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Message  Sujet: (STARBUDDIES); ♡ BOOJA     Sam 28 Oct - 3:56



☽☽☽ « Et souviens-toi que c'est donnant-donnant, Casper. Je te paye le Starbucks, tu me dois la barbe à papa. Tiens parole, ou tu le regretteras ! » Le plus vieux articule sournoisement en guise de rappel, ses orbes finement soulignées se plissant dans des nuances taquines, lorsqu'il relève un peu la tête vers toi. Ce soir, c'est avec toi qu'il sort et se promène dans les allées fourmillantes de Séoul, la vespérale. Il s'est empressé de boucler son travail plus tôt pour pouvoir te rejoindre, a travaillé dur sur son programme de MC afin d'être délesté de toute responsabilité, plus que motivé à l'idée de passer une soirée tranquille à tes côtés. Et désormais, c'est près de toi qu'il avance d'un rythme cadencé, démarche aussi nonchalante que spontanée guidant ses pas assurés. C'est un petit plaisir nocturne comme un autre, qu'il décroche comme on décrocherait une étoile filante, en la douce compagnie d'un charmant idiot fini. Toi. « Tu veux qu'on fasse quoi, ce soir ? T'avais une idée, après qu'on se soit empiffrés ? » Un peu comme toujours, après tout. Deux bouffons irrécupérables (c'est très probablement ce que vous êtes, à cet instant), qui ne pensent qu'à manger et à s'amuser, peu importe les antécédents ou les conséquences. Un enfant, doublé d'un autre enfant. Combo saisissant, qui mettrait K.O n'importe quel adversaire de Mortal Kombat. C'est ce dont l'âme nerdy de Ja est intimement convaincue, au fond.

Ainsi, le sourire-soleil que le Han arbore soulève la véracité de sa question : il se demande réellement si tu as prévu quelque chose pour la suite, curieux à propos du temps qu'il va passer avec toi. Pourtant, il roule bêtement des yeux en te voyant tirer sur ton bâton de cancer, comme une vieille routine qui le fait toujours autant sourire. La fumée qui lui parvient au visage le fait tousser, et il mime faussement de s'offusquer, tirant une grimace désabusée en te dévisageant bêtement. Vraiment, là ? Serge Gainsboo, le retour. Et y en a marre. Non à la vapeur dans la gueule, sale mâle asiatique privilégié. C'est du harcèlement de rue ! « C'est du viol d'espace public, là. T'es au courant que je peux porter plainte ? Je vais choper le cancer, avec toi. Va souffler le diable plus loin, sale pompier. » Mais en réalité, il t'embête, encore et toujours – autant que toi, tu te plais à l'embêter en retour. Jacasseries de meilleurs potes, aka qui aime bien châtie bien. Et ça ne le dérange pas plus que ça, que tu fumes. Ça ne l'a jamais dérangé, en fait, et vous le savez très bien tous les deux.

Il est tard, et les étoiles brillent silencieusement, le bruit des boulevards et le brouhaha des badauds vous transportant dans cette bulle d'adrénaline tranquille. Ce n'est vraiment pas la foule qui manque, ici, par cette heure aussi tardive ; et malgré le croissant lunaire qui trône déjà bien haut au dessus de vos têtes, il vous reste sans doute beaucoup à faire. À l'inverse des autres quartiers, la nuit dans Gangnam ne ressemble à aucune autre. L'obscurité n'existe pas, masquée par les réverbères et les lueurs flashy des échoppes stylisées. Et la vie, elle, ne quitte pas les rues – elle se contente tout simplement de changer de nature, constamment ambivalente. C'est ça, qu'Han Ja affectionne, ici et avec toi. L'anonymat pur et invincible, dans un capharnaüm aussi agréable que celui-ci. « On est bientôt arrivés, Boo-ya ! Je vois l'enseigne du Starbucks d'ici. Vite, on se dépêche ! » Et sans plus attendre, le farfadet tire sur ta manche avant de nouer sa main dans la tienne, t'entraînant à sa suite avec l'empressement d'un gamin bienheureux.

Sur une moue plissée en demi-lune, Ja franchit les portes battantes du célèbre café aux vibes hipster, se tournant peu après vers toi afin de patienter dans la file d'attente. Ah, ce qu'il n'aime pas les files d'attente. C'est toujours un calvaire, pour lui. « Tu vas prendre quoi, du coup ? » Interroge-t-il d'une voix plus posée, un brin amusée, tandis qu'il s'adosse contre la première colonne de bois venue. Ses commissures se rehaussent alors d'un air railleur, presque sarcastique. « Que je sache si je vais devoir vendre ma famille après, histoire de plus être pauvre et brisé par Starbucks. Six euros le café, j'ai déjà envie de mourir. En plus, j'ai même pas de MacBook, pas de chemise de bûcheron, pas d'iPhone et pas de barbe pour dire que je suis... Starbuckien. C'est trop tragique. » Promis, il n'est pas bourré. Juste un peu scandalisé par cette arnaque du siècle. Mais leurs frappucinos sont bons, alors il passe l'éponge (évidemment). Et puis, il veut te faire plaisir, et s'applique toujours à tenir parole vis-à-vis de ses paris. Sous une impulsion stupide, il plonge ses mains dans les poches de ton sweat, te volant au passage ton briquet avec lequel il joue un instant. « Mais sache que je veux donner ton nom à la serveuse ! Je t'avoue que j'ai ma petite idée, kekeke. En échange, tu peux même choisir ce qu'elle écrira sur le mien, c'est toujours donnant-donnant. » Et le Han ricane tendrement vers toi, flottant sur un nuage de lait aromatisé aux prix surélevés de ce cher et bon Starbucks.



