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The Night Asks

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 The Night Asks


Hyeon Yae Il
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(#) Sujet: The Night Asks    The Night Asks  EmptySam 26 Déc - 0:13
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     Nuit tombée sur la capitale dans un début de soirée plutôt réchauffé. Le musée national a fermé ses portes au public mais a ouvert son banquet de vernissage pour une poignée de centaines de personnes privilégiées. C'est la ligne de départ de la nouvelle exposition exceptionnelle. "Par delà les étoiles." Le synopsis est des plus simples. Les musées du monde entier se sont associés pour rassembler des œuvres des plus grands peintres qui traduisent la nuit. Tout ça pour montrer au monde que la nuit étoilée n'est que la même d'un bout à l'autre du globe, et qu'elle ne fait que se déplacer. C'est une idée qui rend la jeune femme bien perplexe. Elle qui a appris à apprivoiser les tâches les plus nocturnes du ciel au dessus d'elle pour ne pas regarder celles qui viennent salir son âme, elle se demande comment les nuances sombres qu'elle y trouve peuvent être les mêmes que ces paysages peint dans les couleurs les plus délicates. Yaeil presse encore une fois le pas, après avoir passé trop de temps à observer une peinture. Ses parents sont là, pour une fois. L'illusion d'une sortie en famille est presque parfaite. L'enfant qu'elle était aurait placé tellement d'espoir dans cette soirée où elle avait le droit d'accompagner. Mais maintenant, la naïveté n'a plus de place dans cet esprit. Et la jeune fille se contente simplement de jouer ce rôle pour laquelle elle est venue au monde en premier lieu.

    L'évidence est même sur la tenue qu'aborde Yaeil. Une robe-camisole courte, qu'elle aurait porté sans rien, si cette nuit était dédiée à l'organisation. Mais qui est ce soir là est posée sur une chemise à manches longues, et aussi réhaussée d'un long manteau à carreaux. Pareil pour cette frange qui se veut d'habitude en bataille, mais qui est maintenant correctement camouflée derrière ses longues mèches. Et ces demi-douzaines de colliers à chaîne qu'elle aborde normalement sont simplement remplacés par un pendentif en forme de goutte. Les seuls signes de la détresse mentale qu'a subie la demoiselle quelques années plutôt est cette rangée de boucles qui décore son oreille droite, et ce tatouage caché en dessous. Mais avec les efforts précédents, ce n'est rien qui entache cette apparence de jeune héritière. Gardons les personnages séparés. Le couple parental n'a jamais tenu à s'intéresser à la vie de leur fille, alors ils ne seront pas au courant de cette deuxième, principale, vie, qu'elle mène dans les ruelles délabrées et les hangars insonorisés.

    Et pourtant. Cette femme forte et réputée par les malfamés s'étiole à chaque faiblesse croisée. Et ce soir il y en a plein. Il y a ces parents qui la voient, pour une fois. Qui la présentent à chaque connaissance qu'ils croisent. Et il y a surtout cette foule... Les gens sont entassés dans des salles, près des coins de buffet, et ça la stresse légèrement. Yaeil a envie de s'échapper, de trouver un peu de paix, mais elle est obligée de sympathiser avec ces gens qui parlent avec ses parents. Car c'est que ce sont souvent des partenaires des recherches du laboratoire de son père, et qu'elle est censée en prendre la relève dans plusieurs années. Alors elle fait bonne figure, comme l'une de ces peintures accrochées sur les murs.

