se décuplent à l'infini, de son souffle à ses pas en passant par les sifflements menaçants du vent qui s'engouffre par bourrasques. T'es là ? elle quémande pourtant de sa voix tremblante. Le silence lui répond, puis se tranche d'un gémissement qui pourrait être, au choix, une porte grinçant tristement sur ses gonds ou l'agonie d'une victime oubliée. Elle sursaute, Mimi, se fige telle. une créature prise entre les feux d'une voiture, et— ça s'emballe. Est-ce qu'elle délire ? Peut-être. Peut-être pas. Il y a des claquements et il y a des sons et il y a des échos assassins— elle détale. Chute, se lève, tremblante, court, collision. Elle crie, mais c'est faible, membres pris d'incontrôlables tremblements et larmes chaudes lui taquinant les paupières sans parvenir pour l'heure à échapper à l'écrin de ses cils pâles.

Mais ce n'est pas un monstre tout droit sorti de l'imaginaire cauchemardesque, qui se dresse face à elle. C'est l'un des amis de Yongmin ; celui qui faisait la manche pendant un temps. Sans y penser elle se raccroche à lui, doigts glacés enroulés dans les pans de la veste qu'il porte, en quête d'un point d'ancrage ou d'un chevalier à envoyer à l'abattoir pour assurer sa propre survie. Y'a quelque chose— y'a un esprit et et et on était amis on se parlait parfois mais ce soir il- il est en colère, elle annone, menton tremblant. Sans se douter un instant qu'en fait d'esprit, il n'y a jamais eu que lui, Gunhee, et les faux sons émis pour la convaincre que les lieux étaient bel et bien hantés. Toi aussi tu lui parles parfois ? C'est pour ça que t'es là ? Elle demande les yeux écarquillés, et tout compte fait ses paumes tentent de le repousser vers la sortie (elle y met son énergie mais il ne bouge pas d'un pouce, ne semble même pas s'en apercevoir). N'y va pas. Non non non il te ferait du mal. Et il repousse ses mains sans qu'elle ne résiste ; déjà son regard s'égare, à Mimi, perdu dans le vide, sourcils froncés en une confusion évidente. Détraquée. Elle s'enroule de ses bras en quête de réconfort, glacée. Mais la seule chose qui puisse faire son monde tourner droit, c'est la potion magique ambrée caché au fond de sa poche. Celle qui propulse dans l'utopie psychédélique qui la fait se sentir presque bien. 

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Message  Sujet: Re: demons stuck inside our blood (mimi)     Dim 11 Mar - 13:40

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il sait plus ce qu’il cherche - les torpeurs d’un joint et le creux de la solitude, ou un truc à ressentir du plus profond de ses entrailles. c’est peut-être pour ça qu’il vient se perdre dans les boyaux de seoul, seoul l’enivrante. il vient se perdre loin du fourmillement, dans les artères que si peu connaissent ; il vient s’y oublier, lui et tout le reste aussi. parce que parfois c’est plus simple de fuir les responsabilités et les claques foutues par la réalité ; parce que le requin se veut solitaire quelque-fois, et que quand ces soirs-là s’esquissent à l’horizon, il fuit avant d’exploser, ou d’imploser.

et dans sa quête absurde, il aurait parié sur tout, sauf sur croiser une âme si frêle. gunhee et elle, c’est comme un tableau improbable ; mimi il l’a croisée quelques fois auparavant, il a cherché à la faire flipper et elle a réussi qu’à avoir l’air encore plus illuminée. mimi il songeait pas vraiment à la fréquenter plus que de raison, il a toujours eu cette idée qu’ils faisaient pas partie du même univers. mimi elle a des airs de princesse un peu à l’ouest, le genre qu’il craindrait de casser en deux s’il l’approchait de trop près. mais il y a le hasard, ou le destin, qui s’est installé ici, un peu de travers ; comme un écho à cette fois où il s’est senti de se faire passer pour le fantôme qu’elle semblait chercher avec ardeur, sans se douter qu’elle serait émerveillée de la situation.

alors il grogne quand il la voit, par habitude - et il se renfrogne encore plus quand elle explicite la raison de son attitude, de ses tremblement successifs et de son air terrifié. “t’es sérieuse ?” il arque un sourcil, sans savoir si il doit en rire, ou trouver ça risible. c’est le vent qui a réussi à l’effrayer plus que lui. “ça existe pas les fantômes, c’est du vent.” pourtant gunhee il sait de qui elle parle - c’est lui son fantôme, et il pensait pas qu’elle y croirait encore à cette histoire, qu’elle irait jusqu’à voir ses artifices comme un ami. puis sa réaction finit par lui arracher un sourire, pas mauvais - seulement provocateur, l’air sûr de lui. “et personne me fera de mal, j’l’éclate quand je veux ton fantôme.” il s’éclaterait bien la gueule lui-même, si il pouvait, parfois. ressentir un truc, un vrai.

puis dans un soupire, il la voit trembler - jette un regard circulaire autour de lui, l’air désabusé, avant de laisser tomber sa veste et de la lui tendre. “allez rentre chez toi avant que y’ait pire qu’un fantôme qui te tombe dessus, gamine.” il assène, sachant de quoi il parle. qui laisse traîner une gosse qui a l’air d’avoir quatorze ans à tout péter dans un endroit pareil, à une heure pareille ? gunhee il a quelques vieux élans protecteurs qui se réveillent ; il veut du mal à beaucoup de monde, mais pas à ce genre de personne - parce qu’il lit dans le creux de ses iris qu’elle est peut-être aussi paumée que lui ce soir. “sérieusement, c’est quoi ton problème ?” il peste, secoue sa tignasse, avant d’hausser les épaules et de la toiser une dernière fois avant de se retourner. “laisse tomber, j’reste là moi.” le dos tourné, il s’écarte un peu plus loin, se laisse tomber dans un recoin, le sien ; y’a ses affaires qui traînent sous les coussins d’un vieux canapé miteux, mité, oublié ici, ses affaires et quelques grammes d’herbes aussi. faut oublier.

la veste, il s’en fiche ; il a des couvertures, et les trucs étranges qu’elle lui a donné il y a quelques temps qui doivent traîner pas loin. c’est son refuge, le dernier des derniers, celui où il est pas retourné depuis qu’il a arrêté de faire la manche et tenté de se consacrer qu’à sa famille, qu’à la musique. échec et mat, gunhee il fuit encore ; il vient se planquer là. c’est ça son problème à lui, c’est un tas de trucs qui le rendent instables et menacent de le faire exploser. le problème c’est que gunhee c’est une bombe à retardement ; c’est quoi son problème, à elle ?

