WAY DOWN WE GO ☾ (LINOK)

 

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Message  Sujet: WAY DOWN WE GO ☾ (LINOK)     Mar 14 Nov - 19:00


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Il a l’estomac le regard la tête – tout de vide c’est plus qu’une coquille le genre qui jongle entre insomnies et cachetons mal bouffés mal dosés mal digérés – il gerbe tous les soirs passe des heures dans la salle de bain et le reste dans la chambre – il sort que pour acheter ses malboro et les enchaîne trop vite trop sec trop lâche pour s’ouvrir ; il a peur que l’peu de lui qui reste s’effondre s’il laisse quelqu’un d’autre le fendre.

Et il pense il pense il songe au lieu de rêver sur le bord de sa fenêtre un million de cauchemars font déborder ses poches lacrymales et il chiale entre deux allers-retours dans les chiottes, quand y a plus que de la bile à rejeter et qu’il commence à avoir mal à la gorge. Y a son tel qui vibre parfois, sur quelques messages qu’il ignore ; y a le bruit de la clé dans la porte, un coloc’ qui s’pointe et s’enquit de son état – un frère qu’il ignore tout autant, l’abreuvant de « ça va » et de sourires juste assez forcés pour qu’ils paraissent naturels.

Y a une pensée qui s’accroche à lui, fantasme-sangsue lorsqu’il monte sur le toit, le troisième jour, et qu’il laisse ses jambes se balancer dans le vide en caressant le goulot d’une bouteille de vodka achetée en même temps que les blondes ; ça devient graduellement insupportable, il a beau noyer tout ça dans l’alcool et la nicotine ça le rattrape plus durement le lendemain, gueule de bois couplée à une absence d’alimentation presque indécente qui l’éclatent et l’obligent à rester au pieu jusqu’à 18 heures.

Il vit plus boo, il existe à peine entre des cadavres de bières et des paquets de chips au goût terreux sur son palais mortifié – pourtant il a pas faim, il a jamais faim et il rejette tout ce qu’il a le malheur d’avaler. Quelques réflexions sinueuses le transpercent à l’orée du sixième jour, il parvient à se convaincre que rester à séoul était d’une connerie absolue, que pour couronner le tout il est pas parti pour pas blesser une poignée de personnes qui s’en branlent et oh – au milieu de l’apathie un pic de colère s’enfonce grimpe se plante et se propage.

Le septième matin l’accueille avec de la pluie, maussade ; un temps aussi gris que son teint malade, il parvient même pas à penser à la douce odeur qui envahirait la terre une fois les averses terminées. Rage passée, c’est un déluge de remords qui le prend à la gorge et le noie, l’idée-même d’avoir pu détester son entourage lui donne l’impression d’avaler une horde d’oursins et de les sentir éclater ses poumons. Il s’en veut, s’en veut tant qu’il les imagine lui en vouloir et s’en persuade – se voit déjà seul, trahi pour avoir trahi, extrapole et jette son téléphone dans la panique.

Alors forcément, seul, rien ne le retient ; alors forcément, seul, la lame a des allures de salvatrice, des relents de salut et un espoir de revoir la jolie irlandaise qui l’a mis au monde – si ce n’est la belle métisse qui lui a volé son premier baiser (et plus encore) ; alors forcément, seul, il se dit que la douleur est un dommage collatéral. A à peine le temps de se le dire que ses mains ont bougé, que ça s’écoule le long de ses poignets et de ses mains que ça tache le tapis et que ça brûle ça suinte ça lui fait mal. Assis sur le bord de son pieu, il l’entend pas la clé qui s’enfonce dans la serrure, il sent juste le poids d’un sac qui tombe par terre, et lâche un « hansol » faiblard, sur un vague sourire effrayé.
Et il tombe.

Il se réveille avec les paupières irritées, dérangé par le mélange de la blancheur d’une pièce qu’il ose pas identifier et d’un bip régulier, légèrement accéléré à l’instant où ses souvenirs reviennent au galop et lui percent la poitrine. S’enchaîne une série d’examens à la con, avec ses poignets qui le brûlent et lui font mal et les machines qui s’excitent tous les quarts de secondes et, au milieu, les piqûres pour qu’il pionce, pour qu’il arrête de dire qu’il veut partir et que leur bouffe est dégueulasse.

