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the more of you, the merrier.



 
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Message  Sujet: the more of you, the merrier.     Dim 26 Nov - 1:09





« Haut les cœurs, haut les cœurs. On peut encore se parler, se toucher, se voir. Il faut se dire des belles choses, qu'on gardera pour plus tard – on peut encore se parler, se toucher, se voir. Haut les cœurs. Approche-toi de moi, sers-moi fort, avant qu'on se sépare – avant qu'on se sépare... » Et son visage aux billes semées d'astres, engourdi par le froid de Novembre, brille sous le crachat nocturne des réverbères argentés. Ce soir, l'ombre vespérale des nuages s'incruste sous sa peau d'albâtre, dessine des larmes poudreuses sur ses joues rebondies. Il tremble un peu, dans son écharpe en laine fardée de petites fusées, mais il prend la route et continue d'avancer, le cœur baigné d'un halo de lune en se projetant dans ses desseins les plus tendres. De temps à autre, il relève le visage vers les cieux, fixe d'un œil scintillant le néant constellé de son berceau. La seule et unique étoile qu'il convoite, à cet instant, se perd derrière des nuées nébuleuses d'azur et d'outre-mer, couverture céleste dérobant les nymphes nocturnes qu'il se plaît tant à chérir. Altaïr manque à l'appel, elle qui est censée chatoyer plus que de raison à cette période de l'année. Alors Han Ja s'empresse de dévaler les allées, et de fouiller l'empyrée tout entier, s'il s'agit de te retrouver et de te cueillir au creux de ses mains gelées.

Car il a besoin d'Altaïr, son Altaïr. L'étoile sur laquelle il s'est promis de veiller un peu plus que les autres, lui, ce cher ambassadeur du cosmos ; le spectre aux sourires contusionnés, qu'il n'a pas eu l'occasion d'enlacer depuis quelques semaines, et dont l'absence semble semer un maelström de rien entre ses côtes. Si tu savais comme tu lui manques, toi, roi des revenants pourtant reparti. La poussière de ton être évadé lui paraît bien fade, en ce moment, et il compte les jours en attendant d'entendre la nouvelle comme quoi tout est fini, comme quoi tu es revenu et que ton cœur pèse d'ores et déjà moins lourd dans ta poitrine. Fantôme parti errer autre part, s'entichant à la place d'une souffrance tant ressassée, tu t'es volatilisé sans qu'il ne puisse le prévoir, et l'enfant-prince n'a même pas pu te dire au revoir convenablement. Il n'a même pas pu te décharger de cette douleur qu'il jalouse et méprise plus que tout, infiniment désireux de refermer tes plaies ensanglantées à l'aide d'une centaine de baisers-pléiades, et sans doute même de quelques portions de mots-météores.

Et il veut se rattraper, t'aimer comme il se doit – faire face à que tu tentes désespérément de lui cacher, pour en dévorer chaque parcelle et t'assurer qu'il est bel et bien fou, fou de ton être tout entier. Il veut venir te voir, même si c'est pour un instant, même si c'est pour cinq minutes, et se perdre dans la contemplation de ce qu'il aime, de toi. Parce que t'es sa passion arrogante, t'es son questionnement permanent. T'es son artiste maudit, l'hiver qui s'installe peu à peu et la brise chantante sur son visage, quand tous ses songes convergent inexorablement vers toi, à mesure que ses pas foulent le macadam trempé et qu'il évite consciencieusement les premières plaques de verglas. T'es le souvenir d'une chaleur, son soleil givré ; son attente, son interminable péché enfantin. La nuit tardive qui s'étend pour l'insomniaque aux rêves pourpres, le frisson imaginaire qui frôle les chairs lorsqu'il n'y a personne d'autre dans la pièce. T'es la pensée contre une vitre, et puis les souvenirs incessants se cognant contre les parois de doigts qui tremblent – t'es un câlin prolongé, et ton sweat parfumé sur ses épaules blafardes. Tout et rien à la fois, tout mais pas rien à ses yeux : tu es l'inexprimable et l'inimaginable, et le Han t'idéalise sous toutes tes formes, lorsqu'il déambule sous la myriade de petites gouttes translucides qui larmoient du fond de la voûte, perdu dans son envie de t'avoir et de te protéger de ton propre mal-être.