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Message  Sujet: Re: demons stuck inside our blood (mimi)     Dim 11 Mar - 20:05

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Ça. pause, froncement de sourcils. Bien sûr que ça existe ! Et comme pour lui répondre, pour lui donner raison, un sifflement trouble le calme ambiant, déchirant l'atmosphère avec l'écho lancinant d'une plainte. En d'autres circonstances, elle en aurait le myocarde gonflé d'empathie, Mimi. À s'imaginer percevoir les appels d'une âme désincarnée errant entre deux univers, égarée. Mais ce soir, tout sonne menaçant. Le monde a des dents et l'ombre des branches mortes a l'inquiétant aspect de serres cruels ; et Mimi, palpitant à l'agonie et émotions en pagaille, suffoque sous le poids d'une épouvante que son imaginaire amplifie. Privée d'ailes, égarées en territoire hostile, Snow White livrée à ses peurs et à la morsure d'une solitude qu'elle n'a jamais su bien encaisser. T'as pas peur ? elle murmure en le fixant de ses grands yeux écarquillés, oscillant entre incrédulité et admiration — navrée de n'avoir jamais été forte comme ça. Ajoute, presque inaudiblement, de crainte de le vexer : Même pas rien qu'un peu ? et lui d'affirmer : Personne me fera de mal, j’l’éclate quand je veux ton fantôme. Temps de battement, puis : Si tu le dis, elle concède de ce ton clairement dubitatif que l'on réserve aux enfants en plein déni.

Ses certitudes ont le don de la rassurer pourtant— un peu. En filigranes entre ses mots, une assurance insolente quelque peu familière. Yuta est comme ça, aussi : à se rire du danger, lionceau doté d'un cœur de héros. Alors peut-être. Que Gunhee aussi est un héros ? C'est un peu étrange à envisager, car les derniers souvenirs troubles la renvoient à l'époque où, d'un bras tendu, il quémandait l'aide des passants. Mimi renifle, ravalant les larmes qui menaçaient de couler un peu plus tôt, et dont l'humidité joue perle encore à l'orée de ses cils. Chagrin d'enfant terrifiée apaisé par une découverte inattendue. Alors tout ce temps, t'étais un guerrier sous couverture ? Couverture(s) de sdf, littéralement et symboliquement. Elle demande avec un brin d'émerveillement, intérêt tout à fait piqué à présent. Elle le jauge du regard, bouille inclinée, encore plissée de la moue accablée qui maculait ses traits de poupée. Oooh. Comme les grenouilles qui sont en fait des princes ? Hm. Pas certaine. Elle se pense experte en princes, Mimi, et lui n'a pas cette étoffe là. Ou plutôt les anti-héros. Comme Yong Mimine et mon papa Minie. T'as mal à la vie alors tu tapes sur des choses et aussi sur des gens ? Elle évite d'ajouter : mais dans le fond, t'es un peu gentil, parce que c'est la kryptonite des anti-héros et que c'est pas tout à fait vrai. Pas toujours. Parfois Yong Min est vraiment pas un gentil. Et parfois Minie est un vrai méchant — phalanges tatouées du sang des autres, visage dur, et dans ces moments-là même elle a du mal à l'adoucir. Ou parfois même : surtout elle. Dont les rêves éveillés clashent trop violemment avec les ténèbres dont il se fait un manteau. Sérieusement, c’est quoi ton problème ? Il s'agace, et elle n'ose pas répondre. Peur qu'il s'éloigne. Peur qu'il la laisse seule à l'orée du gouffre, avec nulle autre option que de s'y laisser engloutir. Laisse tomber, j’reste là moi. Mais— elle proteste, le talonne. Tu vas pas vraiment lui faire de mal dis ? Ses doigts se tordent les uns contre les autres et ses prunelles analysent les environs avec l'inquiétude d'une enfant hantée, désemparée. Tu peux pas. J'te laisserai pas. Parce que— parce que c'est mon ami. Même s'il fait peur parfois, comme maintenant. C'est sûrement qu'il est malheureux, tu sais ? On peut être aimé aussi, même quand on fait n'importe quoi. Elle aimerait bien que ses proches pensent ainsi d'elle — l'aiment encore. Mais le monde gris est tapissé d'engueulades et de désamours qui la laissent nauséeuse. Elle n'y cause que des tourments.  

Elle a une veste sur les épaules. Tente de se souvenir d'où— depuis quand. Un instant dont elle a perdu le fil, comme souvent ; conscience grignotée comme par des dents de souris. C'est la débâcle dans ses pensées et Mimi s'immobilise, fronce les sourcils et plisse le nez, en quête de ce rien du tout qui lui a échappé. Demeure ainsi le temps de longues secondes de confusion, avant que ses doigts ne se referment sur les pans de la veste dont le tissu exhale une chaleur et une odeur qui ne sont ni les siennes, ni familières. Elle la resserre autour d'elle comme un refuge. Cligne des yeux, émergeant de loin sans plus savoir à quoi elle réfléchissait si fort et en vain.