Quelques visites qui lui laissent un arrière-goût de poussière sur le bout de sa langue – qui lui arrachent des sourires, certes, et lui qui promet qu’il ira mieux, qu’il recommencera pas, que c’est qu’un passage et que quand il reviendra, il sera tellement heureux qu’il leur cassera les couilles à tous. Les jours passent, lents, il a l’impression que le monde s’est arrêté mais est bien obligé de capter que non, il continue de tourner ; y a que boo qui est coincé dans cette putain de chambre, à envoyer paître l’infirmière pour la rappeler l’instant d’après en chialant, parce qu’il arrive pas à remettre son oreiller correctement.

Il craque vingt-sept fois avant que t’arrives, devant ses potes et le peu de famille qui traîne à séoul – cinq de plus pour les coups de fil que ses tantes et oncles lui passent. Il craque dès qu’on lui parle, dès que la porte s’ouvre et qu’il sait que quelqu’un vient le voir ; comme s’ils en avaient quelque chose à foutre. Et quand c’est toi qui te pointes, campé sur tes talons et probablement mal à l’aise, lui il sent déjà la vingt-huitième fois lui salir les joues et laisser deux traînées rouges et inégales sur ses pommettes malmenées. Y a un silence, un sourire aussi gêné que curieux – y a une once d’espoir mêlée d’inquiétude, la peur que tu viennes pour l’enfoncer d’avoir été un tel fils de pute avec toi. « salut, lulu. »

Vieux réflexe, il ferme les yeux l’instant d’après et pourrit mentalement l’électrocardiogramme qui trahit l’accélération de son rythme cardiaque ; mais faut le comprendre, il a peur de ce que tu pourrais lui dire, lui faire. Sait pas quoi penser de ta venue – ni comment il pourrait s’excuser. « qu’est-ce que tu fais là ? »


◊◊◊

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Message  Sujet: Re: WAY DOWN WE GO ☾ (LINOK)     Mar 14 Nov - 20:14


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La tranquillité des jours qui passent, tes affaires trouvant toujours un peu plus une nouvelle place où s'étaler jusqu'à ce que tes livres de cours traînent sur la table de cuisine. Et tu te fais pardonner par la force de la cuisine, tu paies ton côté parasitaire grâce à la nourriture dont la facture ne passe même pas sur ton compte en banque. Ça va, tu ne mènes peut-être pas une vie si misérable après tout, tout de moins jusqu'à ce que tu lises des lignes horribles sur l'écran de ton portable venant de la part de Ja. Le crayon est posé, les devoirs oubliés en un instant pendant lequel la culpabilité revient se tarauder une place au creux de ton ventre parce que, malgré tout ce qu'on pourra te dire, la ligne directrice du temps te fait tirer des conclusions désagréables. Tu fais de ton mieux pour digérer la nouvelle, cherchant désespérément à faire comme si ça ne te touchait pas. Après tout, c'est ton ex, pourquoi devrais-tu t'en soucier ? La moindre raison pour toi de vouloir rôder dans son entourage a été bel et bien enterrée la dernière fois que vous vous êtes parlé. Pourtant, l'inquiétude reste. Elle demeure dans un poids constant qui te pèse à travers les heures de questionnements. Boo, il est du passé. Rien ne peux mettre en doute ton droit d’exprimer un peu de tristesse à l'égard de son geste, mais tu as tourné la page. Une page sur laquelle reste imbibée la réalité qu'il a d'abord été ton ami et, au fond, tu l'aimes bien Boo. Y'a pas qu'une histoire de sentiments dans tout ça, peut-être en partie, mais ça ne forme pas le tableau final.

Le pour et le contre sont pesés dans un débat avec toi-même à savoir s'il te faut lui rendre visite. Sauf que tu aurais dû le faire avant de te retrouver bêtement dans le stationnement de l'hôpital, le moteur en arrêt et les doigts toujours cramponnés au volant. Qu'est-ce que tu comptes aller lui dire ? À la lumière de votre dernière conversation, il n'a probablement pas envie de te voir. Pas même une seconde. Le soupire qui traverse tes lèvres est pesant, le regard se portant sur le siège passager parce qu'on t'a toujours dit que les gens hospitalisés il faut leur apporter des fleurs. T'y connais rien dans le domaine et y'a fallu que Meeah te file un coup de main - c'est quand même son boulot, en même temps. Par contre, plus tu y songes, plus tu te dis que ça lui donne une raison de plus pour te cracher dessus à ce Boo.  Même pas foutu de te débrouiller toi-même une fois dans ta vie, tu te fais presque pitié à ne pas être capable de fermer les yeux sur ce qui ne te regarde pas. T'as le stress remonté jusqu'à la gorge, pianotant sur le volant de ta voiture sous le regard insistant du gardien de sécurité un peu plus loin qui doit se poser une blinde de questions sur ce que tu peux bien trafiquer dans ta bagnole depuis vingt minutes sans en sortir. En plus, va falloir que tu débourses une fortune pour rester garé là.

