lost it to trying ☾ (booja)

 

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Message  Sujet: lost it to trying ☾ (booja)     Dim 23 Juil - 0:43

écoute ça (www) en lisant stp
allez bye

Tu sais, il a attendu une bonne demi-heure sous ta fenêtre, assis dans l'herbe à méditer sur le sens de sa vie – un joint entre les lèvres, à imaginer tout un paquet de scénarios tous plus misérables les uns que les autres ; et chaque fois la même question revient, comme le refrain méticuleux d'une comptine un peu trop morbide à son goût,
peut-être une marche funèbre.
Dis hanja, comment il fait, si tu le pardonnes pas ?

Il aurait pu s'en tirer quelques années plus tôt, avant que tu t'incrustes dans sa vie comme un tatouage qu'il se serait fait tout seul, que tu t'y tailles une place de choix. Un dieu pour le roi des fantômes, un frère pour le garçon perdu – et le voilà aujourd'hui, avec le poids désagréable d'une vie qu'il a l'impression de mettre en jeu. Il hésite, songe quelques instants à faire demi-tour et à attendre une poignée de jours, de semaines ou de mois de plus pour rassembler son courage.

Boo est un lâche, indéniablement ; un lâche inconscient qui craint plus ses amis que ses ennemis, aussi insensible aux coups de poing qu'il est sensible au regard, blessé, de quelqu'un qu'il a en haute estime. Il a assez fui, s'est suffisamment fourvoyé et a caché trop de choses pour vivre en paix – a imaginé s'éteindre la minute d'après sans avoir pu confier tout ce qu'il désirait. Et c'est cette peur de trahir, de blesser et de l'être en retour qui le convainc de passer un coup de fil, de ronronner quelques bêtises pour mettre en bouche, pour mieux faire passer la pilule qu'il allait te forcer à gober.

Un rire grave glisse entre ses lèvres et il raccroche presque gaiement avant de se traîner jusqu'à la porte d'entrée, rictus de clown vissé sur la gueule et l'envie pressante d'en finir qui glisse un frisson glacé le long de sa colonne vertébrale. La poignée tourne et ton visage apparaît à ses yeux candides, la malice de son sourire s'évanouit et ses bras se referment, instinctifs, autour de ton corps toujours trop chétif à son goût – il te gaverait plus encore s'il le pouvait, savoure pourtant l'illusion de sentir tes muscles parfaitement alignés avec les tiens.

C'est ça pour lui une âme sœur ; sans qu'une once de romantisme ne traverse son esprit, il a fait de toi la moitié de quelque chose de bien plus grand que lui, sans demander ton avis et sans se préoccuper du sien. S'invitant de sa propre initiative, il envahit déjà ta chambre et s'écrase mollement sur ton lit, déjà couché à la manière d'un amant venu satisfaire quelque besoin primitif. Mais il n'en est rien, ce soir, il est venu combler sa propre conscience, avec l'égoïsme aveugle d'un gamin persuadé de vouloir bien faire. « alors hanja, j'tai manqué ? »

S'il susurre ces paroles sur le même ton que le faux partenaire qu'il aime faire semblant d'être, la seconde d'après il est redressé, un vague sourire, aux relents tristes, sur le bout des lèvres. « viens t'asseoir, faut que j'te parle d'un truc. » la lueur moqueuse de son regard s'est malencontreusement éteinte, remplacée par un soupçon d'inquiétude au fond des yeux qu'il lève vers toi, sans que l'ombre de son rictus ne s'efface totalement.
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Message  Sujet: Re: lost it to trying ☾ (booja)     Jeu 27 Juil - 4:53

Une nuit solitaire en perspective. Des doigts pâles pour retracer les constellations de ses murs, et quelques lumières fardant le ciel pour le tenir éveillé, lui et ses yeux cernés d'innombrables étoiles.

Ce soir, l'enfant des astres ne dort pas. Mortel aux songes trop nuageux et imbriqués pour être distincts, il réalise qu'à son tour, même Morphée en vient à ne plus vouloir de lui. Ses parents sont trop loin, trop occupés, trop éphémères ; et ses meilleurs amis, eux, se sont lentement fait la malle, comme des petites flammèches qui se consumeraient promptement, à mesure que la cire fond et que la chaleur engendrée se dissipe. Ils s'échappent tour à tour, s'enfuient là où il l'ignore : fatalité l'incitant à feindre des sourires et à combattre ces incertitudes tapies en son être, encore et toujours.

Ses meilleurs amis l'ont laissé derrière, lui, le petit Han, le grand Ja prodige n'attendant que le retour des enfants prodigues. Ledit Morphée a pris son Julian, le silence a cousu et cadenassé les lèvres de Dak Ho, et la brise a balayé au loin le fantôme de ses jour, fantôme dorénavant peu enclin à le hanter joyeusement.

Tous, un à un, s'inscrivent dans l'absence douloureuse et potentiellement sans retour. Ça lui fait mal, ça l'angoisse, ça le rend malade ; sans doute plus qu'il ne l'est déjà.
Et s'il y a bien une chose que Ja abhorre, c'est sans conteste d'être seul.

Pourtant, cette nuit s'avère spéciale. Une nuit guère solitaire en perspective, peut-être même un brin libératrice — non, c'est sûr.
Car dès lors qu'il a reçu ton appel soudain, ton appel à toi, il a redécouvert le goût perdu de la rédemption. En t'entendant de l'autre côté du fil, en écoutant tes sottises et en se troublant du parfum qu'il jurerait discerner dans le timbre de ta voix, son cœur s'est emballé, et le souffle lui a peu à peu manqué. Ce n'est pas de ton masque de clown triste ni de tes paroles espiègles, dont il s'est enivré en premier, mais bel et bien de la mélodie si communicative de tes dires : grave, chaude et rocailleuse - celle qu'il reconnaîtrait entre mille, celle qu'il te fait croire comme étant inconnue, à ses oreilles, mais qui le pousse à se relever brusquement au beau milieu de sa chambre, l'entraînant à se suspendre à sa fenêtre pour espérer pouvoir capturer ton image.

Et pour lui, c'est peut-être ça, une âme-sœur. Quelqu'un capable de le rendre heureux seulement avec quelques mots, seulement d'une simple et unique présence, sans que personne d'autre ne puisse pour autant venir perturber votre relation. Et tu le rends heureux, toi, le roi des fantômes ; toi, le spectre toquant à sa porte uniquement quand il en a envie, toujours quand il pense que tu ne reviendras pas. Tu le rends heureux à s'en décrocher la mâchoire, lorsqu'il accourt au rez-de-chaussée pour venir t'ouvrir, son palpitant pulsant d'une adrénaline nouvelle, sous le flot si soudain de tes mots. Heureux à s'en pincer intensément les lèvres, lorsqu'il entrouvre sa porte et t'aperçoit, toi et ta dégaine auréolée de comètes, toi et ton sourire trop stupide pour un tel moment. Heureux à s'en écorcher les pommettes, lorsqu'il s'échoue longuement dans tes bras et contre toi, riant de la lueur taquine dans tes yeux d'ordinaire ravagés par la lasciveté. Il lève un peu les bras parce que tu es grand, se met sur la pointe des pieds car il est petit, mais ça ne le dérange pas plus que ça, parce que tu es là.

Tu es là, sous ses doigts, et il se demande presque s'il ne divague pas, s'il n'a pas osé donner vie à son fantasme douloureux de ces derniers jours, tellement ça lui paraît follement déroutant. Comme pour s'assurer que tu es bien réel, il respire ta fragrance et s'éprend de ton toucher si rassurant, simple contact réussissant là où peut-être même les étoiles ont échoué à le réconforter. Quelques mètres finissent par vous éloigner, et aucun mot n'a besoin d'être échangé pour qu'il accepte de t'inviter, pour qu'il te regarde t'approprier son lit dans les minutes qui suivent et qu'il prenne silencieusement place sur une chaise, son cœur encore un peu trop malmené par cette surprise que tu viens de lui faire.

L'espace d'un instant, il s'abreuve du fond de tes yeux, se délecte de ton visage qu'il peut voir et détailler et se soûle de ton toi tout entier, qu'il n'a cette fois pas l'impression de rêver ni d'imaginer. Dire que tu lui as manqué serait un euphémisme, et trop de questions se bousculent dans sa boîte pleine d'étoiles filantes et de constellations non-reliées entre elles. « Oui. Oui, tu m'as manqué. Tu m'as beaucoup manqué. » Il y a un sourire qui veut poindre sur ses lippes fruitées, mais ça ne sort pas ; alors à la place, il se contente de se tortiller un peu sur lui-même, flottant bêtement dans son t-shirt trop grand pour lui.

« Tu ne veux pas penser à me prévenir, quand tu disparais comme ça ? J'ai failli croire que le grand méchant loup t'avait mangé tout cru, à cause de toi. T'es vraiment trop bête... » Ces quelques mots traduisent sa joie débordante à l'idée de te revoir, et l'esquisse sincère qui borde ses lèvres se manifeste enfin, alors même qu'il t'observe allongé sur son lit : le cœur coincé entre le paradoxe d'être terriblement lourd, et étrangement plus léger. Ignorant ton timbre ouvertement séducteur, le Han se contente de glousser d'un air entendu et de poser ses yeux autre part, trop heureux. Pourtant, il obéit docilement lorsque tu lui fais la requête de s'approcher, la dague sérieuse pourfendant ta gorge l'inquiétant ne serait-ce qu'un peu. Ainsi, il s'assoit en tailleur tout près de toi, attrape au passage une de tes mains qu'il serre naïvement dans la sienne, laiteuse. Il a peur, mais ses veines s'irradient d'un courage qu'il ne connait que trop bien, pour toi. « D'accord, je t'écoute. Dis-moi ce qu'il y a, Boo-ya. »
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Message  Sujet: Re: lost it to trying ☾ (booja)     Sam 2 Sep - 12:42

Ça n'allait pas être facile, et boo en était beaucoup trop conscient à son propre goût. Les bras enroulés autour de ta frêle taille, respirant ton odeur familière comme pour se donner du courage, se convaincre qu'il ne peut plus faire marche arrière. Pourtant il y pense, en déposant quelques baisers papillons sur la base de ta nuque – particulièrement lorsqu'il rit dans un souffle, chatouillant ta clavicule.

Excessivement avide de ton contact, la séparation est plus rude qu'il ne l'aurait voulu et pourtant, il se glisse sur ton lit dans une de ces positions nonchalantes, presque indécentes qu'il a l'habitude de prendre en ta douce compagnie, sourire de clown esquissé sur ses lèvres légèrement mordillées. « oui. Oui, tu m'as manqué. Tu m'as beaucoup manqué. » sa gorge se serre et, l'espace d'un instant, son regard se fait fuyant ; tu ne lui rends pas la tâche facile, han ja. Il ne dit rien. « tu ne veux pas penser à me prévenir, quand tu disparais comme ça ? J'ai failli croire que le grand méchant loup t'avait mangé tout cru, à cause de toi. T'es vraiment trop bête... » rire léger qui caresse agréablement sa gorge, il secoue la tête et laisse les mèches intenables de sa tignasse difforme tomber devant ses yeux.

« c'est les adultes, ils ont essayé de me récupérer. » enfant sauvage – garçon perdu. Il n'aime pas le monde des grands, préfère tant se vautrer dans l'insouciance qu'il finit par s'y perdre corps et âme. Et le voilà ce soir, happé par des responsabilités qu'il pensait évitables ; le voilà forcé d'être un adulte, ne serait-ce que pour une soirée. Ne serait-ce que pour être un bon ami. « d'accord, je t'écoute. Dis-moi ce qu'il y a, boo-ya. » dieu sait qu'en d'autres circonstances, il aurait simplement répété « moi ce qu'il y a, boo-ya » et écarté le problème, l'aurait enterré en utilisant ses rires comme autant de pelles.

Pas ce soir. Ses doigts s'entrelacent volontiers autour des tiens, il attrape son sac de son autre main et commence son histoire, lent et plus inquiet que jamais. « tu sais l'année dernière, je partais régulièrement à busan, mais c'était que quelques jours. J'allais voir ma mère, mais pas que. » le sac est ouvert, il le pose entre ses jambes. « et puis, en novembre, j'y suis resté un mois entier, parce que ça s'est compliqué. » et il est revenu dans un piteux état, le fantôme. « bref, si j'y allais aussi, c'était pour aller chercher autre chose. » quelque chose qu'il n'osait pas acheter à séoul, par peur de croiser quelqu'un, d'être pris sur le fait.

Et il retourne son sac, étale les boîtes sur le lit dans un petit sourire – mi-gêné, mi-coupable. Au milieu, une ordonnance soigneusement pliée, qu'il te tend en poursuivant. « est-ce que t'as déjà entendu parler du trouble bipolaire, han ja ? » son courage cherche à s'enfuir mais le plus jeune ne se démonte pas, accentuant la pression de vos doigts liés. « en très gros, être bipolaire, c'est quand son humeur est… pas du tout prévisible. Des lunatiques, mais en pire. » bien pire ; et dieu sait qu'il lui a fallu un temps fou pour l'admettre. « je t'épargne les détails chiants, mais pour faire court, un ou deux mois dans l'année, c'est assez dur. » drôle de façon de résumer ses envies maladives de sauter par la fenêtre. « l'année dernière, c'était en novembre. Mais ça arrive jamais au même moment, on sait juste qu'en général ça arrive pendant la deuxième moitié de l'année. »

un infime frisson glisse dans sa colonne vertébrale, il tente désespérément de garder son calme, mais la pression écrase ses épaules. « et ces cachetons, là, c'est pour que j'ai l'air à peu près normal. Si ça arrive avant que j'rentre à busan, tu vois ? » avant qu'il ne fuit, qu'il ne s'éclipse pour passer cette épreuve avec sa tante – et, contre son gré, avec son père. « mais tu sais, c'est pas si grave. Ça fait plusieurs années, j'ai appris à le gérer donc... » donc tu peux quand même rester avec lui, tu sais ? Il risque un coup d'oeil dans ta direction ; la partie la plus compliquée arrive. Se justifier.