    Mais il y en a une particulièrement. Une œuvre attire le regard de l'étudiante. C'est le jeu des traits, ou le jeu des couleurs, mais celle-ci est particulièrement reconnaissable. La nuit étoilée de Van Gogh, mais pas la plus connue. Sans le vouloir forcément, Yaeil s'en rapproche. Et ses parents s'éloignent. Ses pieds la mènent jusqu'à ces vibrances qui la touchent. Il y a quelque chose, peut être dans le contraste, ou la composition générale. Elle n'a jamais été experte en art, mais elle se sent confortée par ces quelques traits. C'est plus que le simple prestige de pouvoir voir de ses propres yeux en Corée un tableau du maître. C'est quelque chose qui vient chercher des émotions en elle qui ont besoin d'être calmées. Elle est comme hypnotisée. "Moi je n'y crois pas." S'exprime-t-elle inconsciemment. "Quand je vois ce paysage de France, je sais que c'est impossible que Séoul puisse partager la même nuit." Pointe de tristesse dans cette voix qui n'a jamais réellement pu apprécier les étoiles. Il y a une silhouette à côté d'elle qui semble tout au moins intriguée par la merveille. Yaeil ne la regarde que parce que l'homme est devant la fenêtre de la pièce, et qu'elle souhaiterait comparer la nuit qu'elle y aperçoit, avec la nuit qu'elle idéalise.



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Han I. Ja
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(#) Sujet: Re: The Night Asks    The Night Asks  EmptySam 29 Mai - 16:11
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outfit,, Des milliards de fresques sophistiquées ne suffiraient jamais à lui procurer la même sensation que lorsqu'il lève les yeux vers les cieux. Ce n'est pas pareil, ça n'a pas la même saveur ; il manque ce goût de miracle et d'aventure qu'un vrai ciel procure si bien, une pincée de magie nocturne qu'il ne perçoit qu'en sachant la nuit tangible, lourde et sublime. Elle est maîtresse incontestée de son coeur, la nuit ; elle le possède et il accepte son étreinte poudrée d'étoiles, qui effleure sa chair et pénètre jusqu'au temple sacré de ses émotions, là où les fées ne dorment jamais. L'art n'est pas quelque chose qu'il dédaigne, bien au contraire – les grands peintres et virtuoses de l'Histoire ont façonné des vitraux de romantisme muet, des carreaux de poésie moite et langoureuse, des fenêtres par lesquelles les âmes se jettent, pour tenter de saisir l'oeuvre infinie de la nature. Mais son oeil à lui s'est toujours pris de passion pour contempler les astres d'une grandeur majestueuse, car l'art ne le submerge jamais assez – il en faut davantage, il faut qu'il soit renversé, qu'il laisse son coeur rejoindre l'état d'apesanteur, savoir qu'il va en pleurer à chaudes larmes, que ça va le faire vibrer. Pour un homme comme lui, le vrai fantasme voudrait qu'il soit à des années-lumière de la Terre, et alors ! et alors, qu'il puisse se sentir petit comme un astronaute immaculé, face à l'immensité du continuum espace-temps. Petit, mais aussi infiniment plus grand que le monde qu'il vient de quitter, comme sous l'effet overview qu'il désire tant connaître.

C'est pour cela qu'il n'a jamais été rien de plus qu'un amateur d'art, Ja. Le lac de Gérardmer d'un certain Léon Bonnat a beau trôner devant lui, l'homme-enfant ne s'en retrouve pas totalement satisfait, même en comprenant qu'un tel joyau n'a pu exister que par l'union d'une sensibilité riche et d'un talent sans bornes. Quelque chose lui donne toutefois envie de plonger dans cette mare lunaire et chimérique, mais ce n'est pas possible – et de cette constatation naît la frustration, qui fait brièvement soupirer son âme de rêveur. Le voilà qui s'éloigne doucement, la démarche aérienne, l'allure plus charmante encore que celle d'un corbeau perdu dans un monde de couleurs ténébreuses.