◊◊◊

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@Han Soo Yun a écrit:
J'savais qu'on allait la sortir et j'aurais du parier sur toi, le roi des vannes pourries.

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Message  Sujet: Re: (STARBUDDIES); ♡ BOOJA     Lun 30 Oct - 20:20



☽☽☽ si la journée lui a paru éreintante – majoritairement parce qu’il n’a pas fermé l’œil de la nuit –, c’est dans un soupir soulagé qu’il longe les rues, une fois la nuit tombée, en glissant quelques regards furtifs dans ta direction. Naturellement, un sourire moqueur étire ses lippes lorsque tu mentionnes, innocent, la barbe à papa qu’il t’a promis. « je sais, je sais. Moi, le grand roi boo inok, jure sur mon honneur que je t’offrirai une des plus imposantes barbe à papa qui aura jamais été confectionnée en corée du sud. » main sur sa poitrine, plaquée contre son cœur pour illustrer l’ampleur de son engagement ; peut-être se serait-il ouvert l’index histoire d’aller au bout des choses mais, hélas, aucun couteau ne semble enclin à s’enfoncer dans la chair sensible du gamin géant. Faudra faire avec.

« tu veux qu’on fasse quoi, ce soir ? t’avais une idée, après qu’on se soit empiffrés ? » et tous les autres soirs, la lune aura été son seul témoin – dieu sait qu’il en a un demi-million, d’idées. Qu’il sait déjà ce que lui veut faire, et que ça implique probablement trop de choses pour que deux meilleurs amis se le permettent. Alors il se contente de t’offrir son rictus le plus énigmatique, teinté de promesses tendrement sulfureuses ; fuit momentanément la question en occupant sa bouche à coups de lattes cancéreuses. Condamné à bousiller ses poumons plusieurs fois par jour, assez pour que son budget lui grogne des obscénités qui feraient rougir un producteur de film porno, c’est sur ton visage, à l’expression trop réprobatrice à son goût, qu’il laisse les volutes de fumée s’écraser. Non sans qu’une espèce de rire-grondement n’agite ses épaules et se faufile depuis le fond de sa gorge, lorsque tu protestes avec ta vivacité habituelle. « tu devrais pas parler de viol avec moi, ja. » il ricane bêtement, incapable d’empêcher les petites piques de rouler sur le bout de sa langue. « si on choppe le cancer en même temps, on pourra être bros de chimio. »

Réflexion aussi idiote que le sourire qui trône sur son visage – roi aux multiples facettes, il aborde aujourd’hui celle du souverain des abrutis. Et ça le détend tellement d’être avec toi, non sans qu’une légère tension paradoxale s’agrippe à ses épaules à la manière d’un parasite envahissant ; s’il a hésité, au premier abord, à comment agir avec toi, il a bien vite compris, sans un mot, qu’il fallait probablement plus de temps.
Perdu dans ses pensées, hanté par votre conversation de la veille (ironique, lorsqu’on se proclame seigneur des morts), il manque de sursauter en sentant ta main, douce et chaude, se glisser dans la sienne, beaucoup plus large et calleuse. Ses doigts s’enroulent automatiquement autour des tiens et il efface, en un mouvement de tête qu’il espère discret, le tourbillon de ses questions sans réponses. Il s’engouffre à ta suite dans le café, prenant à peine le temps d’écraser son mégot dans le cendrier à l’extérieur – l’odeur enivrante de sa boisson préférée s’engouffre dans ses sinus et il en profite pour prendre quelques inspirations, certainement aussi accro à la caféine qu’à la nicotine (et mêlant parfois les deux à ses petits déjeuners).

« j’hésite entre un frapuccino et un caramel macchiato, et toi ? on prend à manger ici ou non, d’ailleurs ? » il souffle en t’observant sans la moindre retenue, les mains cachées dans ses amples manches – petit rire, accompagné d’un sourire en coin, lorsque tu mentionnes les difficultés financières qui te tomberont dessus une fois la facture payée. « calme-toi, tu parles beaucoup trop pour mon bien. » mensonge ; il t’écouterait parler pendant des heures sans piper le moindre mot, si ça ne tenait qu’à lui. « je paye le repas, dans tous les cas. » il ajoute ça sur un ton léger, mais son regard accroche le sien pour illustrer tout le sérieux de sa proposition – qui, soit dit en passant, ne souffrirait aucune protestation.