« j'en ai parlé à presque personne, j'ai pas envie que ça se sache. Enfin, je sais que t'en parlerais pas, j'te fais confiance, mais… j'avais peur. » il range les boîtes de médocs dans son sac et plie ses jambes trop grandes pour se mettre en face de toi, attrapant ta deuxième main et la serrant peut-être un peu trop fort. « j'avais peur parce que c'est bizarre comme maladie, et c'est chiant à gérer pour les gens autour, tu vois ? J'voulais pas t'infliger ça, donc.. j'ai peur que t'aies envie de partir. Probablement parce que c'est ce que les personnes normales font. » sa voix craque sur la fin et il se racle la gorge – lâche tes mains comme pour t'autoriser à le faire. T'autoriser à le foutre dehors, et à plus rien avoir à faire avec lui.
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Message  Sujet: Re: lost it to trying ☾ (booja)     Sam 9 Sep - 0:06

Tu sais Boo, cette nuit, t'es un peu son étoile rien qu'à lui. Tu reviens tranquillement de sous ton voile de poussière et de froideur, mais ta présence lui paraît si chaleureuse et chatoyante qu'il ne rechigne pas, qu'il te décoche de sa poigne blafarde avec ravissement, sans jamais se formaliser du reste. T'es son astre à l'improviste, astre imparfait, le seul qui décore le ciel de cette soirée solitaire, morose. Et peut-être bien que t'es aussi le spectre de la lumière, pour couronner le tout. Parce que Ja ne sait sincèrement que t'associer à ça, dans cet amusement presque palpable qui constelle les coins de ses lèvres. Tu sais ce que c'est, le spectre de la lumière ? C'est le rire qu'émettent les étoiles, lorsqu'elles irradient la voûte de cent nuances. Et ça, c'est un peu toi, au fond.

Et tu le rends heureux, oui. Tu le rends heureux juste en étant là, juste avec ton sourire de joker qui débarque de nulle part, un peu comme un fantôme du passé ; et il s'en enivre tant qu'il en deviendrait presque aveugle, qu'il en oublierait probablement tout le reste de ses problèmes, s'il le pouvait. Le voilà, le prince de ces cieux, qui ne se doute pas à un seul instant que tu t'apprêtes à tout détruire – que tu comptes reprendre ce bonheur éphémère avec toi pour le briser un peu plus, pour enterrer les quelques éclats de joie sillonnant ses orbes : petites étoiles lactée que tu venais tout juste de rallumer dans ses prunelles, d'une infime lueur d'espoir. C'est celle-là et tu peux la voir, cette flammèche déjà éteinte sans qu'il ne le sache, comme lorsque le cœur de l'étoile s'effondre et périt dans une supernova, pour ne délivrer que les prémices d'une naine blanche. C'est déjà terminé, Boo. Mais donne-lui encore quelques minutes, laisse-lui le temps de s'éteindre.

Il te couve de son regard brillant et t'aime de son sourire-soleil, sourire si doux qu'il en éclipse ses orbes, plisse ses paupières en demi-lunes. Il s'attend un peu candidement au mieux, se demande ce que tu as  d'aussi important à lui dire, malgré la légère crainte qui envahit déjà le fond de sa gorge. Peut-être que tu vas lui raconter ton séjour loin de tout, peut-être que tu vas lui parler d'une fille ou d'un garçon qui te fait complètement chavirer, de la raison pour laquelle tu t'es si longtemps absenté... Il y a tellement de possibilités, tellement de choses qu'il serait prêt à écouter, tant l'engouement ne semble pas vouloir le quitter, à cet instant chargé de promesses rédemptrices.

Pourtant, la pointe plus inquiétante dans ta voix lui fait se pincer les lèvres, un brin nerveusement – alors, Ja espère simplement que tu n'as rien de grave à lui annoncer, que tout va bien pour toi et pour le reste de vos amis. Ses petits yeux noirs t'observent calmement t'affairer devant lui, alors qu'il a pris place en tailleur devant toi, assis sur son oreiller Luma. Les yeux rivés sur ses murs empreints d'étoiles électriques et d'autres nerderies insouciantes, il attend en silence lorsque tu fouilles d'un air préoccupé dans ton sac, ses doigts naturellement entremêlés aux tiens, juste comme ça. Une esquisse fraternelle et réconfortante, peut-être pour se donner du courage, peut-être pour t'inciter à parler. Il ne sait pas trop, puisque ça s'est fait tout seul, et ne cherche pas forcément à le comprendre.

Et puis, il y a ta voix qui lui parvient, enfin. Ta voix au timbre un peu cassé, un peu usé, s'élevant en volute dans le présage d'un secret qui n'appartient qu'à vous. Le fils des astres ignore encore s'il doit se sentir rassuré de t'entendre parler, ou bien appréhender quelque chose qu'il n'ose pas imaginer. Le désir de préserver cet agréable sentiment d'évasion le taraude au moins un peu, et il ne sait pas ce qui l'attend, derrière la barrière de tes lèvres. Il le saura bien assez tôt, de toute manière.

Alors Han Ja se tait, et il inspire. Son cœur pulse étrangement, et il écoute attentivement, ses yeux affrontant ton regard sur un de ces airs assurés qu'il revêt aisément. Il ne veut pas avoir peur, tu sais. Pas avec toi.

Tes explications commencent lentement mais sûrement à prendre forme, et au fur et à mesure que tu lui déballes ton sac – dans tous les sens du terme –, il intègre ce que tu lui dis, relie les incertitudes étoilées de ses songes pour ne former que des constellations dont il est le seul connaisseur. Soudainement plus clairvoyant qu'à l'accoutumée, ses pupilles ne se détachent pas des tiennes, tourbillonnant dans un motif brumeux. Et il te fixe si longuement, si intensément, en espérant si fort que tout s'arrête à la prochaine phrase, qu'il ne se voit pas lui même changer de posture et se redresser un tantinet, ses incisives laissant subitement plus de répit à sa lèvre inférieure. Comme s'il réalisait, lui aussi.

Peut-être qu'il comprend immédiatement, lorsque tu lui délivres ton secret sur le lit, avec cette espèce de sourire crispé que tu oses alors lui adresser.
Peut-être qu'il ne comprend pas exactement, lorsque tu presses un peu plus tes doigts contre les siens, lui qui se contente juste de perdre très brièvement le cours de ses pensées, balayé par une espèce de réalité qui lui brouille les sens.

T'es en train de te justifier, tu remets en place la chronologie, et tu parles de tes expériences : tu lui parles de ça. De ce que t'as si longtemps caché à un ami comme lui, de ce que t'as eu honte, inévitablement, et de ce que tu n'as pas désiré lui confier. Mais Ja n'est déjà plus là, au fond. Ses yeux qui se perdent sur les boîtes de comprimés et sur l'ordonnance que tu lui tends parlent seulement et uniquement pour lui, et il pourrait en oublier le son de ta voix, tant les résonances de son propre esprit lui jouent des farces malveillantes. C'est pas ton ami, Ja. Ça l'a jamais été. Arrête de dire que tu tiens à lui, et arrête de dire que tu lui fais confiance.

Parce que tu lui fais pas confiance, non. Parce que t'as eu l'audace de penser qu'il te jugerait, qu'il se foutrait de toi et qu'il ne t'écouterait pas, alors qu'il est lui-même malade, alors qu'il aurait été le plus à même de compatir. Alors que la place que t'entretiens dans son cœur est si grande, si vaste, qu'il aurait toujours pris le temps de t'aider, de t'aimer malgré tes imperfections, tes insécurités, tes peurs et tes doutes. Parce que quand Ja aime, il aime.

Et quand Ja ne ressent que déception, il se pince le menton.
Mais c'est tout le temps comme ça, et ça recommence une fois de plus. Tu lui attrapes les deux mains, et tu l'empêches d'esquisser ce geste qu'il aurait voulu faire, comme si tu avais peur qu'il s'en aille, qu'il s'envole et qu'il s'évapore, à la manière d'une étoile filante, étoile fuyante.
Il ne veut plus être là, en face de toi. Il veut se dérober, il veut que tu le lâches, que tu ailles voir quelqu'un d'autre, quelqu'un à qui tu n'auras pas peur de dire les choses plus tôt. C'est douloureux, de se dire qu'on ne vous aime pas à part égale, de penser au fait qu'on craint votre jugement et qu'on ne vous fait pas nécessairement confiance, lorsqu'il s'agit d'une amitié chérie et tant ressassée. Oui, c'est vraiment douloureux, Boo In Ok.

Son sourire connu de tous a disparu, et il a le vague sentiment de flotter sur du vide. Ses prunelles jusque-là baissées sur les draps, il les relève dans un bref mouvement vers toi, dès lors que tu lâches enfin ses mains échauffées. Et c'est probablement plus pénible que prévu, cette simple constatation influencée par des relents négatifs, ce vulgaire dénouement de vos mains auparavant liées, juste quand toi tu l'as décidé. Il se sent rejeté, un peu, et il hait ça. Il te déteste, sur le moment, parce qu'il aurait tellement voulu t'aider, te soutenir, te donner l'amour dont tu manquais certainement, pendant ces heures sombres de ta vie, pendant ces moments d'égarement qu'il ne connaît que trop bien. Mais tu lui as pas donné sa chance, et t'as préféré te cacher comme un lâche. Est-ce que tu savais, toi, que Ja abhorre les lâches ?

« C'est pas grave. » Il y a quelque chose, dans ses yeux, qui se voile et s'éteint peu à peu. « Je suppose que c'est comme ça, de toute manière. Hein ? » Il y a quelque chose, dans sa voix, qui semble dégringoler et se briser en petits éclats de lumière. « Rassure-toi, je parle pas de ta bipolarité. Ça, je m'en fous. Ça change strictement rien, pour moi. » Il y a quelque chose, dans sa poitrine, qui n'a tout à coup de cesse de cogner désagréablement, comme un mirage dont il s'enivrait tout juste de trop d'espérance. Les nébuleuses dans lesquelles il s'enveloppait rêveusement disparaissent progressivement, nuages de gaz et de poussière désertant ses orbes, étoiles d'ordinaire si chatoyantes aspirées par le trou noir qu'évoque tes mots. Et il ne peut plus faire semblant, au fond. Il a besoin de te dire ce qui court sur les remparts de son cœur fracassé. Alors le sourire triste qu'il revêtait s'envole loin de ses lèvres, pour faire place à cette froideur inhabituelle, peut-être bien effrayante. Cette froideur à la fragrance de rancœur et d'amertume, qui se déverse de sa bouche lorsqu'il s'éloigne peu à peu de toi. « Tu sais, In Ok. C'est pas en te cachant que les choses s'amélioreront, loin de là. Et c'est plus la peine de me faire croire que j'ai ta confiance, parce que je suis pas un ami, pour toi. Je suis un pote. Et les potes, on finit toujours un peu par s'en moquer, au fond. Pas vrai ? » Il se redresse, établit une distance entre vous. Y a plus rien, à ce moment-là. Y a que la colère, la déception et la peine d'avoir pensé être un véritable meilleur ami, à tes yeux. « Tu veux que je te dise ? J'en ai rien à foutre des jugements, des maladies ou des petites histoires inutiles qui seraient susceptibles de faire peur. Mon frère est immunodéficient, je me tape moi-même un syndrome invivable, et tu pensais vraiment que j'allais t'en vouloir d'être bipolaire ? Que j'allais te fuir, que j'allais me moquer ? T'es un de mes meilleurs amis, je pourrais tout te dire, t'aider même quand ça va pas, te soutenir pour ce que tu voudras. Je pensais qu'on se faisait confiance, qu'on se parlait franchement. Je pensais vraiment. » Il pensait, et il s'est trompé. Mais ne lui en veux pas d'être à bout, tu sais. Ça lui brise juste le cœur, de se faire constamment abandonner par ceux qu'il considère comme ses frères. Ça lui brise le cœur, de pas être là pour toi, de pas t'inspirer quelque chose de sûr et de digne de tes secrets. « J'aurais jamais été repoussé par ta maladie, et tu le sais. Tu me connais. Enfin, je crois. » C'est dit de façon acide, et il y a le goût amer qui s'imprime sur sa langue, remplit le fond de sa bouche. Il a cessé de te regarder, et tout ce qu'il veut, c'est s'éclipser. Parce que ce n'est plus l'étoile, qui parle. C'est l'éclipse. Et de sa voix sombre, étrangement calme, il s'efforce de contenir toutes ses émotions, plus blessé qu'il ne l'aurait alors imaginé. « C'est pour ça que je te souhaite quand même de ne pas en avoir honte, parce que c'est ce que t'es, et puis c'est tout. Personne n'a le droit de te le reprocher. Surtout pas tes amis, In Ok-ah. » Puis il fait volte-face, te laisse la liberté de t'en aller par toi-même. Il ne veut plus parler. Il n'y arrive plus.

Car tu sais Boo, cette nuit, t'étais un peu son étoile rien qu'à lui.
Et tu le rendais heureux, juste avec ton sourire de joker qui débarquait de nulle part.
Un peu comme un fantôme du passé, oui.

oh sometimes the truth, oh hurts more than lies
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Message  Sujet: Re: lost it to trying ☾ (booja)     Lun 11 Sep - 21:47

je suppose que c’est comme ça, de toute manière. Hein ? quelque chose se brise – un morceau de sa conscience, qui éclate à l’instant où il se fait heurter par l’amertume de ta voix, la sécheresse de tes mots et tout ce qu’il lit – ou ne lit plus, en l’occurrence – dans ton regard. rassure-toi, je parle pas de ta bipolarité. Ça, je m’en fous. Ça change strictement rien, pour moi.

Il aurait dû s’en douter, probablement – mais une petite part de lui, naïve, avait imaginé la scène beaucoup plus douce. Il t’avait imaginé toujours enfant, acceptant son problème comme s’il n’en était pas un et passant à autre chose ; avait fantasmé la soirée tout au long de son chemin jusqu’à ta maison et regrette de ne pas avoir imaginé le pire. Ça l’aurait préparé à ta réaction.

Ton sourire disparaît et semble emporter avec lui l’intégralité de l’oxygène de la pièce, laissant les poumons de boo contractés et sa gorge serrée et ses phalanges blanchies et ses yeux secs désespérément secs et hanja y a un « écoute-moi » qui veut sortir mais rien à faire tu le doubles et lui il a l’impression de mourir. tu sais, in ok. C’est pas en te cachant que les choses s’amélioreront, loin de là. Et c’est plus la peine de me faire croire que j’ai ta confiance, parce que je suis pas un ami, pour toi. Je suis un pote. Et les potes, on finit toujours un peu par s’en moquer, au fond. Pas vrai ?

