Ecorché(s) Vif(s)



 
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DÉBUT DE L'ÉTÉ PEOPLE. ON EST CHAUDS, ON IRRADIE DE BONHEUR, et on se laisse tenter par les nouveautés de baby HM ♥️
Allez hop, CLICK BABE
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PRIORITÉ DE GROUPE AUX STARCHILD !


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Message  Sujet: Ecorché(s) Vif(s)     Dim 3 Déc - 14:02


Ecorché(s) Vif(s)
Feat Min Owen
Iseul passa une main dans ses cheveux fraîchement décolorés, grattant ici et la, des petits restes de produits qui s'accrochaient à ses mèches de cheveux, avant de renfoncer sa casquette noire jusqu'aux yeux. Il ne sait pas pourquoi il avait décidé tout d'un coup qu'il voulait avoir les cheveux décolorés, à la limite du blanc pur, mais depuis qu'il était sorti de chez lui, il s'était rendu compte combien ce coup de tête lui coûtera. Il avait laissé son ancienne coloration rouge, se déteindre doucement, pour laisser place à ses cheveux noirs pour une seule raison : ne plus être aperçu dans la foule, pour pouvoir s'y fondre, dans cette masse informe et  identique, dans l'espoir d'être à nouveau invisible, une énième silhouette errante sans véritable but. Espérant ainsi disparaître du radar qu'il connaissait que trop bien. Espérant effacer cette cible inexorablement attachée dans son dos.
Puis il était passé devant une vitrine, dont la surface refléta sa silhouette dans son entièreté. Et ce qu'il vit, à ce moment la, le dégoûta tellement, qu'il s'enfuit. Laissant ses pas l'amener dans la supérette du coin, posant sa main sur le premier produit pour cheveux qui passait, puis sur les premières, et nombreuses bouteilles d'alcool qui passaient. Ce fut ivre alors, qu'il tartina ses cheveux du produit décolorant, le laissant agir jusqu'à ce qu'il lui brûle la peau du crâne, s'endormant dans baignoire. Il ne se rendit pas compte tout de suite de son énorme connerie, aucun miroir dans sa chambre ne lui laissant la possibilité de voir son visage. Et ce pour la bonne cause : il ne supportait pas de voir son reflet, son regard morne, triste, sans saveur, et surtout, ce regard de prédateur dont il n'arrivait pas à se débarrasser. Ce regard qui avait fait fuir tant de gens, pour sa plus grande satisfaction. Ce regard enfoncé et noir, si noir, dans lequel se perdaient ses victimes, pour son plus grand plaisir. Ce regard qui était maintenant renforcé par ses cheveux d'un blanc pur, trop pur, beaucoup trop innocent, presque angélique, pour un tel corps démoniaque, renfermant l'âme la plus noire. Passant de rouge sang à blanc innocent. Quelle ironie, oh oui, quelle putain d'ironie.
Qu’espérait-il.
Que ce blanc immaculé, efface le sang à jamais incrusté sous ses ongles. Que ce blanc virginal efface son sourire équivoque et tordu. Que ce blanc séraphique fasse oublier la cruauté qui résume son être. Que ce blanc, trop blanc, ô combien beaucoup trop blanc, le transforme soudainement en un homme digne du paradis, digne de sainteté, digne d'être vivant.
Il s'était entraperçu dans le reflet de la vitre d'une voiture. Et ce qu'il vit l'avait fait rire. Tel un aboiement d'un chien de chasse. Faisant fuir pigeons, chats et passants qui l'entouraient. Faisant fuir toutes traces d'alcool qui restaient en lui. Un humain aux cheveux d'anges, entourant les yeux morts de la faucheuse, accentuant les crocs blanc d'un loup oméga, déclinant ses cernes dans toutes les nuances de bleues possibles. Alors Iseul avait ris. Ris aux éclats. Laissant sa gorge recréer le rire qu'il réservait à ses anciennes victimes, à ses anciennes proies. Jusqu'au moment où son cerveau fit chercher desesperement ses mains la casquette qu'il enfournait toujours dans la poche arrière de son jean, l'enfonçant sur ses cheveux, jusqu'à ses yeux, l'abaissant de façon à ce que personne ne puisse croiser son regard. Seulement alors il s'était calmé. Seulement alors il s'était remis à marcher, fonçant vers la librairie, prenant un livre au hasard, avant de foncer dans le café adjacent, se retrouvant dans la queue menant au bar. Il ne fit pas attention à ce qu'il se passait autour de lui jusqu'au moment où il s'assit à sa place habituel, sirotant son café, lisant les cinquante premières pages du roman pris au hasard.
Seulement alors, il se calma réellement, se laissant aller sur le dossier de sa chaise. Seulement alors il pris à nouveau conscience du monde qui l'entourait. Seulement alors il remarqua le jeune homme assis juste à côté de lui. Seulement alors il fut conscient du fait qu'il n'était pas seul dans cette partie pourtant toujours vide du café, du fait même qu'elle était la plus éloignée du bar, de la foule et des vitrines du café. Il jeta alors un regard noir au jeune homme, faisant apparaître ses crocs cachés par ses lippes. Seulement alors il remarque le regard inquisiteur que le jeune homme lui lançait, depuis un moment déjà. Peut être même depuis qu'il était entré. Iseul haussa un sourcil à son attention, son regard toujours aussi noir, laissant presque un grondement sortir de sa gorge, pour lui dire de s'intéresser à son propre livre. Iseul haussa le deuxième sourcil en voyant le livre que tenait alors le jeune homme. C'était un livre que lui-même avait lu, ou plutôt dévorer, quelques jours plus tôt.
Le regard noir d'Iseul changea, un éclat nouveau l'animant, alors qu'il se posait à nouveau sur le jeune homme, devenu tout à coup beaucoup plus intéressant et moins envahissant. Malgré eux, les deux jeunes finirent par se regarder en chiens de faïence pendant plusieurs secondes, avant de détourner le regard en même temps. Trop timide, trop maladroit, trop associable, Iseul ne pouvait décemment pas s'inviter à la table du lecteur, pour lui demander ce qu'il pensait du livre, même si son corps en tremblait presque d'envie. Secouant la tête, vérifiant qu'aucunes mèches blanches ne dépassaient de sa casquette, Iseul retourna à sa lecture. Non sans mal, sentant le regard perçant de l'autre lecteur sur ses épaules.
©️ FRIMELDA