Tu finis par te résoudre : de toute, tu es déjà sur place, alors autant foncer. T'as le numéro de chambre, c'est tout ce dont tu as besoin ainsi que la direction que tu prends dès que t'as pris possession de ton stupide ticket de stationnement que tu glisses dans tes poches. T'espères juste que c'est pas une mauvaise idée. T'espères que tu regretteras pas d'encore faire un pas dans sa direction, même si cette fois-ci tu ne viens pas pour réparer des morceaux brisés dans votre relation. Si t'es là c'est parce que tu te sens coupable. Coupable d'autant ce qui a mis fin à votre relation que d'avoir souhaité qu'il crève quand il t'a fait une crise à l'université. T'étais énervé cette journée là et, malgré le fait que tu n'as rien prononcé de vive voix dans ce sens, ça n'empêche pas le fait que tu te sens comme un déchet à l'idée que la réalité ait pu réaliser le souhait indésiré.

Ta place n'est pas entre les longs murs blancs des couloirs qui donnent l'impression d'étouffer sous le regard du personnel traitant qui va et vient selon leur horaire de travail. À chaque pas que tu fais, tu crois que ça va être le dernier vers l'avant, que tu vas te dégonfler et retourner chez Iseul plonger le nez dans tes livres en te fermant au monde extérieur. Sauf que t'as essayé de le faire, d'agir comme si tu n'en avais que faire que ton ex ait pu tenter d'écourter ses jours. Pour un étudiant en psychologie, t'as honte de dire à quel point tu te sens perdu devant la situation. T'as pas ce qu'il faut pour réagir à ça, t'as pas le détachement nécessaire pour traiter le problème autant pour t'aider toi que n'importe qui d'autre. De toute façon, il est trop tard pour reculer puisque tu y es, ta destination atteinte et l'énonciation d'un surnom familial qui te donnerait l'air bien stupide de détaler comme un lapin. Qu'est-ce que tu fais là ? Une question à laquelle tu n'as pas réponse et qui ne diminue pas l'impression de panique qui ronge tes nerfs. « J'sais pas. » Ça a le mérite d'être honnête, de refléter le fond de ta pensée. Tu ne sais pas pourquoi t'es là. Peut-être que tu te présentes par simple égoïsme de savoir que tu n'y es pour rien, que t'as pas à prendre blâme dans cette histoire.

Les mains embarrassées, tu vas te délivrer des fleurs en les posant sur la table de chevet près de son lit avec une rapidité qui laisse entrevoir ta gêne. Les cadeaux, ce n'est pas toi. Sauf que te présenter devant lui les mains vides n'est apparemment pas la meilleure technique. « J'imagine que t'en a marre qu'on vienne te prendre en pitié ? » Tu ne veux pas être l'énième personne chiante qui le force à revivre son malheur, pourtant tu veux savoir. Parce que t'es égoïste. Parce qu'au bout de la ligne, la raison pour laquelle tu as fait le chemin c'est pour toi. « T'en fais pas, Boo, j'suis pas venu essayer de régler des comptes. » C'est ton tour de retomber dans les surnoms, façon propre de faire passer le message de ton inquiétude légitime.


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Message  Sujet: Re: WAY DOWN WE GO ☾ (LINOK)     Mar 14 Nov - 21:52


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En y repensant, il pourrait rire de la situation – lui qui a été un parfait enfoiré, probablement par-delà tes espérances et toi qui, malgré tout, peut-être animé par quelque culpabilité injustifiée, lui offre en plus d’un bouquet l’espoir d’enterrer la hache de guerre. Lent, méticuleux, il lève vers toi des yeux mi-curieux mi-inquiets, les plaies encore trop à vif pour qu’il s’imagine ne serait-ce qu’espérer une réconciliation pure et dure. Parce qu’une partie, criarde, de son être, lui hurle que tu n’es venu que pour te repaître de ses maux – pour constater à quel point il est misérable avec son visage rougi et gonflé, ses poignets emballés et encore légèrement tachés de rouge-marron, sa tenue d’interné presque trop petite pour son corps disproportionné.