Chronostase délicieuse qui fractionne le temps, comme près de l'horizon des événements, ou lorsque le regard se pose sur une esquisse intemporelle. Il l'aperçoit, enfin – la nuit profonde et éblouissante de Van Gogh, perlée de mille rêves subtilement mordorés, qui fondent sur la voûte avec autant de tendresse qu'un coeur mélancolique en possède. C'est peut-être la seule et unique oeuvre qui l'empêche de déplorer ses envies d'apothéose, car l'impressionnisme est un mouvement stupéfiant, et que ce tableau s'apparente presque au firmament d'or et d'azur qu'il aperçoit par la fenêtre de ce musée. Ses yeux d'enfant lui joueraient-ils des tours ? Tout a l'air si renversant, là-haut. Mais personne ne peut peindre ainsi sans n'avoir jamais observé un ciel aussi ravissant, pas vrai ? Un instant, l'homme aux semelles d'étoiles se recueille : était-ce le grand Van Gogh, qui avait le don de sublimer la réalité, ou était-ce l'exactitude du réel, qui ne demandait qu'à être décrite telle quelle ? Pour Han Ja, la meilleure option se dessine comme étant la seconde ; ou peut-être un mélange des deux, mais jamais la première.

Temps mort – ses prunelles, empreintes d'une indolence suave, accrochent celles d'un ami qu'il salue chaleureusement. Ce soir, c'est tout de noir vêtu qu'il scrute des farandoles de curieux, ou de gens très chics, venus admirer les plus somptueuses expositions sur le thème de la nuit. Certains se pâment de joie en constatant qu'il s'agit d'une soirée aussi fastueuse qu'exclusive, d'autres flânent sous les lampions agréablement tamisés du banquet, un verre de liqueur pétillante à la main. La lettre d'invitation lui était parvenue quelques jours plus tôt, à son plus grand étonnement. Compter l'héritier Han parmi les convives leur avait paru primordial, alors pas question de rater une telle occasion, surtout s'il peut y trouver des connaissances à qui offrir des accolades. Bien sûr, baigner dans une foule de critiques d'art n'a jamais été son passe-temps préféré, mais la curiosité, le plaisir de participer et la promesse de nuées étoilées ont su obtenir ses faveurs.

Quelques plaisanteries échangées plus tard, ce ne sont ni les toiles prestigieuses, ni la foule en pleine effervescence qui l'appellent, mais l'immortel éther de jais, constellé de minuscules grelots chantants. Il croit pouvoir entendre des rires tomber en cascades de ces sphères espiègles, si espiègles qu'elles murmurent tout ce que les grands artistes de cette planète se sont autrefois appliqués à retranscrire, comme pour attester de la fugacité de leur existence, mais aussi de l'éternelle volonté qu'ils souhaitaient exprimer. Issun aussi est malicieux, alors il rit gentiment, si bas que seules ses lèvres se muent en demi-lune.

Soudain, alors qu'il se prend à vouloir jeter un autre coup d'oeil à La Nuit étoilée, les rires venus d'ailleurs se volatilisent. Devant la détresse d'une belle-de-nuit, les étoiles deviennent muettes : gravité instantanée. Et le petit prince tend l'oreille. Quand je vois ce paysage de France, je sais que c'est impossible que Séoul puisse partager la même nuit. La demoiselle s'exprime sans se soucier du reste, mais Ja n'est pas sûr d'avoir le droit d'entendre ça. Pourtant, elle est là, élégante, inatteignable comme une lune pâle, la vague à l'âme. Elle est envoûtée d'une étrange et belle manière, terrée dans un trou noir de rêves et de vapeur, si bien qu'il ne dit rien. À cet instant, c'est comme s'il pouvait l'entendre soupirer de contrariété, elle aussi ; sauf que leurs avis ne se rejoignent pas totalement, et qu'il ne voudrait pas avoir l'air indélicat dans sa façon d'amener les choses. C'est qu'il veut trop aider, Ja, et qu'il lui arrive parfois d'être timide, malgré sa personnalité haute en couleur et la confiance qu'il dégage. Vous en êtes sûre ? Timbre de voix grave sur quatre mots, mais c'est une certaine douceur qui en émane, parce qu'il n'y a guère de rhétorique ici : la demande est sincère, il veut connaître son point de vue. Rapidement, ses yeux rencontrent les siens, perçants, profonds et moroses, parce qu'elle regardait déjà dans sa direction. Est-ce qu'il faudrait aller en France pour que vous puissiez y croire ? Parce que je suis prêt à vous payer le vol, si ça peut vous permettre d'enfin aimer les étoiles. Ja distille son humour dans une conversation qu'il veut légère, car un coeur éploré ne peut pas toujours sourire qu'avec des discours solennels.