Y a des « non » qu’il hurle dans sa tête qui grattent ses cordes vocales et les déchirent pour qu’elles vibrent sur ses protestations mais il se contente d’émettre une espèce de marmonnement étouffé alors il abandonne il te laisse finir résigné et chacun de tes mots s’enfonce dans sa bouche comme autant de couteaux. Et ça s’intensifie s’acidifie ça devient de plus en plus tranchant et la distance entre vous lui donne l’impression qu’on lui a arraché un morceau de lui tu l’écartèles sans même l’effleurer et il encaisse il endure il baisse les yeux mais certainement pas
les bras.

personne n’a le droit de te le reprocher. Surtout pas tes amis, in ok-ah. et ça a un arrière-goût de fin – la fin de tes reproches de ton discours et quelque part c’est comme si tu voulais aussi la fin de vous mais boo n’est pas ce genre de garçon pas le genre à laisser quelque chose de beau lui filer entre les doigts et même si c’est son âme ce soir qui s’échappe d’entre ses lèvres peu lui importe. c’est bon, t’as fini ? c’est plus sec qu’il l’aurait voulu mais sa voix est rêche trop enrouée pour qu’on y sente le moindre sanglot c’est de la tristesse sèche des blessures frottées par le sel de ton monologue et un sourire fade déchire ses lèvres quand il relève les yeux vers toi qu’il te fixe et qu’il te sent si loin de lui bien plus que tu l’as jamais été et il inspire ok, alors prends le temps de réfléchir cinq minutes, il a l’air énervé mais il a juste mal et regarde-moi parce qu’il veut que tu voies à quel point il est sérieux et il pense tout ce qu’il dit cette fois y aura pas un seul mot de travers, la vérité nue et mise à vif.

je sais, j’ai pas assuré c’est le cas de le dire, voilà où vous en êtes mais comme t’as dit, ton frère a des problèmes toi t’as des problèmes tu crois pas que ça fait déjà beaucoup ? c’est ça le problème vous vous êtes pas compris ; il a eu peur de t’en parler mais pas que. Il voulait pas t’infliger ça, il se disait qu’en ayant l’air normal ça irait mieux, qu’en faisant semblant tu pourrais te concentrer sur toi et le reste – il a voulu t’épargner et voilà comment tu le remercies. t’es mon meilleur ami, pas un de mes mais bien mon meilleur ami il se lève et il te pousse jusqu’au mur d’en face et y a sa main au-dessus plaquée presque furieusement et il s’en fout d’être énervé il s’en fout si ça se voit il veut juste que tu l’écoutes que tu le crois. il est hors de question que j’te laisse partir, surtout pas comme ça. Alors tu te concentres, et tu m’écoutes. une inspiration – son cœur qui bat trop vite – ses dents qui se serrent – sa présence qui te surplombe. t’es peut-être super courageux, t’as peur de rien mais moi c’est pas mon cas. J’ai peur de faire un pas de travers, peur de dire une connerie et d’être pris au sérieux, peur de blesser et le mieux dans l’histoire c’est que c’est en fermant ma gueule que tout ça est arrivé. lèvres tordues dans une grimace amère et il te libère en un soupir las, sans que son regard n’ait l’audace de se détacher de ta petite et adorable personne.

c’est injuste de m’accuser comme ça de l’attaquer de le déchirer de l’ouvrir en deux quatre six et quelques millions ou trillions de plus mais je comprends ta déception il avait dit jeune à maman de ne pas avoir d’attente le concernant – ça lui éviterait d’être déçue de ce qu’il était en train de devenir. Et il se sent dans la même position, étouffé par la peur de décevoir ; voué à cette fatalité qui le rattrape et le percute, le train de tes plaies sentimentales. j’suis désolé, j’aurais pas dû te le cacher mais c’est dur à expliquer et à porter sa voix faiblit se craque s’effondre en même temps que ses épaules j’y arriverai pas sans toi et peut-être que c’est ça la vérité peut-être qu’au fond j’ai besoin de toi il n’avance pas ne pleure pas parle juste mais j’ai eu peur que t’agisses différemment, ils le font tous ils prennent des gants s’attendent à ce qu’il soit fragile qu’il pleure à la moindre remarque question et t’auras beau dire que t’es pas comme les autres, t’es humain ou étoile il hésite se mord la lèvre – même sans faire exprès ça sera pas pareil et il veut pas ça il j’aime comme on est, je t’aime comme t’es toi.

Il s’écrase sur le lit, penaud, et tout le poids dans sa poitrine lui brise les côtes une par une lorsqu’il souffle, dans une dernière plainte, je veux pas perdre ça je veux pas perdre toi.
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Message  Sujet: Re: lost it to trying ☾ (booja)     Mer 25 Oct - 2:34

Et puis c'est la texture amère de la trahison, qui le guette tout entier et force les barrières de ses lèvres, comme un venin joker que tu lui fais durement avaler. Parce que Ja pensait réellement qu'il aurait pu être là pour toi – qu'il aurait pu t'aider à supporter un peu de ce poids contraignant et t'accepter tel que tu es, malgré ce qui te ronge et te donne tant d'insécurités.

Peut-être que tu l'imaginais toujours enfant – que tu envisageais la scène sous d'autres tournures, beaucoup plus douces et utopiques que celles qu'il t'offre présentement. Mais le problème, à cet instant, c'est qu'il est bel et bien resté enfant, Han Ja. Il ne peut pas prendre les choses comme un adulte, ne peut pas se montrer compréhensif envers toi, parce que tu as ce satané don pour saccager son cœur trop juvénile ; pour mettre sens dessus dessous la moindre de ses pensées en étoiles filantes, et le heurter plus que jamais lorsqu'il croyait savoir tout de toi. C'est un désir égoïste, pleinement enfantin et pourtant si sincère, qu'il sait sans nul doute hérité de sa pathologie aux relents de Pays Imaginaire, de Voie Lactée et de jeunesse interminable. Peu connaissent cette facette de lui-même qui ne s'éveille que très rarement, jamais avec n'importe qui, toujours très soudainement. Il comprendrait que tu trouves ça détestable, au fond.  

Car si le Han se veut mature en toutes circonstances, ce soir, c'est toi qui bouleverse les fondations de tous ses efforts acharnés, le faisant réagir tout juste comme il ne voudrait pas. Tout ça, c'est parce qu'il veut être là pour toi, tu sais ? Plus que jamais, il l'a toujours voulu, peut-être bien animé par une espèce d'espérance ingénue. Encore maintenant, il veut répondre présent à ta détresse, et te garantir qu'il ne te rejettera pas. Qu'il continuera de t'aimer quoi qu'il arrive, et de te traiter comme le meilleur de tous ses amis. Mais c'est impossible, pour lui. C'est impossible, et il se laisse submerger par ce flot d'émotions qui l'assaillent, aussi bien blessé par ton long silence que coupable de sa propre injustice. Et sans doute bien qu'il se hait de se comporter ainsi, le petit prince déchu – qu'il se hait de ne pas non plus être là lorsque tu en as le plus besoin, lorsque tu pensais enfin pouvoir compter sur lui. Il se hait, oui ; plus qu'il ne te déteste ici et maintenant, plus qu'il t'adore à en faire flamboyer chaque étoile de la voûte céleste.

Et quelque part dans l'amas de nébuleuses distordues qui tapissent son esprit, il y a cette litanie incessante qui lui hurle qu'il n'est pas ton ami, que tu ne l'as jamais considéré en tant que tel. Qu'il n'est probablement pas digne de ta confiance et de tout ce que tu lui caches possiblement, en plus de lui avoir dissimulé tes maux et tes incertitudes. C'est douloureux, et il se fait du mal à lui-même. Il ne devrait pas, mais c'est plus fort que lui. « c’est bon, t’as fini ? » Surprise ; ta voix qui s'élève plus froidement qu'il ne l'aurait pensé, alors qu'il s'écartait de ton chemin pour s'éclipser dans son coin. Il t'imagine déjà énervé par l'ampleur des événements, te prédit vexé et dégoûté de son attitude, se voyant ployer sous le joug de ta colère débordante et y répondre par fierté, par instinct, par chagrin. Y a pas de mot pour décrire à quel point tu es loin de lui, et à quel point il est loin de toi, évitant aussi bien ton contact d'ordinaire délicieux que ton regard qu'il craint paradoxalement de croiser. Dorénavant, il a besoin de ta présence autant qu'il l'abhorre, mais tout s'obstine à faire en sorte que vous ne vous regardez pas. Ja brûle d'animosité, comme une météorite prête à se morceler en plusieurs morceaux et se fondre dans l'atmosphère. Il te sent à fleur de peau, te pense plus qu'agacé, et cela amplifie son sentiment de frustration, ses incisives malmenant ses propres lippes dans une vaine tentative de calmer ce qui tempête en lui.

Mais y a ton timbre plus sombre qui l'empêche de penser, qui lui intime de relever la tête pour te regarder, pour oser te défier des yeux. Et Ja n'hésite pas, te transperce des flammèches qui tournoient dans ses orbes brumeuses, luttant pour ne pas baisser les bras et abandonner. C'est dur, parce qu'il ne veut pas que tu le regardes comme ça. Il ne l'a jamais voulu, celui dont tu as dérobé les sphères de bonheur qui irisaient si bien ses pupilles, autrefois pleines d'amour et d'enthousiasme à la simple idée de te revoir. Mais tout est de sa faute, et il n'a plus envie d'être là, plus envie de te faire face ; il souhaite disparaître d'ici, parce qu'il t'en veut et qu'il s'en veut.

« Je sais, j’ai pas assuré. » Et tu pars pour te justifier, avec tout tes mots dits sèchement, imprégnés de la pénible saveur d'aigre-doux qui parsème ta langue. Pourtant, dans un endroit reculé de sa poitrine, Ja a mal. Ja a peur de te perdre, Ja a peur d'être un abruti. Ja a peur de grandir, et Ja a peur d'être un enfant écervelé. Il t'écoute, t'affronte de ses prunelles inquisitrices, qui ont l'audace de vaciller un instant lorsque tu lui délivres tes explications. Alors il se mord la lèvre, et compte les battements effrénés de son cœur rougeoyant. T'as pas voulu le freiner avec tes problèmes, et t'as continué de faire semblant dans ton coin, juste pour le bien-être des autres. S'il serait du genre à faire exactement pareil pour ses amis, il n'arrive pas à le concevoir pour toi, parce qu'il t'aime de trop et refuse de te savoir exposé à n'importe quelle forme de mal-être. Il respecte tes choix, mais n'est plus suffisamment clairvoyant pour y songer correctement. « t’es mon meilleur ami, pas un de mes mais bien mon meilleur ami. » Son cœur tressaute dans une valse aussi douloureuse que rédemptrice, sans même s'y être préparé. Parce qu'il est persuadé que tu dis vrai, que t'as jamais été plus sincère que ça, et ça le fait souffrir parce qu'il a juste besoin que tu lui dises ça – il en a tellement besoin que tant de chaleur insufflée en lui fait collision avec l'amertume qui envahit sa cage thoracique, l'incitant à soupirer silencieusement pour reprendre ses esprits. Toi aussi, tu l'es. T'es son meilleur ami, sa meilleure étoile : Altaïr, la plus brillante de la constellation de l'Aigle. Et si sa réaction est démesurée, ce soir, c'est justement pour cette raison-là.

Tu te lèves, en même temps que tu attrapes ton âme qu'il ignore avoir mis à mal. C'est quand il te voit arriver dans sa direction que le Han a soudainement envie de fuir, de se détourner de toi et de ne pas avoir à faire à cette étape désagréable ; mais il n'en est rien, le plus petit préférant garder son courage et continuer de te sonder du regard. Alors, il y a cette distance si lancinante entre vous qui meurt, lorsque tu le prends au piège contre le mur et le met face à ses propres responsabilités.
Et il ne veut pas te craindre, refuse de faillir, fronçant les sourcils à tes paroles pleines d'autorité et d'acidité mordante.
Machinalement, il s'exécute : se concentre, et t'écoute, dans une hargne presque docile. Sa rancœur ne s'est pas envolée, car elle demeure encore au bord de ses lèvres, mais ton ombre qui surplombe la sienne le pousse à lever les yeux, et à se taire afin de te laisser remettre en place les fragments brisés de cette soirée rehaussée d'étoiles livides. « t’es peut-être super courageux, t’as peur de rien mais moi c’est pas mon cas. J’ai peur de faire un pas de travers, peur de dire une connerie et d’être pris au sérieux, peur de blesser et le mieux dans l’histoire c’est que c’est en fermant ma gueule que tout ça est arrivé. » Là, c'est comme si tu venais de décadenasser ses lèvres pour en extirper un flot muet de paroles, de protestations et de plaintes inaudibles. Et son palpitant ne cesse de virevolter. Et s'il a bien peur d'une chose, c'est de te perdre. Et quand il t'entend dire tout ça, y a ce mélange de colère et de regret qui ne forme plus que la galaxie béante dans laquelle il plonge. « Arrête. Je suis pas.. Je... » Il en perd les mots, regrette subitement d'avoir été le pire de tous les amis, autant qu'il se complaît dans cette illusion d'avoir été trahi, oublié, et peu estimé par toi en personne. Inconsciemment, ses paumes viennent s'échouer contre toi pour t'empêcher de te rapprocher davantage – également pour te repousser quand tu le libères de ton emprise, presque à contrecœur. C'est dans tes bras qu'il s'imagine déjà, quand il te voit si loin de lui, mais le prince reste inéluctablement rattaché à son ciel de jais, destiné à veiller sur le monde de son éternel trône de solitude.

« c’est injuste de m’accuser comme ça. » Il sait, il sait ; il veut revoir tes sourires de clown joyeux, t'entendre rire pour purger ta peine de tous les autres jours et t'admirer fumer une énième clope, parce qu'il sait que tu aimes ça, parce qu'il t'a toujours accepté ainsi. Mais ses accusations sont encore fraîches, et il souffre indéniablement : quatrième secret qu'il ignorait, quatrième fois qu'on lui dit que tout ira bien, mais que tout va mal.

Pardon, qui veut se faufiler de sous ses lèvres, lorsqu'il arrive peu à peu à discerner ton désarroi – mais rien.
Pardon, qui suinte de tous ses pores, lorsqu'il réalise n'être qu'un égoïste doublé d'un gamin stupide, trop habitué à vouloir le bien des autres, trop ensoleillé pour être aussi ombrageux, ce soir.
Mais rien.

Et il s'approche timidement de toi, d'un pas aussi faible qu'hésitant, quand sa fièvre redescend un tantinet et que les constellations se disputant ses songes ont cessé de s'éparpiller n'importe où. Jaspes sur ses pommettes d'avoir été aussi virulent, c'est une profonde tristesse qui émane de lui à mesure qu'il s'avance à pas lents, le gouffre creusé dans sa poitrine le plongeant dans une nuit splendide. Car tu ne t'arrêtes pas là. Bien au contraire. « j’suis désolé, j’aurais pas dû te le cacher, » Oui, tu n'aurais pas dû, « c’est dur à expliquer, à porter », et c'est pour ça qu'il ose un pas vers toi, Han Ja ; qu'il met de côté ses sentiments les plus fracassants pour ravaler son courroux étoilé, observer tes épaules qui s'affaissent et ne pas s'en formaliser, goûtant aux répercussions de ses actes dans un silence qui déchire son visage si doux. « j’y arriverai pas sans toi, » – Pardon, pardon, pardon, supplie la petite voix en écho, dans le néant chaotique de ses pensées, « j’ai besoin de toi », – Moi aussi, pardon, fais-moi confiance, réclame le Han par-delà les confins de ses yeux immenses, scindés entre le ressentiment et le simple désir d'être à tes côtés. « mais j’ai eu peur que t’agisses différemment, ils le font tous. » Le garçon-astre déglutit, rive ses prunelles jusque-là enfoncées dans les tiennes au sol ; il comprend, il sait ce que c'est, car il connaît ce sentiment d'être jugé du jour au lendemain, sans même que vous n'ayez rien demandé. S'il te déteste de ne lui avoir rien dit, il t'aime pour tout ce qu'il reste de toi, pour tout ce que tu es et fais, et ne changera jamais sa façon de te regarder ou de t'apprécier. « Je veux pas agir différemment.. T'es toujours toi, à mes yeux. T'es toujours... Boo In Ok. Ça change rien. Ça changera jamais rien, pour moi. » Et ça, c'est certainement pas des mensonges, encore moins des belles paroles pour enjoliver n'importe quelle scène de drama – c'est le fond de sa pensée, tout ce qu'il y a de plus naturel. Petit Ja et grand Han persuadé qu'il ne pensera pas un seul instant à ta bipolarité, lorsqu'il retrouvera le plaisir si spontané d'être en ta compagnie. « t’auras beau dire que t’es pas comme les autres, t’es humain » – enfant, « même sans faire exprès... j’aime comme on est, je t’aime comme t’es toi. ».