« j’imagine que t’en a marre qu’on vienne te prendre en pitié ? » sourire faible, mort-né sur ses lèvres gercées. Il hésite entre hocher la tête, murmurer un assentiment et simplement se taire – dans ses réflexions, le temps est écoulé et tu reprends déjà la parole, sans qu’il ne puisse répondre. « t’en fais pas, boo, j’suis pas venu essayer de régler des comptes. » la pression serrant ses épaules se relâche subtilement, dans une espèce d’hybride à mi-chemin entre le soupir et la plainte ; les litanies d’hansol sur sa stupidité lui ont suffi, la douleur et l’impuissance qu’il a lu dans les regards entendu dans les voix et perçu dans les gestes lui ont suffi. Il est vidé de son énergie, boo, regrettant amèrement de ne pas avoir épargné et son entourage et sa propre personne de ce concentré d’épreuves, étalé en à peine quelques jours. « ok. »

Le souffle rendu court par l’appréhension, il se laisse retomber sur son oreiller toujours mal foutu, ravale un reste de sanglot sec. « tu peux t’asseoir, tu sais ? merci, pour les fleurs. » il n’y touche pas – trop peur de réveiller ses allergies à peine endormies ; le cadeau le touche, plus qu’il ne l’aurait fait en temps normal. Il hésite encore, tâtonne entre le tendre optimisme et le réalisme amer. « et merci d’être venu, aussi. » c’est timide, à peine balancé sous son souffle. Une partie de lui espère que tu ne l’as pas entendu, l’autre prie pour le contraire.

Perturbé, il triture le bord de ses draps et il sait, il sait que forcément, t’as des questions – ils en ont tous, ils viennent avec les lèvres qui débordent et les yeux brillants de larmes-étoiles. « je sais pas pourquoi j’ai fait ça. » demi-mensonge ; il peut pas en parler, pas encore. Il peut pas dire qu’il se sent putain de seul au moment où il a le plus besoin qu’on soit là pour lui, qu’il avait tellement d’attentes qu’il s’est noyé entre la déception et la réalisation qu’il avait que ce qu’il méritait, à ignorer les messages et à s’enfermer dans sa piaule. « j’ai eu mal. » c’est con à dire, mais c’est sûrement le pire – toute la douleur qui suit, la panique qui l’étouffe quand il réalise à quel point il douille et à quel point c’est inutile. « je regrette. » il aurait sûrement regretté deux fois plus, s’il avait réussi ; s’il s’était ouvert à la verticale plutôt que l’horizontale, s’il s’était vidé de tout son putain de sang sur un tapis offert par sa mère, quelques années plus tôt.

Et peut-être que c’est un appel à l’aide, le genre qui veut dire me laissez pas tout seul mais c’est trop abstrait, trop subtil pour qu’on comprenne – alors ils viennent, ils rendent visite mais ils ont pas le temps, ils ont leurs vies à gérer et, putain, il comprend. Mais il comprend aussi comment elles se sont senties, les victimes du début d’année ; comment sa propre ex s’est sentie, quand il est passé pour s’assurer qu’elle allait bien et qu’il s’est barré, parce qu’il avait autre chose à foutre. « c’est chiant, les hôpitaux. T’aurais pu m’apporter une DS. » tentative d’humour sur son ton de victime, la voix faiblarde et des sanglots plein les cordes vocales ; il a l’air débile, il a l’air défoncé et il l’est, à coups de morphine injustifiée et de somnifères démesurés. « désolé si j’mendors. » lèvre inférieure mordue – il déteste le silence, boo. « et pour.. tout le reste. » l’excuse à peine soufflée, glissée entre deux sourires comme s’il avait juste pété un verre.

La vérité c’est qu’il l’a jeté volontairement, le verre ; qu’il a pas aidé à le ramasser, même quand tu lui as tendu le balai et la pelle. Qu’il s’est pas cassé le cul à risquer de se couper sur les bouts de verre, parce qu’il avait l’impression que le sien, de verre, il avait pété – avant de réaliser qu’à la place, c’était qu’une fissure. Large, profonde, mais réparable. Il espère que tu vas le réparer, le tien. « si t’as des questions, tu peux les poser. Ça m’dérange pas. » au point où il en est ; il dirait pas non à un peu d’aide pour alimenter un semblant de conversation.