Il s'est tassé dans un coin, Gunhee. Entre canap défoncé et guenilles effilochées.
J'peux rester avec toi ? elle tente. Approche de quelques pas. Je ferai pas de bruit. Regarde— et du bout du pouce et de l'index, elle se zippe les lèvres pour sceller la promesse. Ça marchait avec Yuta avant, quand il était en colère ; même s'il se contenait surtout par affection et que, face à ce nouvel interlocuteur, elle ne possède aucune garantie. Gunhee, il exude la fragrance piquante des trainées de poudre, traine les chaînes d'un condamné en sursis, et à l'ombre du cloaque en décrépitude qui lui fait office d'asile, Mimi a la sensation de ne plus avoir à prétendre.

À vrai dire, elle n'attend pas réellement de réponse avant de se poser à l'autre extrémité du fauteuil défoncé, jambes repliées contre son torse et menton posé sur ses genoux, qu'enlacent ses bras frêles. Mon problème— (elle entame en chuchotant, parce que la question entendue plus tôt prend enfin sens à ses oreilles, mais qu'elle a déjà promis de se taire ; oopsy) c'est que j'ai toujours voulu être une étoile. Mais qu'à la place je suis devenue un trou noir. Je gâche tout, tout ce que je touche. Tu veux voir ? Elle bascule sur les genoux pour avancer jusqu'à lui sans avoir à se lever, s'arrête juste en face de ses iris lassées. Pose un index au milieu de son front, trace l'arc de son nez, descend jusqu'à son cœur et joint ses mains en pistolet. Boum. Tu meurs, Mimi souffle tout bas, éteinte, avant de se laisser retomber en arrière. Tu fumes, Gunhee ? Demande formulée de ce même timbre juvénile qui contraste désagréablement avec la requête. Si tu partages ta came avec moi, je te donnerai un peu de la mienne. Et on pourra s'inventer des rêves. Ses mains plongent dans la poche de son short pour en tirer la dose miracle à laquelle elle se raccroche. Et ses lents battements de paupières s'étirent sous l'effet d'un sourire éblouissant. Mimi plus alléchée par les hallu que par la réalité ; tableau pathétique s'il en est.

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Message  Sujet: Re: demons stuck inside our blood (mimi)     Jeu 15 Mar - 21:10

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la peur ne s’inscrit pas dans les viscères du vocabulaire du requin ; pas cette peur. il chasse les superstitions à coups de crachats provocateurs et avec force d’airs railleurs, se dresse, moqueur et peu croyant, devant les mystifications. il n’y croit pas, et quand bien même le vent se réveille, siffle autour de leurs carcasses (siffle presque autant que le tympan), il reste de marbre ; la stature comme un bloc de béton armé, il fait partie des murs - c’est peut-être lui le démon. un sourire carnassier déchire sa face quand la demoiselle concède un si tu le dis dans une moue dubitative, avant d’essayer de percer des secrets (des couvertures) qui n’existent même pas.

“alors tout ce temps, t’étais un guerrier sous couverture ?” et sa façon de concevoir l’univers, de s’expliquer le monde comme une mioche le pousse à arquer un sourcil, et il s’apprête à répondre par la négative, dans un premier élan impulsif, avant d’hausser les épaules négligemment. gunhee, c’est pas un guerrier ; ou pas celui auquel elle fait référence en premier lieu, en tout cas. l’allusion au prince charmant lui fait enfoncer ses poings un peu plus au fond de ses poches encore, les yeux qui roulent jusqu’à ce qu’elle le compare davantage à un anti-héros, et la mâchoire se serre. “t’as mal à la vie alors tu tapes sur des choses et aussi sur des gens ?
- si tu l’sais, tu devrais déjà plus être là.
il martèle, le sang qui s’agite à la moindre inflexion, le goût du sang et la sensation des phalanges qui s’éclatent à l’angle des ombres comme seule catharsis ; il la frappera pas elle, mais sait qu’il en faut si peu ces derniers jours pour le tenter, pour attiser le feu qui brûle dans sa cage thoracique. alors les mots sont durs, le regard est peuplé d’ombres contrastées ; il ne souhaiterait pas la heurter, elle, mais les angles des mots enfantins sonnent étrangement justes, et il sent ses tempes battre avec fureur l’espace d’un instant.

il y a du désir de s’éloigner, de se calmer avant de déraper dans ses dernières injonctions, dans sa façon de se détourner et de rejoindre le vieux canapé. il saisit toujours pas entièrement gunhee, qu’elle aussi a ses raisons de se perdre ici. il n’y a que des doutes, des soupçons vaguement coincés à l’arrière de son crâne, mais des difficultés à le concevoir. pourtant, malgré ses rejets, et ses négations, elle reste fixée sur ses fantaisies mystiques et son fantôme ; l’envie de rugir, de lui avouer qu’il a tout inventé pour la faire flipper, le frôle un instant ; il se lèche la babine inférieure, fait rouler sa nuque dans un mouvement circulaire, mais se retient - de si peu.

“tu peux pas. j’te laisserai pas. parce que-- parce que c’est mon ami.” si elle savait. “même s’il fait peur parfois, comme maintenant.” faut croire. “c’est sûrement qu’il est malheureux, tu sais ?” touché. “on peut être aimé aussi, même quand on fait n’importe quoi.” il y croit plus. il grogne, ne se retourne pas ; bête terrée dans son antre, sauvage et non-apprivoisée.