Ainsi, pour toute réponse à son imagination qui s'entremêle, à tes rictus idiots qui tapissent le sanctuaire de son esprit, il a l'impression que le ciel coule sur lui.
Et c'est rédempteur.

Lutin auréolé (mais triste, et brûlant autant qu'il a froid) respire un instant, ses yeux croisant une énième fois cet immense fond d'encre clairsemé d'orbes lointains. Il est tard, mais pas même le temps ne l'arrêtera. Le soir accueille son âme gorgée de promesses de jeunesse, le vent tourmente ses mèches lunaires, et le déluge lèche froidement son visage plus pur qu'un astre laiteux, tandis qu'il s'enhardit de garder son trophée au creux de sa veste – ses deux amours florales qui bravent la tempête avec lui, fraîcheurs toutes deux mauves qu'il ne veut surtout pas voir prendre la pluie, savamment cachées dans la chaleur de son vêtement. Ça, c'est une mince offrande pleine de symbolisme qu'il t'adresse à toi, son fantôme blessé ; parce qu'il a l'espoir que leur parfum ravive tes sens un instant, te redonne la vie et chasse les esquisses bleuies de tes traits et de ton enveloppe.

Alors le Han se dirige vers l'hôpital, fort heureusement toujours ouvert à cette heure-là. En marchant, il ne peut s'empêcher de penser au temps passé loin l'un de l'autre, lorsqu'il aurait pu s'occuper de toi comme ton garde-malade, replâtrer ta tête et tes sentiments qui fonctionnent plus bien, refaire ton stock de dopamines et anesthésier tes lèvres pour pouvoir les rehausser des siennes. Bonheur, il veut t'offrir le bonheur. Te céder le monde, te montrer toutes les étoiles qu'il garde dans sa besace et leur dire à quel point il t'aime : soit, leur présenter la personne pour laquelle elles devront briller de mille feux, dorénavant.

L'échauffement dans lequel s'emballe son palpitant se confond avec une peur certaine, lorsqu'il franchit le pas des portes battantes, appréhendant secrètement le moment qu'il attend pourtant désespérément. Confus, c'est néanmoins le regard timide de la réceptionniste qui excite son adrénaline inéluctable, lui empêchant le moindre retour en arrière. Présentement, sa dégaine est probablement fichue en l'air, trempé jusqu'aux os et les bras saccadés de frissons intermittents – il n'empêche qu'elle lui sourit et qu'elle rougit, même, car il reste poli et qu'il lui demande d'un timbre souriant les coordonnées de ta chambre, bien décidé à te retrouver. Elle cherche ton prénom qu'elle prononce d'un ton bas, et la pensée amusée qu'elle ne le dit pas aussi bien que lui tire un instant ses commissures vers le haut, joueur dans sa forme la plus silencieuse. Le fils des astres finit par la remercier chaleureusement une fois ton numéro de chambre communiqué, et il ne se fait pas prier pour directement grimper à l'étage, pris de court par une impatience presque brutale.

Tout en lui résonne, fait office d'écho assourdissant. Ça fait si longtemps qu'il ne t'a pas vu, et ça fait tellement de choses qu'il a appris en l'espace d'une poignée de minutes, le souvenir d'avoir été ébranlé par ta disparition volontaire s'échappant une fois de plus d'entre ses lèvres. Dans son soupir résident quelques fragments de son cœur comprimé, et il a besoin de toute l'énergie du monde, de tout son courage de gosse vaillant, pour tourner la poignée et atterrir sur ta silhouette à moitié mourante. Tout son sang coule dans la chimère de tes regards, fracassant ses veines lorsqu'il t'imagine nerveusement le dévisager d'une façon qu'il ne peut deviner. Il ne sait pas s'il est confiant, mais il n'a pas peur. Il ne veut pas avoir peur, car il sait que c'est tout sauf ce dont tu as besoin.