Et là, c'est la goutte de trop ; celle qui l'entraîne à poursuivre son chemin, à faire un pas de plus vers toi et à réprimer une sorte de rictus empreint de douleur et de remords, comme s'il contenait tout ce qui ne désirait plus que déborder follement hors de lui, désormais. Je t'aime comme ça aussi, je t'ai toujours aimé comme ça. Je te jure, je te le promets, sont les mots qu'il souhaite susurrer, scander, crier, mais qui ne font plus que se mêler sur ses lèvres rougies, ses traits déformés dans une espèce de petite moue larmoyante. Mais il ne pleure pas, Han Ja. Il ne pleurera pas devant toi. Il se l'interdit avec tous ses proches.  

Alors, c'est sur ton dernier murmure qu'il décide de fermer les yeux, ses petits poings se serrant avec force, une chaleur traîtresse se répandant dans ses veines. Son instinct ne fait plus que le guider, et c'est avec une impatience drapée d'un léger voile de pudeur qu'il se traîne sur tes genoux, plante ses orbes dans les tiennes et laisse ses mains remonter le long de tes épaules, comme pour te capturer dans une étreinte muette. Et c'est ce qu'il fait, te serrant tout contre lui et te clamant juste à lui, sans même chercher à te prévenir – le plus chétif s'abreuvant de ta chaleur et de ta présence, tandis qu'il chuchote tout bas ce qu'il ne sait dire tout haut. Han Ja ne veut plus partir. Il regrette, il regrette et il a mal, mais il se sent bien ici, dans tes bras : là où il peut échapper quelques instants à la réalité, et se dire que tout est tranquille et rassurant, une fois près de toi.

Il doit te parler. Il en a envie, même s'il ne sait pas quoi te dire, ni par où commencer. La sensation de ne pas s'exprimer comme il le voudrait le prend de court, mais ça ne l'arrête pas pour autant, l'entraînant à déballer la première chose à laquelle il pense. « Pardon. » C'est maladroit, mais si sincère, tu sais ; pardonne-lui, s'il te plaît. Il saura le faire également, pour ce qui est de toi. « Pardon. Pardon, In Ok. » Il t'implore, sans doute ; qui sait. Avec affection, Ja plonge dans cet étau plein de douceur qu'il a initié, ses doigts glissant sur ton torse pour t'étendre le long de son lit. En toute quiétude, le Han s'assoit ainsi sur toi et te domine de son regard tendrement frangé, sa bouche toujours mordillée par ses canines anxieuses. « Je suis le roi des abrutis, non ? Je suis vraiment un sale con. Tu peux le dire. » Le sourire amer qui décore ses lèvres traduit sa peine, rehaussant les restes de fureur qui flambent près de son cœur. S'en vouloir de ce qu'il a fait, c'est ça, qu'il essaie de te faire comprendre. Mais tes mots résonnent de nouveau partout en lui, et il ne peut s'empêcher de chercher ton regard, plus sérieux que jamais. « Moi aussi, j'ai besoin de toi. » Lui aussi, il a besoin de toi. « Je me sens inutile, parce que j'ai rien pu faire pour toi, pendant tout ce temps-là. Et puis, j'ai vraiment cru que.. Que j'étais pas digne de ta confiance, peut-être. J'ai pas réfléchi... » Explique-t-il calmement, les accusations ayant d'ores et déjà disparues. Sa voix a elle aussi baissé de volume, apprêtée de son habituel timbre suave et cassé, comme une messe basse qu'il souhaiterait partager avec toi. « Tu me perdras pas. Jamais. J'ai toujours été là, et je continuerai de l'être, Boo. Rien ne pourra changer ça, surtout pas la bipolarité. Et ça, je veux que tu le saches. » Yeux dans les yeux, il te dit tout ; se penche plus près de toi pour te serrer une fois de plus dans ses bras, redécouvrant ton odeur qu'il a failli oublier durant sa détresse. Fragrance d'un drogué dont il s'enivre terriblement, qui lui plaît encore et encore, comme les prémices d'une irrémédiable addiction. « Je suis là. Pardon. Je t'aime comme tu es, moi aussi. Pardon. Pardon.. Je suis là... » Pour toujours, tu sais.
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@Han Soo Yun a écrit:
J'savais qu'on allait la sortir et j'aurais du parier sur toi, le roi des vannes pourries.

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Message  Sujet: Re: lost it to trying ☾ (booja)     Ven 27 Oct - 22:58

C’est comme être enfermé dans un orage, coincé entre deux éclairs et incapable d’ignorer le tonnerre – l’orage c’est la situation, les éclairs c’est vos douleurs et le tonnerre, le tonnerre c’est vos mots. Il se sent éperdument stupide, illégitimement énervé et il regrette déjà chaque syllabe qu’il a prononcé. Mais inok a mal, juste assez pour que ses cordes vocales dépassent sa pensée, pour que les quelques sons étranglés qui s’échappent de sa gorge soient pleins du venin amer de sa déception.

C’est comme une espèce de danse macabre, dans laquelle chacun essaye tant d’alléger le fardeau de l’autre qu’il ne fait qu’en générer de nouveaux ; lui s’est caché pour t’épargner et t’a probablement écrasé avec tous les malentendus du monde, s’est fait mal comprendre en tentant, désespéré, d’étaler la vérité. Rideaux d’honnêteté tirés, arrachés à coups de inok-ah et de sourires rancuniers ; les griffures verbales s’étendent le long de ses côtes, s’impriment dans ses os et appuient, lentes et méticuleuses, sur ses épaules.

Le naïf n’imaginait pas cette tournure, à mille lieux de se douter que tu le prendrais si mal – n’a pas réfléchi, n’a pas réussi à se mettre à ta place. Et maintenant que tu l’abats de ta propre douleur, le fantôme imagine les rôles inversés, cherche à savoir comment il se sentirait, si tu lui avais caché tes troubles et si tu lui avais menti. La sensation froide et sinueuse d’être indigne se fait serpent et s’enroule autour de sa colonne vertébrale et ses lèvres tremblent d’un sanglot silencieux, fièrement ravalé. Il ne pleurera pas, pas ce soir, pas devant toi. La cage thoracique déjà ouverte en offrande pour ton pardon, il a l’impression de s’arracher la peau à l’aide d’une poignée d’ongles émoussés au fur et à mesure qu’il parle, ses yeux détaillant douloureusement ton expression faciale.

Il regrette tout en parlant, jeté dans la gueule du loup le garçon perdu mord tout ce qu’il trouve, s’accroche à la moindre parcelle de vérité pour te l’offrir et il recule lorsque tes poings s’abattent faiblement sur sa poitrine. Se sent rejeté et l’accepte en étouffant une plainte sourde – la pression de tes paumes brûlent jusqu’à son âme et il est déjà loin dans le futur boo, l’imaginant sans ta petite personne à ses côtés. Une vision qui l’envahit, une peur panique qui fait fuir l’air de ses poumons ; il les remplit d’appréhension pour combler l’absence d’oxygène.

Retient son souffle, à l’instant où il perçoit le bruit feutré de tes pas, aussi discrets qu’inquiétants. Il cauchemarde tes prochaines paroles, se demande si ses jambes le porteront jusqu’à la porte si tu lui intimes de partir et, au final, il connaît déjà la réponse ; ses protestations deviennent suppliques, il n’ose te regarder en atteignant la fin de son discours improvisé et sa maladresse vocale fait craquer sa voix de frustration. je veux pas agir différemment.. tu le feras. t’es toujours toi, à mes yeux. T’es toujours… boo in ok. Ça change rien. Ça changera jamais rien, pour moi. ses oppositions s’évanouissent dans sa gorge, ça suinte d’honnêteté toute nue et c’est peut-être l’espoir qui prend le dessus il termine presque précipitamment – il sent son timbre baisser d’une octave, déglutit avec difficulté en te constatant beaucoup plus près que prévu.

Les yeux rivés sur toi, la peur qui suinte par tous ses pores et il s’attend presque à ce que tu le frappes, que tu le traites de menteur le jour-même où il se décide à ne plus dire que la vérité. Impuissant, il réussit à peine à prendre une profonde inspiration avant que tu ne grimpes sur ses genoux et fasse repartir son cœur au quart de tour – c’est à cet instant qu’il réalise qu’il retenait tout, dans l’attente de ta prochaine action. Mécanique, il laisse ses mains reprendre leur place préférée – sur tes hanches – et t’attire plus près encore, la gorge si serrée qu’il craindrait de perdre à tout jamais la parole, si tu n’avais pas déjà happé toute son attention.

C’est comme une accalmie silencieuse, l’étreinte se fait baume et il fond dedans tête la première, au risque de se faire bafouer ; son nez plonge dans tes cheveux et il s’imprègne, épris d’un désespoir qu’il n’avait même pas remarqué, de ton odeur, de la sensation de ton petit corps sur le sien. Il s’empêche de serrer plus fort encore, terrifié à l’idée que tu ne changes d’avis et décides de t’écarter s’il va trop vite. Et boo a peur, il a peur de te perdre, peur que tu ne veuilles plus de lui, peur de t’avoir blessé, peur d’avoir perdu ta confiance – plus que tout, il est terrifié par cette peur omniprésente, prenant petit à petit conscience de l’ampleur de sa dépendance.

pardon et ça le sort de ses pensées inquiétantes, ça le tire hors de sa tête et il ravale difficilement sa salive, sans rien dire. pardon. Pardon, in ok. son prénom sonne si tendre dans ta bouche, cette fois, qu’il se sent plus mis à nu que jamais, tant et si bien qu’il manque de te demander de le redire. il pourrait parler – te faire taire et t’interdire de t’excuser une nouvelle fois. Mais il ne dit rien, trop occupé à imprimer ta présence dans son esprit, à remémoriser ton parfum et à t’ancrer au creux de ses os. Il t’écoute, te laisse maîtriser l’intégralité de la situation et le lit accueille son dos dans une légère plainte, couinant sous votre poids. Boo, quant à lui, n’a pu se retenir de raffermir légèrement sa prise, peu désireux de s’écarter de ne serait-ce qu’un centimètre. je suis le roi des abrutis, non ? je suis vraiment un sale con. Tu peux le dire. subjugué par ton être au-dessus du sien, il se contente de te dévorer des yeux et d’attendre, encore. Incapable de prononcer le moindre mot. moi aussi, j’ai besoin de toi. pas autant ; lui a besoin de toi comme il a besoin de tout ce qu’on lui prescrit, dès qu’il se pointe à l’hôpital. Tant besoin de toi qu’il serait prêt à se passer de tout le reste, peut-être – il ne dit rien. je me sens inutile, parce que j’ai rien pu faire pour toi, pendant tout ce temps-là. Et puis, j’ai vraiment cru que… que j’étais pas digne de ta confiance, peut-être. J’ai pas réfléchi…

Lui aussi cesse de réfléchir, lorsqu’il attrape ton visage entre ses mains trop larges, qu’il guide ton regard vers le sien et t’adresse un sourire presque timide, si maladroit qu’il semble venir d’une autre personne – le genre de sourires qu’on imagine pas boo faire. Il caresse tes joues du bout de ses pouces, laisse ses doigts jouer avec tes cheveux comme si c’était la dernière – ou la première – fois. han ja… il a beau chercher, il n’arrive pas à trouver les bons mots, craint le moindre pas de travers. S’humecte nerveusement les lèvres. tu me perdras pas. Jamais. J’ai toujours été là, et je continuerai de l’être, boo. Rien ne pourra changer ça, surtout pas la bipolarité. Et ça, je veux que tu le saches. ah, lui qui s’était promis de ne pas pleurer ; quelques inspirations anarchiques, forcenées, pour rester calme. Il te serre contre lui à la manière d’un enfant sortant d’un cauchemar – un rêve où tu aurais disparu, où tu l’aurais abandonné. je suis là. Pardon. Je t’aime comme tu es, moi aussi. pardon. Pardon.. je suis là… un maigre rictus décore son visage et il caresse tes cheveux en essayant tant bien que mal d’organiser aussi bien ses pensées que son système respiratoire. C’est son tour de parler, et il sent une pression désagréable s’écraser sur sa poitrine.

arrête de t’excuser. plus une supplique qu’un ordre, sa voix chargée de toutes les larmes qu’il refuse de laisser couler. Il fixe le plafond sans cesser de jouer avec ta tignasse, sa cage thoracique s’élevant et s’abaissant le plus doucement possible. depuis que je t’ai rencontré… il commence, ferme les yeux, les rouvre. Ferme les poings, les rouvre. Ferme la bouche, la rouvre. t’as été plus là que n’importe qui, dans ma vie. ça vient de plus en plus facilement, jusqu’à ce qu’il ne soit même plus capable de faire le tri dans le flot de ses paroles. parce qu’avec toi, j’ai toujours eu l’impression que je pouvais être normal. Que je l’étais, en fait. C’est aussi pour ça que j’ai rien dit… j’avais besoin de me sentir normal. tout est soufflé, chuchoté, murmuré au creux de ton oreille comme le plus grand des secrets. et puis… tu dis que ça changera rien, mais t’aurais pu dire ça, quand ça faisait pas aussi longtemps qu’on se connaissait ? une espèce de rire essaye de se former dans sa poitrine, meurt au fond de sa gorge et agite silencieusement ses épaules. han ja.