pourtant, il sent (il sait) que la présence de mimi ne s’est pas estompée, et quand il hausse à nouveau un regard dans sa direction, il constate qu’elle s’est réfugiée à proximité, posture frêle, repliée sur elle-même. il se demande comment elle tient encore, comment ça se fait que le vent l’ait pas déjà cassée en deux. “mon problème--” et dans ses chuchotements, il y a un arrière-goût de sérieux, qui fait froncer ses sourcils. “c’est que j’ai toujours voulu être une étoile. mais qu’à la place je suis devenue un trou noir. je gâche tout, tout ce que je touche. tu veux voir ?” y’a des airs de malédictions dans ses métaphores ; gunhee n’est pas certain d’en saisir la totalité du sens, encore moins l’essence. il en lit les contours pourtant, aussi anguleux et tragiques que ses propres misères, mais se contente d’observer son manège en silence. il y a des accents de curiosité qui se pointent, et bien que l’envie de lui demander (lui ordonner) une dernière fois de fuir, il se contente de couler un regard las sur les mains qu’elle joint dans un geste mimant un pistolet, jusqu’à ce que, “boum. tu meurs.”, dans un souffle tellement faible qu’il se demande si c’est pas elle qui meurt.

j’meurs pas, j’te dis. il en faut plus pour me gâcher.” ou alors, il l’est peut-être déjà trop. brisé à chaque angle, à se vêtir de peaux de bête parce que c’est plus simple, de sourires carnassiers parce qu’il sait plus en distribuer d’autres. puis la demande tombe, surprenante, dessine sur son visage des traits soupçonneux. il sait, qu’elle est pas nette ; il l’a déjà vue à l’inksmokers, et les gens nets ne traînent pas à l’inksmokers, encore moins auprès de yongmin. mais sa face juvénile convainc tout le contraire, pourrait suffire à éteindre les soupçons ; y’a que ses airs hallucinés qui lui permettent d’y croire, ses propos décalés et son attitude bancale. “si tu partages ta came avec moi, je te donnerai un peu de la mienne. et on pourra s’inventer des rêves.”

il glisse une main dans sa tignasse, soupire, le regard sombre qui détaille le visage de la gamine, puis le paquet qu’elle extirpe de sa poche. il pourrait, peut-être (il devrait, sûrement), être l’adulte responsable dans cette situation ; lui expliquer que ça ne changera rien, que les rêves qu’elle dessinera se briseront aux angles du temps, et que le retour à la réalité n’en sera que plus douloureux. il en a vu, des camés ; et oui, il fume, gunhee. il sait les dégâts, son entourage est peuplé d’âmes ruinées qui se remplissent à coups d’artifices, mais le contraste entre le visage poupin et l’attitude brisée le trouble malgré tout. il se dit qu’elle devrait pas, mais il le dit pas à haute voix. “t’es sûre de toi ?” il maugrée simplement, le regard perçant, mal placé de toute manière pour la retenir. mimi elle a pas l’air réelle, enfant qui est venue se loger quelque part au creux de sa nuit et de son programme ; évidemment qu’il avait prévu de s’éclater la conscience lui aussi, ce soir. alors il glisse deux mains contre son visage, avant qu’un sourire taillade à nouveau sa face, railleur et lassé à la fois - il réalise un instant l’étendue de sa connerie.

check les poches de ma veste, c’est dedans. et fais passer.” il est finalement presque reconnaissant qu’elle ait eu l'initiative absurde de forcer sa place à ses côtés ; il aurait regretté de la voir filer avec ses seules promesses de plus penser, de faire taire les sifflements du tympan. ses joints sont déjà roulés, et il ne tarde pas à tirer une première taffe. “tu devrais pas faire ça.” abus de conscience alors qu’il est déjà trop tard ; c’est pour la forme, savoir qu’il a essayé, se dire qu’il a pas participé à la ruine d’une âme de plus. peut-être qu’ils ont le même problème.

c’est toi que tu gâches.” c’est lui qu’il gâche ; c’est lui qui s’enfonce sous les apparats du démon, qui se noie dans les entrailles de la haine et qui se perd entre les bras noueux de l’oubli. finalement, il secoue la tête, avant de la laisser tomber en arrière, le regard rivé quelques instants sur les hauteurs noirâtres du bâtiment abîmé par le temps, avant que les paupières se ferment. trou noir. “laisse tomber, on s’en branle.” silence, pas longtemps, taffe sur taffe, il rouvre les yeux, ne rencontre que la nuit. “t’es revenue le voir souvent ton fantôme ?

◊◊◊

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Message  Sujet: Re: demons stuck inside our blood (mimi)     Ven 16 Mar - 11:50

demons stuck inside our blood

yeah we got drugs inside our hearts

Bien sûr qu'elle devrait s'en aller. N'aurait jamais dû venir, à vrai dire, à traîner ses frusques dans les moins recommandables des lieux quoique sachant pertinemment des gamines qui crachent sur la prudence aux pires heures de la nuit. Bien sûr qu'elle se souvient — des précédents et des cicatrices laissées aux autres et à elle-même, de celle qui grave encore le bras de Yong Min, et des quêtes vaines de Yuta écoulées en heures d'angoisse infructueuses.

Elle se souvient et une part d'elle en frémit encore — de causer le trouble à répétition —, mais la facette sensée somnole sous les braises, tandis que l'insensée flamboie et la consume.
Elle est née lucide, Mimi, mais s'est faite aveugle dans l'espoir ahurissant de se protéger, masquée derrière un voile d'absurdités et de refus de grandir qui, toutefois, ne l'épargnent pas de se heurter au monde de plein fouet.
Peut-être. Qu'elle aime plus que de mesure ces collisions inattendues avec des âmes perdues. Peut-être. Qu'au-delà de l'enveloppe fragile qui la cloisonne et la restreint, ses origines même ont tracé le pattern dès les prémices de son existence ; et qu'elle suit à tâtons, du bout des doigts, le patchwork irrégulier d'esprits torturés qui l'attirent irrémédiablement.

Alors à la rebuffade qui claque, elle se prétend sourde comme en a le don, ouïe sélective doublée d'un entêtement qu'elle diffuse à coup de pseudo-promesses qu'elle ne tient pas. Comme se taire alors même qu'elle ne sait pas vraiment le faire.
Étrangement il ne s'emporte pas, Gunhee, alors qu'elle fait passer chuchotements pour synonyme de silence, avide de compagnie et d'humanité au sein du désert de vie où elle s'est elle-même exilée.

