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Imaginary friend + mimi <3



 
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Message(#) Sujet: Imaginary friend + mimi <3 Jeu 19 Oct - 1:38


Imaginary friend,
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J'attends le bon moment, mais plus le temps s'égraine, plus j'viens à me dire qu'il y'en a pas. Assise sur un haut tabouret, elle balance sa jambe gauche d'avant en arrière, pas la droite car cette dernière lui est toujours douloureuse après une prestation à Lotte World. Ses cheveux pour une fois remontés en une simple queue-de-cheval mais agrémentés d'un nœud rose bonbon accompagne les mouvements de son corps qui manifeste une allégresse bien trop grande pour son si petit être. Elle est heureuse qu'on passe un peu de temps ensemble, car ces derniers temps c'était tendu. Je triture le couvercle de mon gobelet désormais vide, il avait le goût de celui que Noam prend d'habitude. « Ça va pas Yutadoré ? Tu as l'air tout triste...  Oh je sais ! On va te commander un autre bubble tea et le bonheur reviendra comme la magie dans Nerverland ! J'en veux plus. » Un de plus et j'vais vomir. Ma voix est rêche, elle effile une a une les cordes qui étirent le sourire de Mimi. Il tombe, comme si du plomb pesait sur ses commissures. Tous ses traits s'affaissent, elle me fait penser à un dessin d'enfant qui broie du noir, qui peint sans couleur, sans joie. Je reste affaissé sur mon tabouret, bras croisés et pied qui danse frénétiquement au rythme de ma turbulence interne. J'vais me crasher encore une fois, comme l'an dernier après avoir ouvert ma gueule mais j'peux pas faire semblant de pas savoir, j'peux pas la laisser tomber, encore. « Fei m'a tout dit. » C'est faux, je l'ai déduit. Mais avec Mimi j'ai appris à jouer au poker, à mettre sur la table des cartes que j'ai pas. Avant qu'elle ne se trahisse, j'ai eu le temps de prier deux fois un Dieu auquel j'crois même pas que j'me trompe. J'voudrais avoir un instinct de merde, pouvoir me marrer de ma paranoïa et détendre les muscles qui commencent à saturer de ce stress qui les compriment mais ça n'arrive pas. Ses lèvres tremblent, elle aspire son souffle et j'ai pas besoin d'écouter la suite pour savoir que j'ai tapé dans le mille.
À ce moment-là,
j'm'éteins.
J'suis un fantôme que ses mots traversent sans atteindre, je la regarde sans la voir.
Je prie encore un peu pour avoir tort, qui sait ?
Mais non, ça ne fonctionne toujours pas.
« Stop, tais-toi. » Je me lève, comme ivre, pour me la sortir de la tête.
Elle clopine dans mon sillage, parvient à m'attraper le bras et à me faire le même cinéma qu'à chaque fois. Je me libère, elle me rend à nouveau captif de ses bras frêles autour du mien, de ses supplications qui s'additionnent avec ses excuses à merveille. On vit une rupture dramatique, comme à peu près tout ce qu'on vit ensemble. Noam, elle et moi on sait pas vivre les choses à moitié, faut que tout soit intense, démesuré. La plus petite joie est un océan de soleil et le plus petit obstacle, un orage dévastateur. J'ai envie de hurler, de lui asséner des coups bas que je regretterai à l'instant même où ils sortiront de mes poumons. J'aimerais pour une fois qu'elle soit à ma place, qu'elle sente le poignard qui entrave sa trachée bloquer l'air qu'elle essaie d'aspirer, d'expulser. J'voudrais qu'elle vive mes insomnies, mes remords, mes doutes, ma frustration, ma colère, les paroles coincées dans la gorge pour l'épargner...
Je souhaite qu'elle souffre.
Comment j'peux en venir à souhaiter ça pour elle ? J'essaie de me débarrasser de ces pensées turpides, en tirant sur la manche de ma veste dans un geste inconscient. Et j'ai beau le vouloir avec véhémence ça reste là, ça pèse sur mon estomac. « Je veux pas revivre ça. Les mensonges, les secrets et tout le reste. T'as pas le droit de nous faire revivre ça, t'as compris ?! » J'achève mon ordre, essoufflé par le train accidenté de mes paroles qui a filé sur les rails à trop grande allure et qui a déraillé au milieu de sa trajectoire. J'affecte la cécité pour ne pas perdre ce qui m'anime. Je dois tout lui dire maintenant, marre de la bercer d'une protection qu'elle ne mérite pas, qu'elle rejette même. « Je suis... Tu sais quoi ? Je suis plus rien. J'ai plus rien. Je. » J'ouvre grand les bras en englobant le vide, complètement démunis en secouant la tête. « Tu viens de tout me prendre. Si tu replonges Mimi. » Je me rapproche d'elle, assez pour l'intimider, assez pour qu'elle me prenne au sérieux. « Je vais devoir en parler à Aecha. » Et personne ne veut ça.  


◊◊◊


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Message(#) Sujet: Re: Imaginary friend + mimi <3 Jeu 19 Oct - 17:53


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Il en faut peu pour être heureux, c'est Balou qui le dit et il a bien raison. J'ai mon Yuta avec moi et on a bu des bubble tea tout violets tout mignons, parfum taro, comme pour avoir un peu de Nono avec nous ; pour moi c'est déjà le bonheur parfait. Ces temps-ci chaque bon moment partagé a plus de valeur que jamais auparavant parce que c'est rare que tout se passe sans anicroches : il suffit d'un mot pour allumer la mèche et alors l'explosion n'est plus très loin, puis même si on se rabiboche toujours, elle laisse incontestablement des traces. Ça me rend triste. Mais quand j'en ai parlé à Minie l'autre jour, alors qu'il réparait la clôture de sa maman à lui, il a planté un clou dans le bois et a dit que les mots et les gestes qui blessent sont juste comme ça. Qu'on peut enlever le clou en s'excusant mais que c'est plus compliqué de reboucher le trou, la blessure, parce qu'on est tous vulnérables quand les émotions sont concernées. Le soir j'ai fait un cauchemar où les cœurs des gens que j'aime étaient transpercés de partout. Ça m'a donné envie de les réparer et de tout faire pour qu'ils n'aient plus jamais à souffrir, mais la vérité vrai c'est que c'est compliqué. Y'a toujours un moment où on accumule des squelettes dans nos placards — pas les faux trop marrants avec leurs articulations mobiles qu'on utilise pour les cours d'anatomie et auxquels j'aimais bien vernir les ongles quand j'y allais encore ; mais les vilains secrets. Ceux dont on a un peu peur des conséquences, et qu'on essaye de taire en se jurant que c'est pour le bien de tout le monde... jusqu'au jour où tout est révélé. En ce moment j'en ai, des secrets. Mais même si j'essaye ils restent cloîtrés à la coupe de mes lèvres, j'arrive pas à les formuler. Je sais que j'aimerai pas du tout ce qu'ils vont provoquer ; l'idéal, ça aurait été de pouvoir réécrire les dernières semaines pour que ce soit jamais arrivé.

Mais je suis juste Mimi la maladroite et pas Hermione Granger la trop douée avec son retourneur de temps. Alors tout ce que je peux faire à mon échelle c'est essayer de gagner du temps pour que les problèmes disparaissent sans que ça fasse d'histoire, puis faire du maximum du meilleur de mon mieux pour ne pas faire d'autres bêtises qui risqueraient de blesser les autres. C'est dur par contre d'être complètement heureuse en attendant. J'ai l'impression de trahir et comme je m'en veux, je me fais des idées. Quand quelqu'un me regarde avec un peu trop d'insistance j'ai l'impression que tous mes mensonges sont gravés sur mon front à mon insu. Et quand mon prince Yuta a l'air tracassé comme maintenant, j'ai peur des idées qu'il peut être en train de ruminer. Je peux pas m'empêcher de chercher des solutions pour qu'il sourie et que se dissipe l'angoisse qui enfle au creux de mon ventre, mais ça aggrave juste les choses.