Et comme Han Ja est téméraire, il se jette à l'eau, enfin – ne peut contenir ce désir débordant de te voir, de te savourer du bout des yeux, et de pourquoi pas retrouver ton contact qu'il ne peut oublier, littéralement trop assoiffé de ta personne toute entière pour ne pas espérer se noyer dans le ruisseau de tes prunelles.

En pénétrant dans cette pièce immaculée, ce genre de salle qui a toujours eu le don de l'effrayer, c'est la noirceur de ta chevelure qui attire ses yeux en premier. Il ignore s'il vient de déglutir ou de respirer le plus simplement possible, mais son souffle reste bloqué en étau dans sa gorge, et il referme doucement la porte derrière lui, seulement pour mieux retrouver ton être de ses orbes irisés.
Pourquoi tu dois être comme ça ? Pourquoi est-ce que tu dois souffrir ? Qu'est-ce qu'il te faut, pour être pleinement heureux ? De quoi as-tu besoin, pour enfin pouvoir être en proie au bonheur ? C'est ça, qu'il veut savoir. C'est tout ça, qu'il veut que tu aies enfin. Car il est intimement convaincu que c'est ce que tu mérites, pour avoir bravé flots et marées, et pour avoir réussi à dérober son cœur, de la manière la plus inattendue qui soit.

Ses yeux empreints d'amour restent bloqués sur ta personne sans qu'il n'ose avancer, peut-être bien pour deux longues minutes, tout au plus. Il ignore si tu es réellement endormi, mais tes paupières closes lui attestent de ton inconscience, sans qu'il ne sache précisément si elle est artificielle ou non. C'est imprégné d'un élan d'audace que Ja s'autorise finalement à t'approcher, ses pupilles légèrement vacillantes de trop t'admirer, alors que tu dois probablement te noyer dans un kaléidoscope de fantasmes noirs. La lumière sucrée qui se déverse de ses lèvres laisse échapper tout son émoi, quand il réalise qu'il te revoit réellement, qu'il est plus libre que jamais de réapprendre les constellations de ton visage. Bientôt, il est suffisamment proche de toi pour que son ombre te surplombe finement, et la caresse timide qui redécore ses yeux tranche avec l'amertume qu'il ressentait. Ta simple vision le rend heureux.
Et ça l'effraie.

Et pour faire taire ses pensées qui se hâtent déjà, il quitte un bref moment ta silhouette somnolente, pour extirper de son blouson les deux petites fleurs protégées jusqu'au bout. Effluves florales exhalant de toute part dans cette prison austère, le sourire rougissant qui menace ses joues finit par s'agrandir après t'avoir dévisagé encore, et encore, sa bravoure ne cessant de croître lorsqu'il glisse la tige d'une violette dans ta poche de poitrine. Le lilas est à son tour planté dans le jardin de son propre cœur, et la constatation enfantine qu'il fait le pousse à rire très silencieusement, pour ne pas perturber ta sieste blanche.

« Pardonne-moi. Je suis un peu en retard, mais je suis quand même venu. Tu t'y attendais pas, pas vrai ? » Si c'est dit sur une note taquine, c'est cependant plus vrai que vrai ; il n'a pas été le premier à venir, ne sera sûrement pas le dernier, mais il veut que tu saches qu'il y a pensé à chaque instant, et qu'il se demandait comment est-ce que tu prendrais sa visite. Vos séparations n'ont pas été les plus joyeuses du monde, et c'est sur cette réminiscence amère qu'il se décide à soupirer longuement, sa main partant instinctivement à la conquête de la tienne, indolente. Texture cotonneuse contre texture rugueuse, le contraste lui plaît et lui a toujours plu – et sans un mot, alors qu'il porte lentement ta main à ses lèvres, il s'octroie le plaisir d'y déposer un baiser plus doux qu'une mer de brume veloutée, ses prunelles peu enclines à quitter ton faciès si fascinant. « Tu me manques. Tu me manques à chaque seconde. » Secret murmuré sur le dos de ta main, le souhait d'entrelacer vos doigts entre eux ne lui échappe guère, s'exauçant à la simple volonté de son cran de gamin entiché. « Je peux pas me passer de toi. J'ai besoin que t'ailles bien. J'ai besoin que tu aies ce que tu veux... » Car plus que tout, lui, il a besoin de toi.



