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MIDNIGHT BLUES (2U)

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 MIDNIGHT BLUES (2U)


Kwon Tora
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(#) Sujet: MIDNIGHT BLUES (2U)   MIDNIGHT BLUES (2U) EmptyJeu 20 Jan - 1:11

MIDNIGHT BLUES

✩ ○.⋆☽ ⋆.○ ✩


Les mains s'agitent, le cœur palpite -- parce qu'il sait. Les spectres de ses souvenirs s'accoudent à deux pas de lui, hululent à son oreille, lui chantent le retour d'une acclimatation forcée. Il pensait s'en être débarrassé, pourtant le sol a tremblé de l'évidence qu'il repousse depuis de longs mois, ça le force à ravaler ses promesses, la confiance meurtrie il s'abandonne aux méandres de la peur. Il invite les fantômes à lui passer sur le myocarde, prisonnier d'une caresse passée, l'estomac se retourne en même temps que l'appartement. Ça tremble de partout, de ses tympans à ses phalanges. Le fauve se planque sous le sommier échappant au chahut inhabituel. Tout est retourné, le matelas, les tiroirs et les bouches d'aération, la moindre fissure au plafond. Il connait les astuces les plus secrètes, la plus petite faille prête à être exploitée, il l'a tant de fois fait auparavant, c'est instinctif presque automatique, ça le fait sourire à l'envers de constater combien ça revient facilement. Les gestes mécaniques n'ont pas même à être pensés, tous les recoins de l'appartement deviennent traîtres, en à peine une heure, le lieu de vie devient champ de bataille. Il ne ressemble plus à rien. Et lorsqu'il croise son reflet dans le miroir de la salle de bain, il se retrouve sans se reconnaître. C'est un tout autre lui, celui qu'il déteste. Celui qui ne croit plus, qui n'entend plus -- parce qu'il sait.
D'abord, ce n'était qu'une voix, à peine un gazouillis de murmure, plus sourde que ses mélodies infernales crachant leurs tourments à ses tympans, elles provoquent des insomnies devenues rituels, drôles de berceuses dont il s'est accoutumé, qui deviennent plus douces avec les années, plus supportables à ses côtés. Mais la voix s'est faufilée sous la peau, excroissance irritante qu'on essaye d'ignorer, comme un bouton de moustique qui persiste, plus on y pense, plus ça démange et Tora ça a commencé à le démanger partout : dans la gorge coupant sa respiration, raréfiant l’oxygène à sa trachée tuméfiée, dans la pulpe des doigts cherchant à se saisir de la vérité, au fond de l'iris clignotant devant les signes qui ne dupent plus, quelques paillettes à oubli coincées au bout des cils. Il aurait préféré continuer à y voir flou, mais l’œil était déjà défaillant, bien avant cette nuit.
« — C'est là quelque part ! il peste contre lui-même, la clope à peine entamée se consume toute seule dans le cendrier froid, seule témoin du chaos qu'il provoque, c'est cette angoisse qui lui retourne l'estomac, elle est trop familière, prend des airs d'une vieille compagne jamais vraiment disparue, ils font ménage à trois à son insu. — J'en suis sûr ! » et il ne se l'explique pas, c'est pas rationnel, c'est primitif ; ce détecteur de mensonge enclenché malgré lui, qui lorsque la tête se penche pour acquiescer les dires lui fait détourner le regard -- parce qu'il sait.
Bien qu'il doute, un instant seulement, devant le manque de preuves. De sa chasse aux cauchemars il revient bredouille. Il n'a trouvé ni monstre sous le planché ni démons planqués dans le placard. C'est un bref soulagement qui l'assaille, antidote illusoire lui dictant qu'il s'invente des déceptions, trop de fois il s'est retrouvé contre le trottoir à cracher ses douleurs et ses espoirs, il en vient à anticiper la souffrance pour la rendre plus sereine. Yuta n'est pas comme ça. Yuta est différent. C'est ce qu'il se répète.