Il essaye d’attirer ton attention, d’agripper ton regard – lèche encore ses lèvres dans un réflexe nerveux. est-ce qu’on peut se faire une promesse ? hésitant, il tend son petit doigt en une habitude puérile, non sans qu’un de ses éternels sourires ne vienne effleurer ses lèvres. on se promet de plus partir sans raison ni sans prévenir, d’accord ? si lui s’est déjà juré de ne plus s’évanouir dans la nature, il crève littéralement d’envie que tu le lui promettes aussi. que tu lui dises que tu seras là pour toujours, que tu le laisseras pas tout seul. Parce que s’il a bien compris une chose ce soir, c’est qu’il veut pas imaginer continuer sans toi, qu’il s’en voit si peu capable qu’il en est littéralement apeuré. et je te cacherai plus… ce genre de choses. peut-être pas encore prêt pour chuchoter tous ses secrets, pour te confier tout ce qui chamboule son palpitant trop facilement écorché ; probablement parce que t’en es la première cause, que t’es la personne qui le maltraite et l’apaise le plus en même temps, sans même le vouloir, en quelques étreintes douloureusement tendres. Ses bras s’enroulent de nouveau autour de toi et il soupire, comme délivré du poids de votre discussion – refusera à tout jamais de l’appeler dispute. Et ses lèvres se pressent gentiment contre ton crâne, il te soulève l’espace d’un instant pour te replacer contre lui sans trop engourdir ses membres. on peut.. rester comme ça, un peu ? juste un peu. juste le temps qu’il se détende, et peut-être un peu plus longtemps encore.
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Message  Sujet: Re: lost it to trying ☾ (booja)     Mar 31 Oct - 5:56

Contre toute attente, sans même qu'aucun de vous ne puisse en caresser l'idée, c'est une salve de douceur qui s'empare de tout son être, lorsque ses émotions redescendent et que Ja ressent peu à peu la peur enrober son cœur. Car il lui arrive aussi d'appréhender les revers d'une telle ampleur, tu sais. S'il te semble courageux en toute circonstance, s'il cache la plupart de ses plaies et de ses peines à l'aide de sourires-comète, Ja reste une étoile trop brûlante pour ce cosmos, refroidissant quand il n'aperçoit pas ses consœurs, flambant de plus belle quand la joie le consume doucereusement – comme très souvent, comme il s'ouvre à la vie et en apprécie chacun des aspects. Mais parfois, Ja a mal. Parfois, Ja se re-penche consciencieusement sur ses erreurs du passé, pour ne pas les reproduire, pour mûrir, pour être responsable et vaincre ses propres maux aussi féeriques qu'insupportables. La fatalité de vouloir rester un enfant, oui – le paradoxe de son esprit scindé en deux : souhaiter triompher d'une maladie dans laquelle il se complaît inexorablement, parce que c'est ainsi et que c'est gravé à même son cœur. 

Et ce soir, Han Ja a tout juste la lucidité nécessaire pour se sentir terriblement coupable envers toi, notamment pour ce qu'il a pu te faire endurer. Non seulement tu as eu le courage de tout lui révéler, mais tu n'as pas non plus reculé, lorsqu'il s'agissait de lui démontrer qu'il avait tort, qu'il se fourvoyait et qu'il s'enfonçait dans cette illusion de n'être personne, à tes yeux. Et en cette nuit drapée d'étoiles rédemptrices, c'est tous les efforts du monde, que tu lui as offert, alors même qu'il ne les méritait probablement pas ; les preuves les plus tangibles et indestructibles de ton amour, que le Han ne peut et ne pourra tout bonnement jamais ignorer. 

Il s'est trompé sur beaucoup de points, certes – mais qu'est-ce qu'il peut être terrifié de te perdre, au fond. Tu la vois, cette peur grandissante et inéluctable qui prend d'assaut les entrailles et l'estomac ? Cette peur qui fleurit comme le fruit le plus toxique qui soit, sans jamais te laisser la moindre possibilité de souffler ? Oui, tu la connais. Sans doute beaucoup plus que lui, au final, toi et ton passé chargé de sombres anecdotes. C'est pourtant celle-là qui le taraude, lorsqu'il ose s'imaginer un avenir sans toi et capturer votre amitié sous un angle artificiel ; lorsqu'il a l'audace de songer à sa main sans la tienne pour le guider, et à tes rictus si particuliers (mais si uniques) s'éloignant subitement de lui, s'éloignant trop loin de lui. En réalité, le petit prince voudrait que tu ne t'en ailles jamais. Que même le plus lourd de tous les secrets ne vous sépare pas, peu importe s'il reste caché dans les tréfonds de votre essence ou non. 
Car ce ne sont pas tes secrets, qu'il veut. 
C'est toi et seulement toi. Tout de toi, ou absolument rien.

Alors il reprend cette place qu'il ne fait plus que désirer, pas assez proche de toi à son goût – s'enivre de cette chaleur rassurante qui semble dissiper toutes ses incertitudes, fondant sur toi dans un éclat à demi-étouffé. C'est toute sa frustration, sa tristesse et sa culpabilité qui débordent au bord de ses lèvres, lorsqu'il enfouit son visage au creux de ton cou et s'y perd en grand, ta fragrance piquante et si distinctive lui parvenant aisément. Il pourrait se soûler à ton odeur, s'en éclater les sens pour se dire que tu es bien là, qu'il te retrouve réellement, cette fois, et que son meilleur ami n'a pas disparu. Que son fantôme est près de lui, embaumant son esprit dans un océan de sérénité, rien que de part sa simple présence. Parce qu'il t'aime. Il t'aime trop fort, et ça lui fait autant de bien que de mal, là, entre deux soupirs échoués contre ta nuque chaude.
Et quelque part, Han Ja est persuadé que c'est ça, une âme-sœur. Quelqu'un capable d'un rien pour coordonner vos âmes, et pour vous faire passer d'un extrême à un autre, s'il est question d'amour et de sincérité. 

De sa voix cassée, au timbre clair et pourtant vacillante sur de rares notes, il te demande pardon, t'adresse ses excuses tout droit sorties de la cage confinée de sa poitrine. Il s'en veut vraiment d'avoir été le pire des idiots, ce soir. C'est là qu'il prend conscience qu'il a fauté, qu'il a agi comme il déteste le faire ; et il sent son cœur se serrer, en redécouvrant ton toucher aussi suave que spontané. Le plus vieux en vient même à re-prononcer ton prénom sans même s'en rendre compte, prénom qu'il module tendrement entre ses lèvres malmenées, à la manière d'une petite mélopée que vous seuls auriez le privilège de connaître. Tes mains glissent naturellement sur ses hanches, comme un geste naturel, comme si leur place demeurerait toujours ici – et ça a le don de le conforter dans l'idée que tu ne lui en veux pas, l'incitant à se blottir davantage contre toi, et à t'emprisonner dans son étreinte pleine d'amour et de soulagement. 

C'est silencieux, et peut-être bien touchant, aussi. C'est constellé d'astres qui ne font plus que briller pour vous, déferlant d'une mer de nuées pour vous porter, jaillissant de lumière pour chasser vos mines sombres. Et le Han se plaît à ponctuer ce fameux silence par tout ce qu'il a envie de te dire, par ce qui lui passe par la tête, par ce qu'il pense réellement. C'est effrayant à quel point il s'en rend compte, mais il a tant besoin de toi. En passant de tes mots qu'il a l'impression d'être le seul à pouvoir entendre, à vos différences et vos similarités qu'il affectionne de part égale, jusqu'à ta personne toute entière qui lui arrache des sourires de bonheur brûlant... Même s'il connaît beaucoup de personnes, même s'il en chérit un nombre incontestable, toi, tu es à part. Toi, tu es encore plus spécial, pour lui.

Ja te devine coupé du monde, déconnecté de la réalité, plus muet que jamais – et c'est ainsi qu'il prend l'initiative de t'allonger en douceur sur ses draps parsemés d'étoiles, d'une paume aussi tendre que hâtive. Avec bienveillance, il observe si tu te sens bien, guettant chacune de tes réactions, avant de se replacer correctement sur toi et de te surplomber d'une douceur débordante. Progressivement, il sent ta poigne affirmer la prise qu'elle exerce sur lui et, docile, il se contente de se pencher un tantinet vers toi, le miroir stellaire de ses orbes plongeant dans les billes fantomatiques que tu revêts si bien. Tu le dévores du regard, et il y répond avec la même intensité, tous ses mots se déversant de sa bouche pour venir couler dans la tienne.  Sans jamais détacher ses yeux des tiens, le Han articule la moindre de ses paroles, s'accuse d'un titre qui semble bien lui seoir, à cet instant. Le roi des abrutis, et un sale con, en plus de ça. Ça ne l'étonnerait pas que tu aies pu penser ça, et autant dire qu'il ne t'en voudrait pas.

Il n'a pas réfléchi, n'a pas pensé aux dégâts que ça ferait, d'avoir été tant virulent. C'est ce qu'il essaye de te dire, ce qu'il tente désespérément de t'expliquer, mais tu ne lui en laisses pas plus l'occasion que ça – non, parce qu'à la place, c'est la fièvre de tes paumes qui vient s'échouer sur ses joues rebondies, entraînant un frisson de tressaillement le long de sa colonne et enveloppant son visage de cent nuages pourpres. Han Ja te regarde, te dévisage naïvement, et il te comprend sans que tu aies à parler, mais la surprise tend à l'envahir un instant. Ce sourire que tu lui adresses, esquisse timide dont il a l'impression de s'abreuver plus que tout, comme s'il risquait de perdre cette vision à tout instant... C'est poignant, sur toi. C'est rare, mais précieux, et il voudrait avoir l'occasion de le voir plus souvent, ce si joli sourire. Le sentiment qui l'imprègne en te voyant est implacable, et le persuade que tu es beau, ainsi.

Avec ravissement, le plus chétif cherche la chaleur de tes mains contre ses pommettes, l'obscurité s'abattant sur son monde lorsque ses paupières décident de se clore d'elles-mêmes. Il ne s'arrête pourtant pas là, continuant de t'adresser ses promesses sur un timbre douloureux, qui lui estropie ouvertement le cœur de trop de sincérité. Tes mains câlines dans ses cheveux, délicieuse sensation d'être aimé et de t'aimer, et son nom tout entier murmuré dans ce silence qui s'installe de temps à autre. C'est peut-être ça, qui le fait se sentir si bien et qui l'encourage à parler, à te garantir qu'il ne te quittera jamais. Il ne veut pas que tu aies peur, toi non plus. Il ne faut pas que tu aies peur.

Bientôt, il finit par s'étendre de tout son long sur toi, son corps balayant la moindre proximité avec le tien. Animés d'une profonde affection, ses petits bras cherchent à agripper ta nuque, et à faire en sorte de te rapprocher de son être le plus possible. Le rejeton des cieux savoure ton parfum, te murmure une vérité nullement défectueuse, le cœur encore en vrille sous la déferlante de confessions qu'il vient de t'adresser. Il ne t'oblige pas à prendre la parole, mais entendre ta voix au moins une fois le rassurerait. Juste ça.

Et il peut l'entendre, ta voix ; ta voix aussi chaude que gorgée de larmes, et qui donne à Han Ja l'envie d'effacer toute amertume de tes songes ou de tes yeux sombres, abîmes de jais dans lesquels il se noie, même une fois collé contre toi. « arrête de t’excuser. » ça ne sonne pas comme un ordre, mais le Han comprend ce que tu veux dire – il a juste besoin de te dire à quel point sa réaction était inappropriée, lui qui s'était toujours promis de te faire sourire. Les disputes entre amis arrivent, bien évidemment. Et il faut toujours un premier pas vers l'autre. « Pardon. » Réplique-t-il cette fois-ci d'un ton joueur, presque sous-jacent, avec ce début de sourire qui relève maladroitement ses commissures. Et puis il t'écoute, attentivement, comme s'il admirait le ciel au bout de tes lèvres et que tes yeux demeuraient la citerne où boivent ses ennuis. 

« depuis que je t’ai rencontré… » Il a l'impression que tu vas raconter une histoire, et ça suffit amplement à calmer les pulsations trop effrénées de sa cage thoracique. Parce qu'il aime ta voix, et qu'il aime quand tu lui parles. Se pressant mieux contre toi, il raffermit sa prise langoureuse sur ta nuque, tendant l'oreille à tes mots mûrement réfléchis. « t’as été plus là que n’importe qui, dans ma vie. » Ça le fait sourire, plus que tout ; et y a peut-être les morceaux de la lune qui viennent s'incruster par-delà ses paupières, suffisant pour illuminer son faciès de poussière lunaire et pour le combler d'une satisfaction enivrante, d'un brin attendri. « parce qu’avec toi, j’ai toujours eu l’impression que je pouvais être normal. Que je l’étais, en fait. C’est aussi pour ça que j’ai rien dit… j’avais besoin de me sentir normal. » « Boo ya... » Souffle-t-il en te serrant davantage contre lui, t'accaparant tout à lui. Il comprend ce que tu veux dire, dorénavant. Et ça lui fait plaisir, d'être une réelle personne de confiance pour toi, d'être susceptible de t’aider en te faisant te sentir normal. Il veut ton bien-être, rien d'autre. « et puis… tu dis que ça changera rien, mais t’aurais pu dire ça, quand ça faisait pas aussi longtemps qu’on se connaissait ? » Cette fois, c'est un rictus empreint de tendresse qui borde ses traits, en même temps qu'il se hisse mieux vers toi pour glisser sa main sur ta joue. Ce qu'il s'apprête à dire est le fond-même de sa pensée. À bien y penser, il s'imagine sans grand mal ce genre de situation. « Oui. J'aurais pu dire ça, Boo-ya. J'aurais pu, parce que ça fait partie de toi. Ça m'aurait pas empêché de t'apprécier. » Et il s'applique à te chuchoter ces mots de son timbre le plus secret, ses doigts dévalant la surface de ta joue pour se perdre aux confins de ton menton. 

Mais son nom résonne encore, ses yeux retrouvant instinctivement les tiens ; eux qui répondent présents à ta requête imminente, scintillant d'une mince lueur de curiosité. « han ja. » Il frémit et se redresse légèrement, une faible esquisse se profilant aux alentours de sa bouche. « In Ok...  » C'est psalmodié mielleusement, dans la confidence d'un murmure inaudible. Toujours sur ce sourire qui te va si bien, tu lui proposes un marché, un pacte – ou plutôt, une promesse aux allures aussi bien enfantines que très sérieuses. Et ça, Dieu sait que c'est ce qu'il a toujours voulu. Qu'il se passera jamais des promesses avec toi et des certitudes que vous ne vous en irez pas, que vous resterez toujours ensemble, quoi qu'il arrive. Ja ne s'en ira jamais, lui. Il est même prêt à t'en faire la promesse, lui qui en fait si rarement. Et il a tout autant besoin que tu lui assures que tu t'envoleras pas, que tu disparaîtras pas trop longtemps, si tu dois le faire – parce qu'il respecte tes choix et tes envies d'évasion, tes petits breaks bien à toi qu'il ne comprend que trop bien, au fond. Ça lui arrive aussi, de prendre ses moments pour lui, ou encore de rester seul en compagnie des étoiles. On en a tous besoin.

Nouant sur une note d'espièglerie son petit doigt au tien, il te dévisage d'un air bête, un sourire bienheureux flottant sur sa bouche rosée. « C'est une promesse, alors ! Plus de départ injustifié, et toujours prévenir l'autre quand ça arrivera. Tu t'en sens capable ? Moi, oui. » Et si ça a des airs de défis, il n'en est rien, l'éclat paisible qu'il t'alloue soulevant seulement votre accord passé. 