the more of you
the merrier
if i can't find the cure, i'll fix you with my love

◊◊◊

☆☆☆ shall we look at the moon, my little loon? why do you cry? make the most of your life, while it is rife. while it is light...

@Han Soo Yun a écrit:
J'savais qu'on allait la sortir et j'aurais du parier sur toi, le roi des vannes pourries.

RS des enfers © Only One Bro:
 
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Message  Sujet: Re: the more of you, the merrier.     Lun 27 Nov - 19:17





A force d’oublier de dormir, il est coincé dans une espèce d’état second, à mi-chemin entre le sommeil et l’éveil – il a l’impression que tout va plus lentement et plus vite en même temps, que lui-même fonctionne au ralenti alors que le reste du monde commence à avancer sur un rythme effréné. Le sien s’effondre – s’effrite – s’efface à mesure qu’il grille les clopes et avale les cachetons ; il se sent assez seul pour avoir envie de gerber, mais persiste à repousser toute interaction sociale et s’enferme dans une cage en or et ossements.

Chaque jour se fait plus long, chaque seconde s’étire et il lui manque quelque chose. Il lui manque un sourire, la douceur de deux joues malmenées par un trop-plein de bonheur irraisonné, la chaleur d’une dizaine de doigts glissés entre les siens et la candeur d’un million de promesses chatoyantes, murmurées tout contre l’hélix de l’autre. Il lui manque la complicité la tendresse l’amour – l’amour plus que tout, l’amour à s’en faire ouvrir la cage thoracique de force, l’amour à s’en bouffer les lèvres et à en pleurer, en perdre le souffle et la raison. Il lui manque l’amour teinté d’un milliard d’étoiles, la lumière d’un astre qui le surplombait quoi qu’il fasse, où qu’il soit ; qui semble s’être enfui à l’instant où il a eu l’audace de lui tendre son cœur.
Il lui manque toi, mais il ne le dit pas.

La dernière journée est la plus dure – il tente de retranscrire tout son émoi sur un format raisin, les phalanges sèches et les articulations craquantes, les cernes assez noires pour que tout son visage semble creusé ; l’absence de repas qui fait saillir ses omoplates comme une paire d’ailes déplumées et sur le papier n’est écrit que les courbes de ton prénom, ne sont dessinés que celles de ton visage et ça le terrifie ça fait remonter l’acide de la bile dans sa gorge parce qu’il se dit qu’il a encore merdé, qu’il risque de perdre son meilleur ami pour avoir franchi une limite innommable.

Il le sent sous sa peau, comme des centaines de griffes grattant à même ses os et cherchant à faire éclater l’épiderme pour s’échapper et être libre ; c’est assis sur son propre lit qu’il tente de les faire sortir pour se libérer lui-même, qu’il s’attend à ce qu’un liquide noir et épais dégouline d’entre ses plaies. Mais il n’y a que la douleur aigue, brûlante, et le bruit sourd d’un sac lâché à l’entrée – il n’y a que ses joues creusées et rougies de deux traînées salées, et un vague sourire, teinté d’incompréhension, lorsque la scène s’éteint et qu’il imagine déjà les rideaux de son spectacle tirés.

La semaine qui suit a des odeurs de culpabilité pure et dure – il entend les larmes dans les appels de sa famille, les voit sur les visages de ses proches sur place et l’impuissance, il lit dans leurs regards toute l’impuissance du monde. Egoïste, le fantôme constate. Il constate que le manque subsiste, à la manière d’une tumeur qui fleurit à l’intérieur de sa poitrine, qui la noircit et l’empêche de garder ce qu’il avale – il extrapole ses malheurs et s’imagine seul, se voit déjà abandonné, relégué et condamné au statut de meilleur ami, dans le meilleur des cas. Ressasse sans arrêt les affres de situations sorties de son esprit morcelé, entend presque le cristal de sa santé éclater et bientôt les doses sont surélevées, on l’assomme pour l’empêcher de penser.