Jusqu'ici adossé à la fenêtre, il entreprend de se redresser et de tendre une main gantée de noir à l'inconnue, comme pour l'inviter à s'approcher. Ainsi, il s'efface pour la laisser briller. Regardez, prenez ma place. Imaginez que vous n'êtes pas bien différente de Van Gogh, d'accord ? Dites-moi ce que vous ressentez, quand vous voyez tous ces points de lumière à l'horizon. Est-ce que ça ne vous fait pas sourire ? Même pas un peu ? Est-ce que ça ne vous donne pas l'impression que l'Univers vous appartient ? Si ce n'est pas le cas, je vais vraiment commencer à croire qu'il faut vous emmener en France. Un rire aussi discret qu'amusé ponctue sa bêtise. Plus ses intentions s'articulent à l'oral, plus un halo de candeur mutine semble le draper tout entier, de quoi attirer un essaim de lucioles sages venant éclairer le fond de ses pupilles. Je peux... je peux vous demander ce qui vous amène ici ? Il hésite, ne sait plus comment s'y prendre. Il n'a tellement pas envie de tout gâcher et de la rendre encore plus triste qu'il ne l'a trouvée, cette perspective l'attriste et le déçoit déjà. Vous aimez l'art ? Je ne m'y connais pas trop, donc vous pourrez peut-être m'apprendre quelques trucs, vous aussi. Parce que lui, il veut qu'elle sache tant de choses, maintenant : que les étoiles ne sont pas forcément toutes en vie au moment où on les contemple, mais qu'elles continuent de déverser leur clarté sur le commun des mortels, comme des fantômes fidèles — que les cieux sont les mêmes partout, indépendamment de toute autre considération, et qu'il suffit parfois d'éteindre la lumière sur la ville, pour saisir un morceau de nuit étoilée.



@Han Soo Yun a écrit:
J'savais qu'on allait la sortir et j'aurais du parier sur toi, le roi des vannes pourries. The Night Asks  769454579

PLAYLIST SINJA ♡ by caro sunshine:
 

cadeau de Caro-ange je suis en larmes:
 

cadeau de ma plus belle Coline:
 
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(#) Sujet: Re: The Night Asks    The Night Asks  EmptySam 5 Juin - 22:29
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     A cet instant précis, ceux d'avant, et les suivant, c'est la brume qui prédomine. Alors que les yeux faussement bleus se perdent sur le tableau aux centaines de coups de pinceaux apparents, le monde n'existe plus. La pièce dans laquelle elle se trouve semble être accompagnée d'un brouillard qui ne laisse entrevoir que la toile du maître incompris. Et même dans son esprit. Yaeil est perdue dans les couleurs primaires et tellement simples qui se mélangent pourtant dans une maîtrise presque insolente. A cet instant précis, alors que la jeune fille s'imagine transportée au sein même de ce qui a été dessiné, rien d'autre n'existe. Ses parents sont déjà partis, leurs connaissances sont désintéressées, et sa solitude est entourée. Elle paraît même sublimée. Parce que cette nuit qu'elle voit est si belle, et tranquille, et on dirait qu'elle est faite pour représenter la solitude idéalisée, pas celle qu'on lui a imposée. La transe se termine à cette simple pensée. Parce que Yaeil redescend vite de son nuage pour se rappeler que sa solitude n'a rien de beau. Sa nuit à elle n'est pas aussi pure ni tranquille. Ses nocturnes sont ponctuées de cauchemars, de mauvais souvenirs. Elles semblent remplies d'adrénaline tourbillonnantes et ont l'odeur du sang. Jamais les soirées qu'elle n'a passées dans cette ville n'ont ressemblé à cela, aussi loin qu'elle ne s'en souvienne. Même avant sa nouvelle occupation, même avant ses agressions. Ses nuits n'ont jamais été belles ou accueillies. Elles sont là, derrière cette fenêtre obstruée par un gars qu'elle ne regarde même pas.

