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f i c h u //yuta



 
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Message  Sujet: f i c h u //yuta     Mer 7 Fév - 18:37



crédit ; solosands (bazzart)

y'a cette distance constante avec la réalité. y'a que du vague, du vide, des visages livides et des poumons avides – de libertée odeur carbonisée – et des souvenirs qui se ravivent. y'a cette impression opressante de déja-vu, de déjà vécu, de lassitude d'une âme un peu trop vile. y'a jamais rien de nouveau, c'est comme s'il avait regardé le même film en boucle pendant les mille dernières années. les mêmes silhouettes provocantes qui se déhanchent, l'amour propre qui s'perd dans l'ambiance. les mêmes revendeurs de rêves intemporels tapis dans le bar pour la soirée, dans un recoin sombre au fond des ténèbres, à côté de lucife. les mêmes gémissements d'un couple en train de baiser sur une banquette trouée (elle trompe son gars, lui aussi) qui se mêlent au son du dj. et  le tout qui vient lui perforer le crâne et raden qui en redemande. il est high depuis deux heures déjà (il sait plus trop si il aurait pas mélangé ses pills à du viagra) et tu l'vois s'agiter comme un possédé au milieu d'autres gosses comme lui, désœuvrés.
puis il se stoppe un peu, le temps de reprendre son souffle. le temps d'tirer une taffe, de prendre le dernier vol direction la terre des jouissances intérieures. puis merde, il l'a regardé. puis merde son regard effet corrosif, ses pupilles qui viennent le perforer de l'intérieur. puis merde, lui qui pensait planer dans un rêve rosé, il s'est crashé.

y'a l'arrière-goût familier de la haine au coin de ses lèvres et le monde qui vient s'écraser contre sa gueule. sa sale gueule de vagabond doré qui voudrait te faire croire qu'il kanera sûrement sous un pont, d'froid, de remords. de toute façon, il a pas peur de cette pute de mort – ni de cette pute de yuta. alors pourquoi dans son organisme, ça se crispe sec à chaque fois qu'il le voit ? rad, dans l'ombre des nuits sinistres, il garde toujours ce recul par rapport à la réalité - depuis que la réalité a tâché ses mains glacées de sang, un soir d'hiver passé au volant. mais yuta, il est bien réel. lui, c'est un peu comme un virage à 130 km/h. quand tu  peux limite sentir chaque parcelle de ton corps s'écraser contre la barrière de sécurité avant même que la collision ai eu lieu. sauf que yuta, c'est l'antithèse de sécurité. c'est le souvenir que rad peut à tout moment déraper, saisir un coeur - ou une vie - entre ses doigts d'assassin et le broyer sans vraiment faire attention. c'est l'ancre qui le rattache au mal en lui que bora connaît trop bien et celui sur lequel owen ferme les yeux, souvent. yuta, c'est l'éveil du dominant à l'âme déchue et aux idées viles, l'amoureux de la douleur, du vice et du contrôle. rad sait que yuta aura beau se cacher derrière des milliers de mensonges, son souffle court et ses muscles qui se tendent chaque fois qu'ils se frôlent ne pourront jamais lui faire oublier l'attraction d'antan.    