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Message  Sujet: Re: WAY DOWN WE GO ☾ (LINOK)     Mer 15 Nov - 6:01


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L'inconfort qui brûle les sens, qui te voile jusqu'à ne plus savoir quoi faire de ta peau que tu trouves de trop dans cette pièce monotone bercée par le rythme des machines. Le regard rivé sur le graphique du rythme cardiaque, tu obéis en prenant place assise puisque tu es invité à le faire. Tu n'as rien de plus à lui dire, te sentant con avec tes fleurs qui ne lui servent à rien si ce n'est que le menacer légèrement puisque t'as omis un détail plutôt important. Le désir de fuir, ce comportement de lâche encore trop présent à mesure que tu parviens à décrocher ton attention de l'écran pour le porter sur ses traits. Tu voudrais te convaincre qu'il a l'air bien, que tu te fais du sang d'encre inutilement, sauf qu'il semble misérable. Pour une rare fois, tu sens ta personne plus imposante que la sienne, un fait que tu ne crois pas avoir déjà eu le ressenti. Non, vraiment, il a la mine déconfite sous la médication, mais qui ne l'aurait pas à sa place.

Le doute, l'impossibilité de le croire lorsqu'il dit ne pas savoir ce qui l'a poussé à franchir une limite que peu se risquent à traverser. Il y a toujours un motif derrière un geste, quel qu'il soit. Dans un exemple simple, toi tu es venu jusqu'ici pour des raisons des plus évidentes : apaiser ta conscience et t'assurer qu'on prend soin de lui. Bien sûr, l'admettre serait digne d'avaler une saleté de pilule au goût dégoûtant. Alors, tu ne réponds rien, ne faisant que fixer tes prunelles sur lui avec l'insistance dont tu es capable dans tes meilleurs jours. Cette même attitude qui souligne ton scepticisme sur la question. « C'est normal. » T'es pas psychologue, mais t'es capable de considérer que de mettre fin à ses jours va contre les besoins de base de l'être humain, que c'est opposé aux morales d'une communauté, que ça n'a rien d'un comportement naturel. « On fait tous des trucs qu'on regrette même si là t'es passé à un autre niveau. » Ton but n'est pas de poser un sermon, donc tu fais l'effort d’afficher un sourire sur tes traits tirés par les diverses émotions qui se chamaillent entre tes deux oreilles. D'une part, t'aurais envie de t'indigner, de lui faire un long discours de remontrance, de verser le contenu du savoir acquis en cours jusqu'à ce qu'il te jette dehors pour t'en sortir avec le sentiment du devoir accompli. Mais l'autre part, celle qui se fiche des cours, qui n'en a que faire de la logique, celle qui se penche plutôt vers la relation que tu entretenais avec Boo avant que le coeur ne vienne s'en mêler, cette part elle veut que demain soit mieux. Elle veut retrouver l'ami que t'as perdu entre les grandes lignes de disputes idiotes. C'est sans surprise que ça te fait mal de le voir ainsi même si tu redoutais que ce jour débarquerait tôt ou tard. La fatigue, un épuisement général de tous les systèmes : il est en piètre état ton Boo, bien loin de celui que tu connais, de celui que t'aimes. Tu fais face à une bien pâle copie, à une version abîmée, brisée. Sa tentative de blague te fait presque regretter de ne pas avoir emmené mieux que l'agencement coloré. Comme quoi, tu ne te présentes jamais de la bonne façon ou avec les bons éléments. « J'ai mon téléphone, mais ce con est déjà à trente pour cent. » Objet si vieux pour un article technologique que le simple fait de le tenir dans ta main le vide de sa batterie. L'utiliser pour jouer à un jeu serait de le mener au bout de son existence.