Pas en avant incontrôlé quand tes mains se faufilent dans son sweat, sourire tout aussi incontrôlé – au lieu de protester, il attrape les intruses et les force à rester là où elles ont osé s’aventurer, entrelaçant gentiment vos doigts. « mais sache que je veux donner ton nom à la serveuse ! je t’avoue que j’ai ma petite idée, kekeke. En échange, tu peux même choisir ce qu’elle écrira sur le mien, c’est toujours donnant-donnant. » curieux d’entendre cette idée (qu’il imagine taquine, te connaissant), il accepte la condition en réfléchissant déjà au propre nom qui ornera ta boisson.

Délivrant tes mains lorsque votre tour arrive, il passe un bras autour de tes épaules en te laissant commander en premier ; finalement, il choisit le caramel macchiato et, une fois vos cafés en main, il t’attire vers l’une des tables un peu en retrait, sifflotant quelque air qui trottait dans sa tête. « j’espère que t’aimes ma blague. » ronronne-t-il en relisant (pour la troisième fois, première sans pouffer) les lettres que la serveuse a tracé sur ton café. « peter dinklage est un acteur de haut niveau, après tout… » l’humour à son paroxysme, signé boo in fucking ok. Il tire ta chaise du bout du pied avant de s’installer lui-même, étalant ses jambes dans toute sa gloire de géant.

« sinon, pour ta question de tout à l’heure. » celle à laquelle il avait répondu d’un regard gorgé de songes silencieux – ses doigts s’enroulent autour de son café, la sensation brûlante ravissant le plus jeune. « on peut finir ça, puis tu me diras ce que tu veux manger – un truc à emporter, si possible. Après, on peut trouver un bâtiment abandonné, j’en ai déjà visité quelques-uns, et se poser sur un toit, ou sur le rebord d’une fenêtre. » tout en parlant il te couve du regard, les lèvres retroussées sur un sourire idiot. « et on peut faire le concours de celui qui comptera le plus d’étoiles. » à défaut de compter les grains de beauté que tu pourrais lui cacher, sous ton t-shirt. « sauf si t’as une autre idée, bien sûr. »


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Message  Sujet: Re: (STARBUDDIES); ♡ BOOJA     Jeu 16 Nov - 2:36



☽☽☽ Comme à ton habitude, tu ne changes pas. Toujours les mêmes rictus-rasoires au bout de tes lèvres malmenées, toujours cette façade de môme couplée à l'âme de Bélial que tu revêts si bien. C'est inscrit en toi, car tu es démon, fantôme, et peut-être bien roi, dans tout ça. Douceur acidulée, poison insoupçonné – pourtant, Ja ne cesse de te boire et même d'en redemander, prince étoilé épris de la folie au bout de tes doigts et de tes traits aussi enfantins que les siens. Tes paroles dessinent sur ses lèvres un sourire typique d'une insouciance lointaine, insouciance de gosse, et son regard se rehausse de quelque reflet fluorescent, la lueur maligne que tu sais si bien éveiller chez lui rallumant ses pupilles d'ébène – et probablement toutes les étoiles du ciel, à l'occasion.

Il n'écoute qu'à moitié tes grands discours de clown, trop radieux de ta simple présence, l'aubaine dans laquelle il baigne révélant les pointes de ses canines acérées. Tu es là, et c'est suffisant, pour lui ; tu as apporté tes blagues, tes œillades tendancieuses, tes rires entendus – tes défauts, tes qualités, ta couronne à toi (pour aller de paire avec la sienne), ainsi que tes promesses par centaine (et même, tes innombrables non-dits, ceux que Ja se plait à deviner et à essayer de lire dans tes gestes). Ces non-dits sont à toi, ses non-dits sont à lui, et il se contente de rigoler plus fort encore que la personne qui vous dépasse dans la rue, son petit nez se fronçant aussitôt lorsque tu lui offres gracieusement les prémices d'un cancer indésirable. Ah. Tu le harcèles réellement, avec ta fumée. Il hésite à porter plainte dans la minute, mais te prend en pitié et t'accorde sa miséricorde, laissant plutôt sa langue claquer contre son palais pour faire fi du fameux viol d'espace public. « Ah oui ? Et pourquoi ? » Question naïve posée sans même qu'il ne te regarde, comme s'il n'y avait rien de bizarre dans ce que tu viens de dire. Pourtant, il réalise subitement ton sous-entendu corsé après quelques secondes d'intervalle, et c'est dans un petit bond qu'il s'éloigne vivement de toi, te pointant du doigt sur l'ébauche enfantine d'une grimace indignée. Scandalisée. « EHHHHH, non, non !! Yah, je te laisserai pas me violer ! T'es fou, ou bien ? Éloigne-toi, Boo In Ok ! Les mains en l'air, je rigole pas. » Oh non, il ne rigole pas. Il est plus que sérieux, à cet instant – particulièrement lorsqu'il laisse glisser un rire dépassé en t'apercevant sourire grossièrement, chassant du revers de la main la vapeur de tes maux. Si tu ne le violes pas, alors il fera de la chimio avec toi, c'est promis. Quoi que... « La chimio, c'est pas pour toi. Tu vas y perdre le peu de neurones qu'il te reste, avec les effets secondaires. Conseil d'un scientifique, écoute le maître. Maître Handa, tu respecteras. » Et s'il est fort dans l'art d'imiter Yoda, il l'est aussi dans celui de te remettre à ta place ; et également dans celui d'accaparer ta main rien que pour lui, sans te laisser le temps de mettre en forme le moindre de tes songes. Trop tard pour lui répondre, tu te rattraperas peut-être un autre jour.