Juste comme ça, les tensions fracassent notre osmose, qui s'effondre en milliers de bris de verre épars et nous laisse à la merci des monstres cachés dans les ombres : les reproches. Mais le pire c'est quand il dit : Fei m'a tout dit. Mon sang se glace dans mes veines, ce sont mes peurs qui se cristallisent. Je sais qu'elle a sûrement rien dit mais je la connais, ma Fei. Quand elle doit étouffer un secret et qu'il a trop d'ampleur, y'a toujours un moment où elle gaffe ; je savais que ça risquait d'arriver mais ça veut pas dire que j'étais prête à l'affronter. J'ai pas lu ses fics ces dernières semaines mais si ça se trouve, tout vient de là... un personnage qui s'est blessé et qui n'a rien voulu dire, peut-être, ou pire encore... j'espère très fort qu'elle a pas donné d'indices sur la kétamine. C'est le mensonge qui a servi à couvrir le premier mensonge ; le genre de mauvaises idées qu'on aligne comme des dominos en sachant pourtant que si l'un s'effondre c'est toute la rangée qui s'écroule avec, et dans un fracas pire encore. D-dit quoi ? je demande, avec de l'incertitude qui suinte à travers toutes les lettres. Je sais déjà que mon hésitation m'a perdue.

J'aurais pu essayer de bluffer, mais non. Yuta a sa tête des mauvais moments, celle qui dit que même si j'arrive à le faire fondre il sera pas convaincu tout au fond. Ça servirait à rien de faire ça parce que les doutes seraient encore là et resurgiraient tôt ou tard, et l'impact ferait encre plus de dégâts. Je glisse de mon tabouret oppressée par un sentiment d'urgence et de panique. Il faut que je rattrape les choses, mais c'est difficile quand il est braqué comme ça ; c'est difficile quand il est méfiant et sur ses gardes à cause des erreurs passées, des trous restés découpés dans la barrière supposée protéger son cœur. C'est pas ce que tu crois ! Je sais pas trop ce qu'elle a dit m-mais tu sais bien comment c'est quand elle laisse son imagination partir dans tous les sens, elle dramatise tout tout tout et- et même des choses minuscules ont l'air d'être des montagnes alors- Stop, tais-toi. Les mots meurent sur ma langue dont je mords fort l'extrémité pour ne pas pleurer quand il tourne le dos. A chaque fois qu'il s'éloigne fâché j'ai cette impression horrible qu'il emporte tout mon univers avec lui, et tout ce que je peux faire pour ne pas m'effondrer, c'est essayer de m'accrocher à lui pour le garder près de moi. Mais ça marche plus quand il est comme ça, ça marche plus quand il est déçu. Yuta- Je veux pas revivre ça, qu'il dit, et ça me fait frissonner quand il énonce mes torts, parce que je repense à combien il a été malheureux à cause de moi et ça me coupe le souffle. J'ai envie de dire comme avant qu'il aurait pas dû être touché à ce point parce que moi je me sentais mieux comme ça, avec la drogue ; j'ai envie de dire que si lui et les autres n'avaient pas commencé à paniquer je me serais pas cachée derrière des mensonges pour pouvoir continuer. J'aurais argumenté comme ça avant mais maintenant je suis consciente qu'il vaut mieux ravaler ces mots-là. Parce qu'alors ils se rendraient tous compte que j'ai pas vraiment compris ce que la cure de désintox était supposée m'apporter. Que je me suis seulement pliée pour les revoir, mais que parfois c'est difficile, parce que je vois pas pourquoi ils en font un si gros drame. S'ils le comprennent ils me renverront là-bas et ça, vraiment, j'ai pas la force de l'affronter encore. C'est pour ça que la menace me frappe de plein fouet quand il conclut : Je vais devoir en parler à Aecha. Mais... Je sais pas comment continuer. C'est comme s'il m'avait cognée en plein cœur en pointant du doigt l'élément qui peut souffler ce que j'ai reconstruit de ma vie comme un vulgaire château de sable. Mais lui dire quoi ? J'ai juste pris des médicaments, je tente, en y mettant toute l'assurance que je peux rassembler pour minimiser le problème et lui montrer que ça n'en est pas un. Je tremble, pourtant ; de peur que ça tourne mal comme avant. C'est même pas comme quand je prenais que de la weed, c'est encore moins que ça. J'ai juste pris des médocs pour que les blessures fassent moins mal et que vous soyez pas inquiets. J'ai envie de lui demander, de le supplier de me croire et de gommer ce pli anxieux entre ses sourcils et cette amertume épuisée au creux de ses yeux. Sans son sourire pour me rendre forte, j'ai l'impression qu'il suffirait d'une brise pour me briser ou pire : pour le briser lui. Viens, je plaide en tirant sur sa manche, Viens on rentre et tu verras dans ma chambre. J'ai pas fait de mal aux peluches pour cacher un vilain secret qui te rendrait triste. Y'a que les médicaments et- et tu sais quoi ? Je peux les jeter si tu veux. Les larmes coulent d'elles-mêmes, afflux liquide que j'ai jamais bien su contrôler. Je suis à fleur de peau et j'aimerais pouvoir dire que c'est juste ma sensibilité habituelle, mais je sais bien qu'à elle s'ajoutent les contre-coups de la kétamine. Ça je peux pas le laisser le voir, ça amplifierait ses peurs et son inquiétude. Pour rien. Et elle tourne en boucle dans ma tête, cette phrase terrible formulée tout à l'heure : Je suis plus rien. J'ai plus rien. — Tu viens de tout me prendre. Ma lippe frémit sous le poids de la détresse que j'essaye de contenir, terrassée à l'idée de sa souffrance. Je vais bien pour de vrai, je replonge pas, je te promets. Promesse sur toutes les étoiles de la Voie Lactée et même les satellites et les vaisseaux des extraterrestres. Promesse sur Crête. Je vais bien. Je voulais juste plus avoir mal mais je vais tout vider dans le lavabo devant toi ok ? Et j-j'en reprendrai pas. J'en reprendrai pas si ça te permet d'être heureux. Je renifle comme une enfant prise en faute, triture la manche de son vêtement en espérant qu'il me croie. Je sais que s'il creuse, demande comment j'ai pu me fournir ça et pourquoi exactement, tout sera fichu. Parce que c'est vrai que j'ai dû m'adresser à mon ancien dealer et ça, Yuta le prendra mal, même si j'ai pas demandé les drogues qu'il déteste de tout son être. Et j'espère qu'il pensera juste à l'accident de travail à cause duquel je boîte un peu et qu'il poussera pas plus loin, parce qu'il sera pas content si je lui avoue pour la moto. T-t'es tout ce qui compte pour moi. Je ferai ce que t-tu veux mais s'il te plait sois pas triste et le d-dis pas à maman. J'ai trop peur qu'elle s'emporte et qu'elle nous sépare encore... Pourquoi tu f-ferais ça ? Tu veux qu'elle m'éloigne de t-toi ?