Le silence reprend ses droits à mesure qu'il retrouve son souffle, accroupit sur le sol, l'index et le pouce coincent la cibiche pour y tirer une taffe. Trop tard. Elle s'éteint à peine l'a-t-il effleuré. Ouvrant le réfrigérateur quasi-vide il récupère une boisson au gingembre, un soupir amusé s'extirpe des lippes devant la boisson chimique bourrée de sucre de Yuta, une grimace emprunt de tendresse pour cette habitude un peu étrange et jamais partagée qu'il chérit cependant. La voir trôner à moitié entamée confirme sa présence, tout comme la gamelle fêlée dans l'entrée dont il ne se verrait plus se défaire désormais, symbole d'une compagnie féline devenue essentielle. Lèvres au goulot il referme la porte, pianote sur son téléphone cherchant à savoir s'il sera bientôt de retour, il n'aura sans doute pas le temps de tout remettre en état mais il pourra peut-être ranger quelques objets à leur place pour effacer l'image d'une tornade miniature dévastant l'appartement.

la sensation ne passe pas  
les dents se serrent et d'un regard en arrière
le premier sanglot perce
parce qu'il sait.

La porte s'ouvre de nouveau. Les doigts s'emparent de la bouteille au bleu cœruleum, la dé-bouchonnent avec empressement, l'espoir s'amarre dans un coin de sa tête mais la corde casse aussitôt les effluves caressant ses narines. Les inspirations sont rapides, comme s'il vivait ses derniers instants. Il n'entend pas les clefs dans la serrure, les pas qui se rapprochent dans le couloir, jusqu'à le voir sur le seuil de la cuisine. « — Je crois que j'ai trouvé ta réserve perso. c'est un rictus désabusé qui plisse le nez tandis que la main se lève pour déverser le liquide fluo au fond de l'évier — C'était ingénieux. J'ai presque failli passer à côté. » le ton est calme, trop calme pour être engageant.


4 heures du matin, cette musique me dit rien Et je ferme les yeux, on est déjà demain J'ai essayé en vain. La nuit blanche m'offre ses pensées noires. Et le vide occulté, en plein jour éclairé, en pleine nuit. Insomnie.
Lee Yuta
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(#) Sujet: Re: MIDNIGHT BLUES (2U)   MIDNIGHT BLUES (2U) EmptyLun 24 Jan - 12:30