◊◊◊

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Message  Sujet: Re: Ecorché(s) Vif(s)     Sam 27 Jan - 22:12

écorchés vifs
feat. yong iseul




hiver - owen qui aurait voulu respirer, inhaler de l’air à plein poumons, loin de tout et surtout de la foule, qui aurait tout fait pour pas s’enfermer mais contraint de se réfugier dans un petit café quand le froid gèle ses doigts maigres et les teinte de nuances violacées inquiétantes. hiver, owen qui s’installe contre la banquette, dans un espace plus reculé, plus à l’abris. c’est aussi se forcer - se dire que c’est pas grave, le regard des autres, la présence des inconnus. le monde qui tourne autour de lui - pourtant ça le bouffe, ça le ronge, et il se mord l’intérieur des joues faute de mieux. ses doigts se glissent autour de la tasse de café brûlant que le serveur lui apporte, et se réchauffent doucement. alors, enfin dégourdi, il extirpe de son sac, ce livre - ne pas trop se concentrer sur le monde, plonger dans sa bulle avant de se faire submerger par les intempéries externes. c’est rassurant, ce monde qu’il tient entre ses doigts quand il en fait glisser les pages, cette fenêtre vers un ailleurs souvent plus accueillant.

owen avide de savoir, de culture et de lecture. la curiosité à fleur de peau, le temps passe et le café refroidit avant qu’il l’ait bu - il le boira froid, sans même sans rendre compte probablement. c’est hypnotisant, c’est enivrant - jusqu’à ce qu’une ombre saisisse le coin de sa vision, et frôle ainsi l’angle de son intention. l’attitude lui rappelle la sienne, assez rapidement - un livre, et la solitude qui saute aux yeux. l’autre s’installe alors non loin, dans cette posture qui fait écho à la sienne. le regard qui se perd sur le garçon malgré lui, sans vraiment le vouloir - une lèvre qu’il écorche d’une canine acérée quand il aperçoit avec difficulté la couverture de l’ouvrage qu’il dévore lui aussi. mais pour lors - rien de plus, rien de moins. sa propre attention qui revient sur les lignes qui se tiennent sous ses yeux. mais quelques instants seulement s’écoulent avant que l’agitation ne le reprenne - le regard qui coule à nouveau vers l’autre, et cette fois, c’est aussi la vibration d’un téléphone qui attire son attention. par réflexe, il glisse une main dans sa poche - mais ce n’est pas pour lui, l’écran est vide, sourire en quart de croissant de lune, sourire blanc et sans surprise qui s’esquisse vaguement au bout des lippes : prévisible. pourtant, son regard s’est déjà perdu sur l’écran de l’autre, qui lui s’est illuminé - et en temps normal, il aurait détourné le regard, naturellement. pas d’attention particulière à porter à la vie privée des inconnus - et ce qui ne le concerne pas personnellement, lui ou ses proches, owen n’en a généralement cure. pourtant.