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Message(#) Sujet: Re: Imaginary friend + mimi <3 Lun 23 Oct - 22:38


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«  Mais lui dire quoi ? J'ai juste pris des médicaments. — Si c'est juste des médocs, tu me laisserais en prendre ? » Pas de réponse. J'ébauche de poursuivre ma route mais elle insiste, sa voix est comme un troisième bras qui agrippe mes chevilles. Je m'arrête, les épaules basses, la tête penchée en avant très vite relevée par deux minuscules mains graciles qui papillonnent sur mes joues comme deux papillons effrayés. «  C'est même pas comme quand je prenais que de la weed, c'est encore moins que ça. » Je détourne le chef le temps d'un soupir, reconduit aussitôt par ses phalanges baguées de bijoux fantaisies qui ne cessent de marteler ma peau. « J'ai juste pris des médocs pour que les blessures fassent moins mal et que vous soyez pas inquiets. Pourquoi on aurait été inquiets ? C'est ces « médocs » qui sortent de nulle part qui sont sources d'inquiétudes. Comme t'as pas été chez le médecin, t'as pas eu d'ordonnance. Tu les as eu où ? » Encore une fois, pas besoin qu'elle passe aux aveux, ses mimiques faciales sont les dossiers qui la condamnent. « Tu vas PUTAIN me rendre barge ! » Je retire brusquement ses mains de mon visage, reculant d'un pas pour respirer puis d'un second pour recouvrer l'équilibre. « Viens.» Je secoue la tête complètement hagard, ne cessant de frotter mon bras pour me débarrasser de cette couche de ténèbres qui tombe sur moi comme un poids invisible, couleur suie. Malgré mes efforts ils subsistent, encrassent mes vêtements et infiltrent les fibres, ça progresse, finit par m'atteindre.
Mimi,
je te déteste.

Elle y repense pas à ça, à l'an dernier où je confondais nuit et jour à cause du manque de sommeil. Elle est pas foutue de s'en souvenir, ni de me raconter un seul jour de ce passé trouble sans un long "hmmmm" ou juste un beau sourire pour masquer le fait qu'elle ait oublié.
Normal quand on est high.
Elle vivait avec un filtre, tout était déformé par la weed puis ensuite les pilules. La réalité était un pandémonium et les rêves psychotropes sa réalité sauf que moi, j'me souviens.
Y'a eu les nuits d'errances à sa recherche, les crises de panique quand elle mettait trop de temps à se réveiller, les insomnies, les nombreux mensonges... Y'en a tellement eu, que je me souvenais même plus de ce qui était vrai et ce qui ne l'était pas.
Je n'avais qu'elle, j'avais fait le con avec Noam, Kaede et moi on se supportait plus. J'avais qu'elle et j'étais même pas capable de lui sortir la tête de l'eau.
Ça a été infernal mais pas moins que la période où elle a été internée. J'ai été le seul à vouloir la faire sortir plus tôt, à plaider sa cause auprès de ses parents, même des médecins. J'étais désespéré, j'avais besoin d'elle.
Puis elle a replongé,
comme ça, du jour au lendemain.
J'ai cessé d'aller la voir mais elle était tellement camée que j'pense qu'elle a même pas dû s'en rendre compte.

Peut-être que le vrai problème, c'est que y'a pas d'équilibre dans nos sentiments ? Sur un manège à bascule, elle serait surélevée tandis que moi je toucherais terre. Je vois pas d'autres explications. Faut que j'érige une montagne entre nous, quelque chose de robuste qu'elle puisse pas détruire. C'est la dernière fois, je m'occuperai plus d'elle. Je vais tout dire à Aecha et elle se débrouillera, c'est plus mon problème, c'est terminé.
« Viens on rentre et tu verras dans ma chambre. J'ai pas fait de mal aux peluches pour cacher un vilain secret qui te rendrait triste. » Je m'entaille l'intérieur de la joue avec mes dents, fulminant, lèvres pincées. Je pouffe un ricanement à son « triste », doux euphémisme. « Y'a que les médicaments et- et tu sais quoi ? Je peux les jeter si tu veux. » Je hausse les épaules d'un air dédaigneux, je m'en moque. Elle peut aussi bien avaler le placard à pharmacie que ça me ferait ni chaud, ni froid.

Des larmes diluviennes font couler les paillettes au ras de ses cils, elles affectent sa respiration. Prise de hoquets elle porte fébrilement une main contre sa poitrine, le poing serré. À cette vision, je me la remémore plus petite avec à la place du rien entre ses doigts crispés, une peluche. Cette dernière changeait tout le temps « pour pas que la même soit triste trop longtemps. » La montagne connait un séisme, il ne va plus rien en rester.
J'intensifie la morsure, jusqu'à sentir un goût métallique se déverser sur ma langue.
Je peux pas craquer,
j'peux pas.
« Je voulais juste plus avoir mal mais Moi aussi j'aimerais ne plus avoir mal. » Un petit silence, puis elle reprend. «  Je vais tout vider dans le lavabo devant toi ok ? Et j-j'en reprendrai pas. ... — J'en reprendrai pas si ça te permet d'être heureux.Garde tes promesses, sur les étoiles, l'univers, tout c'que tu veux. Même tout le reste, garde le pour toi. Je te croirai plus jamais, tu penses qu'à toi ! Si tu voulais vraiment mon bonheur, jamais tu serais allée voir ce connard ! Je vois bien que t'es pas guérie, tu nous joues à tous une petite mascarade mais moi, je sais que c'est rien que du cinéma. C'qui a nous a déchiré c'est les secrets, pourquoi tu continues de m'en faire ?! Et arrête de pleurer ! Je supporte pas ça. » La confusion m'habite en la voyant dans cet état. J'suis l'auteur de ce spectacle misérable que j'ai jamais voulu mettre en scène. J'suis là à l'incriminer alors qu'elle est pas l'entière responsable de ce cataclysme qui nous tombe dessus l'un après l'autre. J'ai eu mon rôle mais j'aurais préféré ne pas le décrocher. « Si tu m'en veux toujours pour ne pas te l'avoir dit pour Noam, venge toi directement sur moi ! Je dois encore m'excuser ? Pardon, voilà. Pardon ! C'est ma faute si Noam s'est tiré, c'est ma faute si tu t'es sentie mise à l'écart et que t'as essayé de trouver de quoi tenir pour surmonter ça. C'est ma faute si Kaede s'est faite violer, si j'avais été un meilleur frère, je l'aurais vu et j'aurais tout pu anticiper ! Vous avez tous vécu un enfer à cause de moi et PARDON, PARDON MERDE ! JE M'EXCUSE, VOILÀ ! IL TE FAUT QUOI DE PLUS ? QUE JE TE SUPPLIE À GENOUX ?! » Deux lignes aqueuses gouttent de mon menton, je les supprime d'un revers de main brutal, elles cessent aussitôt de couler. Mes manches couvrent mes paumes dans lesquelles je plante mes ongles jusqu'à en avoir les doigts engourdis. Nos souffles sont désordonnés, ils hurlent à l'autre une détresse plus grande que nous. Comment peut-on décemment exprimer quelque chose qui nous dépasse ? On peut pas, on subit. « T-t'es tout ce qui compte pour moi. Arrête. —  Je ferai ce que t-tu veux mais s'il te plait sois pas triste et le d-dis pas à maman.Mimi. —  J'ai trop peur qu'elle s'emporte et qu'elle nous sépare encore... Pourquoi tu f-ferais ça ? Tu veux qu'elle m'éloigne de t-toi ? » C'est le coup de grâce, j'reçois un véritable coup de poing en plein dans l'estomac qui m'donne envie de plier en deux et d'me laisser tomber par terre le temps que la douleur se barre. Pourtant j'reste debout, la bouche légèrement entrouverte, mâchoire crispée et souffle coupé. J'ai envie de rire, de pleurer, d'hurler aussi. J'suis presque tenter de la frapper, elle, Mimi.
Ma tête vire à gauche puis à droite, abasourdis.
Qu'est-ce que j'peux répondre à ça ?
Elle est horrible.
« Je suis en plein délire là, y'a un truc qui cloche chez toi. Pour me sortir une absurdité pareil. J'ai sacrifié énormément de choses pour toi, pour te protéger pendant que toi tu planais égoïstement avec tes potes junkis. T'as déjà pensé à moi ? Quand je te repêchais dans la rue alors que j'étais à moitié crevé sans Noam et sans toi ? T'étais là mais si tu l'avais pas été ça aurait été pareil, même mieux. J'aurais pas eu besoin de me battre contre ton dealeur, ta mère, ni de te faire des mots d'excuses pour la fac ou de te servir d'alibi. T'étais où quand on nous insultait à la fac ? Quand j'ai perdu la moitié de mes potes parce que j'suis un putain de gay ? T'ÉTAIS DANS TA PUTAIN DE CURE AVEC TES AUTRES DROGUÉS ! Et... Haha... T'as replongé... Alors que je comptais les jours jusqu'à ta sortie. Tu m'as abandonné, encore et encore et encore... Et après ça, je suis celui qui compte le plus. » Un rire mauvais ponctue la rancoeur. « Essaie de t'en convaincre, pour moi ta parole à plus de valeur. »
 