Il se sent déjà trop loin de toi, rien que d'avoir relevé la tête un instant, et le froid qui le ronge lui est infimement pénible. Sans attendre, il glisse de nouveau entre tes bras dont il se surprend à être passablement accro, ses doigts s'entrelaçant spontanément aux tiens pour satisfaire toute soif de contact. « Tu me caches tes plus grands secrets, c'est ça ? T'es un vrai fantôme, Boo-ya ? Boooo, kekeke. » Et il glousse stupidement contre ta poitrine afin d'essayer de détendre l'atmosphère, peu désireux d'être exigeant avec toi. Il comprend que tu aies des secrets, et il ne veut pas que tu les lui révèles tous, si tel est ton souhait. Chacun possède ses propres failles. Lui, ce dont il a besoin, c'est d'être sûr que tu le considères comme il te considère. Désormais plus léger qu'une plume, ses émotions ayant bien vite fait de fondre, il se sent comme une flaque inerte à même ton torse, riant d'un air abruti en réalisant que ses muscles le quittent peu à peu. Pourtant, il se délecte sans grand mal du baiser fraternel que tu lui offres, fermant les yeux sous cette décharge salvatrice de bien-être. Ses yeux papillonnent ensuite à ta question, la peau de ses joues s'échauffant sans raison, et il fait l'effort de venir chercher ton regard dilaté, ses doigts délicats toujours entremêlés aux tiens. « Bien sûr. Toujours. Je me sens.. bien, ici. Reste avec moi, s'il te plaît... » Il hésite un peu et bute sur sa phrase, tout juste comme toi, se pinçant la lèvre lorsqu'il parvient à capturer tes pupilles perçantes. Aussitôt, il ne peut lutter contre la tentation irrésistible qui l'appelle, son instinct le poussant à plaquer un baiser aussi furtif que sucré sur ta joue, électrisé par le sentiment de t'avoir pris par surprise. « Celui-là était à moi ! » Le gamin stellaire s'esclaffe joyeusement, retournant étancher sa soif de toi en te serrant dans ses bras aimants. « Tiens.. Parle-moi de toi, Boo-ya. Qu'est-ce que t'as pu faire, pendant tes quelques jours loin de tout ? Je veux savoir si tu t'es amusé. » Il est curieux, le Han – encore plus quand ça en vient à toi, car il aime t'entendre déblatérer tout et n'importe quoi, et ré-écouter les choses qu'il sait déjà sur toi. « D'ailleurs, il faudra me montrer tes nouveaux dessins ! Ça, c'est vachement important. J'y tiens. » Peut-être pas autant qu'il tient à toi, mais il y tient.
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Message  Sujet: Re: lost it to trying ☾ (booja)     Jeu 2 Nov - 13:57

Ses doigts s’agitent de leur propre volonté, s’enroulant autour de quelques mèches rebelles, les emmêlant encore plus qu’elles n’auraient pu l’être à la base. Il sent son cœur s’enfoncer dans sa poitrine, épris d’un mélange de soulagement pur et d’autre chose de plus profond ; d’impossible à nommer dans son état. Il est trop ému, Boo, pour permettre à ses pensées de le guider vers d’autres eaux troubles – préfère se complaire dans sa réussite de ce soir, délicieusement conscient de ton poids délicat sur son corps maladroitement grand. Parce qu’il a eu peur, peut-être plus que jamais dans sa vie ; peur de te sentir t’échapper de ses étreintes, de le repousser à l’un des moments où il a le plus besoin de ton soutien inconditionnel. Et c’est cet effroi qui le laisse gelé par une espèce de culpabilité étourdissante : celle d’avoir pu douter de toi, non sans qu’une voix sous son crâne, raisonnable, lui souffle qu’il était légitime d’avoir craint telle situation face à ta réaction. Il ne t’en veut pas, pas le moins du monde ; devine qu’il aurait probablement agi de la même manière si les rôles étaient inversés.

Mais son attention est rapidement happée par tes gestes, ses bras se glissent dans ton dos pour le caresser avec toute la tendresse du monde. Il te laisse t’imbriquer complètement contre lui et savoure au moins autant cette proximité beaucoup trop nécessaire pour qu’il n’ose bouger le moindre muscle au premier abord – si ce n’est ses mains, qui dessinent de doux cercles contre ton échine, incapables de rester en place. Chacun s’enivre du parfum de l’autre, de sa présence indispensable et le fantôme t’écoute t’excuser, te justifier sans qu’il n’éprouve une seule once d’animosité à ton égard, occupé à imprimer dans sa mémoire la sensation si agréable de t’avoir dans ses bras. L’une de ses jambes se glisse entre les tiennes, comme pour essayer presque vainement de t’attirer plus près encore ; tentative animée par les lambeaux de ses affolements précédents, s’accrochant encore à ses épaules avec ténacité.

Chaque inspiration l’apaise un peu plus, le rendant paradoxalement plus avide – il a besoin de s’assurer que tu es bien là, et le doux son de tes souffles lui donnent l’impression, en plus de le bercer, que tu uses du même stratagème. Il boit le moindre de tes mots et les sent presque glisser le long de sa gorge ; tu soulages ses peurs et elles s’échappent au fur et à mesure que ses propres phalanges s’agrippent à tes cheveux, frottent tes joues et te sentent, plus que jamais, les nerfs à vifs. Pourtant son souffle fuit aussi, lorsque tu lui rends le regard débordant d’affection qu’il n’avait l’intention de t’adresser qu’en étant sûr que tu ne le remarquerais pas – son palpitant éprouvé repart au quart de tour et il jurerait que, s’il était un vrai fantôme, tu lui aurais rendu la vie avec un seul de ces coups d’œil.

Ses pouces s’attardent gentiment sur la peau douce de tes joues et il pourrait perdre la notion du temps, beaucoup plus attiré par l’idée de redessiner tes traits un par un, du bout des doigts ; ses yeux pourtant pris en otage par ton propre regard, il se délecte de tout ce qu’il peut déceler à l’intérieur. Jamais il ne t’a trouvé aussi beau qu’après avoir été à deux doigts de voir tout ça s’échapper – dieu sait qu’il a été subjugué par ton charme dès le premier jour (et qu’il se le rappelle chaque fois qu’il t’aperçoit, quelques sourires fleurissant instinctivement sur ses lippes) mais ce soir, en cet instant, il se sent tout bonnement mis à nu, incapable de se détacher ne serait-ce qu’une seconde traîtresse. Et s’il n’était pas trop avide de ta proximité, peut-être aurait-il attrapé son carnet pour griffonner quelque vague croquis ; t’idéalisant source d’inspiration inépuisable pour ses coups de crayon hasardeux.

Il met une poignée d’instants avant de réussir à prendre la parole, sentant sa voix tiraillée par le maëlstrom d’émotions qui déferlent en son for intérieur, maltraitant ses cordes vocales déjà abîmées par sa consommation quotidienne de tabac ; et ses phrases sont maladroites, éparpillées avec autant de désordre que les pensées se bousculant sous sa tignasse rosée. Boo n’a jamais été très adroit de ses mots, préférant transvaser l’intégralité de ses ressentis sur une toile vierge – alors il met à profit sa gestuelle, laisse son trop-plein d’amour se déverser dans ses pupilles légèrement dilatées, faire briller ses yeux de poignées d’étoiles balancées avec la hâte d’une affection aussi pressante qu’impatiente. Il laisse son corps s’exprimer à sa place, la pression de ses bras dans ton dos s’accentuant juste assez pour traduire son incapacité à être suffisamment satisfait, sans pour autant te faire mal ; sauf lorsque tu t’excuses encore, taquin, et qu’il pince tes hanches en représailles, l’ombre lumineuse d’un sourire se profilant à l’orée de ses lèvres sèches.

Pourtant il tente aussi de coller des paquets de mots à ses pensées silencieuses, dans l’espoir d’augmenter ses chances d’être compris ; frustré par son manque de talent, il sent ses entrailles se serrer lorsque ta prise s’accentue, en un frisson si agréable qu’il lui coupe le souffle l’espace d’un instant. Oui. J’aurais pu dire ça, Boo-ya. J’aurais pu, parce que ça fait partie de toi. Ça m’aurait pas empêché de t’apprécier. C’est peut-être en cette seconde précise, essoufflé par toute la sincérité qui suinte de tes jolies phrases, qu’il réalise toute l’idiotie de ses silences – sans pour autant laisser le regret s’emparer de son cœur déjà trop épris de son adoration débordante à ton égard, il se mord la lippe inférieure après avoir laissé un léger soupir lui échapper.

Et il décide de voir ses silences sous un autre jour ; s’il t’avait confié ses secrets plus tôt, vous n’auriez pas eu autant besoin de vous savoir près l’un de l’autre et il n’aurait pas eu l’occasion de savourer la fragrance piquante de ton parfum, la sensation apaisante de ton être sur le sien. Il ne se serait pas senti aussi proche de toi qu’en ce soir, plus que jamais – c’est cette ultime pensée qui panse la légère blessure de ses remords, jusqu’à ce que tu le prennes par surprise en répétant son prénom, vos yeux encore irrésistiblement aimantés.

Deux syllabes qui lui donnent l’impression qu’on ouvre sa cage thoracique, comme pour faire de la place ; comme pour te laisser t’y glisser, au risque de compresser son propre cœur contre les parois osseuses de sa poitrine. Il déglutit et le même sourire presque réservé qu’il t’avait offert redécore tendrement son visage, lorsqu’il souffle. Redis-le. L’instinct qui dépasse sa pensée, les mots se bousculent sur ses lèvres et il sent, pour l’une des premières fois de sa vie, une douce chaleur aux nuances d’embarras écarlate fleurir sur ses joues – pris au dépourvu par l’ampleur de ses propres réactions, il ravale encore une fois sa salive dans une tentative de rire, son crâne s’écrasant contre le matelas. Tu réalises que t’es en train de me faire aimer mon prénom ? Il caresse encore tes cheveux quelques instants, alors que l’idée de promesse naît dans les confins de son esprit chamboulé.

Vos doigts se lient et le même rictus stupide tranche son visage, non sans qu’il se moque gaiement de la différence de taille adorable qui sépare vos deux mains. c’est une promesse, alors ! Plus de départ injustifié, et toujours prévenir l’autre quand ça arrivera. Tu t’en sens capable ? Moi, oui. Il hoche la tête, la gorge trop comprimée pour qu’un seul mot ne réussisse à en sortir – ses doigts s’entrelacent gaiement aux tiens et il les serre, toujours dans son infinie tendresse, si ravi par ta spontanéité qu’il ne parvient à effacer le sourire qui malmène ses joues (pas plus que les explosions rougeâtres qui décorent ces dernières, les espérant cachées par l’obscurité). Tu me caches tes plus grands secrets, c’est ça ? T’es un vrai fantôme, Boo-ya ? Boooo, kekeke. Emu au possible, le fantôme susmentionné plonge le nez dans ta chevelure et inspire profondément, avant de ronronner un exactement. J’ai des secrets qui me sont interdits de dévoiler… sinon, je serais obligé de te tuer pour te faire taire, tu comprends ? Je voudrais pas en arriver là.

Et ses lèvres se pressent une première fois contre ta tempe, le plus jeune frémit de bonheur à ton assentiment ; il se sait tout bonnement incapable de te laisser partir pour l’instant, et cette façon que tu as de lui faire perdre tous ses moyens l’enivre autant qu’elle l’effraie. Palpitant mis à mal dans un rythme qu’il devine effréné, il n’en est cependant pas assez honteux pour chercher à s’en cacher – jusqu’au baiser que tu lui infliges, dans une explosion presque insoutenable de douceur. Sa prise sur tes phalanges s’accentue sans qu’il s’en rendre vraiment compte, trop occupé à éclater d’un rire autrement plus attendri que taquin.

Tiens.. Parle-moi de toi, Boo-ya. Qu’est-ce que t’as pu faire, pendant tes quelques jours loin de tout ? Je veux savoir si tu t’es amusé. Sa tête s’agite encore en un acquiescement silencieux, le temps qu’il rassemble ses souvenirs emmêlés et tente de leur trouver un ordre logique – sa main libre reprend ses petits dessins le long de ta colonne vertébrale, avant qu’il ne craque et la laisse se faufiler sous ton haut pour quémander une chaleur qui lui semble nécessaire. Cercles esquissés directement sur ta peau, il respire le plus calmement possible, pour ne pas que les agitations de ses côtes ne perturbent votre quiétude fraîchement acquise. Une nouvelle idée, de son côté, vient redresser les commissures de sa bouche dans une grimace amusée.

Il détache précautionneusement vos doigts entrelacés, tirant d’abord ta main vers lui pour l’embrasser en guise d’excuses ; s’agrippe ensuite à tes hanches pour te faire coulisser légèrement plus près, à la hauteur de son visage. Et il commence à l’affliger de baisers papillons, tout en reprenant la parole. Je suis rentré à busan, d’abord avec hansol parce qu’il voulait revoir mes tantes, chuchote-t-il en embrassant ta joue gauche. Il remonte lentement, vers ta paupière. On est allés dans leur maison de vacances, au bord de la mer… y avait aussi une piscine, du coup une certaine routine s’est installée. Ton front, le bout de ton nez. On est sortis certains soirs, j’ai découché parfois. Un rictus fier l’oblige à faire une infime pause, ses yeux voilés d’affection prenant le temps de détailler une nouvelle fois ton visage avant qu’il n’embrasse ta paupière droite. J’ai ramené hansol, mais j’ai dû y retourner… pour voir mon père. Une fois ta deuxième joue atteinte, il frotte tendrement son nez contre le tien et t’attire encore plus, collant vos fronts et t’enlaçant lorsque son résumé s’achève.

C’est quelques secondes plus tard qu’il reprend la parole, ses mains se refaufilant sous ton t-shirt pour se satisfaire de la chaleur de ton épiderme. On a été à une fête foraine, aussi… j’ai gagné quelques trucs, dont une énorme peluche pour toi. Je te l’apporterai demain, si t’arrives à deviner ce que c’est. un rire agite sa poitrine et il resserre légèrement son étreinte en rejetant la tête en arrière – t’offrant sa gorge en oreiller de fortune et soufflant son amusement vers le plafond, les yeux fermés. Sa prise se fait quelque peu hésitante lorsqu’il se lèche les lèvres, de nouveau happé par une excitation mêlée d’appréhension. Est-ce que tu voudras venir, une fois ? Pause, puis …j’ai parlé de toi à mes tantes, elles veulent te rencontrer. Et lui veut t’y emmener, te faire découvrir les endroits qu’il considère siens et peut-être qu’il veut aussi t’emmener pour t’avoir rien qu’à lui quelques temps, pouvoir te monopoliser une poignée de jours – un morceau d’éternité. Mais il ne le dit pas ; se contente de le montrer en t’étreignant.