le nom ne peut lui échapper, les lettres lui sautent aux yeux, frappants d’une réalité à laquelle il ne s’attendait pas : min scarlett. aller-retour, regard papillon du garçon au téléphone, à son propre livre puis de nouveau sur le téléphone. la curiosité le pique - et un mélange d’émotions complexes par la même occasion. bien ou mal, quelle relation l’homme aux cheveux blancs peut entretenir avec sa soeur, lui dont le visage ne lui dit rien. l’inquiétude s’en mêle quelque peut, et c’est dans un raclement de gorge qu’il se redresse, et agile, tire une chaise en face de l’inconnu. “je peux ?”, poli. il attend un signe d’approbation avant de se faire une place, laisse glisser son ouvrage sur la table, balaye quelques miettes qui n’existent pas par réflexe. au fond des yeux, des lueurs qui ne s’expliquent pas. “j’ai lu le bouquin que tu lis. c’est, mh, sympa.” la gorge asséchée, il étend un bras pour saisir la tasse qu’il avait laissé sur l’autre table et en laisse couler le contenu dans son gosier, avant de plonger son regard dans le bois de la table, comme s’il allait lui offrire une réponse à propos de la manière la plus appropriée d’agir dans cette situation. parce que c’est pas son genre à owen d’engager une conversation, de se lancer dans une discussion - et il sait pas s’il en a envie, il sait pas si c’est une bonne idée ou s’il va juste le regretter. mais les questions brûlent ses lippes et le voilà, peu désireux de les laisser sans réponse. “tu réponds pas ? je veux dire, scarlett.” il veut dire à scarlett, mais l’idée y est. le regard qui se relève pour défier celui de l’autre, envisageant toutes les issues possibles de cette discussion. et ce sont ces tendances à s’emporter un peu trop rapidement quand il s’agit de ses proches, cette propension à s’extirper de sa bulle réconfortante quand il s’agit d’eux et plus particulièrement d’elle, qui finira peut-être par le perdre - la gueule contre le pavé, des coups de genoux dans les dents et des côtes fêlées pourquoi pas. joli coeur vaillant, aurait dit quelqu’un qu’il connait bien et l’idée le rassure un peu, sans raison apparente - joli coeur vaillant, à se vouloir preux chevalier alors qu’il tient à peine sur ses allumettes de jambes.

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j'entends la tristesse du ciel gris tomber sur le sol, s'écraser lentement sur le béton comme une clope, j'entends ton absence qui résonne dans le creux de mon verre, j'entends les pas lourds de l'ombre qui me poursuit sans arrêt, j'entends les voix glaçantes de mes démons palabrer dans ma tête.
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Message  Sujet: Re: Ecorché(s) Vif(s)     Mar 3 Avr - 23:21


Ecorché(s) Vif(s)
Feat Min Owen
Les mots n’étaient que des tourbillons essayant vainement de cacher quelque chose. Une image. Un reflet. Une douleur. Les mots, pourtant vaguement familiers, toujours révélateurs, toujours sécurisants, ne faisaient qu’une ronde indescriptible, sans queue ni tête, sans début ni fin. Piètre filtre face aux pensées inexorables et sauvages. Un souvenir, d’un passé trop proche, de ses cheveux rouges devenus blancs. Un tic de la mâchoire. Mouvement rageur. Soupire. Casquette enfoncée. Mèches sécurisées sous le tissu. Un autre soupire. Une envie de disparaître. Une envie de détruire. Une envie de sang. Autre tic. Des paupières. Mouvement douloureux. Mains crispées. Papier abimé. Concentre-toi. Concentre-toi. Concentre-toi.