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Message(#) Sujet: Re: Imaginary friend + mimi <3 Sam 28 Oct - 23:48


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Non. Non, non et mille fois non — y'a rien de clair dans mes pensées jusqu'à ces trois lettres qui s'entrechoquent et se répètent à l'infini : non. Mais je peux pas lui expliquer pourquoi, je peux pas lui dire, il comprendrait pas. Normalement, c'est pas si grave, c'est vraiment juste un médicament. Mais je peux pas m'empêcher de repenser au premier soir, dose lourde après l'accident, pour encaisser la douleur et les sensations pas agréables du tout. Et le k-hole. C'était indescriptible, comme sortir de son propre corps. C'est pas si grave, et pourtant la seule idée que mon Yuta risque de vivre ça fait frissonner tous mes membres et... juste, non.

Mon silence est éloquent, il me trahit. Mais je peux pas le laisser partir, pas comme ça. Chaque pas qui l'éloigne de moi me perce le cœur, et y'a cette impression tenace que ça y'est, c'est la déception de trop, que cette fois ce sera dur d'arranger les choses ; crainte lancinante qui me taraude. J'ai peur. Pourquoi on aurait été inquiets ? il demande, et ça non plus je peux pas y répondre. Comme t'as pas été chez le médecin, t'as pas eu d'ordonnance. Tu les as eu où ? C’est encore pire, la question du malaise. Mes lèvres restent scellées et c’est le moment où il craque. Je me raccroche à lui pourtant, j’essaye encore. C’est tout ce que je peux faire, tout ce que je sais faire. Comment on plaide sa cause quand on n’a pas d’arguments ? On fait des promesses. Mais quel genre de promesses, quand on en a déjà trahi des dizaines ? Y’a même plus de lumière dans ses yeux qui me fuient, y’a ni espoir ni confiance, il s’éteint. J’ai l’impression d’avoir malmené ses sentiments comme une enfant maladroite secoue ses jouets jusqu’à les mettre en pièces. Mais Yuta c’est pas un jouet. Il est tellement, tellement plus précieux que ça, et j’aimerais ne jamais lui faire de peine… mais c’est difficile, parce que j’ai jamais vraiment compris pourquoi ils étaient contre à ce point. C’est vrai que des fois, les cachets me mettaient dans des états bizarres, comme des cauchemars. Mais c’est jamais bien longtemps, alors ça compte pas, non ? Et là — il est vraiment furieux, comme autrefois, alors que c’est exceptionnel ; j'ai pas replongé pourtant, j'ai rien repris de lourd. C'qui a nous a déchiré c'est les secrets, pourquoi tu continues de m'en faire ?! Et arrête de pleurer ! Je supporte pas ça. Parce que j’aime pas quand il s’emporte. Quand il crie, quand il me déteste, quand il est lassé de moi qui ne fais que des bêtises. Et parce que tout le temps, ils veulent me protéger, mais j’aime pas être en cage. J’aime pouvoir voler, même si parfois je dois tomber. J’aime pouvoir me relever, même si parfois c’est pas facile. J’aimerais que chaque chute n’entraîne pas un cataclysme, et maintenant j’ai peur de toutes les conséquences, tellement peur que je veux plus les confier. Si tu m'en veux toujours pour ne pas te l'avoir dit pour Noam, venge toi directement sur moi ! Je dois encore m'excuser ? Pardon, voilà. Pardon ! C'est ma faute si Noam s'est tiré, c'est ma faute si tu t'es sentie mise à l'écart et que t'as essayé de trouver de quoi tenir pour surmonter ça. C'est ma faute si Kaede s'est faite violer, si j'avais été un meilleur frère, je l'aurais vu et j'aurais tout pu anticiper ! Vous avez tous vécu un enfer à cause de moi et PARDON, PARDON MERDE ! JE M'EXCUSE, VOILÀ ! IL TE FAUT QUOI DE PLUS ? QUE JE TE SUPPLIE À GENOUX ?! Mes lèvres s’entrouvrent et puis se referment, une fois deux fois. J’ai l’impression d’avoir perdu ma voix, muette comme Ariel, au pire des moments. Et je dois pas pleurer, parce qu’il déteste ça ; j’essaye vraiment de ravaler les larmes, mais elles m’échappent sans discontinuer, hémorragie lacrymale qui contribue à tout envenimer. Un gémissement m’échappe, supplique inarticulée. Je veux pas qu’il pense ça, c’est pas vrai. C’est pas sa faute. C’est pas sa faute si je suis de trop. Nono et lui c’était écrit, encore plus que Yuta et moi, ou Noam et moi, encore plus que nous trois. J’aurais dû le voir plus tôt, c’est tout, que y’avait une inconnue dans l’équation, et que c’était moi. J’aurais dû le savoir plus tôt, que leur bonheur devait se construire à deux, et j’aurais surtout dû l’accepter quand l’évidence a été révélée au grand jour. Mais non, il a fallu que je gâche tout, tout, tout. Qu’ils rompent parce que j’allais mal, qu’ils souffrent parce que je me sentais pas bien. C’est toujours la même histoire, toujours le même refrain. Et tout ce que je peux lui offrir, c’est ma vérité : T-t'es tout ce qui compte pour moi. Mais même ça, il veut plus l’entendre. C’est tellement vrai pourtant. J’ai tellement peur de le (les) perdre, je crois que j’en crèverais. (...) y’a un truc qui cloche chez toi, il éructe, et cette fois je hoche mollement la tête, parce qu’au moins sur ce point on est sûrement d’accord. Un truc, des trucs. Mimi l’anomalie, ça rime ; un ouragan qui dévaste tout ce qu’il touche. Je croise mes mains dans mon dos et je compte sur mes doigts, 1, 2, 3, (...), jusqu’à 10, pour tenter de faire refluer l'angoisse. Elle grossit au creux de mon ventre comme un monstre qui menace de tout dévorer, la confiance, le bonheur, la sanité d’esprit. 1, 2, 3, et ainsi de suite ; un chiffre, inspire, expire, mais ça marche pas, pas vraiment. Rien ne marche plus, poupée détraquée. T'as déjà pensé à moi ? Quand je te repêchais dans la rue alors que j'étais à moitié crevé sans Noam et sans toi ? Je voudrais dire que oui, bien sûr, toujours, tout le temps, qu’il était partout dans mes rêves éveillés. Qu’il était partout avec moi, dans mon coeur, dans ma tête, dans les high — un Yuta plus heureux que celui de la réalité —, dans les down — celui dont je savais pas affronter la détresse, celui auquel je savais plus vraiment donner le sourire. T'étais là mais si tu l'avais pas été ça aurait été pareil, même mieux. Pardon, je suis désolée, je suis vraiment désolée, je murmure par-dessous sa diatribe exaspérée, mais ça suffit pas, ça suffit plus. T'étais où quand on nous insultait à la fac ? Quand j'ai perdu la moitié de mes potes parce que j'suis un putain de gay ? T'ÉTAIS DANS TA PUTAIN DE CURE AVEC TES AUTRES DROGUÉS ! Et... Haha... T'as replongé... Alors que je comptais les jours jusqu'à ta sortie. Tu m'as abandonné, encore et encore et encore... Et après ça, je suis celui qui compte le plus. Son rire est acide, poison virulent qui assèche le sang dans mes veines, atteint le coeur, en alourdit les battements saccadés. Boum, boum, son rythme qui pulse à mes tempes, assourdissant. Et mes mains qui ne veulent plus le toucher, qui n’en ont plus le droit ; brûlées. Ils te méritaient pas, aucun d'entre eux. C'est pas toi le problème, c'est eux. Et moi. Moi qui ne le mérite pas non plus. J’enroule autour de moi mes bras inutiles en un réflexe défensif inefficace, pseudo bouclier factice. Y’a rien qui puisse me protéger de ses mots, ça a toujours été lui mon bouclier, le vrai, et ses coups ont toujours eu beaucoup plus de portée que tous les autres parce que je suis plus rien sans lui. Pardon d'en avoir rajouté alors que t’étais déjà bien assez malheureux. Je pouvais rien faire de toute façon, même en étant là. C’était pas de moi que t’avais besoin. C’était Noam qu’il lui fallait ; à ses côtés envers et contre tout. Et j’avais le même trou béant dans la poitrine, la même plaie, atroce, affolante, assez invivable pour savoir qu’aucun mot ne pouvait apaiser ça, qu’aucun geste ne pouvait rien combler tant qu’il ne serait pas rentré. S’il te plait, dis plus jamais que c’était ta faute. T’étais pas prêt à en parler et j’aurais pas dû réagir comme ça, tout se serait bien passé si tu t’en étais pas voulu à cause de moi. Vous auriez tout réglé au lieu de vous séparer. Ça n’arrange pas mon cas, c’est même pire, et je me tasse un peu sur moi-même, les épaules honteusement rentrées ; mais je préfère qu’il m’en veuille plutôt qu’à lui-même, je préfère qu’il me haïsse moi au lieu de se blâmer. Sans moi au milieu de leur histoire, rien de tout ça ne serait arrivé.