Ce qui te surprend, ce sont les excuses. Parce que tu n'en as pas eu. Parce qu'il a fallu que Boo tente de se suicider pour formuler ces mots et ça résulte en une boule au fond de ta gorge que tu racles avec un certain malaise. Ce n'est pas exactement comme ça que tu aurais imaginé la chose, mais c'est mieux que rien. Tu ne rajoutes pas mot, te taisant avec les iris qui se lèvent vers la fenêtre au fond de la chambre. Le silence vous enveloppe jusqu'à ce qu'il soit celui qui parle de nouveau, l'écoutant ouvrir la porte que tu n'oses pas toucher de plein gré. Des questions, tu en as des tonnes sur plusieurs sujets, sauf qu'il n'est pas en état. Boo, il est fragile psychologiquement. Tu ne voudrais être celui qui en rajoute une couche de trop, celui qui s'aventure trop loin. Tu l'aimes trop pour le faire souffrir avec tes interrogations, même si lui ne s'est pas gêné pour te mener la vie dure depuis la fin de l'été. « Non. » T'aurais voulu être là pour lui, quitte à oublier votre idylle complètement. Boo, il a la blinde de défauts. Sauf qu'il a aussi un lot de qualités formidables qui te font endurer le reste. « C'est pas à moi de te faire passer un interrogatoire, je suis pas ton psy qui vient t'analyser selon les réponses que t'as déjà données aux autres. » T'essaies de jouer la maturité et un sens de professionnalisme, parce que t'as pas envie de te brûler les doigts sur ce qui pourrait te blesser. Encore une fois, tu manipules les mots, tu les tournes pour te donner le bon profil, alors que t'es qu'un hypocrite qui cherche à se protéger. Et ça te fait encore plus de tort que de le réaliser, tirant un soupire de tes lèvres et enfouissant ton visage entre tes mains, les coudes perçant tes cuisses. Lui rendre visite, c'était peut-être une erreur comme tu le craignais tant.

C'est pas ton moment, t'as pas à être l'élément principal de l'instant, alors tu ravales les émotions qui piquent les yeux et relèves la tête en prenant une grande inspiration. Ironique que de savoir que tu as toujours su camoufler ce que tu ressens face à Boo pour ne laisser briller que le positif. Ça souvent été l'option la plus simple, autant avec lui que le reste de ton entourage, famille comprise. Tu ne sais pas gérer quand les choses tournent mal, tu ne sais pas comment t'organiser quand le navire il chavire dans la tempête, ayant depuis longtemps préféré prendre le bateau de sauvetage pour te tirer avant le pire. « Désolé, j'aide pas. » Pendant quelques secondes, tes yeux se concentrent sur tes mains dont les doigts jouent distraitement ensemble pour t'occuper, pour ne pas craquer. T'as envie de changer le sujet, de parler de conneries afin d'oublier l’élastique qui sert le cœur, qui le comprime douloureusement dans la culpabilité. Malgré tout ce qui pourra être dit, tu ne pourras jamais t'empêcher de vivre dans l'enfer des si. Car, si tu n'avais pas agis en imbécile, peut-être que le moment présent serait différent. Si t'avais écouté plutôt que te renfermer, tout le monde dans cette foutue pièce serait peut-être plus heureux. Ou pas. Tu détestes les hypothèses sur une vie alternative. « Tu veux quelque chose ? Parait que la bouffe d'hôpital est dégueulasse. » Ta maigre tentative pour alléger l'atmosphère fait surface même si tu ne peux parler par expérience puisque tu n'as jamais eu l'honneur de porter une jaquette qui ne va à personne.


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Message  Sujet: Re: WAY DOWN WE GO ☾ (LINOK)     Mer 15 Nov - 12:38


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« C’est normal. » Ca le fait sourire, ça aussi – presque tendrement, comme s’il trouvait ça drôle que tu penses un truc aussi improbable. Balancé de cette manière, au milieu de son flot de litanies, ça passe crème ; c’est normal, comme situation ? L’ex éprouvé qui a failli passer de l’autre côté, l’autre ex inquiet alors qu’il a toutes les raisons du monde de faire demi-tour, de fuir et de jamais revenir. Peut-être que c’est comme ça qu’il est vraiment, boo. Qu’il faudrait le fuir, à partir du moment dégueulasse où y a des sentiments qui s’ajoutent à l’équation. « On fait tous des trucs qu’on regrette, même si là t’es passé à un autre niveau. »

Rire mort-né au fond de sa gorge endolorie, il hoche la tête dans un soupir et préfère s’attarder sur la blancheur aveuglante des murs que sur ta petite personne, assise à côté du lit – il dit pas grand-chose, te laisse te mettre à l’aise, déblayer le terrain. Et le dernier truc qu’il lâche, c’est une tentative d’humour moisie, de celles qu’on fait précisément quand on est dans un lit d’hôpital, avec les joues creusées et le bip incessant des machines pour combler le malaise des silences. « C’est pas un téléphone, liu. C’est un char d’assaut, ton truc. » Sourire, un peu moins faible à force d’essayer ; ombre de taquinerie qui se profile à l’horizon de ses lippes lorsqu’il parvient à les redresser, l’extrémité gauche toujours plus relevée que la droite.