J’meurs pas, j’te dis. il en faut plus pour me gâcher. Il l'affirme avec ces airs désabusés dont se revêtent les êtres déjà seulement à moitié vif. Et du bout des doigts, Mimi, elle lui offre d'enlacer le soleil avec elle. T’es sûre de toi ? L'incompréhension se diffuse dans ses pensées confuses et elle incline la tête, répond à côté : Sûre de chez sûre ! C'est mieux ensemble que seul tu trouves pas ? Seule, elle l'est bien plus souvent que sa dépendance affective n'est à même de l'encaisser ; seule avec ses délires comme ses démons, seule dans ses élucubrations, seule à se réfugier dans un monde parallèle qu'outre de rares initiés, personne ne voit. Et si là-bas elle est complète et comblée, elle n'est jamais contre la compagnie, Mimi ; pour la durée de la montée, pour la descente rude dont elle s'oblige à néantiser l'arrivée, et peut-être plus encore si les portes de son univers utopique s'ouvrent en lui. Check les poches de ma veste, c’est dedans. et fais passer, il indique sans plus d'hésitations avec un sourire canaille dont elle ne connait pas la cause, et Mimi tâte les poches en quête des secrets qu'il y cache, en tire des joints roulés qui la rendent misérable d'envie. Oooh. T'as vu, c'était plus mieux que je reste, elle assure en tapant des mains, congratulations étouffées, plus en gestes qu'en sons. Il y a. L'irrépressible envie de courir avec tous leurs trésors, pour masquer sous des airs de jeu cette nouvelle débâcle à laquelle elle se livre au nom d'une addiction dont elle refuse de peser la gravité. Mais il y a des monstres partout autour, et elle et lui sont réfugiés sur la seule barque offrant un semblant de sécurité au cœur de la tempête menaçante que l'esprit de Mimi dessine, si bien qu'elle n'ose même pas dépasser d'un orteil — de peur qu'il lui soit arraché par quelque créature avide de sang. Alors elle tangue pour lui glisser aux lèvres l'un des cylindres de papier, tremble un peu pour qu'il lui laisse le soin de maîtriser même la flamme du briquet. Il lui prend l'objet sans sommation pour allumer chacun des leurs, et la poupée se blottit dans les coussins défoncés, soulagée.

Tu devrais pas faire ça. Ça tombe sans crier gare, déchirant avec laconisme le silence qui les avait drapés, et Mimi ouvre lentement les paupières, numb et enveloppée de fumée ; une seconde pour le replacer puis répondre : Faire quoi ? Il y a des mises en garde — il l'apprendra — que son esprit refuse d'assimiler, si violacés que se fassent les cernes qui dévorent ses joues creuses. Le monstre, le vrai, est dans ses entrailles et non au-dehors, même si elle ne le sait (toujours) pas encore. C’est toi que tu gâches. À ça, elle glousse dans le creux de sa paume. Rétorque :
Mais non, silly, ajoute : Je me sens un peu mieux. Loin d'être Mimi. Et un soupire de soulagement se mêle aux volutes qu'elle exhale. Parce qu'il ne fait pas bon d'être Mimi en ce moment ; condamnée à regarder se déliter son existence. Il est insensé d'être une Mimi quand s'effondrent les piliers de ses deux plus précieuses amitiés, car une Mimi n'est qu'un fantôme sans un Yuta et un Noam, poltergeist tapageur et inconsistant qui agace et lasse, puis s'éteint comme le soleil couchant.
Elle est loin d'être Mimi, c'est Absolem qui l'a dit dans ses songes. Et renouer avec la weed en apaise la douleur, la mue en acceptation. Bein, non, elle désapprouve d'une voix déjà un peu molle, pâteuse, qu'elle-même définirait d'apaisée. Tout est déjà gâché. Et maintenant je me reconstruis. Ses jambes fourmillent désagréablement sous l'effet de la position longtemps conservée, alors elle s'agite pour les étirer et poc du bout des orteils la jambe de Gunhee, les gigote avec la certitude de tirer des notes de piano. Même que si c'est pas bien, pourquoi toi tu le fais ? elle lance, rhétorique, l'air de dire : parce que ça fait du bien. Non ? Le défie presque de nier. Laisse tomber, on s’en branle. D'elle, évidemment ; elle de lui-même, elle suppose. Ça la laisse sur sa faim, curiosité naissant des cendres dont elle se compose. Bein. Non, elle répète, toujours tout bas, mais ferme. Il lui offre son profil, visage tourné vers le plafond, et il a l'air paisible maintenant ; elle éprouve quelques remords à le déranger. "Quelques". Pourquoi t'es là, toi ? elle tente, mais pour l'heure le silence lui répond.

(et elle se dit qu'elle retentera plus tard)

T’es revenue le voir souvent ton fantôme ? Encore un instant incalculable d'écoulé. Mais Mimi sait qu'il est présent même lorsque muet — sent sa présence à travers l'obscurité, sa chaleur diffuse à chaque infime point de contact entre eux, et calque ses respirations sur celles de son compagnon de fortune — alors tout va bien. La tempête ses apaisée autour ou du moins lui semble-t-il, elle ne perçoit plus de menace, même dans le noir tout semble clair. Alors elle ose basculer dans l'autre sens, dos contre les coussins et jambes suspendues sur le dossier, ses longues mèches blondes trainant négligemment dans la poussière. Juste... parfois. Elle avoue, guilty : Pas très souvent depuis que j'ai arrêté l'école. Et ajoute un peu vite, pour sa défense — C'est pas que je l'oublie, pas du tout pas du tout. Mais lui non plus il répond pas tout le temps, tu sans ? Peut-être que. Je sais pas. Peut-être qu'il est fâché avec moi. Comme bien d'autres, elle songe, écarte vite toute pensée commençant par Kae et s'achevant par de ; zone interdite. Mais c'est pas grave ! J'ai juste à le reconquérir. Après tout, s'il l'a aimé une fois. Il peut l'aimer une nouvelle fois. Elle est certaine, Mimi, qu'on a plusieurs chance dans la vie. Et si avec ses amis mortels elle a peu à peu carbonisé chacune d'elles, il lui reste des cartes avec son esprit, en espérant pouvoir le garder au moins lui.