Trop pris dans sa lecture. Peut-être aussi trop pris dans ses pensées sournoises. Surement aussi trop pris dans le mélange des deux, Iseul n’avait pas entendu, ni sentit, son portable vibrer sur la table. Aussi Iseul n’avait pas remarqué la soudaine avancée du corps assis à ses côtés. Passant de son côté gauche à face à lui, dans un mouvement souple et fluide. Pourtant annoncée dans un raclement de gorge presque timide. Il, parce que c’était il aujourd’hui. Comment l’être autrement, avec ses muscles crispés, sa mâchoire tendue et le loup éveillé ? Donc, « il », leva les yeux aux premiers mots prononcés par l’inconnu. « Je peux ? ». Par pur réflexe. Ou peut-être par envie cachée. Ou surement un mélange des deux, Iseul hocha sobrement le menton, l’arc de ses lèvres affichant un sourire un coin. Plus un tic qu’un véritable sourire, mais bien peu de gens voyaient la différence, ou ne faisaient assez attention pour voir une quelconque différence. Il suivit du regard les gestes, quoique fluides, nerveux de son nouveau voisin de table, une lueur différente qu’au moment où il était entré, dans le regard. « J’ai lu le bouquin que tu lis, c’est, hm, sympa. » Iseul tilta le livre en avant, jetant un rapide coup d’œil à la couverture, au titre. Il n’y avait même pas fait réellement attention, cherchant juste un moyen d’échapper à la réalité. Son sourire, son tic, se fit quelque plus prononcé en voyant le titre du livre. Effectivement, seul « sympa » pouvait qualifier une telle lecture. Il ne s’était même pas rendu compte que son livre était aussi médiocre, tant il était focalisé sur une chose et une seule : partir, loin, le plus loin possible du monde réel. Et surtout, sortir, sortir à tout prix, de son corps trop fragile, trop ténu, contre le monde qui l’entoure. Iseul reporta son regard vers le jeune homme face à lui, commençant enfin à le détailler, à essayer de trouver dans son apparence, son regard, son visage, une raison pour laquelle il s’était assis là lui aussi, dans ce coin tranquille du café, pourquoi il s’était intéressé à lui. La réponse lui vint plus clairement qu’une simple inspection d’apparence. « Tu réponds pas ? je veux dire, Scarlett ? » Il fronça les sourcils, ne jetant même pas un seul coup d’œil à son portable, se contentant de poser son livre, ouvert contre la table, plaçant ensuite ses mains de chaque côté, la main gauche attrapant sa tasse, la faisant tourner doucement sur elle-même. Il s’installa plus profondément dans sa chaise, faussement tranquille, faussement souple, surement prêt à bondir, surement prêt à fuir.

Il pencha la tête sur le côté, fixant son regard sur le jeune homme en face de lui. Cherchant en lui une menace possible. Cherchant en lui, un visage familier, peut-être déjà boxé par ses soins, ou du moins, déjà fusillé d’un regard noir, lors d’une balade, d’une course, avec la jeune femme dont le nom venait d’être prononcé. Rien. Aucun trait sur ce visage lui était familier. Iseul chercha autre chose alors. Une possibilité de menace. Un regard traitre. Un frémissement sauvage. Il ne vit que des yeux tristes, scrutateurs et hésitants. Des cernes prononcés, des lèvres sèches. Un corps trois fois trop mince. Mais surtout, ici, là, et encore là. Une ressemblance. Légère pour le premier venu. Criante de vérité pour un observateur aguerri.

Alors seulement, le prédateur se laissa aller. Alors seulement, le loup se rendormit. Alors seulement, Iseul enleva sa casquette, passa sa main dans ses cheveux trop blancs, avant de la remettre aussi sec. Alors seulement, Iseul posa sa main sur son portable, l’allumant, regardant le sms reçu. Juste une photo, de Scarlett, avec un livre, qu’elle venait surement de finir.

