sometimes to self-discover you must self-destruct ft ym

 

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Message  Sujet: sometimes to self-discover you must self-destruct ft ym     Dim 12 Nov - 0:40

sometimes to self-discover
you must self-destruct
feat cho yong min
#990033
726 mots
De l’encre recouvrant tout son corps ou presque, Yunpil n’était pas de ceux qu’on trouve fréquentable. Pas de ceux que les parents approuveraient. Que ce soit son passé, le gang entre autre, ce gamin qu’il était à l’époque, son présent avec son métier peu recommandable, le fait d’avoir un enfant à son âge, ou encore son apparence, non vraiment il n’avait rien de fréquentable aux yeux de la société. Rien. Mais rien non plus pour lui faire baisser les yeux. S’ils couvraient ses tatouages au club, ça ne plaisait pas à toutes les clientes après tout, en dehors de son travail, ses tatouages étaient facilement visibles. Et si beaucoup s’offusquait de voir un garçon recouvert de tatouages, d’autres comme In Seong, posaient mille et une questions, sur la douleur, sur le nombre qu’il avait, sur ses prochains projets. C’était toujours les deux extrêmes quasiment. Ce qui jetait un œil intéressé à ses tatouages, se montrant curieux, parfois trop, et ceux qui détournaient les yeux comme s’il n’était qu’une engeance n’ayant pas sa place parmi eux. Et malheureusement c’était souvent le deuxième cas. Jugé. Toujours jugé, le regard des autres était acide, sans pitié. Il avait appris à faire avec. Il avait toujours du faire avec. Et s’il se révoltait c’était quand il y avait Byul avec lui. Quand il avait ses amis à ses côtés aussi. Quand on jugeait ses proches plutôt que lui. Messes basses douloureuses. Il faisait avec sinon. Les habitudes avaient la vie dure avec lui. Et puis ce n’était pas comme si on les lui disait en face ces remarques. Non. Il n’avait jamais l’air commode Yunpil, pour certains il faisait peur avec son air de mauvais garçon, alors on ne l’approchait pas. Non. Tant mieux dans un sens. Il n’aurait pas eu le courage à faire face à tout ça sinon. Non. La pression aurait été trop dure. Heureusement ce n’était pas le cas. Heureusement oui.

Et tandis qu’il avançait dans le mois de novembre, ses cheveux récemment teints en noir devant ses yeux, on se reculait de son chemin. Même sans voir ses tatouages, on se reculait. Il faut dire, il déteignait dans Gangnam. Déplacé. Dérangeant ? Oui sans doute. Il détonnait dans le paysage, et on s’arrêtait parfois sur son chemin pour regarder sa silhouette se fondre dans la nuit tombante. Mais si Gangnam n’était pas un quartier où quelqu’un de son genre mettrait les pieds, si Yunpil y était ce n’était pas pour rien. Non. Son salon de tatouage était à Gangnam. Il n’avait jamais vraiment compris pourquoi l’emplacement, mais le lieu l’avait attiré. Puis vraiment, il n’y avait que là bas où on n’avait jamais posé de question. Des questions sur ces traces d’encre qu’il avait recouvrir par d’autres, des questions sur les cicatrices qu’il y avait sur son corps et qu’un gamin sans de son âge n’aurait jamais du avoir. Pas de questions. Non. Et ça l’avait séduit. Le talent de Yong Min aussi l’avait convaincu. Assez pour le laisser recouvrir quasiment tout son corps de tatouage. Il venait pour faire des retouches d’ailleurs. Durant de nombreuses séances, le tatoueur l’avait écouté, écouté son histoire, traduisant ses mains dans l’encre qui maculait sa peau, traduisant ses impressions, ses récits dans ces dessins fascinants. Et aujourd’hui il revenait pour des retouches. Contre l’une de ses clavicules il avait un phénix posé dessus, endormi. Un phénix aux couleurs chatoyantes qui ne demandaient qu’à vibrer un peu plus d’intensité. Et puis vraiment Yong Min, il ne lui faisait jamais payer le prix fort, l’envoyant parfois faire des courses pour le salon, lui demandant de l’aider à ranger le salon. Puis Yunpil lui servait de modèle. Plus besoin de s’annoncer en rentrant dans le salon, non. Il se dirigeait automatiquement l’espace réservé à Yong Min. Comme maintenant.

« YM, t’as fini c’est bon ? » La phrase était hasardeuse, comme toujours. C’était Yunpil. Il n’était pas de ceux très à l’aise socialement parlant. Non. Déposant le sac avec les différentes encres qu’il lui avait demandé d’aller chercher sur son plan de travail, ce fut sans gêne qu’il se débarrassa de son blouson ainsi que de son hoodie et le tee-shirt qu’il avait en dessous. Yong Min savait quoi faire et lors de leur dernier échange téléphonique, il lui avait proposé de s’occuper des retouches quand il lui rapporterait les encres.