« la solitude au fond d'un bar miteux, ça te va pas du tout. » roule sur sa langue habituée aux insanités. le jeans levis importé bleu délavé - comme ses rêves d'enfant - qui le comprime si fort que si ses cuisses pouvaient parler, y'aurait que des mots mauvais crachés avec irrespect. le top blanc ample à manches longues limite transparent à peine couvert par un bomber beige jeté nonchalamment sur les épaules et ses cheveux faussement en pagaille, fraichement teints noirs de jais qui hurlent à la face du monde "regardez-moi." mais qu'importe le désir au fond des yeux des filles perdues dans un coin du bar, ce que souhaite attiser raden c'est celui de yuta. parce que le sale tigre blanc c'est un gaz toxique, un poison qui s'infiltre dans tes veines et qui te massacre l'âme à coups de mots acides, qui te lacère la peau de marques indélébiles couleur sang. alors quand il se pose à quelques centimètres de yuta, y'a un trip pas net qui se manifeste au contact de la clope entamée et de la bouche de rad, la scène au ralenti et lui qui prends le temps de palper, de savourer, de lui laisser croire que s'il le voulait là tout de suite, c'est le long de sa nuque qu'il explorerait. c'est cliché à en crever mais ça force yuta à se focaliser sur ses lèvres pulpeuses, les mêmes qu'il embrassait pendant des heures il y a quelques années - juqu'à ce qu'elles prononcent les mots carbonisés sans aucun regret : "je ne t'ai jamais aimé". « t'as de la chance que j'ai pas de compagnie ce soir. on sait pas sur quel détraqué t'aurais pu tomber. tu sais, y'a pleins de mecs aux fantasmes sm pas très nets qui cherchent des boytoys ici. » et ce soir il le défie de nouveau de son regard rougis de connard jamais repenti, comme s'il n'était pas conscient que depuis toujours, c'est rad qui a l'ascendant. « j'avoue que le collier de chien t'irait plutôt bien. ça te changerait pas après tout, t'as toujours été soumis quand t'étais avec moi. » et le voilà qui se penche près de l'oreille de yuta, le sourire en coin et le ton moqueur qui sonnent presque comme un disque rayé, tournant en boucle depuis des décennies teintées de décadence et de déni.
 
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Message  Sujet: Re: f i c h u //yuta     Ven 9 Fév - 13:14

heu tu parles meilleur à mon frère stp non mais
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Message  Sujet: Re: f i c h u //yuta     Lun 12 Fév - 19:06



I tried to say "I love you", but you didn't hear me. And you're passive-aggressive, convinced me other people didn't care about me — banks ; gemini feed

Son regard dérive sur tous les spiritueux trop onéreux pour lui depuis qu'on l'a viré de son job et qu'il a abandonné Han Ja à la radio. — c'était une perte de temps. — qu'il essaie de se convaincre — ça m'en laissera plus pour... — boire, déprimer, monter d'un niveau ou deux sur son jeu préféré. Y'a trop d'options tu vois ? Il a en a plein des comme ça, des listes de branleur pour qui la journée commence à seize heures dans les mauvais jours, midi pour les un peu plus bons. Puis ça lui donnera l'occasion de commander un verre qu'il pourra pas payer et de s'esbigner l'air de rien. C'était plus marrant de le faire avec Hiro mais il a plus trop de contact avec lui depuis qu'avec sa sœur c'est pas aller plus loin que le baiser sur la joue. « Vieux gars. » Qu'il peste pour lui-même, le nez dans son verre à estimer lequel de ses glaçons fondra le plus vite, il opte pour celui qui est le plus à gauche. « La solitude au fond d'un bar miteux, ça te va pas du tout. » — je l'ai invoqué ou quoi ? — Sa langue roule à l'intérieur de sa joue d'agacement. Au début il décide de l'ignorer, son jeu avec les glaçons est beaucoup plus intéressant que ce ??? < insérer ici une insulte de qualité. Mais son corps se défend contre son idée. Des spasmes nerveux dévalent sa colonne, font danser ses épaules comme pour chasser un mauvais frisson, le chasser lui. Amusé par les efforts de Yuta, Raden tisonne ses nerfs, il le fait avec la voix que Yuta avait appris à aimer, rêver aussi. Il a des réminiscences des jours où ils étaient rien que tous les deux, à strictement rien faire hormis être ensemble. Il s'inventait des dialogues qu'il aurait aimé avoir avec lui, des trucs basiques la majorité du temps et parfois il osait espérer un « Yuta ? — Hm ? — J'aime bien être avec toi. — J'aime bien aussi... Beaucoup même. » Ça aurait été le maximum qu'il aurait pu avoir, un « je t'aime » introverti pour des coincés de l'affection comme eux. En l'entendant parler il se déteste d'avoir eu un penchant à la limite de l'érotisme pour sa voix, comment a-t-il pu en être capable ? Y'a une bile d'écoeurement coincée là dans sa gorge qu'il aimerait vomir sur ses pompes probablement hors de prix. « T'as de la chance que j'ai pas de compagnie ce soir. On sait pas sur quel détraqué t'aurais pu tomber. Tu sais, y'a pleins de mecs aux fantasmes sm pas très nets qui cherchent des boytoys ici. » Ses phalanges craquent, elles se contractent jusqu'à former un poing tremblant. Il sent les décharges dans ses veines, l'adrénaline qui butine son palpitant fou d'excitation rebelle. Des images de ses mains autour de la gorge de son ancien bourreau s'épanouissent dans son esprit comme de l'encre sur du papier, ça se propage, pire que la peste cette envie de lui arracher des gargouillis de supplications ou alors d'excuses, une litanie de « pardon » jusqu'à ce qu'il perde connaissance. Y'a de quoi faire : Pardon d'avoir été un connard, d'avoir joué avec tes sentiments, de t'avoir humilié, de m'être servi de toi, de t'avoir fait croire que t'étais rien, rien sans moi, que t'étais inutile, que personne pouvait t'aimer. Désolé de t'avoir détruit. « J'avoue que le collier de chien t'irait plutôt bien. ça te changerait pas après tout, t'as toujours été soumis quand t'étais avec moi. » Les yeux café amer de Yuta entrent en collision avec ceux de Rad, il avait presque oublié à quoi il ressemblait. Toujours aussi superficiel avec sur la peau le baiser de la fragrance d'un grand parfumeur — toujours le même — et ça l'emmerde de se souvenir de son odeur, ça l'emmerde que quelque part dans un monde parallèle à un moment de leur vie ils aient formé quelque chose et qu'aujourd'hui ces fragments de quelques choses sont des cicatrices que l'esprit oublie pas. Il associe Raden à la douleur, à la honte et à la haine, autant de douceurs qui gonflent son buste de frénésie malsaine. Son souffle se fait erratique lorsqu'il approche ses lèvres près de son oreille, qu'il l'entend respirer probablement sourire aussi, trop content de l'effet emprise qu'il a sur lui. Yuta sobre n'aurait pas joué à son jeu, il serait resté « calme » en lui assénant des piques bien choisies jusqu'à lui faire regretter d'avoir entamé la conversation avec lui. Yuta ivre n'a pas ce recul, il fonce tout droit dans son piège comme une bonne proie bien docile.