Je ravale le gouffre de culpabilité qui menace de m’engloutir tout entière, cherche la force de lui donner les explications que je lui dois, mais la Mimi forte et pleine de feu et de passion n’est plus là. Y’a juste celle toute bosselée de l’intérieur, et beaucoup trop faible, qui embête tout le monde et sème la détresse comme elle respire. C’était pas ta faute et c’est le passé, ça n’a rien à- à voir avec maintenant. Mon menton tremble encore pathétiquement et je lutte encore contre les sanglots et tout ce qu’ils entraînent — le nez encombré, les reniflements qui font les poings de Yuta s’ouvrir et se refermer sporadiquement, la voix cassée et puis le reste —, moi aussi j’en ai marre d’être faible. J’ai eu un accident avec ma moto. Une voiture m’a coupé la route et puis j’ai perdu le contrôle et c’était pas très grave mais ça faisait mal alors- Pause. Je fronce les sourcils et torture ma lèvre inférieure, ruminant les mots qui peinent à sortir. Je pouvais pas le dire parce que j’aurais plus eu le droit de rien faire. Vous m’auriez privée de tout, encore. Je suis pas un bébé. Je frotte mes yeux de mes poings clos, moue boudeuse et dépitée, et je tente de paraître ferme, mais je peux même pas taper du pied pour appuyer mes dires parce que j’ai encore mal à la jambe. Et qu’est-ce que ça peut faire si je prends des trucs parfois ? Pourquoi c’est si mal que des fois j’aie plus envie d’être dans la réalité ? y’a une pointe de rébellion mais aussi une interrogation réelle, celle que j’ai jamais eu le droit de formuler jusqu’à maintenant, mais qui déborde, instinct de survie qui se braque à l’idée que Yuta puisse vouloir me dénoncer. Toi aussi tu le fais. Quand tu bois beaucoup et que tu connais même plus ton prénom. Ça me fait pas plaisir quand tu titubes comme un bâteau dans la tempête, mais je me dis que si ça peut te soulager de tout oublier un moment, ou si au moins tu t’amuses, bein c’est pas si grave ? Même si après t’es malade, même s’il faut donner des excuses aux autres pour faire comme s’il ne se passe rien du tout, même si- ma voix se casse pour de bon et cette fois ce sont mes paumes que j’écrase contre mes yeux clos, submergée par la frustration et l’incompréhension et la détresse. C’est la première fois que je sais pas quoi faire, quoi dire pour le comprendre et qu’il me comprenne aussi. Comme si on parlait deux langues différentes, comme si on n’est plus du tout connectés. Même s’il faut mentir à Nono pour pas qu’il s’en fasse et pour qu’il t’en veuille pas. Tant que toi c’est ce que tu veux faire, je l’accepte, parce que je t’aimerai toujours quoi que tu fasses et- et je te couvrirai toute ma vie s’il le faut. Alors je sais pas pourquoi toi- toi tu me considères comme un fardeau pendant les seuls moments où je me sens vraiment, vraiment libre et légère et- (et suffisamment out of it pour oublier que j’ai ma place nulle part) et puis toutes les idées qui se fracassaient contre les parois de mon crâne m’échappent et toute envie de lutter s’effondre au même instant, mes épaules s’affaissent et je baisse les yeux. Enfin si, je sais pourquoi. Je sais qu’il serait mieux sans moi. Moins de temps perdu, moins de tracas. Alors d’accord, t’as qu’à le dire si tu veux. Comme ça tu seras enfin tranquille.  

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Message(#) Sujet: Re: Imaginary friend + mimi <3 Jeu 9 Nov - 20:55


Imaginary friend,
cause reality sucks
feat. Mimi

« Ils te méritaient pas, aucun d'entre eux. C'est pas toi le problème, c'est eux.C'est pas la question, pourquoi on parle d'eux ? Je m'en fous d'eux ! »  Pas convaincu par moi-même, par le ton que j'y ai donné. Je recommence avec plus de conviction. « Je m'en fous d'eux. » C'est un peu mieux. « Ils comptent pas, y'a que vous qui m'importe. » Elle se protège de ses deux bras,
elle se protège de moi.
Quand est-ce que je vais arrêter de chuter de ce putain d'étage de désillusions ? Elle doit me voir comme un monstre, un de ceux que j'ai pourtant chassé les nuits que je passais avec elle en passant la tête sous son lit, vérifiant dans les placards et même entre les piles de linge.
À partir de quand ai-je cessé d'être son héros ? Je tombe comme une masse sempiternellement sans être fichu de m'écraser. Atteindre le sol signifierait de perdre totalement foi en elle, ne plus rien pouvoir espérer et c'est au-dessus de mes forces, ce qui n'est visiblement pas son cas me concernant.