Elle lui tend le joint puis, comme une flèche, se lève et quitte leur barque, s'immobilise un instant pour s'assurer que la voie soit vraiment libre et qu'aucune bestiole tout droit issue de cauchemars ne la tire par les jambes— tout va bien. Une fois rassurée, Mimi se déplace sur la pointe des pieds en regardant partout autour d'elle, en quête de manifestions inexpliquées. Tu m'entends ? Elle appelle sans trop élever la voix, C'est moi, Alice. Attend.

Rien. Elle fait volte-face, hausse les épaules, navrée. J'ai pas mes appareils, alors on n'est pas sur la même fréquence. Et là. Quelque chose claque et une rafale souffle autour d'elle, lui siffle aux oreilles — shot d'adrénaline relativement déplaisant picotant la chair, et elle se précipite sur le canapé, peurs à nouveau en éveil mais teinté de quelque chose qui n'était pas présent plus tôt : une pointe d'excitation. Elle tourne de grands yeux vers Gunhee, lèvres ouvertes sur un sourire extatique alors même que ses bras sont croisés en une posture défensive, ses membres tétanisés. T'as entendu ? elle questionne, pressante. Puis scrute les environs, rassurée d'être accompagnée. Tu sais ce qu'elle dit ma maman ? Elle dit. Que quand on croise un requin, l'important c'est de nager plus vite que la personne d'à côté. Et Mimi, elle rit à l'abris de ses mains jointes sans le lâcher des yeux, conclut : Je suis rapide. Je sais même voler ! elle révèle en ouvrant grand les bras pour naviguer sur les courants. Même qu'elle bat Yuyu et Nono à la course (en trichant) tout le temps. L'hilarité passagère s'apaise, la générosité l'emporte. Mais pour de vrai, je te laisserais pas derrière, elle assure sans se douter que c'est au requin même qu'elle s'adresse, lève un petit doigt solennel : Pinky promise. Trop souvent, ses promesses sont du vent ; pas qu'elle ne veuille pas — elle s'oublie seulement, sans notion du temps ni des réalités. Mais elle en fait quand même ; elle y croit quand même.
Dis Gunhee ? elle devient récurrente, cette introduction. Gosse curieuse de tout qui bombarde d'interrogations. Qui tu es quand t'es pas ici ? Sa façon à elle de demander de quoi se constitue sa vie. Celle de Mimi se brode de vides et de néants, puis de courses aux étoiles, extrêmes bonheurs et extrêmes dépressions. Et elle se demande si tout le monde est ainsi ou si comme à chaque fois, elle est une exception ; esseulée, même lorsque accompagnée.

◊◊◊

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Message  Sujet: Re: demons stuck inside our blood (mimi)     Lun 26 Mar - 19:17

demons stuck inside our blood

yeah we got drugs inside our hearts

il y a dans leurs affres fumeuses, dans les vertiges de leurs psychés en déliquescence, à l’heure où la nuit épouse les angles écorchés des bâtiments de son manteau dénué d’étoile, le non-sens d’une fuite, la quête d’un ailleurs plus propice ; de ce qui n’a ni matière ni existence, mais seulement cette sensation un peu particulière et doucereuse à la fois de se réfugier dans les bras de chimères dont les apparats délassent les noirceurs, soulagent les corps et les coeurs. mais avant que les fantasmagories n’éclosent au néant de son subconscient, ce sont des mirages qui semblent dessiner les prémices de cette soirée aux yeux de gunhee ; des images irréelles quand mimi lui souffle que c’est mieux ensemble que seul, “tu trouves pas ?” mais que faire - si ce n’est acquiescer, le sourire-requin un peu de travers (un peu désabusé) quand on est sans conteste l’instigateur de tourments si semblables.

le tableau qui se dépeint alors est à l’image des ruines modernes qui l’abritent ; le sofa misérable comme dernier refuge des esprits trop tôt désillusionnés, deux corps qui s’y tassent, les doigts d’une fée qui ne parviennent pas à raviver la flamme d’un briquet. gunhee bat le zippo et vient en faire éclater les dernières étincelles, derniers débris de lumière comme des lucioles éphémères qui meurent sous leurs yeux avant de laisser place aux volutes des fumées et aux fantasmes naissants - transition fugace dans la nuit qui les enlace.

l’écho d’une mise en garde se perd au creux des ombres, s’éloigne dans le néant ; l'insouciance semble frôler la peau d’albâtre de la demoiselle, souligne les puits de lumière de ses iris, comme des astres flamboyants. quelque chose de paradoxal anime mimi ; si gunhee agit en connaissance de cause, elle paraît exempte de lucidité dans ses discours volages, aux accents lunaires et fabuleux. “je me sens un peu mieux. loin d’être mimi.” un sourcil se hausse vaguement sur le visage perplexe du rappeur ; comprend sans comprendre, saisit l’esquisse de l’idée mais le croquis reste dénué de contours marqués et de coloris au creux de son esprit. il saisira plus tard, peut-être, les courbes floues ; quand il aura l’esprit plus clair, si tant est que cela arrive un jour.