Le verre percute sa tempe, à regret il pense qu'il aurait dû terminer sa boisson avant, maintenant le liquide-cancer dégouline du visage de Rad et il ne récolte qu'une bonne céphalée et quelques égratignures dues aux morceaux de verre qui ont éclaté en petits morceaux à la rencontre de son crâne. Il l'attrape ensuite par le col parce qu'il a manqué de perdre l'équilibre et de s'unir au sol. Yuta aurait pu le piétiner, écraser ses doigts avec ses talons comme il le ferait d'un mégot mais non il le maintient debout pour parachever son job d'apprenti tyran, celui qu'il est en train de devenir à cause de lui. « Va te faire foutre. » Il est convaincant, sa voix est maitrisée et forte alors pourquoi ça fait rire Rad ? Pourquoi son corps est secoué de rires et non de tremblements ? Pourquoi c'est Yuta qui subit le séisme alors qu'il devait en être l'origine ? Ça le met hors de lui. Ce mec inocule la haine comme rien ni personne d'autre dans ce putain de monde pourri et c'est ce qu'il voulait, faire de lui un chien enragé dressé pour mordre son maitre. Il le hait, il le hait, il le hait. Encore plus quand il attrape son poignet pour intercepter le coup avant qu'il ne colore sa mâchoire d'un mauve dégueulasse virant au jaune qui aurait mis des jours à s'estomper.