« Pardon d'en avoir rajouté alors que t’étais déjà bien assez malheureux. Je pouvais rien faire de toute façon, même en étant là. C’était pas de moi que t’avais besoin. » C'est pas possible d'être autant dans le déni ! N'importe qui de normalement constitué voudrait reporter sa frustration sur le sujet du problème, dans mon cas c'est elle. Seulement j'suis pas foutu comme la majorité des gens, c'est inconcevable pour moi de lui faire du mal mais en revanche m'en faire ce n'est pas exclu. Mes ongles s'implantent dans mes paumes, jusqu'à percer la peau. Mon pouls se régule, inoculant la douleur dans la douleur. La tranquillité est éphémère, dès l'accalmie passée elle enchaine avec  quelque chose de plus indigeste. « S’il te plait, dis plus jamais que c’était ta faute. T’étais pas prêt à en parler et j’aurais pas dû réagir comme ça, tout se serait bien passé si tu t’en étais pas voulu à cause de moi. Vous auriez tout réglé au lieu de vous séparer. Tu étais tout ce don j'avais besoin. T'as toujours été vital mais à cette période de ma vie, encore plus. Je pouvais pas tu comprends ? Je pouvais pas parler à Noam, je pouvais pas parler à Kaede, à mes parents, ni même aux autres membres du squad. Je pouvais rien dire à personne d'autre que toi mais tu pouvais pas m'entendre, t'étais déconnectée de tout. C'est facile de dire que t'étais pas indispensable en rejetant la faute sur celui qui "aurait tout pu réparer" vu qu'il était absent. Tu fais comme si t'avais pas de rôle là-dedans, tu t'exclus de tout soit pour ne pas te sentir coupable soit parce que tu es convaincue que tu n'aurais rien pu faire et pourtant t'aurais tout pu changer à toi toute seule. » Pour une fois je n'y vais pas de main morte, elle apprendra à encaisser. Jusqu'à aujourd'hui j'ai fait en sorte de l'épargner de tout. De mes problèmes, des siens en faisant comme s'ils existaient pas. J'ai même entretenu le mythe du père noël quand j'y croyais plus moi-même, tout le monde prend des pincettes avec Mimi mais elle, elle en prend pour personne. C'est pas totalement volontaire, y'a énormément de maladresse mais aussi d'immaturité dans son comportement. J'suis loin d'être le mec le plus mature au monde mais elle clairement elle aurait sa place à Neverland. Préserver son innocence ça a pas été intelligent de notre part, maintenant on en est là. « J’ai eu un accident avec ma moto. Une voiture m’a coupé la route et puis j’ai perdu le contrôle et c’était pas très grave mais ça faisait mal alors-. Je pouvais pas le dire parce que j’aurais plus eu le droit de rien faire. Vous m’auriez privée de tout, encore. Je suis pas un bébé. » Elle me regarde pourtant comme si elle en étant un, avec ses petits poings serrés d'enfant capricieux qui sèchent des larmes de crocodile. La jambe contre laquelle elle a l'habitude de condenser sa colère est blessée, je la vois esquisser le mouvement puis se rétracter à cause de la douleur. Sale gosse. « Si, t'es une gamine. J'aurais aimé qu'on te prive de ta moto, de sortie, de tout. C'est tout ce que tu mérites pour m'avoir encore menti et en prime, t'avoir mise en danger mais ça tu l'as pas énoncé, t'as vraiment le sens des priorités. Peur qu'on te mette au coin parce que t'as fait une bêtise et ensuite tu veux jouer à la grande fille. Tu sais qui en est une ? Kaede, prends exemple sur elle. » Mon propre conseil me fait écho. Mimi a beaucoup d'admiration pour ma sœur et ce n'est pas la seule. Je me suis toujours considéré comme le fiasco de la famille, surtout si on s'amuse à nous comparer. Elle est surdouée, je suis un élève médiocre. Elle est ambitieuse, je ne sais toujours pas ce que je veux faire de moi. Elle est forte, j'suis pitoyable.
Ouais, moi aussi je ferais bien de prendre exemple sur elle.  
« Qu’est-ce que ça peut faire si je prends des trucs parfois ? Pourquoi c’est si mal que des fois j’aie plus envie d’être dans la réalité ? Toi aussi tu le fais. Quand tu bois beaucoup et que tu connais même plus ton prénom. » Je crois que je commence à apercevoir le bitume, il m'appelle. Finalement j'vais peut-être finir par m'écraser pour de bon. « C'est vraiment nul ce que t'es en train de faire, c'est pas du tout le même chose.» Depuis le début elle cherche une faille, le point sur lequel il faudra appuyer pour me faire abandonner l'idée de la trahir et elle tient quelque chose, elle le voit dans ma façon de m'exprimer. Je réfléchis plus, je balbutie. Bref, je montre que je perds la bataille. Complètement décontenancé par ce coup bas, je l'écoute sans pouvoir me défendre et à vrai dire je préférerais être sourd. Elle me sert un tas d'arguments pour justifier nos vices respectifs. Au lieu de les blâmer, elle les met en valeur, les enveloppe dans un joli ruban.
Si ça nous rend heureux, pourquoi arrêter ? C'est son slogan et c'est aberrant. Contrairement à elle j'suis conscient de pas tourner rond, que ce que je fais c'est pour lutter contre les idées noires qui prennent ces derniers temps une forme beaucoup plus effrayante qu'à l'accoutumée. Les verres c'est comme brandir une épée enflammée, ça chasse la bête mais ça ne la tue pas. Parfois l'épée m'échappe des mains et je me brûle, mais c'est un risque que je suis conscient de prendre elle, du tout. Elle pense vraiment qu'il s'agit de LA solution miracle, celle qui donne accès au bonheur. C'est comme utiliser un code triche mais dans la vraie vie, mais même avec ces codes tu peux avoir des bugs et planter ta partie. Mimi est insouciante et ça fait presque aussi peur que la bestiole que je terrasse verre après verre. Après la cure, les disputes et l'année de calvaire si elle n'arrive toujours pas à comprendre ça, je ne vois pas ce que je pourrais faire de plus.

« T'es en train de me dire qu'il vaut mieux qu'on se regarde couler l'un l'autre, plutôt que d'essayer de s'en sortir car cette situation telle qu'elle est te convient. C'est ça ? » Je ne lui laisse pas le temps de me répondre. « C'est la chose la plus absurde que j'ai jamais entendu sortir de ta bouche, même tes histoires d'aliens tenaient plus la route. Écoute, tu me fais comprendre que je suis un véritable obstacle à ton bonheur. Que les seuls moments où tu te sens épanouie et heureuse c'est quand t'es camée. Je vais mettre de côté le fait que je suis terriblement blessé par ce que je viens d'entendre. » Je pourrais faire comme tout à l'heure, rire par dépit mais la force m'abandonne, je ne peux rien faire d'autre que de vider mon sac pour me soulager de son poids alors je poursuis, le regard plus chagriné que courroucé.« Quand je pense qu'à l'époque il suffisait qu'on soit que tous les trois pour se sentir comme les rois du monde, maintenant c'est derrière nous. Toi droguée, moi alcoolique et peut-être que demain Noam se trouvera un truc aussi, je lui proposerai de se mettre au crack comme ça on aura chacun notre petit loisir créatif puis on sera à nouveau heureux ensemble. C'est ça que tu veux, non ?! » Question rhétorique mais elle s'en doute. « Je veux plus lui mentir, ça me tue. Je vais pas bien Mimi, parfois l'odeur de l'alcool me file la nausée mais je recommence pour me punir ou pour mettre ma vie sur pause. Tu aimes peut-être te foutre en l'air mais c'est pas mon cas, je me supporte plus. Qui va rester pour Noam si on n'est plus là ? Dans ton monde utopique, il a une place ? Celle de tenir ta main à l'hopital après une overdose ?  » Je reprends les rênes du jeu mais très vite l'effervescence s'essouffle, les armes dressées contre elles font demi-tour pour m'asséner les dommages à sa place.
Quel hypocrite je fais, à lui reprocher des torts dont je suis moi-même coupable. Abréger la dispute devient nécessaire, plus que de la remporter.
Je range mes mains aux paumes abîmées dans les poches de ma veste. Capitule face à elle, les épaules légèrement voûtées, le souffle las, résigné. « Je veux pas être tranquille, je dirai rien. Je m'interposerai plus entre toi et ton "bonheur", tu pourras faire tout ce qui te fait plaisir désormais, c'est plus mon problème. Comme tu dis t'es une grande fille, t'es capable de t'occuper de toi-même, non ? » Ce revirement de situation est une surprise pour elle, un deuil pour moi. « Je vais te raccompagner chez toi, la discussion est terminée. On n'en parle plus, on fait comme on a dit c'est-à-dire rien. »