mimi, elle dessine des songes à l’aide des arabesques de ses cils, et dans son attitude, sa proximité soudaine auprès de sa jambe qu’elle imagine piano, il y a cette légèreté étrange, ponctuée de sa voix fluette et de ses mimiques encore enfantines qui viennent rompre avec la rugosité de sa réalité. gunhee en frôle les angles contre sa propre conscience, l’esprit qui se perd quelque part au dedans des nuées grisâtres. “pourquoi t’es là, toi ?”

chute libre -- la question s'abat, abrupte et se répète. le silence pour seule réponse, quand les pensées fusent et s'emmêlent pourtant en dedans ; gunhee est là parce qu’il n’a pas su dire je t’aime, maman. sa mâchoire se serre un instant, tandis que le menton revient se loger contre sa poitrine dans une posture maussade, la paume des mains qui vient étirer la peau de son visage. il voudrait qu’on lui arrache la peau, il voudrait sentir ses phalanges craquer contre les os, et brûler toutes ses articulations ; il voudrait ressentir, dans cette quête absurde de quelque chose qui le fasse vivre. et le voilà pourtant, misérable, terré au fin fond de décombres tremblants comme un animal blessé au creux de son terrier. il tire plusieurs fois sur son joint, cherche le réconfort dans l’oubli ; et relâche la pression. les yeux se perdent dans la nuit, coulent sur le décor mais ne s’y attardent plus réellement.


“juste… parfois.” il lui faut quelques secondes, courts instants, pour recouvrer le sens de la discussion. il esquisse un geste du bout des lippes, mais se ravise ; amusé, quelque part, d’avoir été ce fantôme, ce fantasme, et de réaliser qu’il ait pu se forger une place dans les idées fantasques de mimi alors que ça ne partait que d’une plaisanterie. haussement d’épaules, la nuque qui roule sur ses cervicales, il laisse les explications précipitées s’écouler, comme des justifications apeurées.

mais mimi, elle s’envole ; s’élance au dehors du sofa, et se hisse sur la pointe des pieds, et de ses jambes fluettes va, telle une ballerine, se glisser dans le manteau de la nuit un peu plus loin de lui. gunhee, lui, se disloque un peu plus entre les coussins abîmés, et observe le manège. “t’fais pas d’idées, il répondra pas.” il grogne, entre deux aspirations ; et pour cause, le fantôme c’est lui. sans surprise, alors, le silence reste roi et vient couronner mimi. “j’te l’avais dit.” il raille.

c’était sans compter sur la riposte des éléments, le vent qui s’élève et soulève les ombres tapies aux coins du bâtiment, balaye la couronne et réveille les croyances. aussitôt, sans qu’il ne s’en rende compte, elle était de nouveau près de lui, le coeur sûrement battant - à n’en juger que par ses expressions, teintées de ces éternelles lueurs enfantines. les mêmes que celles qui se dessinent dans les creux des iris quand on conte à un enfant des histoires sordides, saupoudrées de quelques merveilles et qui se terminent en rayon de soleil (faut faire passer la pilule).

“t’as entendu ?” il lève les yeux au ciel, tire à nouveau sur le joint avant de le lui rendre, sans élever le son de sa voix, cette fois. “tu sais ce qu’elle dit ma maman ? elle dit. que quand on croise un requin, l’important c’est de nager plus vite que la personne d’à côté.” des lueurs de suspicions viennent brièvement les pupilles du rappeur, avant qu’elles ne se meuvent et soient remplacées par les habituels éclats de provocation. “tu crois qu’tu pourrais nager plus vite que moi ?
- je suis rapide, je sais même voler !”
un éclat de rire s'éclipse dans le néant, s’échoue dans le chaos de leurs tourments. mimi, elle rayonne à des kilomètres au dessus de la terre, étend les bras et semble au-dessus des nuages, virevoltant aisément entre les pluies de météores, quand gunhee croit effleurer les flammes de l’enfer. “mais pour de vrai, je te laisserais pas derrière.” pinky promise, elle ajoute, et il siffle, admirativement - à peine sarcastiquement.

“dis gunhee ?” l’apostrophe l’extirpe à nouveau de l’abîme embrumé dans lequel il se sent plonger, et il porte son regard sur la plus jeune, ses questions qui viennent encore habiter ses babines exaltés. “qui tu es quand t’es pas ici ?” un soupir pourfend ses lippes, tandis qu’il gesticule sur sa carcasse pour venir se laisser crouler, le dos à moitié tordu, et la tête sur l’accoudoir, au rebord du vide. “personne.” il ferme les paupières, bras croisés ; attitude résolument fermée, conscience close et âme cadenassée. il a lui même des difficultés à se résoudre à y plonger, rarement l’envie d’emmener les autres avec lui.

j’suis.” il marque une pause, hésite un instant - les paupières se sont ouvertes de nouveau, son regard rencontre la nuit et l’espace dénué de vie, alors il se redresse un peu, se hisse sur la paume d’une main, tandis que de l’autre, il vient attrapper le joint partagé. c’est entre deux bouffées d'asphyxie qu’il poursuit. “rappeur, entre autres.” il expire, et le serpent grisâtre, craché sans lueur d’élégance, s’éparpille dans l’air en de noueuses arabesques. “pas trop fréquentable, on dit.” on dit des choses, sur lui ; sur eux aussi. requins, il repense au terme, et il hausse les épaules, détaille la demoiselle du bout des yeux. “tu crois que j’suis qui ?

gunhee incarne les démons, pour certains, le frère pour bien d’autres. l’échec, l’abomination, la honte et la perdition. gunhee s’érige roi sans couronne, les poings serrés et la gueule contre l’asphalte ; toujours le premier à se redresser. acharné jusqu’au bout des ongles, à en retirer du sang le soir en rentrant chez lui. surtout depuis les événements ; le goût de la perte est amer contre son palais et la rage grouille dans les limbes de son estomac, celle qui réveille en lui des pulsions dangereuses, douteuses.

