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SAUDADE ☾ (BOOJA ♡)



 
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Message  Sujet: SAUDADE ☾ (BOOJA ♡)     Lun 6 Nov - 14:33





Chaque sms qu’il envoie le pousse à griller une nouvelle clope – il les enchaîne et fixe son téléphone avec tout le désespoir du monde, cherchant à effacer ses réponses pour les réécrire. Et c’est probablement la frustration qui l’oblige à taper aussi vite, un mélange explosif de manque et d’inquiétude ; irrévocablement, un malaise se glisse entre vous et même Boo ne parvient pas à l’effacer, malgré ses efforts.
C’était inévitable.

Parce qu’il dort mal depuis quelques jours, bouffé par un demi-million de pensées déplacées – un combat qu’il mène contre lui-même, entre ce qu’il pense et son regret, sa culpabilité de nourrir ce genre de désirs. A force de se concentrer sur le besoin de régler les problèmes de Hansol, il n’a pas vu le temps passer ; et l’aube du mois de novembre lui tombe dessus avec la force d’un boulet de canon, maintenant qu’il n’y a plus de problème à régler.
Parce que tu lui manques, dès l’instant où tu t’écartes.

Colocataire parti se rabibocher avec son mec ; fantôme suspicieux laissé à l’arrière sur un sourire et un vas-y, et va mieux à moitié chuchoté. Fantôme solitaire qui fixe ses aquariums, emmitouflé dans un plaid gigantesque (même à son échelle) en jouant avec le petit Naruto. Songeant à lui offrir un camarade, pour occuper ses premières semaines surexcitées – un Sasuke avec lequel il pourrait se battre. C’est là qu’intervient le premier message, la vibration de son téléphone lui arrachant un sursaut avorté. Il a beau dire, Inok, c’est le pire pour gérer ses propres sentiments, problèmes ; pour se gérer lui-même. Refusant paradoxalement l’aide de ses pairs, il s’enlise dans son propre déni jusqu’à ce qu’ils l’engloutissent, qu’ils prennent le dessus et qu’il se retrouve nu devant tout ce qu’il a ignoré.

Maman lui disait, la vie c’est comme un ascenseur : quand tu vas bien, il monte et, quand tu vas mal, il descend. La dépression, c’est quand t’es coincé au sous-sol. Et dans le sous-sol, y a tout ce que t’as passé ta vie à oublier, tout ce que t’as fourré sous le tapis à coups de balais-sourires, qui revient d’un coup et te prend à la gorge. Il y est pas encore pourtant, Boo. Il se contente d’en avoir peur, de craindre le moment où, même en tirant sur le levier, il arriverait pas à faire remonter son ascenseur.

C’est pas le moment.
Il va. Tu vas, toi aussi, et ça lui plaît pas. Il veut que t’ailles bien, que tu sois tellement consumé par le bonheur que t’en gerbes, des fois. Le bonus serait qu’il en soit la cause. Alors forcément, lui qui commençait à se craqueler se remet sur pied l’instant d’après, consumé par le besoin aussi soudain (omniprésent, en réalité) que viscéral de te voir, de te sentir, de te serrer dans ses bras. Hésite à passer chez toi par surprise, finit par te demander la permission (la peur de déranger l’emporte sur sa spontanéité) ; rendez-vous dans le parc à côté de chez toi. Veste mise, deux écharpes choppées et il prend à peine le temps de s’arrêter à une supérette pour acheter un matcha tea pour toi, un redbull pour lui – ne répond pas à ton dernier texto aussi bien par empressement que parce qu’il craint de ne pas contrôler ses propres réponses.

C’est pas le moment ; tu as besoin d’un ami, d’une oreille pour t’écouter, pas d’un abruti infoutu de se tenir à carreau plus de cinq minutes. Lui t’offrirait chaque parcelle qui fait de lui ce qu’il est aujourd’hui. Plus encore, si tant est que tu le lui demandais. Dieu sait qu’il avait réalisé, boo, qu’il se doutait que quelque chose clochait – il avait tenté, une poignée de jours plus tôt, de te faire lui parler, de devenir cette épaule sur laquelle tu te reposerais. Sans succès, naturellement ; et c’est probablement là tout ce qui le chamboule, ces derniers temps. Chacun cherche à aider l’autre sans s’ouvrir, lui par peur de rajouter un poids inutile sur ta frêle personne – toi pour des raisons qu’il ignore.
Mais boo est têtu ; boo veut, a besoin de t’aider. Alors il enfouit, insiste, se dit qu’il s’en occupera plus tard, se convainc que t’as besoin de lui et sait, au fond, qu’il a besoin que t’aies besoin de lui. Savoure cette sensation, malgré les éclats d’inquiétude de ne pouvoir faire plus que t’écouter – se retient de pousser un cri frustré à la mention des médecins incapables et se jure, quelque part inutilement, qu’il fera bien quelque chose en ce qui les concerne.
C’est pas le moment ; pas le moment de s’énerver.

Il ne se retient pas de courir, aussi bien pour arriver plus vite que pour épuiser les prémices d’énervement qui cherchent à l’empoisonner. Serre la laine qui protège sa gorge, l’air gelé lui fouette le visage et servira d’excuse pour ses joues douloureusement rougies ; et lorsqu’il arrive, qu’il t’aperçoit enfin, c’est un des premiers vrais sourires de la journée qui illumine son visage. « Hey. » Il lâche dans un souffle, glissant la petite bouteille de thé entre tes doigts. L’instant d’après, ses propres mains s’agitent pour enrouler sa deuxième écharpe autour de ton cou – peu importe si tu en avais déjà une. « Désolé, j’ai fait un mini-détour pour acheter à boire. Ça va, t’as pas trop froid ? » Coup de langue passé sur ses lippes asséchées, il prend le temps de s’asseoir avant d’entamer sa boisson, la respiration légèrement hachée. Et, enfin, ses yeux glissent vers toi ; brillent de nouveau de cette tendresse malicieuse que tu sembles être le seul à animer chez lui. Il t’attrape par le bras et t’attire entre ses jambes sur le banc qu’il occupe déjà, sans te laisser le choix. Chuchote. « Moi j’ai froid. Réchauffe-moi. » C’est faux, il n’est pas si gelé – mais a simplement envie (besoin) de te sentir contre lui. Ses bras t’entourent et il te serre en prenant quelques inspirations, sans que son rictus taquin ne quitte ses lèvres ; il se contente de s’adoucir, se veut rassurant sans laisser transparaître la surdose d’inquiétude qui pulse dans ses veines.

« Alors, ces noms ? » Une tentative mort-née de rire agite ses épaules l’espace d’un instant, alors-même qu’il se sent furieux envers ces parfaits inconnus. Son étreinte s’intensifie contre son gré, il fourre son nez dans tes cheveux en marmonnant de vagues insultes à demi-mâchées, avant de reprendre plus clairement. « Vas-y, parle-moi Hanja. Je suis là, ok ? Raconte-moi ce qui t’arrive. » Une main posée ouverte sur ta cuisse pour t’inviter à y glisser tes doigts, il veut les serrer et t’approcher plus encore, te convaincre qu’il est là aussi bien physiquement que moralement ; qu’il a l’intention de rester et, mieux, de faire tout ce qui sera en son pouvoir pour t’aider.



saudade
(n.) the desire to be near someone distant
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SAUDADE ☾ (BOOJA ♡)


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