Ses doigts partent ainsi à la conquête de ta main, conquête de l'espace, la capturant hardiment avec l'impatience d'un rejeton envieux d'explorer la galaxie. C'est doux, nuageux et il s'y fond en même temps qu'il s'englue dans la tendresse d'un énième sourire-soleil, illuminant les rues et les badauds insignifiants lorsqu'il traverse les allées en étoile filante. Astéroïde empressé, comète entichée, Ja t'emmène là où il le désire, prince à la couronne sertie de poussière cosmique cherchant la rédemption d'une soirée passée à tes côtés. Peu désireux de se séparer de son fantôme à n'importe quel instant, tu ne te débarrasseras pas de lui, cette nuit. Secrètement, il espère que tu n'es pas trop essoufflé, et que tu seras toujours en vie pour lui payer le café. C'est alors lorsque vous franchissez les portes du Starbucks qu'il t'adresse finalement une œillade pleine de malice-candeur, guettant une réaction de ta part à ses paroles enjouées.

Ses petits yeux espiègles te jaugeant de là où il est, l'homme enfant s'installe contre le premier appui trouvé, le parfum des arômes éveillant ses sens et lui faisant goûter un kaléidoscope de couleurs. Quand il te voit, il s'imagine du bleu, du rose et quelques fards de doré – mais une fois ici, une fois la senteur s'imprégnant partout tout autour de vous (de toi), il te découvre vert, les yeux tourbillonnant de spirales grenats. Tu es beau, à ses yeux, et il est persuadé que tu es infini, comme l'énergie sombre ; que les sons, les fragrances et les nuances font tous correspondance, chez toi. « Euh.. Oui. Oui, c'est très bien, Boo-ya ! Je voulais justement prendre un Frappucino, donc ça tombe bien. Comme tu veux pour le reste, j'ai pas très faim. » Reprenant ses esprits, il réalise sa déconnexion partielle, riant d'être resté pendu à ta seule silhouette. Croisant les bras, le Han avance dans la file d'attente sans t'attendre, les mots franchissant la barrière de ses lèvres comme une poésie apprise par cœur. Il n'est toujours pas bourré, non. Cela dit, il réfléchira à consacrer un peu plus de son temps à la confection de son tout premier ouvrage, il nommera : 30 raisons pour lesquelles je ne serai jamais Starbuckien. À commencer par le fait qu'il n'est pas hipster du tout, évidemment. « Tu veux que j'arrête de parler ? D'accord, j'ai compris. Je serai encore pluuuuus bavard que d'habitude, alors. Tu pourras plus en placer une ! Regarde, ça commence. Je te fais profiter de ma voix, c'est pas tous les jours ! » Et si c'est dit sur une note taquine, il le pense réellement ; vous n'avez pas vraiment l'occasion de vous voir tous les jours, alors autant fêter ça dans le bruit et dans les blagues stupides. Il attend le châtiment, t'adresse un clin-d’œil soulignant son effronterie pleine de douceur, et c'est lorsque tu lui annonces payer qu'il se calme un peu, ses incisives éclatantes pinçant un instant sa lèvre inférieure. Pour toute réponse, ses petites mains se glissent furtivement dans les poches de ton sweat, narquoises elles-aussi. Cependant, il n'a pas le réflexe de s'en aller (tout simplement car il ne le veut pas) que tu enlaces ses phalanges des tiennes, l'incitant à relever doucement son visage vers toi. Billes de rubis échouées sur ses joues diaprées d'opaline, il resserre votre étreinte cachée aux yeux du monde et s'applique à sourire discrètement, une ligne suave adoptant la courbe de ses lippes pour y peindre une esquisse-constellation. Pas de mot, parce qu'il n'y a rien à dire. Alors Ja brise le silence avec sa proposition joueuse, quittant avec regret la chaleur de tes doigts dans les siens, son petit cœur ratant un battement en percevant ton regard insistant.