« Non. C’est pas à moi de te faire passer un interrogatoire, je suis pas ton psy qui vient t’analyser selon les réponses que t’as déjà données aux autres. » Touché – le psy, il l’a assez vu pour en gerber des pronostics débiles et des tests de Rorschach pendant trois ou quatre semaines. Du coup il se contente d’acquiescer en un remerciement silencieux, à mi-chemin entre la reconnaissance et la suspicion. Le silence revient, il compte les bips sans se laisser démonter ; en d’autres circonstances, il aurait probablement déjà sorti une logorrhée de débilités, juste histoire de combler ce blanc qui lui apparaît pourtant pas si désagréable, aujourd’hui. Tellement qu’il pourrait s’endormir – mais p’tête que c’est la faute des cachets ingurgités en masse. « Tu veux quelque chose ? Paraît que la bouffe d’hôpital est dégueulasse. »

Putain, ouais ; il a pas l’impression d’avoir mangé un truc potable depuis des lustres. « Honnêtement, au point où j’en suis, je tuerais pour n’importe quoi sortant d’ailleurs que de leurs cuisines maudites. » Pointe d’un gémissement dramatique, note l’effort qu’il fait pour pas être amorphe. « Mais j’suppose que t’as pas amené une énorme pizza, qui m’nourrirait assez pour le reste du séjour ? » Rictus malicieux, encore à moitié forcé – effort, effort, effort. Finalement, c’est pas si dur. Finalement, tu le mérites pas mal. « Y a un distributeur automatique pas loin ? Ces connards m’ont même pas fait faire le tour du propriétaire. »

Tête secouée, agrémentée d’une moue exagérément scandalisée. « J’ai besoin de sortir de cette piaule. En plus, j’ai toujours voulu m’asseoir dans un fauteuil roulant, c’est l’occasion. » Ca y est – y a une once d’excitation qui a l’audace de briller dans ses yeux. Ça fait plus d’une semaine qu’il est là ; il espère que la pénitence s’achèvera bientôt. Infirmière appelée à coups de bipeur, il lui offre son plus beau-faux sourire pour obtenir l’autorisation.

Hissé dans le fauteuil avec la grâce d’un octogénaire atteint de Parkinson (stade terminal, quand on s’appelle Boo In Ok on fait pas dans la demi-mesure), il râle déjà sur l’effort physique et regrette presque ses habitudes alimentaires désastreuses des dernières semaines, avant de lever vers toi un regard à mi-chemin entre la moquerie et la supplication. « Reste pas planté comme un con, aide-moi. » Smirk taquin, coup d’œil vers les poignées de son siège. « C’est toi qui voulais qu’on mange, non ? Alors on part chercher un distributeur automatique. J’te fais pas confiance, tu serais capable de me sortir des chips à l’oignon. Et à l’ananas, te connaissant. » Naturellement.


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catharsis
(n.) the process of releasing strong or repressed emotions
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Message  Sujet: Re: WAY DOWN WE GO ☾ (LINOK)     Mer 15 Nov - 18:16


way down we go
we get what we deserve

C'est vrai que ton téléphone il a un peu vécu la guerre. Il en a vécu des chutes et des accidents de parcours, pourtant il tient encore la route. De toute, t'as pas les moyens pour te payer quelque chose de plus récent, donc tant et aussi longtemps qu'il se rattachera à la vie tu vas le conserver précieusement comme une dépense en moins. Y'a au moins ça de fiable dans ta vie parce que le reste est plutôt friable quand tu t'y penches quelques secondes pour faire le point sur ta vie. Peut-être que c'est pathétique comme existence, sauf que t'as pas connu mieux. Tu ne connaîtras probablement jamais vraiment mieux, condamné à te contenter de ce que tu mérites - ce qui se résume par très peu. T'auras jamais droit aux histoires digne d'un film, t'es trop un enfoiré pour ça, mais t'as le droit d'espérer te complaire dans des amitiés. Ça, t'es pas si terrible. Même si en ce moment, t'es pas exactement le meilleur attribut que l'on puisse souhaiter avec ton regard vide sur la fenêtre et le sentiment d'impuissance qui caresse ton ego.