MIDNIGHT BLUES

✩ ○.⋆☽ ⋆.○ ✩


Il est fier de lui, trois jours complets avec l’abreuvoir à sec. Il entame le quatrième avec une confidence bancale mais la volonté le fait tenir. L’épreuve est ardue, surtout quand son corps se ligue contre lui en manifestant des signes d’un sevrage trop raide.
Le manque joue sur ses humeurs, lui tire sur les tendons surtout ceux de ses mains. Ils sont si frénétiques qu’il donne l’air de taper un message de sos en morse sans personne au bout pour le comprendre. Ça lui provoque aussi des maux de tête capable de le tenir éveillé toute la nuit.
Il a deux heures de sommeil au compteur mais sa petite réussite a des effets de caféine, elle lui a même redonné un peu le sourire. Il gravit les escaliers avec un sachet plein de courses, c’est d’ailleurs une autre victoire que d’être parvenu à éviter ce qui était inévitable il y’a encore deux semaines. Car c’est depuis cette date qu’il s’essaie à vaincre son addiction, il y’a eu des rechutes mais c’est un nouveau départ maintenant. — il le sait.
En poussant la porte, il ne pourrait pas expliquer pourquoi mais ses sens lui intiment que l’appartement est une zone minée. Il avance prudemment jusqu’à la cuisine, là où il le trouve, tout en examinant l’état des lieux. Il y’a des coussins renversés, des objets déplacés, des tiroirs grands ouverts.
Qu’est-ce qu’il cherchait ?
Non, la bonne question est la suivante : qu’a-t-il trouvé ?
« Ma réserve perso ? » Il le contourne comme on éviterait prudemment les lasers rouges qui déclenchent l’alarme d’un coffre-fort, ce qu’il y’a dedans il ne veut pas le voir ni s’y frotter. Son numéro d’équilibriste se fait tout en gardant les yeux braqués sur son dos tout le long de son court chemin jusqu’à l’évier. En regardant le fond, il voit l’inox trempé d’un liquide bleu chimique. La première émotion est la peur. Elle l’attrape au col, comme un enfant qui appréhende un sermon qui le collera à sa chambre  pendant une impression d’éternité.
Il le dit ingénieux mais il se sent stupide et pitoyable. La honte fait ployer ses cervicales, elle le tient courbé, ligote ses défenses offensives.
30 secondes.
20 secondes.
10, 5, 0.
« T’as dit que tu t’en mêlerais pas. Tu m’as promis, tu me mens maintenant ? C’est comme ça que tu veux qu’on fonctionne ? La bouteille est là depuis un moment, ça fait plusieurs jours que je suis sobre. Je t’ai promis que j’allais m’en sortir tout seul et toi tu crois pas en moi. » Il a un besoin soudain et irrépressible de savoir à quel point. Il vérifie la salle de bains, leur chambre, tous les endroits qu’il n’a pu que survoler en rentrant.
La réponse est criarde de vérité, il a l’impression d’être dans une cave inondée, l’eau monte à chaque nouvelle découverte.
Ce désordre est la preuve irréfutable qu’il ne pensait pas ce qu’il disait, qu’il n’a pas une seconde cru qu’il était apte à tenir ses promesses.
L’eau monte, l’oxygène se raréfie. Il le retrouve au même endroit qu’il l’a laissé, Tora ne montre pas le moindre signe de culpabilité. Il se croit dans son bon droit mais s’il n’avait rien trouvé, s’il n’avait pas oublié de balancer la bouteille dans l’évier comme il l’a fait. Comment aurait-il pu justifier ça ?
Il n’est pas là quand il combat avec son manque, il n’est pas dans sa tête, ni dans son corps. Il ne voit que cette foutue bouteille comme si à elle seule, elle était la démonstration ultime qu’il est incapable d’être meilleur.
« T’as vérifié le congélo ? Si jamais j’avais eu la brillante idée de faire des glaçons de vodka. » Il l’affronte tout en marquant une nette distance, parce que ce qu’il ressent là tout de suite l’empêche de le vouloir plus près.
« T’as d’autres reproches à faire ? J’ouvre le tribunal pour toi là. Fais toi bien plaisir, mais visiblement il est ouvert toute l’année que je sois consentant ou non. »
Kwon Tora
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(#) Sujet: Re: MIDNIGHT BLUES (2U)   MIDNIGHT BLUES (2U) EmptyVen 4 Fév - 15:37

MIDNIGHT BLUES

✩ ○.⋆☽ ⋆.○ ✩


« — T’as dit que tu t’en mêlerais pas. Tu m’as promis, tu me mens maintenant ? C’est comme ça que tu veux qu’on fonctionne ? J'en sais rien et toi ? l'accusation s'ourle d'ironie sur sa langue, c'est un brin acerbe lorsque ses pupilles dardent sa silhouette qui le contourne avec prudence. Il sent tous les muscles de Yuta se tendre avec les siens, la danse connue d'une prise sur le fait, c'est toujours le même rythme, toujours les mêmes répliques, la même défense. Ça en serait presque amusant, pense-t-il alors, si ce n'était pas aussi tragique. — La bouteille est là depuis un moment, ça fait plusieurs jours que je suis sobre. Je t’ai promis que j’allais m’en sortir tout seul et toi tu crois pas en moi. » La culpabilité l'attrape à la gorge, le ferait renoncer s'il n'était pas déjà passé par là tant de fois, avec lui (avec elle). La bouteille vide est balancée vers la poubelle, elle rate sa cible et son cadavre roule mollement à ses pieds, il laisse Yuta faire le tour du propriétaire sans piper mot, il n'essaye même pas de se justifier, à quoi bon ? Il n'en ressent ni l'envie, ni le besoin. Il attend patiemment la prochaine rafale qui ne tardera pas à venir, c'est une accalmie dans laquelle il ne trouve pas le moindre réconfort, il s'y cale avec une nonchalance habituelle. Seulement feinte. Une nouvelle clope allumée entre ses pulpeuses, il profite des quelques secondes de silence avant que n'éclate la vérité qu'il a tellement refusé d'affirmer -- parce qu'il voulait encore y croire.