    Sentence qui est imminente, comme si elle pendait au dessus de sa tête, bien trop près. Toujours trop près. Combien de temps faudra-t-il pour ses parents se rendent compte qu'elle s'est dissipée? A partir de quand devra-t-elle retourner à sa place, à jouer la digne héritière de la firme de son père et oublier ses discrètes envie de liberté, d'évasion; toujours de rébellion? Pas assez pour qu'on commence à penser d'elle comme cet électron libre qu'elle rêve de devenir. Oui, simple tristesse exposée dans le vide, comme toutes les pensées qu'elle n'a jamais exprimée, et Yaeil s'attend à continuer son chemin, loin de ces toiles qu'on ne lui donne pas le temps d'admirer. Mais voilà que la brume s'écarte encore. C'est soudain, presque brutal, à quel point sa bulle est éclatée. La solitude est à présent pénétrée, envahie par un garçon qu'elle avait vu sans réellement regarder. Et il lui rappelle qu'elle est en train de vivre cet instant, pas simplement de le subir comme elle en avait l'impression.

    Yeux qui se croisent et bouche qui reste bien perplexe. Yaeil n'est pas sûre d'avoir bien compris l'intention. En fait, elle se demande même si elle est bien revenue dans le moment présent, ou si elle est entrée dans une faille de l'espace-temps. Certitude étrange que ce type s'adresse bien à elle, mais incompréhension totale de l'entendre lui proposer de s'évader, ou d'appuyer ses impressions. Son regard ne quitte pas le sien alors que ses sourcils traduisent un peu de son hésitation. Comment, ou plutôt pourquoi, un homme à l'aura si calme, colorée, mais mélancolique, voudrait en savoir plus sur ses pensées? Comment pouvait-il même suggérer l'emmener dans le pays qu'elle a toujours rêvé de visiter. Elle hésite, la demoiselle, et ce n'est pas pour autant qu'elle ose parler.

     Surréalisme. Malgré le silence ambiant, et la couche de parme qui entoure à présent le moment dans l'esprit de la jeune fille, une main se tend vers elle. Le reflet que portent les gants semble émaner de ce garçon qui insiste encore. Et Yaeil, qui n'a détaché ses yeux que pour observer la main, le reconnaît. Oui, il a l'air de se fondre parfaitement parmi les peintures qu'elle a pu apercevoir. Il est le tableau surréaliste d'une nuit qui lui tend la main. Et il ne se rend pas compte, de la lumière qu'il place sur elle. Impression d'être percée à jour. Comment pourrait-il être intéressé de savoir ce qu'elle ressentait? Pourquoi voulait-il apprendre de ses sourires, convaincu qu'elle pouvait encore en produire? Il a tout d'une étoile. Elle le voit maintenant. Alors que la lumière écorche encore la matière de son gant, alors qu'il l'éclaire, elle, par ses simples questions. Elle a l'impression d'être la lune qu'il vient allumer par son étrange intérêt pour sa tristesse qu'elle ne savait même pas émaner. Aurait-elle le droit de prendre sa main? Pourrait-elle le saisir, se nourrir de cette lumière dont elle a besoin? Yaeil hésite encore, commence à bouger son bras, mais elle s'arrête alors que le garçon abaisse la main pour ses autres questions. Subtile culpabilité qui vient la titiller. Est ce que son silence est trop long? L'a-t-elle vexé? Lui qui semble si insouciant, et pourtant presque aussi sombre qu'elle. Le regard de la jeune fille se détermine, se fait un peu plus franc, comme si elle voulait se saisir de cet instant. La réalité semble être envolée auprès de lui, et qu'elle vive ici ou dans un monde parallèle, elle veut profiter de cette opportunité qu'il lui a donné d'exister.