◊◊◊


soft rain

You see the best of me And you're making me believe That I'm somebody special. I've been losing myself but lately, You got me thinking maybe I got potential To be somebody special ☾ you know.
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Message(#) Sujet: Re: Imaginary friend + mimi <3 Ven 10 Nov - 0:11


Imaginary friend,
cause reality sucks
feat. Mimi

Mon regard se lace de remords et d'empathie quand il dit que les autres ne comptent pas. Ça a l'odeur du mensonge et le poids du déni, ça alourdit la langue et ça entaille les lèvres. Douleur encore intacte sous une fausse couche d'indifférence, barrière érigée en guise d'autodéfense. C'est comme quand marraine Lei a dit que c'était pas grave que j'aie fait tomber Neko de la voiture sans faire exprès au moment d'en sortir, et que les roues l'aient ruiné juste après ; c'est pas grave, y'a que toi qui m'importe, qu'elle disait, pour que je m'en veuille pas. Mais c'était son ami de toujours, des souvenirs en pagaille avec tata Nuo, des confessions d'enfance chuchotées au creux des grandes oreilles pelucheuses et transmises en héritage quand elle me l'avait offert à ma naissance. C'est pas grave, qu'elle affirmait de ses lèvres tremblantes, mais elle avait le cœur à vif comme si elle perdait son papa pour la deuxième fois, alors je pouvais que verser les larmes qu'elle se retenait de laisser couler. Yuta aussi, il fait tout le temps ça : c'est pas important, je m'en fous, il rumine la litanie en boucle, la hurle autant qu'il peut, presque convaincant. Sauf que ses yeux font ce truc qui le trahit — se détournent tandis qu'il fourrage sa tignasse d'une main frustrée qui dément tout. Et tout ce que je peux faire, c'est saigner pour lui, à défaut de savoir comment le soulager. J'aurais voulu être là pour de vrai de vrai, comme il le voulait. Le soustraire à tout, guérir tous les maux ou mieux : y faire barrage avant même qu'ils ne l'effleurent et ne le marquent pour toujours. Mais ma potion magique avait pour ingrédients secrets tout ce qui le hérisse. Ma force pour m'arracher au vortex qui menaçait aussi de m'engloutir, c'était la came. Si j'avais pu être plus solide et le faire avec rien que mes propres forces, je l'aurais fait. Mais c'était pas le cas.

Il clame : Tu étais tout ce dont j'avais besoin, et j'ai envie d'y croire, de réhydrater à la source de ses mots mes pétales tout flétris par les désillusions qui cognent et cognent sans cesse contre mes remparts. Je veux juste oublier et tout garder intact, prétendre que notre complicité est la même qu'avant, promettre à 150% que tout est parfait, mais la formule magique fonctionne de moins en moins bien. Je pouvais pas tu comprends ? Je pouvais pas parler à Noam, je pouvais pas parler à Kaede, à mes parents, ni même aux autres membres du squad. Je pouvais rien dire à personne d'autre que toi mais tu pouvais pas m'entendre, t'étais déconnectée de tout. Je ravale tout, le terrain est miné. Je peux pas dire : tu m'as déconnectée, toi, quand tu as fait un duo dans notre trio. Je peux pas parce que y'a pas de façon adroite pour l'exprimer. Pour qu'il comprenne que je savais plus où j'en étais, qui j'étais. Il le vivrait comme si je l'accusais, comme si je lui en voulais. Mais le truc, c'est que je lui en ai jamais voulu, vraiment. Que j'ai été paumée, que j'ai eu peur et me suis sentie vide, parce que j'étais tellement rien sans eux et qu'ils étaient finalement un tout sans moi — dans leur bulle, dans leurs mystères, dans leur histoire cachée. En me laissant avec ce néant qui grignotait peu à peu tout ce qui faisait mon bonheur. Je sais pas comment lui faire comprendre comment c'était — comparable à une peine de cœur mais pas tout à fait, ou à un deuil mais en bien plus beau — d'être à la fois intensément heureuse pour eux (à l'idée qu'ils aient chacun trouvé la meilleure moitié au monde, le seul être qui les méritait) et terriblement malheureuse pour moi (de comprendre que leur bonheur à eux se construisait sans moi, pendant tous ces mois de silence et de distance inavouée). Qu'il fallait étouffer quelque part la peine et les idées noires, pour pas les laisser m'asphyxier.

Que c'est pas bien, d'avoir autant besoin d'eux (anormal, comme l'ont toujours dit les copains de classe autour de nous). Je veux pas tout gâcher, je veux pas les perdre. J'aimerais juste qu'il admette qu'on peut pas être fusionnels à trois comme avant, que ça marche plus. Que c'est plus pareil quand on dort ensemble, qu'il s'avoue qu'à des moments comme ça (et à d'autres), je suis de trop. Et qu'il accepte que le temps de m'ajuster, j'ai besoin d'un coup de pouce ; d'un coup de baguette magique pour continuer de sourire même quand j'en ai plus vraiment la force.

Alors d'accord, peut-être que ma méthode est pas la bonne. Mais j'en ai pas trouvé de meilleure. On navigue en eaux troubles, on tente de parler par-dessus les hurlements assourdissants du vent sans pouvoir s'entendre ni se comprendre. Ses reproches ont l'effet de la houle et je me noie dans les creux de ses vagues, je m'étrangle dans les tourbillons de leur écume sans jamais percevoir le rivage. Non je comprends pas, j'aimerais dire. Ça brûle juste là, à l'orée de mes lèvres closes. C'est facile de dire que t'étais pas indispensable en rejetant la faute sur celui qui "aurait tout pu réparer" vu qu'il était absent. Ça fait mouche bien sûr, je m'en veux aussitôt, parce que non : je veux pas faire de Nono le grand coupable. Nono qui avait mal et qui savait plus où il en était. Je pourrais pas, je le comprends trop pour ça, moi aussi j'ai essayé de partir. Pas physiquement — juste dans ma tête, dans mon monde. Je veux pas non plus que ce soit Yuta le gros méchant de l'histoire. Il est pas le capitaine Crochet avec ses manigances qui visent toujours à détruire la joie des enfants perdus. Mais dans ce cas, c'est vrai qu'il reste personne à blâmer hormis moi. Tu fais comme si t'avais pas de rôle là-dedans, tu t'exclus de tout soit pour ne pas te sentir coupable soit parce que tu es convaincue que tu n'aurais rien pu faire et pourtant t'aurais tout pu changer à toi toute seule. J'en avais déjà un, de rôle. Le pire. Coupable de ne pas avoir réagi de la bonne façon, d'avoir cassé leur couple. Et il aurait fallu que je me glisse à ses côtés une fois Noam parti, que je prétende apaiser la détresse que j'avais causée ? Tout en sachant son amoureux tout seul et abandonné, trop loin de nous à cause de moi — enfin non : trop loin de lui. Tout était creux, désordonné. Quand ils sont ensemble c'est beau, c'est une mélodie réussie ; mais quand on était deux, ça sonnait juste faux. Alors je veux bien tout endosser, c'était moi le souci dès le début. Mais même quand je dis que c'est ma faute, que tout aurait été mieux si j'avais ressenti les choses moins intensément, mes réponses ne sont jamais correctes. Peut-être parce que j'avoue pas les bons torts à ses yeux, mais c'est juste que je vois pas les choses comme lui. On est en totale désharmonie, après tant d'années de parfait accord ça me déboussole complètement. Je comprends pas, mon cœur martèle encore. Il bat vite et fort, oiseau en cage qui se heurte à ses barreaux en tentant de s'en extraire, de fuir.