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nobody knew what to look for when i was breaking. i played the strong man for so many years, my friends thought the world would never get too heavy. — ashe vernon.
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Message  Sujet: Re: sometimes to self-discover you must self-destruct ft ym     Sam 25 Nov - 20:00

sometimes to self-discover
you must self-destruct
feat chae yun pil
seagreen
726 mots
Y a du monde, y a des gens qui passent et repassent ; y a Zelda qui pointe le bout de son nez, reste un peu, juste un peu, et puis s’en va. Y a Jinwoo qui se moque et rigole, y a tout le monde qui sourit. Mais y a surtout le bruit, omniprésent. Les gens qui parlent, ceux qui gémissent sous les aiguilles, les matériaux qui claquent, les pas qui se faufilent.
Y a tout qui bruisse, me donne envie d’me casser. Mais y a aussi la montre, qui m’indique que c’est pas l’heure, pas encore. Et la voix de Jinwoo, qui me demande de tenir le salon, qu’il doit s’absenter. J’hoche la tête.
On sait tous les deux c’qu’il va faire.
Ses disparitions soudaines m’inquiétaient avant, plus maintenant. J’sais qu’c’est pas très bien, j’sais qu’c’est pas très sain, mais j’m’en fiche. Parce qu’on s’est promis, parce qu’on a juré. Parce que finalement l’argent, tant qu’il est là, on s’est fout du reste.

J’nettoie mes instruments, j’les stérilise avec applications et j’réfléchis. J’me demande si Boo a pas ramené de la beuh à partager, j’me demande c’qui est prévu ce soir, j’me demande c’qu’elle, elle a prévu (probablement rester chez elle à ressasser).
J’en viens même à envisager d’aller lui passer une visite surprise quand y a une voix qui retentit, puis qu’on vient poser un sac sur mon plan de travail ; j’lève les yeux en fronçant les sourcils. Puis j’hausse les épaules. « Ouais ouais. »
J’récupère les encres pour les ranger soigneusement ; Jinwoo il s’fout souvent de moi à cause de ça. Il dit que la seule chose pour laquelle j’me montre pas brusque et brutal, c’est le boulot. Il a pas totalement tort.
D’un autre côté j’préfère briser des OS que mes aiguilles, chacun ses priorités.

Quand j’me retourne, c’est pour découvrir un Yun Pil à moitié à poil. « hé, t’es un rapide toi. » J’retiens pas le commentaire acerbe. « j’me doutais bien que t’as toujours kiffé te dessaper devant moi mais un peu de calme. »
C’est clairement pas la conscience professionnelle qui va m’empêcher de me foutre de sa gueule. Mais si j’me permets les remarques au moins il peut pas se plaindre d’une curiosité trop intrusive ; j’ai jamais été connu pour ça. Être curieux j’veux dire.
J’lui indique de s’asseoir par pure forme, il connaît la chanson depuis le temps. Faut dire que Yun Pil ça doit être mon client le plus régulier, celui qui vient le plus souvent nous montrer son minois, réclamer des tatouages ou des retouches. J’envisage même de créer une carte de fidélité, juste pour lui.
Sauf que ce serait probablement pas rentable pour nous.
« des retouches c’est ça ? » que j’demande, en récupérant les instruments. J’les dispose soigneusement, puis j’m’occupe de la zone, j’nettoie la peau, j’observe le tatouage. J’me rappelle de celui-là, j’me rappelle de quand il a été fait.
En fait, j’me rappelle de quasiment tous les tatouages que j’ai fait (mais on peut pas en dire autant des visages de ceux à qui j’les ai fait).

J’enfile les gants, j’attrape le pistolet puis j’me penche sur sa clavicule. « ça va faire mal, tu hurles pas hein ? » J’ai le sourire carnassier ; dommage qu’il puisse pas le voir. La douleur c’est c’qui fait douter beaucoup de monde, les rebute également.
J’ai déjà eu de vraies chochottes en clients, une fois même un gars qui a insisté pour se faire tatouer sur la colonne vertébrale ; j’ai même pas pu finir, il s’est cassé avant et j’suis sûre qu’il était en train de chialer. Mais j’ai jamais eu à me plaindre de Yun Pil. D’un autre côté, j’aurais probablement pas continué à m’occuper de lui s’il avait fait sa mauviette. J’l’aurais sûrement foutu entre les mains de Boo ou de Jinwoo.
J’ai pas vraiment de patience ouais, alors ça nous arrive d’échanger avec le frangin. Ça vaut mieux que de risquer un esclandre (quoique j’plains le pauvre gars qui se risquerait à faire un esclandre ici ; pas sûr qu’il ressorte en vie ou en tout cas avec toutes ses dents).



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