Il sait plus trop comment mais y'a des « connards » qui se perdent, un florilège de mots-doux assassins qui en décibels est de loin plus fort que la médiocre petite radio qui donnait une ambiance tranquille au bar mais ça c'était y'a dix minutes. Ils se retrouvent à se taper dessus sur le sol poisseux, Yuta avec un morceau de la manche de Rad dans son poing et Rad avec sur ses phalanges vindicatives le vermeil des plaies qu'il a réussi à ouvrir de son adversaire et aussi peut-être, le sang de ce mec qui a eu le malheur d'essayer de les séparer et qui s'est pris une droite sans comprendre le pourquoi du comment. Le videur du bar, flanqué d'un de ses collègues ( le plus baraqué des barmans ) parvient finalement par les séparer mais pour les jeter dehors. En quelques secondes ils  finissent sous la pluie, la lèvre ouverte, la pommette gonflée et la démarche titubante. Tout ce que parvient à formuler Yuta ( tout en restant à une bonne distance de lui ) c'est : « Pourquoi ? » Sa frange lui colle au front, l'eau dégouline de ses cheveux pour goutter sur ses lippes fendues qui tremblent parce que le froid fait claquer ses dents mais surtout parce que cette question, celle qu'il a jamais osé lui poser avant, elle le bouleverse lui et les frêles ramparts qu'il avait mis entre eux, celles qu'il s'obligeait à avoir pour ne pas lui montrer qu'il était capable de ça : être un môme pathétique au coeur crevé façonné par ses soins. « Pourquoi tu m'as fait ça ? Je t'avais rien fait putain, pourquoi moi ? » Parce que c'était facile sûrement, y'avait pas meilleure victime dans le coin pour se divertir, c'est ça ? Le pire c'est qu'il a visé tellement juste. Il est tombé amoureux naïvement et s'est laissé manipuler en étant conscient qu'un jour il allait le regretter. Un peu comme Noam mais en totalement différent, avec du recul c'est comme s'il avait été son Raden à lui. — comment j'ai pu être ça pour noam ? — « Tu sais quoi ? Je m'en fous, parce que le plus pathétique de nous deux c'est toi. Moi j'arrive à dormir le soir, toi j'en suis pas si sûr. » C'est à son tour de sourire, d'avoir les commissures pincées par la moquerie. Il laisse flotter ça là, comme un mauvais présage dont Rad sera cette fois-ci la victime.
 

◊◊◊

☽ Lately I've been, I've been thinking I want you to be happier, I want you to be happier you know.
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Message  Sujet: Re: f i c h u //yuta     Mar 13 Fév - 13:12

@Lee Yuta a écrit:
« Tu sais quoi ? Je m'en fous, parce que le plus pathétique de nous deux c'est toi. Moi j'arrive à dormir le soir, toi j'en suis pas si sûr. »

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Message  Sujet: Re: f i c h u //yuta     Dim 18 Fév - 12:23



crédit ; solosands (bazzart)

l'adrénaline qui pulse dans l'esprit malsain de Raden, lui le fou amoureux de la rage, du sang, de la violence, de la chair qui se fend sous la friction et de son cœur à moitié mort qui se réanime dans l’urgence de l'instant. Yuta qui déverse ce qui pourrait sembler être des litres de liquide couleur rancune jamais suffisamment évacuée et son bourreau qui se félicite du déroulement parfait de son plan dénué de principes, répondant seulement à l'appel de la douleur pourpre. des poings qui s'échangent, qui visent juste parfois, qui arrachent un gémissement étouffé de colère refoulée ou de souffrance à peine dissimulée, souvent. les vêtements fraîchement importés de Raden qui finissent déformés et salis par le spectacle misérable qui s'offre aux yeux des quelques clients abasourdis, peu habitués à l'ultraviolence qui anime les êtres des enfants reniés par le bonheur. Yuta et Raden, deux miroirs qui reflètent le même abandon à la haine et l'oubli total de ce qui les entoure, du gars à l'esprit vaillant tentant de s'interposer, des gardes à la force écrasante qui les soulèvent du sol en un simple geste, du changement de décor soudain et de la pluie qui vient les laver de leurs pêchés du soir – enfin, c'est ce que Rad espère.  