Nuits enchaînées sur un sommeil sans rêve, journées dépensées à rassurer les visiteurs et à appeler les infirmières ; une espèce de quotidien éreintant se met en place et Boo se sent irrévocablement ramené au bord de la falaise, silencieusement conscient qu’il suffirait d’une pichenette pour qu’il chute. Une semaine passe, sans que le ciel ne se dégage un seul instant – l’arrière-goût sur sa langue se fait de plus en plus amer.

A l’orée du second lundi, le fantôme se perfectionne dans ses mensonges, juste assez pour commencer lui-même à y croire ; la surdose d’antidépresseurs dans ses veines semble faire effet, il parvient même à offrir quelques vrais sourires à ses visiteurs, à entamer des discussions avec les infirmières. Nouvelle routine dont il savoure chaque parcelle, sans garder une conscience aigue que, parmi toutes les personnes qu’il a pu voir dans sa chambre, aucune n’avait des yeux assez brillants, des joues assez douces, des mains assez chaudes.
La tumeur dans sa poitrine s’est étendue jusqu’à sa gorge et l’étrangle, dans le silence de certains soirs.

Et finalement, c’est au crépuscule d’un de ses derniers jours de convalescence que les dieux le gracient de son tourment – plongé pour la première fois depuis plusieurs semaines dans un sommeil naturel, le fantôme redécouvre la saveur des rêves en se reposant toute l’après-midi ; la fatigue le happe et il s’y abandonne gaiement, en plein milieu d’une discussion avec l’un de ses camarades de classe. Bercé par le bip des machines, qu’il trouvait à l’origine absolument insipide, il n’est extirpé de ses songes que par une certaine agitation extérieure, par un son délicieusement familier – par une voix qu’il connaît, et une main dans la sienne.

C’est pourtant la pression d’une paire de lippes sur le dos de sa main qui déchire les lambeaux de ses rêves et que ses prunelles s’agitent sous ses paupières scellées ; l’épuisement fait pression sur tout son être, mais tes paroles ne lui échappent pas. Non seulement elles ne lui échappent pas mais, en plus, elles ont des allures de nirvana à ses oreilles d’un coup plus alertes, son corps se désistant petit à petit du poids de tes absences.

Il ne dit rien lorsque tes doigts se glissent entre les siens, attend quelques instants avant de réciproquer leur étreinte, ébranlé par la profondeur de tes jolis mots. Ça lui fait l’effet d’un baume, d’une brise fraîche après le tourment d’une canicule de presque un mois – ça fait monter des larmes aux coins de ses yeux toujours obstinément fermés, les mâchoires serrées comme pour ravaler le flot d’inepties qui menace de s’en échapper. Il prend une inspiration, profonde, prend le temps de suivre mentalement le chemin de l’air jusqu’au creux de ses poumons avant de laisser ses paupières se rabattre en arrière ; les vaisseaux sanguins éclatés de ses deux billes ombragées par le trop-plein d’émotion lui donnent l’allure d’un drogué au cœur éclaté. Et peut-être est-ce ce qu’il est, à en juger par le tuyau planté dans son bras et la lenteur de sa main libre, lorsqu’il la lève pour offrir à ta joue une caresse qu’il t’aurait donnée des jours et des jours auparavant, si tu lui avais fait l’honneur de ta présence.