C'est à votre tour, enfin – et les idées débiles qui font de vous les cas sociaux de la SNU sont exposées à cette pauvre serveuse, qui n'a probablement pas demandé à subir les private jokes de deux idiots dans votre genre. Elle s'exécute néanmoins, amusée elle aussi, et c'est dans une nuée de rires que vous filez à votre table, frapuccino pour l'un et caramel macchiato pour l'autre. Désespoir de ce blaze idiot que tu lui as refilé. Il voudrait te frapper au visage pour t'enlever ce sourire agaçant, mais il est pas assez grand. « NON !! » Son gobelet claque contre le plat de la table, et il manque de tout faire renverser, s'exclamant un instant d'un air paniqué. Voilà ce que tu lui fais faire, mécréant. « C'est pas moi qui suis petit, c'est toi qui as un problème, Boogdanov. Et en plus, ce surnom te va super bien, elle a rigolé quand je lui ai donné. » Et lui aussi, il rigole ; trop fier de sa connerie, parce qu'il a sept ans et demi quand il est avec toi, et que y a absolument rien de plus rassurant. À l'abri du monde oppressant des adultes, flottant dans son petit univers à tes simples côtés, il se sait lui-même, avec toi – et il ne veut pas que tu partes, il veut que tu restes avec lui. Il veut que tu lui racontes plein de choses et que tu continues de l'aimer avec tes grands yeux plein de secrets, que tu le prennes dans tes bras, parfois, et que tu dises aux autres qu'il est le plus important pour toi, qu'il est celui auquel tu penses quand on te parle d'âme-soeurs. Parce que lui, c'est ce qu'il fait. C'est toujours instinctif, ça sort tout le temps tout seul – il s'en rend compte seulement après. « Tu savais que les astronautes grandissaient de quatre centimètre dans l'espace ? Ça veut dire qu'une fois parti, je serai plus haut que le monde. Je serai au dessus de toi ! » Parfaitement, oui. Il faut bien que tu retiennes ça pour plus tard, car lui s'est déjà assuré de garder ça en tête.

Bientôt, tu réponds à sa question de tout à l'heure, pile lorsqu'il coince la paille entre ses petites lèvres rosies. Ses yeux tendrement frangés se relèvent lentement vers toi, te couvant d'un regard intéressé, et les multiples croquis enchanteurs se collant à ses joues se rehaussent davantage à mesure que tu lui expliques le programme, sa bouche savourant la liqueur de caféine qu'il aime tant. « J'aime beaucoup ton idée, Boo-ya. Je te suivrai où on ira, de toute façon. » Et à cet instant, il se voit piqué par l'envie de dévorer ton visage de baisers reconnaissants, te serrer dans ses bras avec affection et pourquoi pas grimper sur ton dos pour te décrocher un astre ou deux. Le Han se satisfait pourtant avec sa propre boisson, une paire d'yeux brûlant à même ta peau, les regards aux environs lui empêchant toute initiative. « On fera le concours ensemble, alors ! Je suis sûr que tu pourras gagner, t'es beaucoup plus grand que moi. Ça élargit ton champ de vision.  » Un rire remonte le long de sa gorge tandis qu'il boit sans se retenir, heureux de part le plus simple des passe-temps : aller en ville avec toi. Mais tout a toujours un goût d'exceptionnel et d'inédit, avec toi. Ah, ça y est. Il te voit violet, tirant sur la lavande. Et il a soudainement envie de fondre contre toi. « Tu connais autant de lieux abandonnés ? C'est pas les trucs d'urbex que j'ai vu sur YouTube, avec les fantômes et les esprits ? » YouTube, une de ses passions. Et il a déjà eu l'occasion de voir quelques youtubers qu'il aimait se rendre dans de tels endroits, de nuit et sans compagnon pour les aider. De quoi faire flipper une bonne partie de l'audimat, et également les faire se réfugier dans l'espace commentaires comme des lâches. « Si c'est abandonné, ça peut être dangereux. T'as pas peur, toi ? » La pointe de provocation dans son ton se fait basse, comme un secret sulfureux de murmuré. « Moi, j'ai pas peur. » Pas peur des fantômes.


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@Han Soo Yun a écrit:
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Message  Sujet: Re: (STARBUDDIES); ♡ BOOJA     Sam 25 Nov - 22:12



☽☽☽ Lorsqu’il est tombé amoureux de Zoé, il a eu l’impression d’être au bord d’une falaise, alors qu’elle était déjà tout en bas, à le fixer pour qu’il saute et la suive. Ça n’a été ni tendre, ni doux, ni même un vrai amour ; c’était un cocktail de pitié et de dépendance étrange, qu’il avait bu jusqu’à la moindre goutte alors qu’elle, sereine, se nourrissait de toute son innocence de gamin pour parvenir à ses fins.
Lorsqu’il est tombé amoureux de Soo Yun, il a eu l’impression d’être au milieu d’un océan tantôt gelé, tantôt brûlant, à deux doigts de se noyer dans tout ce qu’elle lui faisait ressentir. Avec elle, c’était tout ou rien – elle le désirait tout entier, ou le rejetait sans le moindre état d’âme. Et lui, naïf, la suivait avec la candeur d’un chiot, inconscient de son infidélité.
Lorsqu’il est tombé amoureux de Julian, il a eu l’impression d’être perdu au cœur d’un désert autrement plus ardent que leurs sessions nocturnes, assoiffé auquel on infligeait des mirages par milliers. Probablement la première fois qu’il n’a pas souffert à cause de la personne en elle-même, mais bien à cause de son absence ; et de son inaccessibilité.