mais Yuta n'est pas différent
sa maladie est la même
il l'a déjà perdu

« — T’as vérifié le congélo ? Si jamais j’avais eu la brillante idée de faire des glaçons de vodka.Ouais c'est marrant ça... en effet, c'est un rire désabusé teinté de colère qui creuse une fossette et dévoile un croc sous les gerçures — ... ça serait encore plus drôle si je t'en pensais pas vraiment capable. » les yeux cerclés de noir le dévisagent avec dépit, il voudrait ne pas entendre ces mots sortir de sa bouche, plus encore, il voudrait ne pas les penser. Tout lui paraît trop familier, de la posture défensive de Yuta à ses acclamations frustrées, c'est son corps en rejet qui se braque face au sien, il le voit faire, s'armer à deux pas de lui. Ça lui paraît maintenant bien loin, ce temps où la distance était malheur, où contre cette même table il l'avait dévoré dans une confiance aveugle, où en rentrant de Jeju ils avaient fait l'amour sur ce sol encombré aujourd'hui de leurs promesses brisées, à en perdre la peau, à en perdre le sang. Et lorsqu'il l'avait réveillé au petit matin en miment de ses doigts le geste - encore un peu - son index et son pouce renfermant un espace si minuscule, si petit, qu'il était aussitôt reparti s'y noyer corps et âme.

« — Non. réponds-t-il entre deux taffes, deux expirations douloureuses recrachées en volutes imperceptibles par les narines — Non ça suffit, on va pas faire ce truc où tu me fais passer pour le parano de service pendant que tu t'offusques de mon manque de confiance. La confiance ça se gagne, si je doute de toi c'est parce que tu m'as donné toutes les raisons d'le faire. Alors ça suffit, tu vas me dire la vérité maintenant, tu me la dois. cigarette cassée entre ses canines, il jette le filtre abîmé dans l'évier, elle va s'éteindre au fond du liquide bleu qui un instant s'enflamme, échantillon étincelle d'un échec flagrant. Le corps se réveille et frémit, réduit la distance jusqu'à sentir son torse cogner contre le sien — Regarde-moi dans les yeux et jure que c'est qu'un putain d'oubli. Jure que tu l'as pas gardé là "au cas où". les paroles fusent avec une saveur étrange, une acidité s'accroche aux gencives quand l'iris luit, animale, parce qu'il connait déjà la réponse. Il sait les monstres qui se logent dans sa tête, sous sa peau, au bord de ses lèvres qui regrettent déjà le liquide écoulé dans l'évier, qui pensent à leur prochain verre, qui comptent les instants qui le séparent de la dose à venir. Il sait les mensonges qui se veulent innocents, il sait les serments qu'il finira par défaire. Lorsqu'il se réveillera demain, ou après-demain, ou peut-être même dans trois jours, en se promettant que la cuite de la veille était la dernière. Il tiendra jusqu'à midi et parfois 24h supplémentaires et sera tellement content de lui, tellement fier de cette réussite semblant anodine pour certains mais miraculeuse pour un addict, qu'il voudra récompenser ses efforts — avec un verre. Encore une fois, il se jurera que ce verre sera le dernier.

ce n'est jamais le dernier verre
ce n'est jamais la dernière cuite

Le regard s'abaisse, vide de vie, vide d'espoirs. — C'est une maladie Yuta, à moins de te faire aider, ça s'arrête jamais. »



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