Ce qu’il veut. Il y a un million de raisons qui veulent le pousser à dire qu’il te veut toi, qu’il n’a jamais rien désiré comme il te désire en cet instant infiniment long et douloureusement tendre. Qu’il veut pouvoir t’avoir au creux de ses bras comme à celui de son âme, qu’il souhaite effleurer la tienne autant qu’il veut gentiment mordiller tes lèvres. Qu’il a dépassé le stade de l’envie pour se perdre dans celui du besoin, dévoré par un amour sali de culpabilité juvénile – qu’il n’est plus sans toi, qu’il n’arrive même pas à entrevoir l’ombre d’un futur sans que tu n’éclaires son chemin de garçon perdu. Mais il y a aussi une raison, infime et irritante, qui l’enjoint à taire ses désirs. La peur.

Si l’intégralité des messages qu’il veut te faire passer restent bloqués au fond de sa gorge, ils larmoient et auréolent son regard d’un éclat teinté de petites pierres plus sombres – ils rehaussent ses lèvres et les retroussent de l’ombre d’un de ses sourires de joker, sans qu’il parvienne à le faire correctement s’étirer jusqu’à l’orée de ses oreilles surdimensionnées. C’est un début ; le plus large rictus qu’il ait lâché depuis son arrivée dans cette pièce aveuglante. « T’as mis du temps à venir. Pourquoi t’as mis autant de temps à venir ? »

L’inquiétude dans sa forme la plus brute, il hésite un instant à t’en vouloir mais l’excès de bonheur à ta simple vue prend le dessus – et s’il t’invente déjà une centaine de raisons légitimes, il veut l’entendre de ta bouche et être rassuré, se dire que tu ne l’as pas totalement abandonné et que tu ne le feras pas de sitôt. « J’ai eu peur que tu ne viennes pas du tout. » Il remarque le léger engourdissement de tes doigts et ne peut s’empêcher de froncer les sourcils, un court instant ; cette fois, c’est la fierté puérile de t’avoir fait braver le froid et la tempête pour le rejoindre qui recourbe ses lippes abîmées. Il assène quelques coups de crocs à celle du bas, ses yeux dansant d’un bout à l’autre de ta petite personne. « Tu me manques aussi, Hanja. » Sa voix se fait souffle, alors-même que le sien se bloque dans sa gorge. Il sent une tristesse pure enfler au fond de cette dernière, sous la forme d’une espèce de sanglot qu’il ravale en scellant ses lèvres sur son plus doux sourire – le besoin d’être rassurant se fait aussi pressant que celui d’être rassuré, il raffermit son étreinte dans un soupir légèrement forcé.

« Dans l’immédiat, ce que je veux… Un câlin. » Son regard s’écarte instantanément, alors-même que la pression de ses phalanges sur les tiennes se fait sensiblement plus ténue – si ses paroles ont dépassé sa pensée, il craint plus que tout d’avoir brisé, avec force sentiments déplacés et comportements inappropriés, toute la magie de ce que vous aviez construit en plusieurs années d’amitié fusionnelle. « C’est pas grave si c’est pas maintenant. » Il chuchote, à la manière d’un gamin coupable d’avoir éveillé ses parents au milieu de la nuit, tourmenté par un monstre issu de son imagination. « T’es trempé, en plus. » Esquisse mort-née à la commissure gauche de ses lippes, vestiges d’un sourire suffisant qu’il t’aurait décoché sans hésitation, si une voix doucereuse ne murmurait pas des milliers de cauchemars au creux de son oreille – il se sent si vulnérable en cette seconde précise, conscient que tout son être est recroquevillé dans ta main et qu’il suffira peut-être d’un simple mouvement trop brusque pour qu’il soit réduit en poussière.
Et, s’il est terrifié à l’idée de perdre la somme de cette poignée d’années (presque décennie, pourrait-il penser avec des rêves d’éternités plein les yeux), il a d’autant plus peur que tu lui glisses entre les doigts. « Ne me laisse pas tout seul. » Plus bas encore que les autres de ses chuchotis, l’ultime supplication lui semble honteusement se répercuter contre les parois immaculées de sa cellule, pour revenir le percuter en plein cœur – elle est là, sous ses ongles. Elle le rattrape, et n’attend qu’une seconde d’inattention pour le dévorer. « S’il te plaît. »



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