Et maintenant qu’il te regarde, l’arrière-goût amer de la clope sur le bout de sa langue percée, il a l’impression de manquer délicieusement d’air, comme si tu l’avalais sans lui laisser l’occasion d’en emplir ses poumons – il se sent pris au dépourvu, aussi bien mis à nu que plus à l’aise qu’il ne l’a sans doute jamais été. Et c’est un mélange explosif de peur et d’excitation qui l’anime à chaque instant en ta compagnie, cocktail Molotov assez intense pour qu’il ait le désir bouillant de t’offrir le monde après l’avoir maté à bout de bras, aussi cliché que ça puisse paraître.

Maintenant qu’il te regarde, si perdu dans ses pensées qu’il remarque le mouvement surexcité de tes lèvres sans percevoir le moindre de tes mots, il comprend aisément à quel point il est foutu, la poitrine comprimée et un léger sourire, absent, peint sur son visage à peine plus pâle qu’il n’aurait dû l’être. Naturellement, la peur prend le dessus, il serre les crocs et retient ces trois mots qui lui irritent la gorge. Roule la bille de son piercing entre ses dents, histoire d’occuper sa bouche – à défaut de s’occuper de la tienne.

Ton empressement le prend de court et, une fois de plus, tout l’oxygène misérablement contenu dans ses poumons s’éclipse, non pas lorsque tu accélères la cadence mais bien à l’instant où vos doigts s’entrelacent, comme s’il s’agissait de la chose la plus naturelle au monde ; une partie de lui sait que c’est tout simplement parce que, en effet, c’est la chose la plus naturelle au monde. Une autre, plus ténue, s’agrippe à un monceau d’espoir à peine assez brillant pour teinter les yeux du fantôme d’un éclat rieur.

Main passée dans ses cheveux malmenés par le vent, il ravale un juron mi-exaspéré mi-amusé et se contente de se décocher l’un de ses plus beaux regards tueurs – non sans que la lueur au fond de ses prunelles ne s’éteigne, réduisant à néant tout le potentiel meurtrier de son coup d’œil. Probablement que ces moments sont ses préférés ; ceux où il jurerait que toute la lumière des étoiles se fait happer par ton aura, qu’elle se glisse dans ton sourire et l’aveugle, lui, pauvre humain. Pire, souvenir d’humain. Trop préoccupé par l’anarchisme de tout son corps, il ne constate pas ton temps d’absence – ne l’assimile encore moins à sa propre personne, se contentant de savourer les prémices excitantes d’un nouvel amour. « T’as pas faim ? Est-ce que t’es malade ? » Ses phalanges viennent effleurer tendrement ton front, à la recherche d’une quelconque fièvre que tu lui aurais outrageusement cachée. Rien de spécial, si ce n’est la douceur indescriptible de ta peau – incapable de s’en empêcher, il laisse ses doigts dévaler le long de ta tempe et caresse la surface de ta joue, légèrement maladroit.

La file s’agite, et vous suivez le mouvement. Lui reste derrière toi, sage et inconsciemment protecteur ; il a toujours préféré rester derrière toi, aussi bien pour te laisser admirer la vue que pour assurer tes arrières (peut-être cette habitude a-t-elle aussi un lien sensible avec son désir perpétuel de te mettre des fessées, qu’il estime largement méritées). Il t’intime malicieusement de te taire et, fidèle à toi-même, tu lui infliges un flot incessant de paroles idiotes – n’en retient qu’à moitié le sens, plus enclin à se laisser bercer par le son de ta voix. Soupir. « Tu devrais chanter pour moi. » Marmonnement à peine audible, il espère que tu l’as entendu au moins autant qu’il prie pour la situation inverse. C’est dans tes cheveux que ses doigts se perdent cette fois, les ébouriffant dans un sourire arrogant.

Mains liées dans le secret de ses poches, il sent la quantité d’air dans le Starbucks se tarir dès lors que vos regards se croisent ; il te dévore littéralement des yeux, à peine conscient qu’un meilleur ami conventionnel ne fixe pas son propre meilleur ami de cette manière. Boo a toujours aimé la révolution, et le frisson de pouvoir briser toutes les conventions d’un coup d’œil – d’un baiser. Et si aujourd’hui il se contente du coup d’œil, il y met (sans réellement le vouloir) tout le désir qu’il a de t’embrasser, ici et maintenant, à la vue de tous ; n’en dit rien, un rictus énigmatique fleurissant sur ses lippes à l’instant où vos doigts se délacent, que vos prunelles se détachent.
Tu avances, lui continues de t’observer.

Il l’a toujours fait ; en sa qualité d’artiste, Inok a pris un malin plaisir, dès sa jeunesse, à détailler les choses, les gens, les scènes. Là, il a aussi bien remarqué le couple dans un coin, l’un chuchotant de douces inepties au creux de l’oreille de l’autre – les clientes probablement régulières, lunettes oversized sur le nez et téléphone en main – mais ce qu’il remarque le plus, entre les odeurs de grains de café et de cannelle broyés et le son désagréablement lent de la crème fouettée versée sur les chocolats viennois, c’est la forme particulière de ton sourire. Les espèces de mini-boucles qui ont l’audace de se former à la naissance de ta nuque, lorsque tes cheveux poussent trop. L’agitation impatiente de tes épaules, lorsque vient votre tour de commander. Tes mains, leur chaleur qui manque déjà cruellement aux siennes.
Il a besoin d’une cigarette.