« Je viens seulement de voir son sms. » Un sourire. Un tic. Une fossette. Aussitôt vue, aussitôt disparue.

« Et tu es ? » Un haussement de sourcil. Un œil inquisiteur. Un regard ironique.

Un terrain connu. Un visage inconnu et familier à la fois.

Un corps détendu.
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Message  Sujet: Re: Ecorché(s) Vif(s)     Mar 12 Juin - 16:06

écorchés vifs
feat. yong iseul




Le temps s’écoule en silence et sans accroc dans la petite pièce surchauffée du café – sans accroc, ou presque, quand son attention accroche justement la présence de son voisin. Un garçon d’à peu près son âge ou un peu plus, il ne saurait dire exactement, un livre entre les mains, dans une attitude qui se dessine comme un miroir à la sienne. La couverture de son ouvrage ne lui est pas inconnue, mais l’attention n’est piquée à vif que lorsque la sonnerie d’un téléphone retentit, celui de l’autre, l’étranger, et que la proximité fait qu’il découvre sans peine les lettres qui s’inscrivent sur l’écran. Le nom ne peut le laisser indifférent, et, c’est lèvres pincées qu’il aborde l’autre.

Et l’attitude de cet autre le trouble, l’indescriptible même se loge dans son regard, des nuées et des nuances de complexité semblent s’y confondre et sèment la confusion chez Owen. A la méfiance, se mêle la curiosité plus que la pure animosité qui aurait pu s’emparer de lui. Il s’agit de Scarlett, il s’agit de son petit monde et il s’inquiète de se découvrir face à celui qui semble être un inconnu, alors même que celui-là même connait suffisamment sa sœur pour avoir son numéro enregistré sur son téléphone. C’est quelque peu sur ses gardes, qu’avant d’interroger, il tâtonne d’abord doucement, guette les réactions du garçon et cherche l’erreur, cherche ce qui pourrait clocher dans ce comportement ; ou ce qui pourrait le ramener à une image connue. Pourtant, il sait qu’il ne le connait pas, et que rien ne sert de chercher d’avantage ; si l’idée est pinçante, il préfère élucider le trouble au plus vite. Des questions par milliers s’entrechoquent dans sa boîte crânienne, sans qu’il en trouve une seule convenable – situation complexe.

Et s’il cherche à attirer l’attention par petites touches tout d’abord, la question tombe plus sèche que lui-même ne l’aurait prévu ; et la réaction de l’autre ne trompe pas, la question ne semble pas sérieuse que pour Owen. Il se crispe doucement, imperceptiblement – incapable encore de déterminer si l’autre présente ou non une menace, connaissant trop bien sa sœur pour savoir qu’elle ne supporterait pas un nouvel enfer. Et en silence, il attend sa réponse, jeu de scrutations mutuelles, cherche des réponses dans son attitude mais le fossé est trop grand. L’autre consulte enfin son téléphone, et Owen ne manque pas le sourire qui se dresse sur ses lippes l’espace d’une fraction de seconde – suffisante pour que Owen la capte, et s’en dresse d’autant plus intrigué.

« Et tu es ? » Owen hésite, un instant, imperturbable pourtant et dans un soupir, il s’éclaircit finalement la gorge. « Son frère. » Il plisse les yeux, plonge dans ceux de son interlocuteur, dans l’attente d’un retour de sa part, qu’il décline son identité à son tour. « Et toi ? » Il fait rouler un doigt autour d’une miette de pain abandonnée sur le bord de la table, joue avec un instant, jusqu’à ce qu’elle s’écrase au sol, époussetée d’une légère pichenette. « Je me souviens pas t’avoir déjà vu avec Scarlett. »

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j'entends la tristesse du ciel gris tomber sur le sol, s'écraser lentement sur le béton comme une clope, j'entends ton absence qui résonne dans le creux de mon verre, j'entends les pas lourds de l'ombre qui me poursuit sans arrêt, j'entends les voix glaçantes de mes démons palabrer dans ma tête.
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