    Les pas sont aussi silencieux, alors que Yaeil vient se poster à côté du garçon, comme il l'a indirectement demandé. Et les yeux quittent enfin ceux de l'homme en costume, pour se reposer sur le tableau qui a tout commencé. Malgré le faible sourire qu'elle esquisse en se prêtant au jeu, en imaginant Van Gogh, la réponse ne va pas dériver. "Bien évidemment que si. Quand je vois ces points de lumière, j'ai l'impression d'être bercée par une légèreté, une liberté qui suffirait à elle seule pour m'apporter la paix." Les mots semblent impertinents mais la voix trop douce, hésitante, et pourtant si certaine. C'est si étrange de parler de soi. Yaeil n'en a pas l'habitude. Il n'y a qu'une seule personne sur cette Terre qui s'est intéressée et s'intéresse de savoir ce qu'elle ressent. L'exercice est bien difficile quand ce n'est pas lui qui pose les questions, mais elle s'y essaie quand même, juste pour lui, juste parce qu'il lui a fait secrètement trop plaisir d'avoir demandé. "Mais n'est-ce pas exactement ce qui prouve mon point?" Le ton remonte, un peu plus confiant. Comme un argumentaire bien rodé qui se pose à l'évidence. "Je ne suis ni Van Gogh, ni maître de l'univers. Et si ces étoiles m'évoquent la sérénité... Ce n'est pas le cas de celles qui ne brillent même pas derrière vous." D'un ciel trop parasité pour bien distingué les étoiles au dessus des néons. Surtout d'une nuit qui la hante tant elle ne signifie jamais rien de paisible pour sa vie. Yaeil a vu trop de noirceurs, subi beaucoup trop de douleurs pour en parler avec cette étoile. Elle a baigné dans tellement d'impuretés que de répondre aux questions avec sincérité semble déjà bien trop salir cet homme qui est trop étincelant par sa simple intention de dialogue. Yaeil se garde ses déboires au plus profond de son coeur, malgré l'impression stupide qu'elle pourrait tout lui raconter, ce soir.

     A nouveau, les yeux assombris se déplacent, et Yaeil fait quelques pas afin de pouvoir proprement se tourner pour regarder ce garçon qui traîne maintenant à ses côtés. Il dégage une énergie qu'elle n'a jamais vue jusque maintenant, quelque chose de rassurant, mais de mystérieux pourtant. "Mes parents ont été invités." Etrange de les évoquer, quand elle sait qu'elle devrait se trouver avec eux, mais que quelque chose la retient là. Peut être parce qu'en une seule minute, il lui a accordé plus d'attention qu'ils ne l'ont fait en des semaines. Et pourtant, c'est la seule explication. Elle aussi est comprise dans cette exclusivité parce qu'elle a un nom qui se reconnaît."Mais j'aime l'art, oui. Je crois." C'est étrange de penser à cela maintenant. Yaeil est prise d'une étrange réalisation. Comme si elle se rendait compte à cet instant qu'elle aimait, en effet, l'art. Comme si c'était la voix qu'elle aurait pu suivre si elle en avait eu le choix. Sa vie est bercée dans la science, mais elle se rend compte qu'elle l'a toujours ponctuée avec des intentions artistiques qu'elle n'avait jamais remarqué intéressées. "Je n'en suis pas une experte." Car elle n'y connaissait rien en réalité. C'est surement ce qu'il devait penser, au vu de leurs opinions contradictoires. Il y avait bien ces créations en pâte fimo qu'elle créait pendant qu'elle s'ennuyait. Mais c'était bien trop ridicule pour être considéré de l'art. Et puis... Cela paraissait si enfantin pour celle qui devait aujourd'hui jouer le rôle d'une adulte accomplie.

    "Et vous?" Les mots tombent avec plus de lourdeur qu'elle ne l'aurait imaginé. Yaeil regarde cet homme si élégant, qui n'a pourtant pas l'air d'être tout à fait à sa place. "Pourquoi êtes-vous là?" Yaeil demande alors que ses yeux l'observent encore. Parce que sa langue retient les mots qu'elle n'oserait jamais dire directement. Pourquoi êtes vous là? Pourquoi êtes vous seul? Pourquoi êtes vous avec moi? "Vous n'êtes pas vraiment là pour m'emmener en France... si?"



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