Boogdanov. Le désespoir suinte par tous ses pores, surnom qui lui donne la sensation que son breuvage a été victime d’une surdose de chirurgie esthétique. « C’est outrageant. » Mais mérité, il ne le niera pas – pousse un soupir effondré en se battant intérieurement pour réfréner le sourire stupide démangeant ses lippes. Echec catégorique, le voilà paré pour une crampe des joues. « Tu savais que les astronautes grandissaient de quatre centimètres dans l’espace ? Ca veut dire qu’une fois parti, je serai plus haut que le monde. Je serai au-dessus de toi ! » « T’as l’intention de partir ? » Un instant. Un court instant, son visage se décompose. Un court instant, il ne peut s’empêcher de s’imaginer dans la même situation, à boire un café qui ne vaut certainement pas son prix, entouré de personnes qu’il serait capable de mépriser, à un détail près : seul. Et ça refroidit ses doigts, toujours dans cet instant qui lui semble détestablement long – jusqu’à ce qu’il se reprenne, redresse la courbe de ses lèvres dans un rictus suffisant. « Quatre centimètres suffiront pas. J’en fais au moins dix de plus que toi, t’es foutu. A part si tu mets les jolies talonnettes que je t’ai offertes… »

Un rire caresse sa gorge lorsqu’il porte le gobelet à ses lippes, en avalant une gorgée suffisante pour brûler ses cordes vocales – elles ont osées craquer, ripper sur la question bourrée d’un désespoir qu’il se refuse à ressentir. Il se projette si peu dans le futur Boo, qu’il n’imagine même pas l’instant où ses amis partiront ; qu’il se convainc qu’ils resteront avec lui toute sa vie et que, par-dessus tout, il n’aura pas à en perdre le moindre avant de se perdre lui-même.

La discussion reprend tranquillement son cours ; lui se force à chasser les idées noires, se complaît dans l’insouciance et s’enfonce dans des illusions d’éternités aigres-douces lorsque tu acquiesces à sa proposition, lui arrachant un de ces sourires éclatants qu’il ne semble être capable de décocher qu’en ta divine présence. Sûrement qu’il s’agit de tes pouvoirs de Dieu, et de sa réceptivité d’héritier. « Parfait. Mais tu m’as pas dit ce que tu voulais qu’on prenne à manger, dumbass. Puisque t’as pas faim, je choisirai. » Le futur précédemment utilisé était un pur bonus – lui serait capable d’engloutir l’univers, mais saura se contenter d’un KFC, si le divin se fait clément et en place un sur votre chemin à venir. Il tuerait pour des wings. « Je gagnerai, évidemment. Mais je saurai pas les nommer. Tu m’aideras ? » Le ciel l’a toujours rendu indifférent – les lumières des cités dans lesquelles il a grandi l’ont toujours privé de la vue des étoiles, à son grand désarroi maintenant qu’il a pu en constater la beauté. Et peut-être que son avis est largement influencé par ta propre passion. Peut-être qu’il rêve toujours autant de se réinventer étoile, ne serait-ce que pour attirer ton attention et se laisser baigner dans un de ces regards aveuglants que tu leur infliges. Quelque part, il est sûr qu’elles savourent l’attention ; que les astres sont tombés amoureux de toi dès lors que tu leur as fait l’affront de lever les yeux.
Après tout, il pourrait tant les comprendre, lui-même victime de ce sort inexorable.

La question des lieux abandonnés se glisse sur la table et la fierté lui fait bomber le torse ; s’il peut se vanter de quelque talent que ce soit, il s’agit bien de son absence de peur dans ces moments-là. Autrefois, Boo craignait les fantômes comme tous les enfants – jusqu’à ce qu’une petite fille maigrichonne le vaccine de cette peur infâme, en faisant de lui un revenant. « Yes, c’est ça. J’en ai jamais fait de vidéo, par contre. Mais j’ai des photos, dans les tréfonds de mon instagram. » Booyonce, artiste slash adorateur de l’urbex ; des pulsions qu’il n’a pas l’occasion de satisfaire très régulièrement, aussi bien à cause de ses études que par l’amoncellement de bâtons qu’on glisse dans les roues de ses projets à coups de soirées inopinées ou de rendez-vous imprévus.

Lueur inquisitrice lorsque tu parles de peur, ses crocs se dévoilent dans l’un de ses plus beaux sourires de petit con. Il s’appuie contre le dossier de sa chaise et hausse les épaules dans un mouvement exagéré, endossant son rôle de parfait gosse imbu de sa personne. « Bien sûr que j’ai pas peur. C’est mon environnement naturel, kekeke. » Léger rire qui sonne comme une caresse, avant qu’il ne te transperce de ses yeux brillants, l’esquisse sur son visage se faisant sensiblement plus moqueuse. « Menteur. Tu te pisses dessus rien qu’à l’idée d’entrer dans une maison hantée. »

Il reprend la discussion en main sur quelques anecdotes stupides – comme la fois pitoyable où il s’est fait tomber tout seul à cause de la longueur excédante de ses jambes, ou encore celle où il a renversé un pot de peinture sur un projet qu’il s’apprêtait à terminer – tout en sirotant sereinement son café. Les questions fusent, aussi ; il veut savoir ce que tu fais, en son absence. Et, aussi soudain et déplacé que ça puisse paraître, il y a un « tu m’as manqué » qui a l’audace irritante de s’échapper du fond de sa gorge, la serrant sèchement en réalisant à quel point c’est vrai. Et anormal, probablement.