la coupure vermeil au bord des lèvres, à peine frôlée par ses doigts encore tremblants, qui pique au contact du froid glacial de la ville animée, sans aucune humanité. l'écho d'un son en arrière plan bourdonnant dans le crâne de Raden, résultat du rush de la confrontation éclaire et du verre éclaté sur sa gueule de bandit arracheur de cœurs. y'a une goutte qui perle de ses cheveux noirs lorsqu'il tente de les écarter de son visage pour voir plus clair - déjà que ses secrets démons l'en empêchent, souvent - et c'est le goût infect de l'alcool qui s'étire sur sa langue de menteur. il se fait la réflexion qu'à la différence de Yuta, lui n'est pas tombé bas au point de se noyer dans ce liquide infâme face à l’adversité et aux coups de pute du destin - c'est l'ironie d'un gosse désœuvré comme tous les autres qui se plaît à se croire au dessus. le goût du sang perlé légèrement inhabituel, probablement teinté de celui de Yuta, vient remplacer celui de l'alcool et glisse sur sa langue comme une malédiction familière pour lui rappeler que pour lui, se sentir vivre voudrait toujours dire se sentir mourir. le goût du sang aussi répugnant que les centaines d'immondices subies par les victimes d'un Raden trop adroit avec les mots, enjoliveur des sentiments qui l'effleurent à peine une micro-seconde et qu'il étale pourtant pendant des heures sur les plus fragiles des sentimentaux. Yuta, nom tabou, rarement prononcé, inscrit sur une liste interminable des êtres qu'il a amoché de ses vices selon les dires de Mimi, ses petits poings serrés et une fraction de la douleur infligée par Raden transmise par l'empathie extrême d'une gamine qu'il a trop aimé – trop détruite. Yuta, seules les traces d'une emprise maladive restent les vestiges d'une histoire passée, presque oubliée, qu'il réanime les soirs où l'ennui l'assaillit. Yuta, ou l'erreur d'un égoïste à la charité fanée, trop aveuglé par ses propres désirs pour voir qu'après la tempête-émotion apaisée, perdurent les séquelles chez les autres, jamais chez lui – c'est ce qu'il dit pour se rassurer, les nuits où les souvenirs le hantent au point de lui ôter l'once d'un répit.

et puis c'est cette voix supposée familière qu'il ne parvient pas à reconnaître, pas avec cette décharge de haine dans le ton, pas avec ces mots qu'il ne souhaitait jamais entendre. pas avec le bourdonnement et les pills qu'il a pris avant de venir et qui l'empêchent de donner un sens à ce qu'il entend, à traduire ce qui se cache derrière les yeux assassins au reflet de déception de Yuta. y'a qu'une phrase qui semble faire son chemin sans problème, qui vient provoquer sa fierté. « tu sais quoi ? je m'en fous, parce que le plus pathétique de nous deux c'est toi. moi j'arrive à dormir le soir, toi j'en suis pas si sûr. »  la mâchoire serrée, c'est la vérité qui lui lacère les entrailles alors que le déferlement de paroles de Yuta contient un des secrets les mieux gardés de l'Univers, sûrement sans réellement se rendre compte que les souvenirs engendrent chez Rad plus de nuits d'angoisse qu'il ne peut en compter.

le cul posé sur un bout de bitume sale à quelques mètres à peine l'un de l'autre, le regard déviant et durci, il réplique sèchement. « c'est pas comme si on était si différents, toi et moi. on détruit tout ce qu'on touche. » il l'a sur le bout de la langue mais il oserait jamais l’entraîner de front dans ses querelles empoisonnantes. elle, la lumière qui lui a montré un semblant de chemin vers la vie, la vraie, celle avec un esprit en paix, avant qu'il ne l'entraîne de nouveau vers les limbes avec lui, Mimi. avec son visage d'ange déchu dans la tête et les remords en musique de fond, c'est la vérité qui tente pour la première fois de son existence de s’immiscer dans la tête embrumée d'un Raden en constant rejet de la lucidité. puis c'est la première partie du discours de Yuta qui le percute, vient l'arracher du haut de son nuage de bonheur à moitié calciné et illusoire pour le confronter à l'horreur de la réalité qu'il a créé. « pourquoi tu m'as fait ça ? je t'avais rien fait putain, pourquoi moi ? » alors comme ça il l'a détruit aussi, Yuta ? mais pourquoi ? peut-être que Yuta était là quand il en avait le plus besoin, que sa présence rassurait son cœur gelé prêt a se jeter du dixième étage pour s’écraser. peut-être qu'il lui a montré ce que ça voulait vraiment dire aimer et que rad, habitué à l'obscurité, était pas prêt pour la lumière scintillante d'espoir de cette révélation. peut-être que rad s'est senti faible face à ces yeux emplis de douceur et d'admiration, parce qu'il a jamais su ce qu il y avait à aimer en lui, à part des bouts de vide isolés qui forment tout sauf un tout et qui le foutent en l'air la plupart du temps.