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Message  Sujet: Re: demons stuck inside our blood (mimi)     Sam 21 Avr - 15:24

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Personne, il rétorque paupières closes, barricadé sur le moment ; consent finalement à laisser une faille percer les remparts, bribes d'indices semés sur le chemin sur lequel elle s'engage sans frein. Rappeur, pas fréquentable, et Mimi s'efforce de le fixer tandis que ses pupilles s'acharnent à dérailler, voilées. Qui l'est ? Fréquentable. Elle rit au creux de sa main. C'est un c o n c e p t (elle traine sur les mots pour ne pas en abîmer les syllabes, s'y accroche forte d'une volonté implacable ; car elle flotte dans la stratosphère délétère où les pensées s'égarent sans crier gare, tant qu'il est difficile d'en garder le fil), C'est les gens biens qui font du mal, parfois. Ses yeux s'abaissent sur ses mains, nouées sur son giron en une posture d'enfant, chargée de regret.

tu crois que j’suis qui ? il interroge, la prend de court. Elle le jauge, Mimi, mais sans doute pas comme il l'entend. Oh vous, très cher... Elle saute à bas du canapé, soudain dépourvue des craintes qui l'y avaient ancrée. La fumée opaque grignote sa conscience une bribe après l'autre, la pénombre semble moins risquée lorsqu'elle est ainsi apaisée, esprit fiévreux mais occupé tandis qu'elle lui tourne lentement autour, bras croisé et index titillant son propre menton en signe de réflexion. Je ne saurais dire si vous être pessimiste, ni-hi-li-ste, ou peut-être les deux. Vous parlez en énigmes et me demandez de trouver les réponses à mes propres questions, ton à la fois trainant, impacté par les substances absorbées à pleins poumons, et chargées d'une désapprobation exprimée d'un timbre grondeur mais affectueux. Elle cale ses mains contre ses hanches, Mimi, et suppose : Alors si nous avons tous un rôle dans l'histoire, je dirais que vous êtes le chat du Cheshire. Mais le sourire éblouissant et un peu flou qui trace des arabesques folles sur les refrains ahurissants qu'elle lui confie à la faveur de la nuit n'est nul autre que celui de Mimi. Il n'y a guère plus réel à ses yeux que les illusions desquelles elle se berce, l'intangibilité fugace des rêves auxquels elle voue les fragments de sa sanité. Tu fais de la musique pour vivre, ou tu vis pour la musique ? Curieuse de découvrir ce qui le fait vibrer, à quelle intensité ; intriguée de le découvrir passionné, alors qu'il se dépeint comme terriblement désabusé. Et est-ce que tu fais ces trucs, parfois, où les rappeurs s'affrontent comme des boxeurs, mais avec leurs mots en guise de poings ? J'aimerais trop trop beaucoup t'entendre.

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Message  Sujet: Re: demons stuck inside our blood (mimi)     Lun 30 Avr - 12:14

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Le monde s’efface au grès des senteurs navrantes, des fumées qui les enveloppent dans leur fourrure de réconfort. Le monde s’efface, et Mimi en crée un nouveau ; il la sent tourner autour de lui, et il l’observe du coin d’un œil, sûrement curieux. Son ton a des accents de conte de fée, elle semble déchue d’un univers qui échappe à la conscience de Gunhee – depuis combien de temps n’a-t-il pas eu écho des aventures d’Alice et de ses comparses ?

« Alors si nous avons tous un rôle dans l’histoire, je dirais que vous êtes le chat du cheshire. » Au creux des limbes de l’esprit de Gunhee, se dresse le vague souvenir d’un sourire en croissant de lune, et de nuits aux airs chimériques, insaisissables. Son monde est fantasque, indubitablement plus que le sien ; la réalité de sa propre existence qui a du mal à s’évaporer, qui se contente de s’apaiser. Le corps finalement détendu, il sent la proximité des bras de Morphée l’engourdir – se raccroche à peine aux discours féeriques de la demoiselle.

« Tu fais de la musique pour vivre, ou tu vis pour la musique ? » Nouvelle latte, il glisse un regard interrogateur vers elle, sourcil légèrement haussé, tandis qu’un semblant de sourire se dessine à la commissure de ses lèvres. Il y a de l’innocence dans ses questions, et pourtant elles filent droit au but. « J’vis pour. J’gagne pas encore ma vie avec. » Il vit pour – et c’est une vérité indéniable, la musique comme un tremplin plus d’une fois, le thorax qui vrombit au rythme des basses et la langue qui se délie sur des beats improvisés bien trop tard dans la nuit, au fond de ce qu’il a eu l’audace d’appeler un studio. Rien de plus qu’un placard à balais, réaménagé, des boites d’œufs sur les murs et sa première table de mixage, bon marché, qui s’y trouve encore. Il vit pour, avec l’intensité d’un fou quand il est sur scène ; et il est habité par cette rage de vaincre, cette flamme pourpre qui danse au creux de ses entrailles pour se tailler une place.

« Est-ce que tu fais ces trucs, parfois, où les rappeurs s’affrontent comme des boxeurs, mais avec leurs mots en guise de poings ? J’aimerais trop trop beaucoup t’entendre. » Des accents enfantins ponctuent ses expressions, et Gunhee a l’impression d’écouter une enfant, des impatiences au bout des doigts et de la passion à l’état pure au creux de prunelles. Il plisse les yeux, silencieux un instant, puis hoche la tête. Oui il fait ça – des battles, cracher des mots à la figure de l’autre, et si possible en sortir vainqueur. Il sait utiliser ses poings aussi, mais pas aussi bien que les mots ; on le soupçonne rarement Gunhee, de savoir parler, faire rimer et jongler avec les palabres comme on dresse un feu d’artifice. Explosif quand il s’y met ; or, il soupire et se fait narquois. « Et contre qui tu voudrais que j’me batte ? Toi ? » Il la jauge, de haut en bas – une lueur de défi (amusée) au fond de ses pupilles.

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