Cafés terminés, il pousse un énième soupir, à demi-gagné par la fatigue délicieuse de l’après-coup – celle qui l’envahit toujours avant que la caféine ne fasse effet et électrise ses sens, propagée directement dans ses veines. « Ah, j’pourrais passer ma vie ici. » Pourtant l’énergie s’injecte l’instant d’après dans tout son corps et il se redresse, animé par le désir de profiter du reste de la soirée. Après tout, dieu seul sait quand vous aurez l’occasion de vous revoir, de passer un soir rien que tous les deux. La pensée le pousse à reprendre ta main en otage, une poignées de songes sur la possibilité de te faire subir le même sort caresse son esprit et manque de lui arracher un sourire stupide – l’idée de te monopoliser se fait si tentatrice qu’il se jure de rendre visite à Heiko pour obtenir une nouvelle paire de menottes. Autant compléter sa collection.

« Puisque tu dis ne pas avoir peur, on va aller dans le pire. Mais d’abord, tu m’excuseras, j’ai faim. » Tout en marchant, il t’attire et ses doigts lâchent les tiens pour laisser son bras s’enrouler autour de ton dos – le contact le rassure, il ravale un soupir satisfait et t’entraîne à travers les rues de Séoul, ses phalanges dévalant et remontant successivement le long de ta silhouette sans qu’il s’en rende vraiment compte. Premier fast-food qui s’offre à sa vue ; il se contente donc d’un subway et propose une dernière fois de t’en acheter un, ne serait-ce que pour plus tard. « Après, tu vas te plaindre d’avoir faim, et tu vas me soûler pour qu’on rentre manger. »

De toute façon, si tu refuses, il en prendra un deuxième en prétextant mourir de faim – te le gardera au chaud, jusqu’à ce que l’inéluctable désir de se sustenter ne te frappe. Une fois satisfait par ses achats, le gamin-fantôme te tire par la manche pour t’enjoindre à le suivre, s’engouffrant sereinement dans la ruelle la plus sombre du quartier. « J’ai déjà été tagué dans des coins de Gangnam. Y a des types chelous, mais c’est marrant. » Sourire satisfait, il compte les bâtiments avant de s’arrêter devant l’un des derniers ; la porte à moitié défoncée, l’intégralité de l’immeuble qui hurle danger et l’excitation qui gagne Boo, lorsqu’il te tend la main, l’air pétillant. « Tu as confiance en moi ? » Prince Booli, frère jumeaux maléfique d’Aladdin ; il n’attend plus que sa Jasmine pour lui faire voir un rêve bleu. Et cette réalisation lui donne envie de peindre du jasmin, à défaut d’en savourer l’odeur sans tousser ses organes.

La solidité du plancher toute relative ne l’inquiète pas, même si ses pas se font plus lents et méticuleux – il n’hésite pas à te soulever légèrement lorsqu’un endroit lui semble plus fragile qu’un autre, et ses mains ont l’audace masochiste de s’attarder régulièrement sur tes hanches (diantre qu’il aime les agripper). « L’étage supérieur est plus stable, mais aussi plus sombre. » Léger rictus provocateur, il te fait passer devant pour monter les escaliers, sans pour autant te lâcher. Histoire que tu ne tombes pas, naturellement.

Après le hall vide vient la première rangée d’appartements abandonnés ; il s’est déjà aventuré à l’intérieur de certains d’entre eux, rapidement déçu par l’absence d’intérêt dans les pièces éviscérées de leurs précédents occupants. « Je suis pratiquement sûr que des gens sont morts ici. » Le timbre profond, murmure presque guttural qui sort directement du fond de sa gorge – il utilise la lampe-torche de son téléphone et prend les devants en serrant tes doigts entre les siens, jusqu’à ce qu’une idée, vicieuse, ne fleurisse dans son esprit taquin.

« Han- » Coupé par ce qu’il clamera être une poignée de phalanges couvrant ses lèvres, il met en place sa petite farce, d’ores et déjà fier de sa propre connerie. La lumière s’éteint brutalement, il abandonne son portable en le lâchant sur le sol ; léger fracas, extrapolé par le silence pesant qui règne déjà dans l’immeuble. Sa main s’échappe de ton étreinte et il s’enfonce dans un studio à la porte ouverte, priant pour faire le moins de bruit possible – souffle retenu, il prend garde à se décaler et feint d’avoir simplement disparu, surexcité à la simple pensée de pouvoir te terrifier.
Ou peut-être est-ce celle de te rassurer, qui pousse son rythme cardiaque à la rébellion.


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(STARBUDDIES); ♡ BOOJA


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