Et toi, qu’est-ce que t’as fait quand j’étais pas là ? Ses yeux glissent tranquillement vers toi et il recommence à te fixer avec tout l’amour du monde sans même s’en rendre compte – une partie de lui espère t’avoir manqué, l’autre prie pour ne pas t’avoir fait trop souffrir. Je te montrerai les dessins la prochaine fois, d’accord ? Peu enclin à se détacher de toi, surtout pour quelques esquisses qu’il estime ratées, il illustre ses désirs en tirant sur une couverture, à moitié froissée à côté de vous, pour la passer autour de tes épaules et vous emmêler dedans. C’est vrai ce que t’as dit, tout à l’heure ? Je t’ai manqué ? A quel point ? Pointe d’inquiétude dans les vibrations de sa gorge ; incapable de s’en empêcher, le roi quémande de l’affection alors que tu lui en offres déjà énormément. Insatiable, il pourrait aisément passer la nuit à te montrer, sans un mot, à quel point il t’aime – à travers des caresses tendres et des baisers soufflés sur ta peau agréablement douce, des promesses silencieuses d’une éternité à ses côtés qu’il a toujours voulu t’offrir. Et, han ja… merci. Un mot à peine murmuré sur le bord d’un sourire timide, alors qu’il kidnappe tes dix doigts pour les serrer entre les siens. Merci d’être là pour lui, de l’avoir été depuis de longues années maintenant ; merci de l’aimer et de pardonner sa couardise, merci de gonfler son cœur d’autant d’émoi. Merci d’être mon meilleur ami. Je sais pas où j’en serais, sans toi.
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Message  Sujet: Re: lost it to trying ☾ (booja)     Mar 28 Nov - 4:41

Et quelque part dans l'espace taraudant de sa poitrine, il y a mille galaxies qui s'entrechoquent, qui se dévorent entre elles et qui se consument dans un torrent de délices inextinguibles, le bouleversant autant qu'ils l'achèvent délicatement. Dans les abysses aux clartés solaires de ses yeux, d'innombrables ponts d'étoiles relient les constellations que tu peins de tes simples coups d’œils, et Ja peut sentir un flot d'astres calcinés échauffer l'entièreté de son être – l'arracher de son statut de prince, pour l'élever au rang intouchable de dieu. Parce que tu le fais se sentir au dessus de tout, au dessus des nuées. Tu nettoies ses plaies rien qu'en l'acceptant, rien qu'en tolérant sa méfiance de tout à l'heure et en parvenant encore à l'aimer de tes orbes si perçants, et pourtant si subjugueurs. Parce que ton regard relevé sur sa personne brûle chaque parcelle de son enveloppe, et lui donne l'impression d'être subitement tombé de son ciel. Pire encore, elle le fait se perdre dans des eaux qu'il n'a jamais connues, des eaux dans lesquelles il s'enlise avec joie ; et, en fondant intégralement sous un tel déchaînement des éléments, il lui semble qu'il n'a jamais autant aimé la mort qu'à cet instant.

Car à cet instant, petit monarque des cieux n'est pas seulement joyeux. Il est sincèrement heureux de ce que tu lui offres (et de ce que tu lui prends), infatué de la simple courbe de tes prunelles, s'abandonnant volontiers à ce que l'on appelle le calme après la tempête. Pour lui, rien ne peut être plus beau que cet émoi ne cessant plus de fleurir en lui, en plus de la façon si unique dont tes lèvres se rehaussent, aujourd'hui. C'est doux, quand tu lui souris comme ça. C'est aussi touchant qu'inexplicable, comme un berceau nocturne et sûr, et ça fait le tour de son cœur. Il ignore un peu de quoi retourne cet effet, n'est pas non plus en mesure de réfléchir sous le tumulte d'émotions qui l'assaillent, ses joues brûlantes et son visage (non, son âme toute-entière) bien trop anesthésié de bonheur pour ne serait-ce que penser correctement. Supernova à effondrement de cœur – et Han Ja se dérobe sur lui-même pour mieux renaître, baignant dans cette chaleur nébuleuse et cosmique que tu as le don d'éveiller, comme lorsque les étoiles déflagrent et finissent par périr d'avoir trop brillé.

Les miasmes de ses incertitudes, tu les balaies à la simple tendresse surnaturelle de tes rictus, teintant d'incarnat ses pommettes rebondies et arrachant des tressaillements à son palpitant rougeoyant. Han Ja ne veut plus (pas) s'en aller. Il ne l'a jamais voulu, trop dévoué à fondre sous le joug constant d'une intense plénitude ; celle qu'il vit à tes côtés, à chaque fois qu'il plonge dans cette bulle de jeunesse iridescente dans laquelle tu l'emprisonnes. Plus que tout, il se sent à sa place une fois près de ton cœur, toujours un peu plus désireux de sentir tes grands bras l'envelopper dans un étau rassurant – étau que vous rendez si spécial à vous deux, et que le garçon des étoiles ne peut décrire à l'aide de simples mots, se contentant d'en rêver et de les réclamer. Sûrement, irrésistiblement. Et Dieu sait qu'il a probablement eu autant peur que toi, sur le coup : ses émotions qui s'amalgament, sa crainte d'avoir perdu ta confiance et ton amour, qu'il croyait et croit toujours indestructible, peu importe ce qu'il pourra s'interposer. Car son amour à lui l'est, indestructible. Plus fort que tout, plus éclatant que n'importe quoi, Ja aime le monde d'une sincérité décuplée, laissant parler son cœur avec la ferveur digne d'un enfant vernal, d'un poète béni. Il aime comme un enfant épris des astres, fait sourire l'azur en noyant le soleil, parce que son âme est un trésor intarissable – énième fardeau handicapant de son éternel syndrome, qui le confrontera tôt ou tard à la souffrance et à la fatalité d'en blesser plus d'un.

Mais avec toi, c'est différent. Ça l'est toujours, et ça n'a jamais cessé de l'être.
Avec toi, Han Ja a l'impression de pouvoir se libérer de ses chaînes. Il n'a aucun mal à se retrouver dans le miroir spectral de tes yeux, et se sent aussi aimant qu'aimé, persuadé que tu exerces un genre de pouvoir magnétisant sur lui. Pour autant, il ne ressent pas spécialement le besoin d'en comprendre le sens, suffisamment béat d'être tout pardonné pour s'échouer contre ta poitrine et reprendre la place qui lui est due. Chaque fois que tu réponds présent, chaque fois que tu demeures là pour lui, ça lui fait l'effet d'une salve de guérison immédiate ; d'une étoile qui fulminerait tout à coup dans le ciel, exhalant d'un parfum capiteux d'enchantement dans chacun de ses pores. Il a terriblement besoin de toi, peut-être même trop, mais n'a pas le sentiment qu'il se heurtera, cette fois-ci. Tout n'est fait que de lumière et d'insouciance nacrée, lorsqu'il s'agit de toi, et il t'imagine un peu comme l'onde colorée qui laverait son esprit de tout mauvais souvenir : le fantôme d'une étoile sans le moindre artifice, pour ne jamais rien lui cacher de ta vraie nature. De tes plaies dont il aspirerait volontiers les tourments, si seulement tu osais les lui présenter une par une.

Alors s'il peut de nouveau courir à ta charmante rencontre, s'il peut dissiper d'un revers de la main ses maladresses et recommencer à poser un regard empreint d'affection sur toi, il n'hésite pas un seul instant, lové contre toi dans la plus entichée des étreintes. C'est d'une affection inouïe, qui le transporte jusqu'au-delà des éthers et des sphères étoilées. Au fond, sans même avoir besoin d'y songer, jamais l'idée de se lasser de toi n'a su frôler son esprit. Cette simple constatation retentit d'ailleurs paisiblement en son for intérieur, comme la sonate chatoyante que l'on se plaît à entendre, lorsque tout rentre dans l'ordre et que l'on se laisse volontiers submerger par le contentement. Pommettes rubescentes, lèvres reluisantes, parce qu'il rougit sans même comprendre pourquoi, et parce qu'il s'humecte (lentement) les lèvres. Et c'est tendre, fiévreux, loin de tout ; encore tendre, tendre à en rendre l'âme, tendre comme déraisonné, pour toujours et à jamais – car Han Ja ne peut décemment plus te quitter, relié à toi comme Andromède aime un peu trop la Voie Lactée, tant et si bien qu'elles collisionneraient  de bon gré, s'il s'agissait pour elles de ne faire plus qu'un.

Sans jamais chercher à respirer, il s'enivre de ton contact chaud et familier, imprégné de cette habituelle senteur qui te sied si bien – fragrance qu'il s'imagine verdoyante et sans doute même fluorescente, lui arrachant sans grand mal un sourire en demi-lune espiègle. Il la reconnaîtrait entre milles, saurait sans nul doute qu'il s'agit de la tienne les yeux bandés, si on décidait de le priver de la vue. Et si l'odorat venait à lui être dérobé, alors il en goûterait les nuances tropicales sur l'impulsion continuelle de te sentir présent, en constante recherche d'assouvir ses caprices transis. Fasciné jusqu'à ton parfum de camé qu'il jurerait capable de le rendre accro lui, il respire aux confins de ton cou, frémit sous la soie de tes doigts qui entreprennent d'ores et déjà de caresser son dos. Ça sème une centaine de petits chatouillis à même son épiderme plus pur que du lis, et il aime ça. Presque inexistante, votre proximité lui plaît. Incoercible, effroyablement fusionnelle, peut-être en perturberait-elle plus d'un, si quelqu'un d'autre vous voyait partager un moment aussi intime – mais n'en déplaise aux autres, c'est là où il se sent le mieux. Là où il balance entre l'enfant que le monde entier connaît, et l'homme qu'il a en réalité toujours voulu être, vivant d'un demi-million de passions différentes. Toi, c'est l'endroit où tous ses doutes sont dissipés, où les fruits de ses petites angoisses dépérissent pour le laisser éclore sereinement, le pousser à fleurir timidement, l'entraîner à s'épanouir amoureusement. Tout ça parce que toi, tu es là, et que lui est dans tes bras, et que vous êtes dans ses draps. Tout ça parce que tu as effacé sa rancœur passagère en n'étant rien d'autre que toi-même, ce soir, et qu'il ne peut que t'en être humblement reconnaissant.

Tout de lui coule entre tes lèvres et se répand jusque dans ta gorge, lorsque sa voix se fait melliflue et qu'il chuchote un peu comme les anges chuchoteraient, s'appliquant à te rassurer de ses mots plus vrais que vrais, à caresser chaque recoin de ton visage de ses billes stellaires. Il t'écoute lui répondre comme s'il découvrait tout juste que les fantômes peuvent parler, attendri dans un mutisme languissant, les deux amandes pleines d'étoiles sondant les tréfonds du défunt que tu es. Il comprend ce que tu veux dire, acquiesce parfois même à tes mots – mais c'est surtout le son de ta voix, qui rehausse ce sourire printanier sur ses lèvres, petit Han trop heureux d'enfin pouvoir la réentendre pleinement. C'est qu'il aime ta voix, elle aussi. Ses échos qui s'échouent sur sa propre peau lui soutirent des rictus amusés, parfois, et lui donnent envie que tu lui susurres les choses les plus douces que tu n'aies jamais dites à personne.

Bientôt, tu tires en douceur sur ses mèches éparses, et ses paupières n'attendent pas pour s'abattre doucereusement sur elles-mêmes, ténèbres radiantes qui le confortent dans la volupté de ses frissons. Tes mains retrouvent la chaleur de ses joues, embaumées d'un rose de candeur coupable, et il lui semble que tout l'air de ses poumons disparaît aussi vite que ses précédents maux, quand il te sent le toucher librement et qu'il cherche alors à t'atteindre le plus possible. Il a le douloureux (mais si plaisant) sentiment de se morfondre sous tes doigts – et ça l'incite à en redemander, à quémander tant bien que mal l'effervescence de tes paumes en s'y penchant encore plus, toujours sur l'un de ces regards brodés d'immense affection.

Un instant qui semble durer une éternité, l'esquisse d'une jeunesse éternelle se profilant dans ses yeux et qu'il t'offre avec grand plaisir. Il te dévore des yeux à mesure qu'un flot de paroles s'évadent d'entre ses lippes dragées, son cœur pulsant davantage lorsque vos regards s'aimantent, s'aiment sans jamais qu'ils ne se mentent, s'accrochent même dans les espaces silencieux, et dans les volutes de souffles échouées sur le visage de l'un comme de l'autre. L'impression de te sentir fouiller tout ce qu'il n'a jamais pu voir de lui-même le tétanise béatement, la vulnérabilité d'être tout à toi l'emportant sur un nuage de douceur et d'harmonie feutrée. Il ne sait pas ce que tu penses de lui, à cet instant ; se contente néanmoins de penser à toi, encore et toujours, te chérissant tout juste assez pour ne pas s'en lasser. Parce que tu es son âme-sœur, son spectre malin. Les résidus de son étoile filante, le linceul qui couvre toutes ses peines.

Tes pupilles dilatées le transpercent de toute part, et les voir briller ainsi dessine des fleurs perdues dans les écumes sucrées de ses lèvres. Pourtant, s'il s'apprête à rigoler naïvement de la situation actuelle, tu te venges bien vite en maltraitant ses hanches de petits pincements bien mérités, de quoi lui dérober quelques exclamations de surprise au dessus de toi. « Yah, Boo-ya ! T'avais pas le droit.. » Faussement indigné, il finit par rire bêtement en apercevant les coutures de ton rictus, aussi fier de sa petite moquerie dorénavant punie que d'avoir eu droit à un traitement aussi agréable.

La conversation reprend son fil, et les notes sérieuses qui s'entrecroisent laissent parler votre sincérité à chacun. Depuis qu'il s'est approprié la place de tes genoux, Ja pense la moindre de ses paroles, peu enclin à mentir avec ses amis – et encore moins dans un tel cas de figure. Il a même tellement envie que tu le croies qu'il hésite de moins en moins, répondant à ta question sans crier de gare, amusé par la crainte futile que tu modules dans tes paroles. D'instinct, ses bras t'enveloppent d'une chaleur rassurante, et son corps se meut gracieusement contre le tien, comme s'il avait été fait pour être près de toi. Il veut que tu saches qu'il est sincère, et qu'il a besoin de toi. Ses promesses en attestent, parce qu'il n'est pas du genre à promettre pour rien ; ainsi, il se remet à noyer ses songes dans tes yeux, plus qu'attentif à chacune de tes réactions. Ton soupir fait alors naître un début de sourire à l'orée de sa commissure, et il a très envie de venir poser ses lèvres sur les tiennes, si tu as besoin que l'on te rende un semblant de souffle.