putain ce qu'il aimerait lui répondre tout ça, cracher ses remords face à sa jolie petite gueule de gamin brisé, pour lui montrer que derrière ses pulsions manipulatrices qui comblaient le vide, y'avait bien quelque chose. quelque chose de sincère, vers la toute fin, quand ils étaient affalés dans un canapé vert pâle et que rad lui caressait les cheveux en écoutant ses terreurs, les sourcils froncés sans vraiment se rendre compte qu'il voulait pas qu'on lui fasse mal, à Yuta – sans savoir que le seul qui lui en ferait, c'était lui-même. mais il peut pas, parce que lui-même comprends pas ce qui l'a poussé à aller aussi loin. à la base, c'était seulement pour son amusement personnel, mais à la fin ? qu'est ce qui l'a poussé à forcer le trait aussi longtemps, à prétendre transformer un simple intérêt passager, une complicité à peine installée en amour éternel ?  il ne sait pas. il ne sait plus. c'était il y a longtemps. c'était pas censé finir comme ça, lui debout et Yuta à terre, son amour-propre en miettes et une infinité de larmes ruisselant sur ses joues rougies par la honte et l'envie de murmurer "s'il te plaît t'en vas pas, restes avec moi." et rad à la compassion sourde et aveugle qui s'imaginait être oublié en quelques semaines, juste un souvenir amer gravé dans la mémoire de Yuta pour lui rappeler de faire mieux que ce connard sans cœur de Raden. mais ça sort pas d'entre ses lèvres. ça peut pas. c'est pas ce qu'on attend de lui, de l'enfant des ténèbres dénué de remords et d'empathie qui fonce - souvent dans des murs - sans jamais se retourner. alors rad fait la seule chose qu'il ai jamais su faire, nier l'évidence. « faut croire que je me faisais chier. » lâché si nonchalamment que ça le surprendrait presque.

et la pluie qui s'intensifie au dessus de leurs têtes comme pour le punir de ne jamais se mettre à nu, comme pour éteindre les flammes du mal qui l'enveloppent et lui offrir juste une fois, la possibilité de se racheter aux yeux des cieux. alors comme si un charme divin s'était abattu sur lui avant même de savoir pourquoi, y'a cette question qui résonne un peu trop fort dans l’allée calme et lugubre. sa fierté s'y était accrochée avec tellement de force pendant si longtemps qu'au moment de lâcher, elle est sortie avec un mélange rare de détresse et de rage - contre lui-même pour avoir enterré tellement de cœurs, lui le fossoyeur aux amours maudits par les astres. « bora a dû te dire le genre de mec que j’étais, à l'époque. (il parle au passé, il est mille fois pire maintenant) alors pourquoi t'es tombé amoureux de moi ? » il se rapproche lentement de la silhouette tremblante de haine en face de lui, mais pas avec la malice au fond du regard, juste une interrogation un peu plus complexe qu'il laisse à peine paraître. la volonté ambiguë de savoir si il y a déjà eu quelque chose de bon en lui, qui valait la peine d’être d'être aimé, d'être sauvé, d’être en vie. de savoir ce qu'il a jamais été de plus qu'un gamin aux humeurs couleur sinistrose, niqué par les vices et les mascarades. là, il offre une part de vulnérabilité véritable à Yuta parce que, quelque soit sa réponse, il se dit qu'il sera fixé. peu importe qu'il soit promis aux enfers ou qu'il court après la promesse d'une rédemption lointaine, lui le sale tigre blanc tacheté du rouge des cœurs qu'il a brisé.
 
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