J'avoue l'accident pour enterrer le passé, mais ça n'arrange rien. Au contraire. Peur qu'on te mette au coin parce que t'as fait une bêtise et ensuite tu veux jouer à la grande fille. Tu sais qui en est une ? Kaede, prends exemple sur elle. Mes lèvres s'entrouvrent sans émettre un son. Le coup est rude, le choc frappe tout droit sur toutes mes incertitudes. Bien sûr qu'elle est modèle, Kae. Jolie et parfaite et bonne élève et idéale jusque dans ses griefs contre moi (elle aussi pense que je suis de trop, elle a toujours été lucide). Elle est géniale et j'ai longtemps imaginé qu'un jour on s'entendrait. Mon Yuta ne lui a jamais autant ressemblé que maintenant. Maintenant qu'il a dans les yeux et dans les mots le même agacement que celui qui brille dans ses prunelles à elle quand elle fixe l'éternelle gamine immature que je suis.

(Fix ? J'ai envie d'un fix.)

J'engloutis une inspiration tremblante avec l'impression que l'oxygène ingurgité est trop toxique pour soulager mes poumons embrasés par ses flammes. Désolée. De pas être merveilleuse, mûre et tout ce qui va avec. De juste être moi.

(Le besoin de tracer sur la table des arabesques immaculées me ronge comme un acide. Mes idées se tournent vers les billets dans mon porte-monnaie que je pourrais rouler pour tout aspirer jusqu'aux dernières traces de poussière de fée, la porte du Pays Imaginaire. C'est tellement tentant que j'en vacille, avide d'une échappatoire. Mes doigts s'enfoncent dans mes bras pour ne pas en trembler.)

T'es en train de me dire qu'il vaut mieux qu'on se regarde couler l'un l'autre, plutôt que d'essayer de s'en sortir car cette situation telle qu'elle est te convient. C'est ça ? Je doute. Quand il le dit comme ça ça a l'air tellement horrible — je suis horrible. Je veux pas qu'il coule, je veux pas. Je vais pas bien Mimi, parfois l'odeur de l'alcool me file la nausée mais je recommence pour me punir ou pour mettre ma vie sur pause. Tu aimes peut-être te foutre en l'air mais c'est pas mon cas, je me supporte plus. Qui va rester pour Noam si on n'est plus là ? Dans ton monde utopique, il a une place ? Celle de tenir ta main à l'hopital après une overdose ? Le flot jamais tari me prend à nouveau à la gorge et menace de déborder à l'orée de mes cils humides. J'ai pas les réponses à ses questions. Elles sont pièges et je suis fatiguée, pas à la hauteur, comme toujours. Je vais te raccompagner chez toi, la discussion est terminée. On n'en parle plus, on fait comme on a dit c'est-à-dire rien. Il se détourne déjà pour partir, comme si tout était bel et bien terminé. Pas juste l'échange, mais aussi nous deux : foutus. J'ai cette même impression qui me taraude. Le goût de l'échec. Dans mon monde utopique. Nono est heureux. Il te frotte pas le dos pour te soutenir au-dessus de la cuvette des toilettes un lendemain de fête. Je me sens vidée et glacée. Dans mon monde utopique, vous êtes heureux tous les deux, à deux, je souffle, plus gentiment. Parce que c'est vrai. Je sais où est tout le monde dans mes rêves ; la question qui cause problème, c'est où je me trouve moi. Nulle part : c'est cette vérité là qui me fait peur. Pardon de t'avoir inquiété. Je suis pas en train de replonger. J'ai juste pris des médicaments pour la douleur et ça va pas durer. Disque rayé. Je sais pas pourquoi le goût de bile dans ma gorge. Je sais pas pourquoi je me dégoûte. Et je veux pas que tu coules. S'il te plait, crois pas des choses tristes comme ça mon Yuta. Je savais pas que c'était pas pareil pour toi, que l'alcool te faisait te sentir mal comme ça. Ça me fait peur en vrai, et je crois que Nono a très peur aussi. J'ai pas toujours besoin de toi pour tout régler et pour me relever. Alors t'en fais pas. Tu peux prendre soin de toi. J'étais pas là avant, j'ai pas pu t'écouter quand plus rien n'allait, mais je suis là maintenant. Si tu veux parler, si tu as besoin de moi, tu peux m'appeler. Toujours. Peu importe où je serai je viendrai. Tout mon être crie pour que je rampe jusqu'à ses bras et le supplie de m'en envelopper, mais je suis paralysée. De plus en plus souvent, maintenant ; mon corps n'est pas fonctionnel loin du sien mais la proximité me consume, alors je reste dans un entre-deux douloureux. J'ai le cœur en hiver et rien d'autre que lui — eux — ne peut vraiment le réchauffer, mais je n'arrive plus à me sentir légitime à leurs côtés. Je ramasse mon sac et au lieu de le mettre sur mes épaules, je le tiens contre moi pour m'occuper les mains et ne pas chercher à attraper les siennes. J'aurais pas dû dire ça tout à l'heure. Je suis heureuse quand toi aussi tu l'es. Pas juste quand je suis camée. Il a dit que la dispute est terminée, alors j'infuse dans mes phrases toute la légèreté que je peux ; celle que je ressens pas. La gravité me pèse plus que jamais, menace de m'enterrer. Je sautille pour feindre la joie et remettre en action mes jambes engourdies. J'ai des fourmis dans les pieds, dans le ventre, dans les yeux. Ça picote d'une façon pas agréable du tout. Je souris tout grand, avec les dents mais sans le cœur, quand je propose : Tu seras le bonheur si on va dormir chez Nono ce soir ? Tous les trois dans son grand lit. Eux deux, et puis moi. Comme avant. (Quand je savais pas encore que j'étais de trop.) Je peux faire semblant. C'est plus dur sans la beuh et la reste mais je peux y arriver. Je pense. Si ça peut le soulager je peux tout tenter, tout. Pour lui. Avec les guirlandes de lumière pour veiller sur nos rêves. Si on fait un crochet par chez moi je prendrai Crête et ce sera tout parfait. On se fera un chocolat chaud avec des marshmallow-pas-chamallow dedans. Pas d'alcool, pas de médicaments. Puis demain matin je ferai des pancakes et on les mangera ensemble avant vos cours. J'irai avec vous jusqu'à l'uni et je rentrerai après à la maison. Si vous faites une soirée en amoureux tu me le diras par texto. Sinon, on se fera un appel vidéo tous les trois sur skype et on restera connectés jusqu'à ce qu'on soit le sommeil. Ça sonne tout mignon tu trouves pas ? Je sais pas qui j'essaye de convaincre, lui ou moi. Je t'aime mon prince Yutadoré. Je t'aime gros comme le cosmos. Ça au moins c'est vrai. Mon cœur s'allège un peu, enfin.

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