Mais il n'en n'est rien, car à la place, Ja se plaît tout autant à murmurer ces deux syllabes qu'il juge être l'un des meilleurs à prononcer, trop énamouré de la forme brute de ton prénom pour seulement te laisser croire qu'il ne te va pas bien. Ton « Redis-le. » s'infiltre sous sa peau et y sème une flopée de petits frissons inattendus, dégustant sa chair sur simple résonance de ta voix, capturant son souffle saccadé loin de lui, à des années-lumière d'ici. Le Han s'imprègne une dernière fois de ce sourire qu'il voudrait revoir plus souvent, rougissant à perte de vue (une fois encore) – puis, animé par un élan de passion innocente, il a l'audace de se re-pencher tout en lenteur sur toi, sa bouche cherchant ton oreille qu'elle assène de sa plus belle mélodie. « In Ok. » Ah. Il l'aime. « In Ok.. » Ah, il t'aime... « J'adore ton prénom, In Ok... »  Et c'est intimé tout bas, comme un secret que même les autres fantômes n'auraient pas le droit de connaître, beaucoup trop précieux pour qu'il ne vous échappe à vous et seulement vous. Un instant, il s'attarde près de ton cou, souffle sur ton lobe gentiment en réprimant un léger rire ; ferme les yeux de bonheur en sentant tes doigts retrouver sa chevelure parfumée, enfin. « C'est vrai ? Tant mieux, parce que je compte bien te le faire aimer ! Toi-même tu devrais savoir que ton prénom est très beau, In Ok. » Le sourire de la franchise pointe dans son timbre, tandis qu'il décide d'être un peu plus sérieux et de chasser cette aversion que tu as pour ton nom. En signant son pacte du petit doigt, il se promet intérieurement de remédier à ça, scellant sans avoir ton accord ta parole quant à ce sujet.

Les rougeurs qui s'étalent et se dardent et se renversent sur l'intégralité de ton visage ravivent les siennes, l'invitent à se moquer tendrement de toi, à préserver cette image poignante dans une sinuosité de son esprit. Méandres enfantines, il n'oubliera rien, bien trop captivé par ce nouveau masque que tu revêts pour oser l'égarer – la différence étant que tu n'en portes plus, et qu'il est persuadé de pouvoir voir l'étendue de tes vrais émotions, de ce que tu peines à contrôler sur le moment. Et ça fait frémir le Han d'une dizaine de petits vertiges exquis. Recherchant ton contact par à tout prix, plus tactile qu'avec n'importe qui, il épouse ta main de la sienne et marie son regard au tien, les douceurs entre vos doigts s'entrelaçant  et s'accrochant avec grand plaisir. « exactement. J’ai des secrets qui me sont interdits de dévoiler… sinon, je serais obligé de te tuer pour te faire taire, tu comprends ? Je voudrais pas en arriver là. » Presque machinalement, il acquiesce de la tête et te défie cette fois-ci du regard, lueur taquine chatoyant à l'aube de ses prunelles noires comme un ciel d'encre, irisées de petites étoiles malignes. « T'oserais me tuer, vraiment ? C'est dommage, j'avais trop envie de savoir tes secrets interdits. J'aurais pu promettre que je les aurai pas dit, mais ça aurait peut-être été mentir... Qui sait, kekeke. » Son ton mystérieux est saupoudré de poussière farceuse, et il s'esclaffe tout près de ton visage en te provoquant rien qu'un peu, amusé par ton histoire d'assassinat.

Toujours plus avide que tu lui appartiennes, il soupire silencieusement de contentement une fois sa tempe embrassée, son palpitant de nouveau déréglé par la surdose de mécanismes qui s'activent. Un tel sentiment ne s'explique pas. S'il est bon orateur et constamment volontaire pour prendre la parole, c'est un mélange de confusion et d'amour abruti qui le laisse sans voix, ce soir ; et surtout, sans le moindre mot pour décrire l'aubaine qu'il est d'aimer et d'être aimé en retour. Bien décidé à se venger, ses paumes saturées par la fièvre et ses lèvres trop désireuses de rencontrer ton visage, Ja t'offre sa surprise d'un baiser plus doux que de l'ambroisie, marquant ta joue d'un amour juvénile et intarissable. « Surprise ! » Renchérit-il de sa voix chantante en te voyant pris au dépourvu, ses yeux délicatement plissés dans le rire qui remonte le long de sa gorge saillante.

Maintenant, il a surtout besoin que tu lui parles de toi, et que tu lui dises tout ce que tu as fait pendant ton absence inopinée. Il est curieux, se demande si tu as fait des choses qui ont pu te remonter le moral, t'apporter des élans de bonne humeur et des souvenirs de superbes moments passés avec tes proches. Sur l'esquisse d'un demi-rictus, il patiente par conséquent sagement, allongé sur son lit ainsi que sur sa couche de fortune qu'est ton corps. C'est seulement lorsque tu glisses tes mains taquines sous son t-shirt que le Han se voit piqué d'un billiard de petits fourmillements, son corps si chaud et en ébullition réagissant instinctivement à tes mains plus froides que sa température à lui. Il savoure néanmoins la texture de tes mains-caresses contre sa peau dénudée, aime sentir tes doigts remonter le long de sa colonne marquée, fermant d'emblée les yeux sous cette vague qui fait contraste (mais qui lui fait également tourner la tête, beaucoup trop plaisante pour qu'il puisse le nier).

Vos doigts se quittent sur ta décision, et il te laisse faire en guettant un quelconque signe sur ton visage, cherchant à savoir ce que tu mijotes – car l'expression sur ton visage est suffisamment éloquente pour qu'il se doute de quelque chose, mais pas assez communicative pour qu'il sache exactement de quoi il s'agit. Véritablement curieux, la moue qui s'imprime sur ses traits lisses disparaît cependant très vite, lorsque tu attires sa main à tes lèvres pour l'embrasser soudainement. Sans même qu'il ne s'y attende. Son faciès prend feu si violemment que le jaspe remplace la couleur de sa peau, et le quartz déposé sur ses joues se ravive davantage, à la simple pensée de son cœur qui cogne trop fort et de tes lèvres doucement posées sur le dos de sa main. C'était inattendu, mais encore moins que ce que tu t'apprêtes à faire, alors même que tu l'attires vers lui en cherchant son bassin pour pouvoir l'agripper avec entrain. Il ne sait plus où donner de la tête, confus et délicieusement submergé par un tumulte d'amour et de désir – haletant juste sous tes billes d'onyx, qui n'en finissent pas de le sonder de toute part. « Je.. » Coupé dans la seconde d'après, il s'abandonne finalement à toi et ne regrette pas d'être à cette place, lorsque tu l'ensevelis de merveilleux baisers papillons et qu'il se laisse aimer sans la moindre retenue, probablement aux anges (il en est sûr). Sur le point d'éclater tant son visage n'est plus que nuances de vermeil, ses cils tendrement frangés vibrionnent, ses lèvres restent piégées tout en haut de son visage et le désordre dans sa cage thoracique flamboie de plus belle (tandis qu'il fait tout pour t'écouter, et se focaliser sur tes paroles au timbre chaud). Tu lui expliques ton retour à Busan, mentionnes ton fidèle acolyte Hansol, sans oublier cette fameuse famille qui lui paraît si nombreuse – au moins autant que la sienne. Un ou deux baisers se perdent entre chaque phrase, et si Ja a déjà fondu, il continue malgré tout d'en profiter, soufflant de satisfaction. Vient l'anecdote du bord de mer et de ton éternelle âme d'artiste-voyou, qui lui arrache un autre sourire persifleur, mi-tendre, mi-joueur. « Pourquoi ça me surprend pas ? » Note versatile, tantôt aiguë, tantôt grave ; et le Han ne peut contenir son amusement, te dévisageant d'un air complice lorsqu'il prend le temps de se nourrir de tes étreintes de djinn amoureux. « J’ai ramené hansol, mais j’ai dû y retourner… pour voir mon père. » Il sent ta voix s'éteindre une brève nanoseconde sur le dernier mot, et il t'adresse le regard le plus compatissant au monde, attrapant tes mèches pourpres entre ses doigts trop longs afin d'établir un énième contact avec toi. Attiré par ta poigne, plus près encore que ce que vous ne pouvez être, le fils des astres ne rechigne pas le moins du monde s'il peut te serrer dans ses bras et rester comme il est, beaucoup trop bien installé pour songer à bouger.

Encore emballé par cette séance de baisers aussi nombreux qu'infiniment doux, sa lippe inférieure demeure malmenée quelques instants par ses incisives, avant qu'une plainte discrète ne lui soit arrachée en sentant tes mains conquérir de nouveau ce territoire qu'elles semblent convoiter. « j’ai gagné quelques trucs, dont une énorme peluche pour toi. Je te l’apporterai demain, si t’arrives à deviner ce que c’est. » Spontanément, il serre les dents et se colle davantage contre toi, son intérêt de gamin épris du monde piqué à vif. Les prunelles brillantes, le visage clairsemé de marques d'amour invisibles et les lèvres entrouvertes, Han Ja réfléchit un court instant, avant que son âme de petit génie ne parle et qu'il s'esclaffe, tout excité. « Un fantôme ! C'est un fantôme, Boo-ya ! Je le sais, c'est quasiment obligé. C'est ça, pas vrai ? Je me trompe pas, j'espère ? » Il est persuadé que non, mais s'attend à ce que tu l'aies joué plus subtile, peut-être. En guise de remerciements, il raffermit son étreinte sur toi et sourit de tout son soûl, s'étendant sur ta gorge que tu lui offres gracieusement. « C'est quoi, cette question ? Bien sûr, que j'ai envie de venir. J'ai envie de les rencontrer, de voir comment elles sont, et de leur raconter tous les secrets cachés de leur neveu... » Petit clin d’œil qu'il t'adresse en se redressant légèrement : il a hâte que tu l'emmènes là-bas, que tu lui présentes ta famille et qu'il puisse lui dire qu'il est ton meilleur ami – qu'il aimerait apprendre à les connaître, eux aussi, et savoir à quel point ils t'aiment.

« Quand t'étais pas là.. J'ai fait beaucoup de choses. On est allés à la plage avec Julian, et on a passé pas mal de temps ensemble ! C'était pour fêter son retour et rattraper son absence, tu sais ? On a même invité Jong Dae, mais il est venu en combinaison de plongée de la tête jusqu'aux pieds... Je crois qu'il a pas vraiment compris le principe. Et puis, j'ai recommencé à acheter mes médicaments, aussi.. Mais j'en prends pas encore, j'en ai très rarement besoin et pas à haute dose. » Un sourire délicat fleurit sur ses lèvres tandis qu'il parle d'un ton posé, sérieux comme il sait si bien l'être. Son doigt dévale pensivement ta joue gauche, lui administrant des caresses qu'il aimerait accentuer encore plus intensément, mais son regard est bien trop imbriqué dans le tien pour qu'il pense à respirer, hurlant littéralement « je t'aime » à tout de ton être. « D'accord. Ça presse pas, t'en fais pas. » Un murmure rassurant, lorsque tu assènes vouloir reporter ça à plus tard et que tu le forces à rester avec toi au lit – de toute manière, ce n'est certainement pas pour lui déplaire, son corps fondant sur le tien avec aisance et ses phalanges cajolant la surface de tes pommettes avec beaucoup trop d'amour pour que ce soit anodin.

« C’est vrai ce que t’as dit, tout à l’heure ? Je t’ai manqué ? A quel point ? » La ligne de ses lèvres change du tac au tac et se fait plus malicieuse, tandis qu'il cherche dans ton regard toute trace de tracas. Lui avoir manqué, c'est un euphémisme. C'est bien plus que ça, bien plus fort que ce que tu ne le penses, dans la mesure où tu as disparu sans prévenir, et qu'il ne savait ni si tu allais bien, ni si tu étais toujours à Séoul. Il s'est beaucoup inquiété, et a beaucoup regretté son meilleur ami au moins aussi énervant que lui, celui avec qui il fait la paire lorsque Julian n'est pas compris dans le lot. « Au point où je pensais à toi très souvent. » Lentement, il a l'audace de se cambrer légèrement vers toi, sa bouche effleurant en douceur la chaleur de ton cou qu'il embrasse à plusieurs reprises. Remontant le long de ta pomme d'Adam pour ne s'arrêter qu'à ton menton, il se pourlèche la lèvre inférieure, déballant tout ce qu'il pense sans même y réfléchir. « Au point où je ne voyais tes sourires de clown nulle part, où je ne trouvais ton parfum chez personne d'autre. » Comme pour illustrer ses propos, son pouce vient caresser un instant une de tes commissures sur laquelle ses yeux s'évadent, avant qu'il ne se reprenne et cherche quelque splendeur vampirique dans les profondeurs de ton regard, convaincu que tu rendras chaque chose surnaturelle plus belle qu'elle ne l'est déjà. « Au point où j'avais besoin de te revoir, de refaire nos sorties habituelles avec nos potes et nos quatre cent coups ensemble. » Et pas que, si tu savais. « Mais surtout, au point où j'avais besoin que tu me regardes. Que tu me touches, et que tu me prennes dans tes bras. Que tu me dises si tu vas bien ou si tu vas mal, si tu es heureux ou non, si t'as besoin de quelqu'un ou de quoi que ce soit. » Que tu m'embrasses, aussi, et que je sois le seul pour toi. Que tu m'aimes comme on ne peut pas aimer plus fort. Que tu fasses s'éteindre le soleil de jalousie, et que tu deviennes le mien. Il te regarde et tu ne peux pas deviner ce qu'il se trame, derrière son cerveau. Mais la lueur qui chatoie dans les flots de ses yeux suffit amplement à en retranscrire les grandes idées, et son engouement ne cesse de croître lorsque tu lui fais part de tes mots les plus touchants et les plus sincères, qui auraient sans nul doute fait pleurer une personne un tant soit peu normale. Sauf qu'Han Ja ne pleure pas. Il sourit. « Et, han ja… merci. » La senteur entêtante qui lui envahit les sens traduit son émoi, et il t'écoute l'oreille toute tendue, le cœur gros comme l'astre diurne. « Merci d’être mon meilleur ami. » Ça s’ébrèche quelque part en lui, dans un recoin qu'il ne saurait situer ; mais c'est assez fort pour qu'il perde pied, pour qu'il perde le souffle, pour qu'il perde tout contrôle sur la situation. Animé par une fierté sans nom, par un sentiment impétueux à ton égard, la lueur dans ses yeux semble avoir changé et, malgré son sourire plus que nitescent, l'effusion qui trempe dans le miroir de ses orbes se mue en reconnaissance ardente, inéluctable. Poussé par une force abstraite qu'il est persuadé venir de l'au-delà, pour toute réponse, Han Ja laisse son cœur s'exprimer et l'ombre de son visage surplomber le tien, comme s'il t'occultait de tout pour quelques secondes et te remerciait de la façon la plus naturelle qui soit : ses lèvres pressées tendrement contre les tiennes, pour s'y mouvoir avec douceur, les capturer avec plaisir, les clamer comme siennes avec passion, et par dessus tout, les embrasser avec amour. 
oh sometimes the truth, oh hurts more than lies
BY MITZI


♡:
 

◊◊◊


@Han Soo Yun a écrit:
J'savais qu'on allait la sortir et j'aurais du parier sur toi, le roi des vannes pourries.

RS des enfers © Only One Bro:
 
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