Alors, tu fais de ton mieux pour servir à quelque chose, pour être plus qu'une énième visite qui vient jeter un regard triste et qui repart comme un coup de vent. Tout le monde a une vie suffisamment chargée, pas besoin d'en rajouter en devant s'éterniser entre quatre murs blancs un poil jaunis par les années. T'as des cours qui t'attendent, des notes à relire, des devoirs à remplir. Pourtant tu restes le cul collé sur ta chaise à chercher une idée, à ouvrir la bouche pour parler de la nourriture qu'ils servent aux patients comme Boo. Selon les dires de ta mère, c'est une bouffe bien fade. Sans goût, sans rien. Une insulte à la gastronomie. Ses réponses, elles te font sourire. « Y'a de l'ananas sur mes pizzas et tu détestes ça. T'aurais été déçu. » Tes mélanges méprisés par la majorité de la population n'auraient guère fait plaisir aux papilles de Boo. Il aurait râlé, il aurait jugé ton affection pour le fruit n'ayant pas sa place sur une pizza et tu te serais transformé en fervent défenseur de la pizza hawaïenne. « Sûrement, y'en a partout de ces trucs. L'apocalypse pourrait frapper qu'ils fonctionneraient encore. » Les distributrices sauvent des âmes errantes en quête de nourriture à chaque année et continueront pendant encore bien longtemps. La soudaine légèreté de conversation retire l'encre qui pesait au fond de ta poitrine, tes épaules pouvant se redresser sans se sentir opprimées.

« Attend, je vais devoir te pousser ? » Air incrédule, Boo interpelle tout de même l'infirmière. Cette pauvre doit en avoir plein les bras avec lui, tu n'en doutes même pas, mais c'est son boulot et t'as pas l'intention de compatir avec elle. Pour une raison inconnue, elle cède à la demande et revient avec le fauteuil quelques instants plus tard, te glissant à toi un regard compatissant. Donc, t'as bien vu. L'infirmière dose déjà avec l'asperge alitée qu'elle confie silencieusement sous ta garde. T'es coincé avec quelqu'un d'aussi théâtrale que toi à temps perdu, observant son cinéma avec un haussement de sourcil tout en quittant l'absence de confort de ta chaise froide. « C'est toi le con en jaquette ouverte dans le dos, alors fait gaffe si tu veux pas que j'aille t'abandonner à la cafétéria. » Geste que tu ne feras pas, à moins que Boo commence à te piquer une nouvelle crise existentielle en publique. Parce que t'en serais capable de le laisser avec ses problèmes advenant le cas qu'il trouve encore le moyen de te pousser à franchir la ligne vers la haine, mais t'espères qu'il soit assez intelligent pour ne pas jouer avec la fragilité de votre relation. Forcé par les choses, t'as pas trop le choix que de saisir les poignées pour faire avancer le fauteuil. C'est qu'une fois dans le couloir que tu réalises. « Attends une seconde. T'as pas de fric sur toi, je gage ? T'as idée du prix que ça coûte se garer à l'hôpital ? Je suis à deux doigts de devoir hypothéquer mon existence et je devrais te nourrir en plus ? » Sans parler des stupides fleurs. Autant d'argents partis en fumée dans une seule journée, ça te donne presque envie de pleurer en boule dans un coin poussiéreux avec ta carte bancaire. « Oublie les distributrices, on va à la cafet. Et si tu renverses une chaise, je te laisse là et je me casse. » L'alimentation et le psychologique étant en relation plutôt étroite, t'as pas de réelle envie d'être celui qui lui offre des saletés à se mettre sous la dent. Puis, après tout ça, il aura une dette envers toi et sera bien forcé de te payer à manger éventuellement. « Bon, tu veux quoi que je puisse t'abandonner à une table et aller jouer mon rôle de femme ? » T'as pas l'intention de te faire chier entre une file d'attente, un fauteuil roulant et un plateau. 


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    picture perfect
    you made plans and i made problems. △ we were sleeping back to back. we know this thing wasn't built to last. good on paper, picture perfect. chased the high too far, too fast. picket white fence, but we paint it black. (c) endlesslove
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